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lundi, 21 janvier, 2019
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La crise s’exacerbe à l’Assemblée populaire nationale : Bouhadja joue avec les nerfs de ses adversaires

13 octobre 2018 à 2 h 30 min

Rien ne prélude une sortie à la crise qui paralyse les activités de l’Assemblée populaire nationale (APN) depuis deux semaines déjà. D’un côté, le président de cette Chambre basse qui, fort de ses appuis, se dit attaché à la légalité et refuse de céder à la menace et, de l’autre, des chefs de groupes parlementaires de la majorité, FLN-RND, soutenus – pour ne pas dire poussés – par les patrons de leurs partis, persistent à aller jusqu’au bout, quitte à créer un vide institutionnel, pour faire débarquer le troisième homme de l’Etat de son perchoir, à quelques mois de l’élection présidentielle de 2019.

Jeudi dernier, l’espoir de voir les deux parties revenir à la voie du dialogue, grâce à une action des députés de l’opposition, s’est vite effondré, après l’absence de la majorité d’entre eux à la réunion devant les regrouper au sein de l’hémicycle. Les raisons sont diverses.

Certains ne veulent pas «jouer le rôle de médiateurs dans un conflit qui concerne la majorité», d’autres refusent «de cautionner l’une ou l’autre partie en interférant» dans cette crise. En fin de matinée, seuls les députés du Front El Moustakbal et de l’ANR étaient présents à la réunion, qui a fini par être reportée, alors que les groupes parlementaires de la majorité, qui avaient, la veille, promis d’interdire à Bouhadja l’accès à son bureau, sont finalement revenus sur leur décision pour des raisons que l’on ignore.

Dans le hall du palais, à quelques minutes de l’ouverture du restaurant, les discussions entre les nombreux députés présents tournent principalement autour de l’énigmatique réduction de la protection affectée par les services de police au président du Parlement, Saïd Bouhadja. Contrairement à ses habitudes, ce dernier est arrivé à l’hémicycle le matin, avec seulement deux de ses gardes rapprochés, alors qu’habituellement, ils sont au nombre de huit.

L’information est tout de suite rendue publique par les correspondants des chaînes de télévision privées, qui font le pied de grue devant l’entrée du palais Zighoud Youcef depuis le début de la crise, épiant toutes ses allées et venues aussi bien par l’entrée officielle que par la sortie de service.

Après nos vérifications auprès de sources proches du Parlement, il s’agirait «juste d’un changement de garde qui intervient souvent durant la même période». Le lancement en boucle de cette information par les chaînes de télévision privées a poussé le président de l’Assemblée à surprendre ses opposants. Il décide de sortir dans la rue, accompagné d’un député de Annaba.

Il est approché par des citoyens dans un café à quelques mètres de l’hôtel Essafir, avec lesquels il discute surtout de la crise que traverse le Parlement. Il ne s’arrête pas là. Il traverse la rue Ben M’hidi, puis s’attable à la cafétéria de la Grande-Poste, où de nombreux passants l’accostent, puis continue sa marche jusqu’à la place Maurice Audin, où il fait une autre halte le temps que quelques citoyens le saluent, puis regagne l’Assemblée.

«Vous voyez, je circule dans la rue sans garde. Ceux qui ont fait des gardes une affaire se trompent», nous dit-il, en toute sérénité. Il persiste à camper sur sa décision de «ne pas céder à la menace», car, dit-il, «jamais l’illégalité n’a été au-dessus de la légalité».

La crise entame sa troisième semaine et aucune des deux parties ne veut céder sur ses positions, laissant augurer un vide institutionnel à l’horizon, en l’absence de médiation d’autres institutions à même de trouver une solution à ce statu quo.

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