Incendie de l’imprimerie d’El Khabar et d’El Watan à Constantine : Un désastre et des interrogations | El Watan
toggle menu
mercredi, 21 août, 2019
  • thumbnail of elwatan20190821



  • Pub Alliance Assurance


Incendie de l’imprimerie d’El Khabar et d’El Watan à Constantine : Un désastre et des interrogations

06 février 2019 à 11 h 00 min

La mine triste et résignée, les travailleurs de Simprec-Constantine, massés devant le poste de garde, scrutaient les réponses à leurs interrogations nombreuses. Dès la première heure hier, ils s’étaient précipités sur leur lieu de travail détruit par les flammes.

L’armada de pompiers et de policiers les rassure face au feu, mais n’apporte guère de réponse quant au sentiment d’avoir été trahis.

Il a fallu seulement 4 heures pour anéantir les 4300 m² de leur moyen de production, le site de la SARL Simprec, filiale d’El Khabar et d’El Watan, spécialisée dans l’impression des journaux.

Le site, situé dans la zone d’activité de Ali Mendjeli, fumait encore jusqu’au milieu de la journée. «Tout est parti en fumée», ne cesse de répéter Hocine.

Choqué, le directeur technique n’en revient pas de cette catastrophe qui emporte cette imprimerie qu’il a vu naître et grandir.

A force de l’écouter, le directeur de l’imprimerie, Lamine Khattabi libère ses larmes et s’étouffe en retenant des sanglots. «Nous trimons jusqu’à 18 heures par jour pour redresser la barre de l’entreprise et nous y sommes arrivés, Dieu merci. Pour nous, c’est plus qu’un travail et un salaire, c’est une mission que nous assumons avec conviction.

J’ai dû retirer Hocine des flammes tellement il est dévoué à l’imprimerie», raconte Khattabi avec difficulté. A ce moment, apparaissent les limiers de la police scientifique avec leurs combinaisons blanches, marchant sur les pas des sapeurs-pompiers qui, eux, scrutent tous les coins pour s’assurer qu’il ne subsiste aucun foyer de feu. Le sinistre s’est déclenché vers 4h45, précise Achraf, l’un des deux veilleurs de nuit.

L’esprit vif, malgré une nuit blanche et mouvementée, Achraf affirme avoir tout consigné sur le registre, depuis le bruit provoqué par un probable court-circuit jusqu’à l’arrivée une demi-heure après des premiers camions de la Protection civile.

Il raconte : «On venait de prendre le relais de gardiennage. J’ai entendu un bruit violent, suivi d’une coupure générale du courant électrique.

J’ai accouru avec mon collègue à l’intérieur du hangar, où nous avons découvert que tout le stock de journaux invendus avait pris feu.

Nous avons été incapables d’agir, tellement la fumée nous étouffait, alors nous avons alerté la Protection civile. Je les ai appelés trois fois d’ailleurs, et entre-temps notre collègue de la société de diffusion nous a rejoints pour tenter de faire quelque chose, mais nous étions impuissants. Nous avons juste réussi à fermer les vannes de la citerne de gaz GPL pour l’isoler.»

En l’absence des travailleurs, l’incendie n’a fait heureusement aucune victime, mais il a emporté tout le bâtiment étalé sur 4300 m².

Les 32 camions et les nombreuses équipes de la Protection civile ont tout fait pour éteindre le feu, mais les dégâts sont considérables, tels que détaillés par le directeur de l’imprimerie, Lamine Khattabi.

480 tonnes de stocks de journaux invendus destinés au recyclage, 6000 fardeaux d’alvéoles destinés à l’exportation, 52 tonnes de papier arrivés la veille du sinistre, le tout a été ravagé par le feu.

A quoi s’ajoutent un stock d’encre de six mois d’impression, des stocks de pièces de rechange et de produits d’entretien, des équipements propres aux deux lignes de production et toute la partie administrative composée d’une vingtaine de bureaux. Le bilan des pertes est très lourd.

Le site est, certes, couvert par l’assurance, mais une première estimation avance un chiffre de 200 milliards de centimes emportés par les flammes, toujours selon M. Khattabi.

Les employés de l’imprimerie, rencontrés sur site, avaient du mal à cacher leur stupeur et une sourde colère, trahissant des soupçons d’un acte criminel. De son côté aussi, le directeur de l’imprimerie affirme que le système anti-incendie du site est infaillible et que toutes les mesures sont respectées à la lettre. Mais on ne peut rien affirmer avant d’avoir le rapport de l’enquête policière.

En attendant de quantifier les dommages, ce sinistre met à l’arrêt l’imprimerie qui tirait pour trois quotidiens, à savoir El Watan, El Khabar et Liberté, en plus d’El Khabar Erriadhi. Il met aussi en difficulté les propriétaires et les 65 employés.


S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!