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mardi, 27 juillet, 2021
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Les scandales et les discrédits poursuivent les dirigeants du parti

FLN : la déchéance

04 mai 2021 à 11 h 15 min

Éclaboussé par l’emprisonnement de certains de ses dirigeants pour des affaires de corruption, dénoncé par le mouvement populaire pour sa complicité dans le maintien du régime, le FLN est visiblement indésirable, aujourd’hui, chez le nouveau pouvoir.

Le FLN vient de subir un nouveau revers avec le rejet par l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) de la candidature de son secrétaire général Abou El Fadhl Baadji, pour les élections législatives du 12 juin prochain.

D’autres noms des listes de ce parti dans plusieurs wilayas ont été également rejetés, notamment à Alger, Oran, Relizane, Jijel, Batna, Annaba et à Blida. La notification de rejet de la candidature de Baadji a été transmise à la représentante du FLN, Farida Al Yami, par la délégation de l’ANIE de la wilaya d’Alger.

Dans cette notification, l’ANIE présidée par Charfi, ne précise pas les raisons du rejet de la candidature du patron du FLN, ce qui a laissé place aux rumeurs et spéculations sur les motifs réels de la décision de l’ANIE. Contacté par El Watan, un cadre du FLN justifie cette décision par le fait que Baadji a présenté un dossier «incomplet» et que l’autorité a rejeté sa candidature parce qu’il n’a pas présenté de document justifiant sa position vis-à-vis du service national. Mais la raison officielle, selon d’autres sources du même parti, est le caractère d’insoumis du chef du FLN qui n’a pas effectué son service militaire.

D’aucuns s’interrogent : comment un candidat non éligible à la députation peut-il présider le parti FLN ? Faut-il rappeler qu’au lendemain de sa désignation au poste de secrétaire général de l’ex-parti unique, Abdelkrim Abada, un des anciens dirigeants du FLN, a dénié la qualité de militant du FLN à Abou El Fadhl Baadji. D’après M. Abada, ce dernier ne «répondait pas aux conditions d’éligibilité pour le poste de secrétaire général et n’a pas le strict minimum de conditions pour pouvoir militer au sein du FLN».

Ce doyen du PFLN avait également parlé d’un passé «douteux» de Abou El Fadhl Baadji, en rappelant comment ce dernier «parachuté» à la tête du FLN avait été «écarté» d’un poste de chargé de mission il y a quelques années au ministère de la Justice, après une enquête d’habilitation négative et, par la suite, du poste de conseiller de Saadani Amar à l’APN, en raison, avait souligné Abada, de «soupçons de liens avec des cercles constituant une menace pour la stabilité et la sécurité du pays».

Des SG dans la tourmente

Ce cacique du FLN faisait allusion aux liens qu’avait le nouveau SG du FLN avec le régime monarchique de Rabat. Abdelkrim Abada, qui a mené un mouvement d’authenticité et de redressement au FLN pour éjecter Abou El Fadhl Baadi, avait invité «les hautes autorités du pays et les fidèles mili-tants à revisiter le parcours douteux de cet individu». Seulement, en dépit de ces graves accusations, les autorités concernées n’ont pas réagi. Pourquoi aujourd’hui ? Alors que beaucoup d’observateurs soupçonnaient le pouvoir de préparer le terrain au FLN et les autres partis «maison» pour un retour lors des prochaines élections législatives et locales.

Le FLN, qui a toujours constitué la base sociale et politique du pouvoir deAbdelaziz Bouteflika, serait-il tombé en disgrâce ? Est-ce la déchéance ? Rejeté par la rue, ce parti a pourtant tenté de se relancer et de se «reconvertir» en jurant n’avoir jamais soutenu le 5e mandat. D’ailleurs, Abou Al Fadhl Baadji a promis qu’il n’y aurait pas de candidats «ripoux» dans les rangs de son parti !

Ironie du sort, il fut le premier à être exclu du «jeu» et son sort sera scellé, selon des sources du parti, dans les prochains jours. Avant lui, plusieurs SG, ministres et cadres du FLN – qui se croyaient intouchables – ont été rattrapés par la justice : Djamel Ould Abbès et Saïd Barkat, respectivement ancien SG et ministre, sont en prison pour «détournement et dilapidation de deniers publics».

Mohamed Djemai, également ex-SG, a été arrêté, jugé avant d’être acquitté en appel. L’autre SG, Amar Saadani, poursuivi pour plusieurs affaires de corruption, s’était installé au Maroc pour bénéficier de l’asile politique. Les scandales au FLN sont légion et les révélations de Baha Eddine Tliba, ancien député, sur l’affaire de l’achat des listes électorales pour les législatives de 2007, qui a achevé de ternir l’image du parti, resteront dans les annales. D’un discrédit à un autre, plusieurs partis politiques, l’Organisation nationale des moudjahidine (ONM) et personnalités nationales ont appelé à mettre le FLN au musée.

Ce sigle, soutiennent-ils, «appartient à la nation et à la mémoire collective. Il est cité dans le préambule de la Constitution et dans l’hymne national. Sa place est au musée ».


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