Étudiants : Une conférence nationale à la rentrée | El Watan
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lundi, 18 novembre, 2019
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Étudiants : Une conférence nationale à la rentrée

20 août 2019 à 10 h 30 min

Les étudiants vont réoccuper la rue pour ce énième mardi de contestation citoyenne. Ces derniers jours, la problématique de la structuration du mouvement estudiantin et son éventuelle participation au dialogue version Karim Younès s’est posée.

La première tentative d’une conférence des étudiants a été lancée à l’initiative d’un énigmatique groupe, dénommé Forum des étudiants (FE), à l’occasion de la Conférence nationale de dialogue tenue à l’ESHRA. Une étudiante de ce forum a annoncé l’organisation de la conférence, le jour de la marche hebdomadaire du mardi, à Chéraga (Alger).

Réaction immédiate de rejet des étudiants, à l’instar de ceux de la coordination de la faculté centrale Benyoucef Benkhedda. «Nous avons décidé de boycotter la conférence du 6 juillet. Nous avons également rejeté l’idée d’une conférence du Forum des étudiants, à l’organisation de laquelle nous n’avons pas été associés. D’ailleurs, il n’existe aucun compte Facebook, aucune adresse, aucun téléphone de ce groupe (FE) qui était à l’origine de l’appel lancé lors de la conférence du 6 juillet, où il était présent avec au moins 15 représentants», confie à El Watan Samy Ibkaoui, étudiant en biologie et membre du hirak à la faculté centrale.

L’idée d’organiser une rencontre des étudiants sera plus tard lancée par le Pôle des étudiants algériens (PEA) composé de 13 écoles du pays. La «première conférence nationale des étudiants» devait avoir lieu le 17 août à la salle Ali Maachi (Safex). L’initiative, lancée en coordination avec le Forum des étudiants, devait avoir pour but d’ «unir et de renforcer les liens entre les étudiants afin de devenir une réelle force de proposition politique» (lire l’entretien). Si la wilaya a d’abord donné son accord «verbal» à l’organisation de cette conférence, un refus a été adressé aux organisateurs la veille au soir (vendredi 16 août).

«Après avoir réparti les tâches, le FE a voulu se charger de la demande. Ses représentants nous ont dit qu’ils ont eu l’accord verbal et que c’est dans la poche. Mais finalement, il n’ont pas eu l’accord», déplore Syphax L., étudiant de l’Ecole nationale supérieure des travaux publics (ENSTP). Le PEA, qui a annoncé la réunion de près de 600 étudiants du pays, a dénoncé des «actes irresponsables» ainsi que les «manigances» des autorités, soupçonnées d’étouffer les libertés. «Nous considérons que le système (…) est toujours en place vue les difficultés d’ouverture des espaces politiques et médiatiques», note un communiqué du Pôle.

Le lancement de l’idée d’une conférence s’est accompagné de critiques d’étudiants – dont ceux du comité autonome d’Alger 2 et du comité des étudiants de Constantine – qui ont dénoncé le «manque de représentativité» des initiateurs et la présence d’«éléments louches» qui ont tenu des rencontres au siège de l’Organisation des scouts sous l’impulsion du Forum des étudiants.

Prise de parole chez Karim Younès

Le PEA précise à ses détracteurs que la conférence était ouverte à tous les étudiants «sans exclusion», et ce, grâce à l’ouverture des inscriptions à travers un formulaire en ligne diffusé publiquement. Il signale que l’interdiction des services de la wilaya est une occasion pour lancer un énième appel à toutes les universités algériennes «incluant toute la communauté estudiantine, de profiter de la prochaine rentrée universitaire 2019-2020 pour s’organiser et se structurer de manière démocratique et légitime, étant une étape primordiale et décisive dans l’encouragement et l’enrichissement du mouvement populaire et estudiantin». Les étudiants ne cessent de dénoncer les tentatives de récupération de leur mouvement à travers l’implication d’organisations clientélistes, comme l’UGEL. Ainsi, un sit-in a été organisé lors de la réunion du Panel de dialogue samedi 17 août au Centre culturel de la rue Larbi Ben M’hidi (Alger-Centre) où devait se dérouler l’installation d’un «comité de sages» du forum dirigé par Karim Younès.

Malgré les intimidations et les tentatives d’empêchement de leur action, les étudiants ont exprimé leur refus d’une quelconque représentativité. «Notre sit-in était spontané. Nous voulions dénoncer les organisations estudiantines qui devaient prendre part à un simulacre de dialogue», signale Samy Ibkaoui, qui a pris la parole et exprimé son rejet de la feuille de route proposée par le pouvoir de fait, provoquant un tollé de la part des soutiens médiatiques et politiques du pouvoir.

L’organisation des étudiants devra se faire à la rentrée à l’initiative des coordinations qui se sont formées dans les campus du pays. Depuis deux mois, des contacts sont engagés pour l’organisation d’une conférence nationale inclusive, à laquelle devraient prendre part les étudiants de tous les établissements universitaires. «Le projet est en cours. Nous allons regrouper les étudiants des 48 universités. Le travail est de longue haleine. Pour atteindre notre objectif, nous avons mis en place un comité RH (ressources humaines) et un comité RW (relations wilaya). Notre objectif est de réunir les représentants des universités du pays lors de cette conférence qui permettra de débattre des moyens de sortie de la crise», signale Ibkaoui. 

Le collectif de l’Université de Béjaïa n’oublie pas la Soummam

Les étudiants n’oublient pas le Congrès de la Soummam et ses résolutions. Le Collectif ATS Université de Béjaïa fait appel à toute la communauté universitaire ainsi qu’à toutes les forces vives de la région à rejoindre massivement la marche qui aura lieu aujourd’hui, 20 août 2019, à 10h, du campus Targa vers le palais de justice. Le collectif signale que cette date symbolique renvoie au Congrès de la Soummam du 20 août 1956, «un congrès dont l’une des résolutions principales fut la primauté du civil sur le militaire, une revendication, malheureusement, toujours d’actualité». Et d’ajouter, perspicace : «Notre salut dépend en grande partie de la matérialisation de cette revendication, longtemps bafouée par un système mafieux. Soyons nombreux et résolus à aller jusqu’au bout du combat et gardons à l’esprit qu’un nombre de militants subissent les affres des geôles et comptent sur nous pour les libérer.» 


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