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Et si nos déchets se transformaient en œuvres d’art…

23 novembre 2018 à 11 h 00 min

Créer des œuvres d’art avec des déchets ? Oui, c’est possible ! C’est le pari créatif d’Alexa Belouizdad. En alliant recyclage et créativité, elle donne une seconde vie à du papier journal. Elle exposera en décembre à Alger. Reportage.

Après 10 ans dans la vente de maroquinerie, Alexa Belouizdad a mis sa carrière de commerçante entre parenthèses afin de se consacrer à ses enfants. Alexa Belouizdad : «Maintenant qu’ils ont grandi, j’ai besoin de m’occuper». Il y a quatre ans, elle a commencé à faire ses premières créations. «Je suis autodidacte, j’ai tout appris seule, mais surtout grâce aux recherches que j’ai faites sur internet qui m’ont permis de développer mon sens de la créativité», ajoute-t-elle.

Aujourd’hui, elle crée des œuvres d’art à partir de matériaux récupérés tels que : papier journal, magazine, carton, bouteille en plastique, canette et brique de lait. Pour dénicher tous ces matériaux, Alexa n’a nul besoin d’aller fouiller les poubelles. C’est pourtant une vraie caverne d’Ali Baba. Le choix des déchets à recycler y est inépuisable.

Les déchets viennent à elle comme par magie. «Tantôt, je trouve tout ce dont j’ai besoin dans ma maison, tantôt les proches, les voisins et autres organismes me les offrent. C’est en effet bien pratique», affirme Alexa Belouizdad. Une fois la matière première disponible, l’inspiration et la créativité la submergent.

Elle traque les couleurs, les pages blanches, les images, les formes, mais aussi les mots. Elle donne une seconde vie aux déchets en les rafistolant, en les sculptant, elle les peint également. Elle peut sauver des objets en fin de vie comme une boîte à chaussures qui généralement finit dans les poubelles.

Cette dernière avec peu de choses s’est transformée en une boîte à bijoux «extraordinaire». Cependant, elle a une préférence pour le papier journal ou les magazines, car ils sont très colorés, et l’inspirent davantage. Cette passion n’est pas récente, elle a commencé depuis son enfance. Étant une enfant unique, ses parents lui ont inculqué l’idée de cultiver son esprit artistique. D’ailleurs elle a été initiée à toutes sortes d’activités manuelles afin de s’occuper. Elle n’aurait jamais pensé que des années plus tard, elle créerait et exposerait ses créations au grand public.

Elle enchaîne maintenant les expositions : une dizaine en seulement deux ans. Elle exposera ses futures créations la deuxième semaine de décembre pour l’exposition-vente du marché artistique «L’Art et la Matière» qui se déroulera du 1er au 31 décembre au Sofitel Algiers Hamma Garden. Un évènement qui réunira une sélection d’artisans des quatre coins de l’Algérie. Pour cette nouvelle artiste reconvertie, «c’est plus qu’un passe-temps, c’est une réelle passion».

Tout est récupérable et réutilisable

Partout dans le monde, le recyclage fait partie du quotidien de tous les citoyens. D’un côté pour le respect de l’environnement afin d’éviter la dégradation des écosystèmes et l’épuisement des ressources, mais aussi afin d’améliorer la qualité de vie. Toutefois, c’est bien différent en Algérie. Plusieurs organismes et associations se livrent à des activités de recyclage. Mais, sans la contribution du gouvernement, l’action du citoyen minoritaire est hélas ! insuffisante.

De son côté Alexa essaie de faire du recyclage du mieux qu’elle peut et à sa façon. Mais elle se demandait ce qu’elle pourrait faire de tous ces déchets, entre autres le papier journal, les magazines et les bouteilles plastiques. Il y a quatre ans, elle a eu un déclic. «Pourquoi ne pas les transformer en quelque chose d’utile ?», se dit-elle. Soudainement, elle a mis sens dessus dessous sa maison. Son salon s’est converti en atelier d’objets de récupération. Il y en avait de toutes les sortes. «Le salon se mettait en désordre très rapidement», précise-t-elle en souriant.

Cependant, pour peindre ses créations, elle a besoin d’un petit atelier, «pour éviter de me salir et salir la maison. J’ai installé mon petit atelier dans une petite pièce dans ma maison. Elle me sert uniquement à peindre et laisser sécher mes œuvres d’art». Ses créations, elle les faisait par pur plaisir et elle les offrait à ses proches. Avant de commencer les créations à base de matériaux recyclés, elle faisait des mini-tableaux et elle y collait des perles. Par ailleurs, «il fallait trouver un matériel qui revienne beaucoup dans le recyclage et qui soit surtout bien disponible.

C’est alors que j’ai pensé au papier journal. Il est très facile d’en trouver à la maison. De plus, ma famille et mes amis m’en rapportent souvent connaissant mon engouement pour son utilisation», explique Alexa Belouizdad. Elle a été poussée par sa cousine qui «lui a recommandé de montrer aux gens ses œuvres et que ça pourrait intéresser d’autres.»

D’autant plus qu’elle en est capable : «Quand j’ai quelque chose dans la tête et puis que j’arrive à la réaliser, c’est un sentiment merveilleux», complète-t-elle. C’est de là qu’elle a commencé à exhiber ses œuvres d’art dans des expositions-ventes. Une situation qui l’a conduite à rencontrer plusieurs autres artistes. Installée maintenant depuis deux mois, au côté de Kahlane Abderahmane, un artiste-peintre et plasticien, amateur de couleurs et d’arabesques.

Une galerie qui d’ailleurs, se situe au Centre des arts de Riad El Feth, au niveau 108. «Je suis très enthousiaste de travailler au côté de Kahlane, on verra ce que l’avenir nous réserve», déclare-t-elle. Entourée d’œuvres colorées de l’artiste-peintre Kahlane, on distingue très rapidement au fond de la galerie une femme gracieuse.

Assise derrière son petit bureau entouré de son nécessaire à outils et quelques-unes de ses créations, Alexa Belouizdad n’a pas besoin de se métamorphoser en artiste au tablier, «son art n’est guère salissant». Vêtus de vêtements ordinaires et ornés de bijoux qu’elle a elle-même créés.

Ses cheveux colorés et son sourire chaleureux dégagent un esprit artistique et une créativité infinie. Lorsqu’elle transforme un vieux journal ou une brique de lait recyclée, elle est juste comblée. Toutefois, après avoir terminé une de ses créations, «le plus dur est de s’en séparer», dit-elle. Elle ajoute : «Quelquefois, les œuvres que je crée me tiennent tellement à cœur que je ne peux les mettre en exposition-vente, je les garde pour ma personne.» C’est le cas pour la boîte à outils. «Je l’ai réalisée pour entreposer dedans tous les outils dont j’ai besoin pour mes créations».

Confection

«Recycler oui, mais se distinguer d’autres artistes qui font dans le recyclage, c’est encore mieux». Tel est l’objectif de cette créatrice prometteuse. Elle fait du papier journal sa matière première. Toutefois, il y a bien des façons d’utiliser le journal. «La technique est de découper le papier journal en bandes. Or, il en existe différentes tailles et différentes formes, et ce, en fonction de ce que je veux faire», explique Alexa. Afin de les faire tenir, elle les roule en utilisant de la colle blanche ou de la colle en stick. Cette étape est la plus longue, et Alexa y consacre des heures. Elle en fabrique parfois plus d’une centaine par jour.

«La réalisation d’une création est l’étape la plus rapide, le plus dur c’est la confection des bâtonnets», déclare la créatrice. Selon les créations, Alexa choisit de faire soit des bâtonnets ordinaires avec du journal contenant des phrases, soit des bâtonnets blancs en recueillant uniquement le bord du papier journal. Pour ces bâtonnets blancs, ils ne sont pas choisis au hasard. Leur fonction est destinée à des œuvres qui seront par la suite peintes. Par exemple, pour en faire des dessous de verre. Une œuvre qui est assez populaire et notamment la plus achetée.

La page sportive est également un atout pour Alexa, car elle est composée d’images très colorées apportant une certaine originalité à ses créations. «L’avantage du papier journal, c’est qu’on peut le déformer, le tresser ou tout simplement le laisser en bâtonnets. Il m’arrive aussi de découper des choses, un peu comme le marouflage. Une technique qui consiste à fixer une image, qui plaît, sur une des surfaces du carton. De plus, j’y ajoute des mots tels que : art, exposition et créativité», affirme Alexa Belouizdad. Mis à part le papier journal, elle utilise aussi les bouteilles en plastique.

«Avec une petite bouteille que je coupe en deux, je peux fabriquer un porte-bijoux en forme de buste de femme. Je les emboîte puis je les habille de papier mâché. Pour les pics, ce sont des pics à brochette.» Il est aussi possible de fabriquer des tajines, mais ils ne sont pas destinés à être déposés sur le feu.

Leurs utilisations sont purement décoratives. Pour la fabrication d’un tajine, Alexa a besoin de faire de gros bâtonnets, sinon ils ne tiendront pas entre eux, et ils vont déraper. Elle les enroule entre eux, elle a besoin de différentes tailles pour pouvoir créer «ce couvercle pyramidal». Il sera ensuite peint et agrémenté de paillettes ou autres cristaux. C’est d’ailleurs le cas pour sa dernière réalisation : un sapin de Noël tout en papier journal. Pour réaliser uniquement la partie supérieure sans le pied du sapin, elle a eu besoin de 438 bâtonnets.

«Je me suis amusée à compter les bâtonnets avec mon mari en observant la quantité élaborée», déclare Alexa en souriant. Elle récupère aussi les petits pots de yaourt, elle en fait des petits bonhommes de neige qu’elle peint en blanc. Pour plus de réalisme, tous les détails sont là. Même l’écharpe et la petite carotte, elle les tricote. Toutefois, ce ne sont pas les seules choses qu’elle tricote.

En effet, il est même possible de tricoter du plastique. Oui, du plastique ! Pour cela, «je découpe des bandes de sachets plastiques que je tricote ensemble, mais à l’aide d’un fil à coudre», déclare Alexa. Du sachet plastique qui est détourné de ses fonctions habituelles pour être allègrement transformé en sac à main est le métier d’Alexa. Vous est-il déjà arrivé d’imaginer porter un sac fabriqué avec des magazines ?

Avec Alexa, c’est désormais possible. Elle créait des sacs «surréalistes», beaucoup penseraient que sa conception est chimérique du point de vue de la tenue et de la rigidité. Mais l’illusion est là et les boutons pression permettant la fermeture de ces sacs sont bien et bien là. Question rigidité, étant une experte en maroquinerie, elle connaît bien les points faibles des sacs, elle les renforce donc sur le côté là où ils pourraient lâcher facilement.

«Ce qui est bien avec les créations que je fais, ils sont d’une rigidité et d’une tenue incroyables. Le secret est l’utilisation du vernis à bateau, particulièrement pour les sacs. Ils sont tellement maniés à de nombreuses reprises qu’en rajoutant le contact de l’eau sans le vernis à bateau, ils ne résisteraient plus du tout», précise-t-elle.

De plus, il arrive quelquefois à Alexa de fabriquer des œuvres en «trompe-l’œil». «Pour quelques-unes de mes créations, je prenais des bâtonnets blancs et je leur mettais du vernis pour bois dessus. C’était invraisemblable, mais on croirait réellement que c’était du bois», affirme la créatrice.

En outre, beaucoup de femmes sont amatrices de ceintures à la taille. Alexa en réalise de différentes tailles et de différentes formes, notamment pour des combinaisons ou robes de couleurs unies ou même pour les caftans. Pour fabriquer les ceintures à caftans, «je me suis procuré le système de fil chez le droguiste que j’ai monté sur ma création», explique-t-elle. Ses premières créations étaient toujours colorées. Elle ajoute qu’«en ce moment, l’état brut est quelque chose qui m’inspire. Je trouve que ce style dégage une certaine simplicité et originalité.

C’est le cas pour les pots de fleurs, ils sont agrémentés de fleurs. Je récupère tout ce qui se jette, mais qui me semble propre.» Dernièrement, elle a récupéré tous les emballages de chips et de gaufrettes. Tout ce qui est coloré d’une face et métallisé de l’autre. «Je les lave et les découpe pour en faire un grand sac shopping. Je reste toujours dans le thème du recyclage, mais c’est pour moi la manipulation d’une nouvelle matière. Mon imagination est insondable et les possibilités sont inépuisables.»

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