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Poursuivi dans le cadre du détournement de plus de 700 milliards de centimes

Djamel Ould Abbès placé en détention et Saïd Barkat entendu aujourd’hui

08 juillet 2019 à 10 h 39 min

Il était 9h lorsque Djamel Ould Abbès, ex-sénateur du tiers présidentiel et ex-secrétaire général du parti FLN, est entré à la Cour suprême, à bord d’un véhicule conduit par son chauffeur.

Deux heures après, il quitte l’enceinte judiciaire dans un fourgon cellulaire, escorté par des véhicules de police, en direction de la prison d’El Harrach, à Alger. Le magistrat conseiller, chargé de l’enquête sur la gestion des fonds du ministère de la Solidarité, l’a inculpé pour plusieurs griefs et l’a placé sous mandat de dépôt pour l’affaire du détournement de plus de 700 milliards de centimes des fonds du ministère de la Solidarité durant la période où lui et Saïd Barkat, également ex-sénateur du tiers présidentiel, se sont succédé à la tête du département, c’est-à-dire de 2001 à 2016.

L’affaire avait éclaté il y a quelques mois seulement avant que la justice ne s’en empare. Il s’agit du détournement de plus de 700 milliards de centimes, dont une grande partie a été versée, sur ordre de Djamel Ould Abbès, à des associations qu’il a créées ou dont il faisait partie alors qu’il était ministre de la Solidarité, et qui n’avaient d’association que le nom, et certaines ne relèvent même pas du ministère de la Solidarité.

Des sommes colossales ont été également dépensées sous couvert d’opérations d’aide aux familles nécessiteuses, à travers des achats surfacturés de bus scolaires, d’ambulances, d’équipements pour handicapés et étudiants, dont la traçabilité n’est pas établie. Sous le règne de Saïd Barkat, une quinzaine de marchés suspicieux d’équipements ont été signés pour des montants très importants et avec des entités douteuses.

L’Inspection générale des finances (IGF) a dépêché une mission de contrôle après l’arrivée d’une nouvelle ministre (Mounia Meslem), et dont le rapport était accablant. Néanmoins, aucune suite n’a été donnée aux graves dysfonctionnements et accusations.

D’abord, parce qu’entre-temps, Djamel Ould Abbès a été parachuté à la tête du FLN, que préside Abdelaziz Bouteflika, mais aussi par le fait que dès son débarquement de SG, il est nommé, fin janvier 2019, sénateur du tiers présidentiel. Il n’est pas le seul. Saïd Barkat est également désigné par Bouteflika comme sénateur du tiers présidentiel, après sa mise de fin de fonction en tant que ministre de l’Agriculture.

C’est d’ailleurs sous son règne que le scandale du détournement de 3200 milliards de centimes, à travers le financement de l’agriculture par la GCA (Générale des concessions agricoles) et le FNDRA (Fonds national de régulation et de développement de l’agriculture), qui a éclaboussé Amar Saadani, cet ancien président de l’Assemblée nationale, hissé au rang de secrétaire général du FLN, avant qu’il ne s’offre des biens immobiliers en France, où il réside. A ce jour, cette affaire n’a pas encore connu de suite.

Il a fallu la contestation populaire, qui a provoqué l’effondrement du régime Bouteflika, pour que la justice décide de déterrer le dossier et ouvrir une information judiciaire. Bien protégés par leur statut de sénateurs, les deux anciens ministres de la Solidarité refusent de se désister de leur immunité, mais la demande du garde des Sceaux accélère la procédure.

A la veille de la décision finale, Ould Abbès et Barkat décident, le 12 juin dernier, d’abandonner leur immunité pour répondre de leurs actes devant la justice. Entre-temps, l’enquête judiciaire avance. En tout, 21 personnes sont déférées devant le juge, parmi elles, 9 sont des cadres du ministère de la Solidarité. Les deux ex-ministres sont informés des griefs qui leur sont reprochés, avant qu’il ne leur soit demandé de se présenter devant les magistrats de la Cour suprême.

Convoqué par les magistrats, Djamel Ould Abbès a été auditionné hier par les juges, avant qu’il ne soit placé sous mandat de dépôt, alors que Saïd Barkat doit comparaître aujourd’hui devant les mêmes juges pour les mêmes griefs : «dilapidation de deniers publics», «abus de fonction», «trafic d’influence», «conflit d’intérêts», «faux et usage de faux», «passation de contrats en violation avec la réglementation des marchés publics», etc. Peut-on espérer l’ouverture du dossier CGA ? La question reste posée…


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