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Dialogue avec le hirak : Quelle feuille de route pour Tebboune ?

15 décembre 2019 à 10 h 30 min

Et maintenant ? Le pouvoir en place a organisé son scrutin et a élu son Président, sans surprise. Abdelmadjid Tebboune est déclaré vainqueur au 1er tour avec 58,15% des voix exprimées à l’issue d’un vote caractérisé par un fort taux d’abstention dépassant les 60% du corps électoral, selon les résultats officiels communiqués par l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE).

Elu à l’issue d’une élection organisée sur fond de tension politique extrême, le successeur de Abdelaziz Bouteflika tente, lors de sa première conférence de presse, de faire un clin d’œil au hirak populaire. Il lance ainsi un appel au dialogue avec les représentants du mouvement populaire. «Je m’adresse directement au hirak, que j’ai à maintes reprises qualifié de béni, pour lui tendre la main afin d’amorcer un dialogue sérieux au service de l’Algérie et seulement l’Algérie», affirme-t-il. «Il est temps de concrétiser les engagements pris lors de la campagne électorale, sans aucune exclusion ou marginalisation, ni intention de vengeance», ajoute-t-il, promettant d’œuvrer avec «toutes les parties pour tourner la page du passé et entamer celle de la nouvelle République avec un nouvel esprit et une nouvelle approche». Abdelmadjid Tebboune ne s’est pas, cependant, étalé sur la méthode à suivre pour l’organisation de ce dialogue, comme il reste évasif sur les questions en lien avec le hirak, notamment la libération des détenus politiques et d’opinion.

Aura-t-il les coudées franches pour tenter de désamorcer cette crise politique ? Les tenants du pouvoir en place l’autoriseront-ils à aller loin dans sa démarche pour réaliser un réel changement ? Le pouvoir respectera-t-il les conclusions du rapport de la commission de médiation et du dialogue menée par Karim Younès ? Cette dernière avait, rappelons-le, suggéré dans son document remis, au début du mois de septembre dernier, au chef de l’Etat intérimaire, Abdelkader Bensalah, «une période de transition constitutionnelle juste après l’élection présidentielle». Le même rapport avait aussi proposé «l’ouverture de grands chantiers de réformes, dont l’adoption d’une nouvelle Constitution et la révision de l’arsenal juridique en vigueur». Pour l’instant, Abdelmadjid Tebboune s’est contenté de promettre une révision de la Constitution et de la loi électorale. Il évite carrément d’évoquer une période de transition.

«L’appel au dialogue pourrait être une ruse»

Réagissant à cet appel au dialogue, le juriste Reda Deghbar estime d’abord «qu’il constitue une reconnaissance de la part du nouveau Président qu’il n’est pas élu par le peuple». «Il constitue aussi une reconnaissance de la part du régime que le dialogue mené par la commission de Karim Younès n’était pas sérieux. S’il était comme tel et que ses conclusions étaient des solutions réelles à la crise, le pouvoir n’aurait pas besoin d’un nouveau dialogue avec le peuple», explique-t-il dans une déclaration à la chaîne de télévision, El Hadeth. Reda Deghbar n’écarte pas le fait que «cet appel soit une manœuvre du pouvoir pour diviser le hirak». «Le dialogue ne peut réussir qu’à trois conditions : il doit axer sur les mécanismes d’une vraie transition démocratique, comme il doit être mené avec le peuple qui sort dans la rue et ne pas reproduire les erreurs de la commission de Karim Younès, et en troisième lieu, il devra répondre aux aspirations de changement exprimées par le hirak. Ce dernier doit se poursuivre jusqu’à la satisfaction entière des résultats de ce dialogue», précise-t-il.             


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