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Déclaration de l’ambassadeur de l’Arabie Saoudite aux Nations Unies sur le Sahara occidental : Le jeu malsain des saoudiens

23 octobre 2021 à 11 h 40 min

L’Arabie Saoudite s’aligne totalement sur la position marocaine relative au règlement du conflit du Sahara occidental. Ce parti pris flagrant de Riyad aux thèses marocaines a été affiché ouvertement, ce jeudi à l’ONU, par l’ambassadeur du royaume de l’Arabie Saoudite, qui a encensé le makhzen, allant jusqu’à suggérer la relance du format dit des «tables rondes» que l’Algérie a rejeté publiquement et définitivement en le qualifiant d’«obsolète».

S’exprimant au nom de son pays, à l’occasion de la plénière de la 76e Assemblée générale de l’ONU à New York, Abdallah Al Mouallimia a tenu des propos qualifiés de «graves», d’«inappropriés» et d’«inadmissibles» par des diplomates algériens. Abordant la question de la résolution du conflit du Sahara occidental, le diplomate saoudien ne parle plus de Sahara occidental mais plutôt de Sahara «marocain». Il a, dans ce sens, affirmé que l’Arabie Saoudite «refuse toute atteinte aux intérêts supérieurs du royaume du Maroc frère et à sa souveraineté ou à son intégrité territoriale».

Abdallah El Moualimia a fait, non seulement, les éloges des réalisations du Maroc dans les territoires occupés, mais a aussi apporté, en plus clair, le soutien total de Riyad à sa politique coloniale. Toutefois, pour nuancer son discours dans une démarche globale, le diplomate saoudien a appelé l’Algérie, en évoquant «toutes les parties concernées», à «faire preuve de sagesse et d’objectivité».

L’ambassadeur a précisé que son pays «soutient les efforts du royaume du Maroc frère en vue de trouver une solution politique réaliste au dossier du Sahara marocain» et réitère son «soutien au plan d’autonomie (…) salué par le Conseil de sécurité, à travers les résolutions qui ont été votées depuis 2007».

Allant encore plus loin, Al Mouallimi a salué le «développement économique et social au Sahara marocain (…)» et les supposées «réalisations cruciales en matière de droits de l’homme».

REJET FORMEL ET IRRÉVERSIBLE

Il a aussi exprimé la satisfaction de son pays de «la participation des représentants élus du Sahara marocain dans les sessions du comité des vingt-quatre C24 (comité sur la décolonisation)» et de «la tenue de deux tables rondes avec la participation du royaume du Maroc aux côtés de l’Algérie, la Mauritanie et le Polisario», appelant à «poursuivre dans cette direction».

A propos justement de ce format dit «des tables rondes», la réponse de l’Algérie ne s’est pas faite attendre, par la voix de Amar Belani, envoyé spécial chargé du Sahara occidental et des pays du Maghreb, assène encore une fois «un niet» et exclut tout retour à ce format «obsolète». M. Belani a précisé que l’Algérie ne s’est «jamais engagée à en faire partie, car elle estime que ce format est loin de constituer la solution idéale».

Bien au contraire, estime M. Benali, «ce format est devenu contre-productif depuis que le Maroc a décidé, de manière irresponsable et malhonnête, de l’instrumentaliser pour tenter misérablement d’escamoter le caractère de décolonisation de la question du Sahara occidental au profit d’un prétendu conflit régional et artificiel, dont l’Algérie serait une partie prenante».

Pour ces raisons, l’Algérie, selon M. Benali, confirme son «rejet formel et irréversible» de ce format dit des «tables rondes». «Nous avons instruit notre représentant permanent à New York à l’effet de notifier cette position du gouvernement algérien au président du Conseil de Sécurité, en lui demandant de faire circuler la note verbale en question à tous les membres du Conseil», a révélé M. Belani.

Ce dernier a, par ailleurs, averti, dans une déclaration à l’agence APS, qu’avec la rupture brutale du cessez-le-feu par les forces d’occupations marocaines et l’annexion illégale de la zone tampon à Guerguerat en violation flagrante des accords militaires, les risques d’escalade dans le conflit opposant le régime marocain et le Front Polisario sont «sérieux».

«C’est pourquoi, plus que jamais, le Conseil de Sécurité doit traiter la question du Sahara occidental avec lucidité et responsabilité, car il y va de la paix et de la stabilité dans la sous-région», soutient-il.

L’Algérie a également, faut-il le rappeler, refusé tout tentative de médiation y compris de l’Arabie Saoudite dans son conflit avec le Maroc.

Ce qui a probablement vexé Riyad, d’où son soutien appuyé à l’occupation marocaine du Sahara occidental. C’est la première fois, selon une source diplomatique, que le régime des Al Saoud fait preuve d’autant d’hostilité à l’égard de notre pays d’une façon aussi directe.

«Jamais, depuis 1975, les Saoudiens n’ont tenu des propos pareils, ce revirement fait suite au refus par l’Algérie d’une médiation souhaitée par l’Arabie Saoudite dans la crise qui oppose notre pays au Maroc», explique note interlocuteur.

Nabila Amir


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