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Campagne de dénigrement contre le passé historique du colonel Bouregaâ : L’OMN dépose plainte

02 juillet 2019 à 10 h 30 min

Une plainte sera déposée incessamment par l’Organisation nationale des moudjahidine (ONM) contre «toutes les parties qui ont délibérément donné un autre nom» au colonel Lakhdar Bouregaâ et «porté atteinte à son passé historique».

La décision a été validée par les 18 membres du secrétariat national, dont son secrétaire général, Mohand Ouaamar Benhadj, réunis hier au siège de l’organisation, à Alger.

Sous le titre de «Non à l’atteinte des symboles de la Révolution», le communiqué sanctionnant cette réunion extraordinaire est en fait une réponse aux graves accusations portées contre le passé historique de l’ancien commandant de la Wilaya IV, Lakhdar Bouregaâ, largement diffusées, dimanche, par les chaînes de télévision publiques au moment où cet ancien moudjahid et militant politique, âgé de 86 ans, était inculpé et placé en détention pour «avoir pris part à une entreprise de démoralisation des troupes» et «atteinte à la défense nationale». Avec un titre révélateur : «Non à l’atteinte aux symboles de la Révolution», l’Onm a commencé sa déclaration en plantant le décor.

«Au moment où le peuple algérien se prépare à célébrer l’anniversaire de sa victoire sur la colonisation française, à travers la Fête de l’indépendance et de la jeunesse, le sort a voulu que le pays fasse face à des événements politiques très graves et complexes qui ont fait réagir le moudjahid Bouregaâ et l’ont mis au-devant de la scène (…).

Au-delà des considérations qui ont poussé la justice à engager une procédure d’incarcération en ce moment précis, le rôle important joué par cette personnalité durant la Guerre de Libération au niveau de la Wilaya IV historique nous met face à une véritable problématique qui nous oblige à rappeler le parcours de ce moudjahid.» L’ONM, que dirige par intérim Mohand Ouaamar Benhadj, précise qu’elle suit «avec regret» les réactions, que ces accusations «ont suscitées auprès de la société civile avec toutes ses composantes : politique, syndicale et mouvement associatif, nous obligent à évoquer la relation de ce moudjahid avec la Révolution qui restera, malgré les positions de l’homme durant les événements (après l’indépendance, ndlr), un acquis honorable auquel aucune partie ne peut porter atteinte».

Pour l’Onm, «il est indéniable que le moudjahid Si Lakhdar a rejoint la Révolution dès 1956, au niveau de la Wilaya IV, et a servi avec d’autres moudjahidine dans la sécurisation de la réunion d’un groupe d’étudiants avec des membres de la direction de la Révolution, dont Mohamed Larbi Ben M’hidi et Abane Ramdane, ainsi que le moudjahid Ouamrane, avant qu’ils (étudiants) ne subissent une formation politico-militaire et au moment où les cadres en question se préparaient à rejoindre le Congrès historique de la Soummam, qui affecta Si Lakhdar à la Wilaya VII du sud du pays, dans le but de sensibiliser la population sur les objectifs de la Révolution…»

«Nous ne pouvons accepter que l’on porte atteinte à son passé historique»

L’Organisation des anciens combattants de l’Armée de libération nationale (ALN) précise qu’au vu de «ses capacités» à assumer ses missions et au vu de «son courage» sur le terrain en «affrontant l’ennemi durant les batailles contre les forces coloniales françaises», il a été affecté à la katiba El Zoubeiria, connue pour ses activités à la zone 2 de la Wilaya IV. «A ce titre, il est important de rappeler que cette katiba a affronté, lors de batailles sanglantes, les assassins Massu et Bigeard.

Tous les compagnons du moudjahid Si Lakhdar s’accordent à lui reconnaître sa bravoure dans l’orientation des batailles contre les forces coloniales. Ce qui lui a valu d’être désigné comme responsable politique et militaire au niveau de la Wilaya IV, zone 2, d’être promu au grade de capitaine et d’être nommé à la tête de la zone 2 à Blida.

A la fin de l’année 1960, Si Lakhdar a été promu au grade de commandant alors qu’il était très lié au colonel Si Mohamed Bounaama, commandant de la Wilaya IV, qui l’a nommé membre du conseil (de cette wilaya, ndlr).

Avec le même engagement et le même engouement, Si Lakhdar a poursuivi son parcours de lutte armée au moment où Si Bounaama tombait en martyr sur le champ de bataille en 1961. Avec l’indépendance, célébrant la victoire, Si Lakhdar était parmi les katibas de l’ALN qui ont pris part au défilé militaire à Alger où, pour la première fois, l’emblème national a été hissé», lit-on dans le communiqué de l’ONM.

L’organisation a rappelé également que Si Lakhdar Bouregaâ était membre du Conseil de la Révolution algérienne et se compte «parmi les rares qui sont encore en vie», avant d’annoncer son intention de recourir à son droit d’ester en justice «les parties qui ont délibérément donné un autre nom à ce moudjahid dans le but de porter atteinte à son passé honorable».

Au siège de l’ONM à Alger, des avocats et membres du Réseau contre la répression» ont afflué dès le matin pour exprimer leur «disponibilité» à appuyer les membres de cette organisation dans toute action qu’ils comptent mener pour se solidariser avec ce militant politique qui s’est illustré par ses positions courageuses durant les pires moments que le pays a vécus, notamment pendant la décennie rouge et sous le règne de Bouteflika. Malgré son âge avancé, il a de tout temps été parmi les premiers à dénoncer les atteintes aux droits des Algériens.

Ancien moudjahid et membre du secrétariat national de l’ONM, Youcef Khodja tente d’expliquer le contenu de la déclaration de l’organisation. «Il était un peu difficile de réunir les 18 membres rapidement. Aujourd’hui (hier), ils sont tous là. Le débat a été long mais tout le monde est conscient de la gravité de la situation.

Ce qui est arrivé à Si Lakhdar peut arriver à n’importe lequel d’entre nous. Personne n’est à l’abri. Au-delà de ses positions qu’il a, de tout temps, exprimées et qu’il assume, nous ne pouvons accepter que l’on porte atteinte à son passé historique. Si Lakhdar fait partie des symboles de cette grande Révolution algérienne», déclare Youcef Khodja, accompagné par un moudjahid, Me Dahkoul. Khodja ne cesse de faire l’éloge de Bouregaâ et de son parcours d’ancien officier de l’ALN.

Pour lui, «les graves accusations portées à son encontre et diffusées par les chaînes de télévision publiques n’augurent rien de bon pour l’avenir de notre pays. Si nous gardons le silence face aux atteintes aux symboles de notre Révolution et de la nation, nous serons comptables devant l’histoire.

Ces symboles unissent tous les Algériens. Ceux qui sortent chaque vendredi ne demandent rien d’autre que de vivre librement, dans la dignité. Nos références historiques sont le ciment de la société. Si elles sont battues en brèche, il faut s’attendre au pire».

Et de préciser que la plainte qui sera déposée incessamment par les avocats de l’ONM a pour objectif «de mettre à nu les auteurs de ce pamphlet contre le parcours historique de Si Larkhdar et ceux qui ont ordonné sa diffusion par les chaînes de télévision publiques, qui doivent assumer elles aussi leur responsabilité dans cette campagne contre les symboles de la Révolution».


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