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Bouteflika veut un 5e mandat : Une candidature qui fait peur

11 février 2019 à 11 h 30 min

Après plusieurs jours de «tapage médiatique» mené par les partis de l’alliance présidentielle, le président Bouteflika annonce de manière officielle sa candidature.

Il ne le fait pas par un discours à la nation ni dans une sortie sur le terrain, qu’il n’a d’ailleurs pas effectuée depuis fort longtemps, mais plutôt par un message écrit diffusé par l’agence officielle APS.   (voir l’intégralité du message ci-dessous : https://www.elwatan.com/edition/actualite/message-de-candidature-de-m-abdelaziz-bouteflika-11-02-2019).

Le président Bouteflika fait donc moins qu’en 2014, quand il a chargé son Premier ministre de l’époque, Abdelmalek Sellal, d’annoncer sa candidature pour le 4e mandat.

Après une longue nuit de doute qui a tenu en haleine la classe politique et brouillé les éléments d’analyse de la situation et laissé bien des partis sans boussole politique, le chef de l’Etat confirme ses véritables intentions de rester au pouvoir en dépit de son affaiblissement par la maladie depuis son AVC de 2013.

Nombreux sont ceux qui pensaient qu’il n’était pas possible qu’il brigue, dans son état de santé actuel, un nouveau mandat présidentiel de cinq ans. Beaucoup sont ceux qui croyaient, jusqu’à hier, qu’il était encore possible que le président sortant renonce à briguer un autre mandat pour des raisons évidentes.

En effet, le président-candidat, qui ne s’est plus adressé au peuple depuis son fameux discours de Sétif en mai 2012, a été le grand absent du 4e mandat.

Avec un agenda réduit aux activités incompressibles, telles que le Conseil des ministres et le dépôt d’une gerbe de fleurs au sanctuaire des Martyrs à l’occasion des fêtes de l’Indépendance et du 1er Novembre, le chef de l’Etat a fait de très rares apparitions avec quelques chefs d’Etat et de gouvernement en visite officielle en Algérie. Certaines visites ont été déprogrammées ou reportées à cause de son état de santé.

C’est le cas de la chancelière allemande, Angela Merkel, dont la visite en février 2017 a été annulée à cause d’une «bronchite aiguë». Elle n’a pu être reprogrammée qu’en septembre 2018. Les images de la rencontre de Bouteflika avec Mme Merkel au palais d’El Mouradia n’ont pas été de nature à rassurer l’opinion publique.

Comme celles, plus tard, de la cérémonie du 1er Novembre, qui ont suscité beaucoup de réactions et de commentaires sur les réseaux sociaux. Mal en point, le président Bouteflika n’a d’ailleurs pas pu recevoir le prince héritier d’Arabie Saoudite, Mohamed Ben Salmane. Dans le communiqué officiel, il justifiait cette indisponibilité du chef de l’Etat par «une grippe aiguë».

Durant tout un mandat, le chef de l’Etat ne s’est jamais déplacé à l’étranger en dehors de ses visites et contrôles médicaux, lui qui ne ratait jamais les grands événements internationaux quand il était en bonne santé.

Son absence a poussé des personnalités comme Zohra Drif Bitat et Abdelkader Guerroudj, et des chefs de parti, comme Louisa Hanoune, à s’interroger sur «qui dirige réellement le pays ?»

D’autres voix se sont élevées pour demander l’application de l’article 102 de la Constitution relatif à l’état de vacance du pouvoir pour incapacité du président de la République à assumer sa fonction.

Au fil des années, les principaux soutiens du chef de l’Etat et son Exécutif ont tenté de faire admettre aux Algériens que sa maladie n’a pas de conséquences directes sur son activité présidentielle. Ils ont même dit qu’il ne présidait pas seul et qu’il lui suffisait de donner des orientations au gouvernement, chargé d’appliquer son programme.

Et en appelant au 5e mandat, les partis de l’alliance ont déjà affirmé qu’il ne fera pas campagne. Ce qui est déjà clair pour les Algériens qui ne le voient que très rarement à la télévision. Un fait édifiant au meeting du FLN à la Coupole du 5 Juillet au complexe Mohamed Boudiaf, consacré à sa candidature au 5e mandat, il n’y avait que ses photos puisées des archives.

Ce candidat absent promet, aujourd’hui, dans sa déclaration de candidature, d’effectuer des réformes qu’il n’a pas menées durant quatre mandats. Il annonce sa volonté d’«enrichir» la Constitution qu’il a triturée trois fois et d’aller vers une conférence nationale inclusive qu’il a toujours rejetée, considérant que le pays n’était pas en crise.

En considérant nécessaire d’engager des concertations avec toute la classe politique, le président Bouteflika et ses soutiens reconnaissent donc l’existence d’une crise qu’ils ont toujours niée. Une crise qui est en grande partie directement liée à la gestion du pays pendant deux décennies. Comment peut-on donc espérer obtenir un résultat différent en usant de la même formule ?

Les principaux partis de l’opposition ne cessent de mettre en garde contre les risques de la continuité, synonyme pour eux d’un statu quo qui ne ferait qu’exacerber la crise actuelle. Ces mêmes partis ne voient aucune issue à la crise qui secoue le pays que la rupture


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