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mardi, 13 novembre, 2018
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Blé russe ou blé français ? : L’Algérie face à un choix décisif

14 octobre 2018 à 1 h 35 min

Russes et Français attendent impatiemment le verdict de l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) quant au choix de son futur fournisseur en blé. L’Algérie se départira-t-elle de sa dépendance au blé français au profit du blé russe, ou optera-t-elle pour une diversification des sources d’importation ?

Une question qui taraude fermiers et analystes du marché international qui guettent la décision du quatrième plus grand importateur de blé au monde qu’est l’Algérie.

La Russie a constaté un intérêt algérien pour son blé et un échange de délégations s’effectue depuis l’été afin de convaincre la partie algérienne de changer de fournisseur et d’opter pour le produit russe. Français et Russes avancent, chacun de son côté, des arguments visant à vendre leurs produits.

Le client algérien est resté de son côté trop dépendant du fournisseur français auprès duquel il s’approvisionne à hauteur de 98% des 7 millions de tonnes de blé tendre importés chaque année pour un montant de 500 millions de dollars. Un marché qui ne pouvait laisser le producteur russe sans réaction, surtout après une récolte annuelle qui a dépassé tous les records. «Les Algériens regardent avec appétit le blé russe qui est moins cher et de meilleure qualité» assure à Sputnik le président de l’Union céréalière russe, Arkadi Zlotchevski, en minimisant la position française sur ce marché.

Pourtant, cet intérêt algérien pour le blé russe est loin de laisser indifférents les agriculteurs français. Une délégation française, dirigée par le secrétaire d’Etat au commerce, sera à Alger au début de l’année 2019 afin de discuter des livraisons de blé, annonçait, à la fin de la semaine dernière, un fonctionnaire du gouvernement français à l’agence Reuters.

Une réaction qui ne sera pas déterminante, estime le président de l’Union céréalière russe. «En général, la France a assuré sa position sur le marché algérien, mais c’est également lié aux traditions françaises en Algérie. Ils offrent des instruments financiers pour la réalisation de diverses opérations, telles que des délais de paiement allant jusqu’à un an, que nous ne pouvons fournir.

Mais dans le même temps, notre blé est moins cher, de meilleure qualité que celui français. Et les Algériens le regardent avec appétit. C’est-à-dire qu’ils sont prêts à examiner ces questions», indique Zlotchevski.

Et d’ajouter que si la Russie créera des conditions concurrentielles, «elle supplantera les Français sur le marché algérien». Le même responsable affirme que son pays jouera des coudes pour viser des créneaux plus prestigieux. Et de noter que la Russie est aussi prête à fournir à l’Algérie du riz, du maïs et de l’orge.

Du côté français, on évoque la qualité du blé tendre pour défendre son maintien comme principal fournisseur de l’Algérie en ce produit. Contenant des parasites, tous les blés sont soumis à des exigences sanitaires. Répondant au cahier des charges de l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) pour une tolérance de seulement 0,1% de grains punaisés, le blé français présente un avantage, selon la partie française.

Qualité, prix et diversification de fournisseurs

Si l’OAIC décide de changer de fournisseur et d’opter pour le blé russe, il devra revoir ses exigences sanitaires et abaisser ses normes à 0,5%. «Il faut qu’on ait toujours une longueur d’avance sur le plan qualitatif, sinon on se fera prendre des parts de marché.

Le nettoyage, pour nous, c’est l’un des points les plus sensibles et les plus difficiles aujourd’hui, parce que les clients sont très attentifs à avoir du blé le plus nettoyé possible», déclare dans Le Monde, Philippe Pinta, président de l’AGPB (producteurs français).

Mais le facteur prix reste tout de même déterminant.

Comme il n’est jamais bon d’être dépendant d’un seul fournisseur, l’OAIC avait lancé, il y a quelques mois, un appel d’offres pour l’achat de 360 000 tonnes de blé meunier livrables en novembre prochain. Des tests sont effectués sur l’offre russe qui promet à la partie algérienne de faire une économie de 5 à 20 dollars pour la tonne de blé. Une offre alléchante pour un pays qui vise à réduire coûte que coûte sa facture d’importation de produits alimentaires et dont les céréales constituent un lourd fardeau. Bénéficiant du régime des subventions, le blé tendre est vendu à 20 DA le kilogramme.

Le directeur général de l’OAIC, Mohamed Belabdi, reconnaissait, dans une déclaration faite le mois dernier, les difficultés que rencontre l’Algérie à produire elle-même ses besoins en blé tendre, et appelait carrément à un changement de nos habitudes de consommation afin de réduire la quantité de blé tendre importée. Si nous arrivons à produire du blé dur à hauteur de 30 millions de tonnes, le blé tendre est importé à hauteur de 7 millions de tonnes et entre dans la fabrication du pain qui est un produit de consommation de premier ordre en Algérie, avec près de 250 kg par habitant et par an.

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