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Arrêtés durant le hirak de vendredi à Alger : Une vingtaine de détenus devant le juge

19 janvier 2020 à 10 h 20 min

Actuellement, 15 manifestants sont placés en garde à vue au commissariat de Cavaignac et seront présentés dimanche 19 janvier (aujourd’hui, ndlr) devant le procureur du tribunal de Sidi M’hamed», alertait le CNLD sur sa page Facebook à l’issue de ce 48e vendredi du hirak.

Force est de le constater : cette nouvelle vague d’arrestations vient conforter la tendance qui a été observée lors du vendredi 10 janvier ainsi qu’à l’occasion du dernier mardi des étudiants, marquant une escalade répressive qui vise clairement à étouffer le hirak. Dès les premières heures de ce 48e acte, une véritable chasse à l’homme était lancée à l’encontre des hirakistes. Autre fait notable : le déploiement massif des forces de sécurité s’employait à empêcher manu militari les premiers carrés de manifestants de s’installer, alors que ces cortèges du hirak n’ont jamais posé le moindre problème. Les éléments de la police se contentaient habituellement de former un cordon de sécurité sur certains tronçons de la rue Didouche Mourad afin de libérer une partie de la chaussée à la circulation automobile, et personne n’a eu à se plaindre du comportement des manifestants qui ont toujours observé une attitude exemplaire.

Même les «Gilets Oranges» n’ont pas été épargnés

L’inventaire détaillé des arrestations de vendredi dernier montre que la police cible en particulier des cadres et des activistes connus pour leur engagement indéfectible au sein du hirak. C’est le cas des militants de l’association RAJ, dont deux autres membres, Kamel Nemmiche et Mokrane Laouchdi, ont été arrêtés. Dans la liste nominative publiée par le CNLD, on trouve également une figure très en vue du hirak, le docteur Djamel-Eddine Oulmane qui nous gratifie chaque vendredi d’une œuvre graphique qui fait immanquablement mouche. Dans la même liste, figure, en outre, un P/APC, en l’occurrence le maire de Souk El Ténine, Slimane Khermous, ainsi que le président de l’Association nationale de lutte contre la corruption (ANLC), Mustapha Atoui. La police a même embarqué des membres des Gilets oranges, dont
Djamel Sellami, Kaddam Zoheir et Yacine Benmessaoud.

En plus des 15 citoyens placés en garde à vue en attendant leur comparution aujourd’hui devant le procureur, il faut signaler que de nombreux autres manifestants ont été interpellés avant d’être relâchés. Parmi eux : Hakim Addad et Samir Larabi. Autre dérive autoritaire constatée ce vendredi : les interpellations de journalistes qui ne faisaient que leur travail. C’est le cas de nos confrères Zoheïr Aberkane du quotidien Reporters et Bouzid Ichalalene du site Inter-lignes.com. Rappelons, dans le même registre, les pressions exercées sur notre ami Khaled Drareni, correspondant de plusieurs médias et représentant de RSF en Algérie qui a été embarqué de chez lui le 9 janvier dernier par des agents en civil, avant d’être libéré tard dans la soirée. En cause : ses tweets jugés «subversifs».

«Tebboune poursuit la feuille de route de Gaïd Salah»

Il convient de mentionner aussi toutes les autres entraves aux manifestations constatées dans plusieurs villes depuis l’élection de M. Tebboune. On se souvient de la terrible répression qui s’était abattue sur les hirakistes à Oran lors du 43e vendredi, au lendemain du scrutin du 12 décembre. A Sidi Bel Abbès, à Tiaret ou encore à Mascara, le hirak est quasiment frappé d’interdiction, comme s’il s’agissait d’une organisation illégale. Des signaux on ne peut plus inquiétants qui trahissent un glissement dangereux vers un statu quo mortifère. «Interpellations, espaces fermés, entonnoirs sécuritaires sur le parcours… le gouvernement Tebboune fait la guerre de territoire au hirak et poursuit la feuille de route liberticide de Gaïd Salah», fait remarquer notre confrère El Kadi Ihsane sur Twitter.

Dans une déclaration à Berbère TV, Me Mustapha Bouchachi constate de son côté : «On poursuit notre combat de façon pacifique, patients et persévérants, parce que nous estimons que rien n’a changé en fin de compte. C’est le même système qui s’est recyclé. Il n’y a pas de signes, pas de prémices qui prouvent qu’il y a une réelle intention de satisfaire les revendications des Algériennes et des Algériens aujourd’hui. C’est regrettable, parce qu’on avait une véritable chance d’aller vers la démocratie à travers des élections acceptées par tous. Nous avons gâché cette occasion.»

Et d’ajouter : «Les arrestations, l’empêchement de citoyens algériens d’accéder à la capitale, l’empêchement des Algériens de transmettre leurs idées à travers les médias publics et les médias audiovisuels privés, l’impossibilité pour toute personne ayant une position contraire au système de donner une conférence dans quelque endroit que ce soit de la République, tout cela démontre qu’il n’y a eu aucun changement, et que le régime refuse que le peuple algérien soit la source du pouvoir.»

L’indignation du Collectif de défense des détenus du Hirak

Réagissant à ces nouvelles violations, le Collectif de défense des détenus du hirak a émis un communiqué dans lequel on peut lire : «Nous enregistrons avec désolation et pessimisme la terrible répression des libertés constatée lors du 48e vendredi du hirak. Nous exprimons notre profonde indignation pour les dépassements et les agressions physiques et verbales qui ont été commis à l’endroit des participantes et des participants au hirak», ceci alors que «les services de sécurité sont censés accompagner et sécuriser le hirak, non l’agresser». Pour ce collectif d’avocats, «ce qui s’est produit ce vendredi montre que la volonté politique dans le sens de l’apaisement et la construction de la confiance sont totalement inexistantes».

Les auteurs du communiqué en sont persuadés : il est «impossible de croire que les dépassements enregistrés sont le fait d’agissements individuels (…). Cela prouve à tout le moins qu’il y a un silence et un laxisme de la part des chefs des services de sécurité». Le Collectif de défense des détenus du hirak a appelé le parquet «à prendre ses responsabilités en tant qu’instance de contrôle de la police judiciaire et première autorité censée protéger les libertés individuelles et collectives».

Le collectif exige notamment la «libération immédiate des manifestants pacifiques arrêtés et la cessation des poursuites à leur encontre» et «l’ouverture d’une enquête judiciaire à propos des agressions des manifestants avant et pendant leur arrestation». Pour finir, le collectif exhorte les nouvelles autorités politiques à «ne pas revenir à la situation d’avant le 12 décembre et à garantir la protection des libertés individuelles et collectives».

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