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       <title>El Watan - Produits et marchés</title>
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       <lastBuildDate>Mon, 28 May 2012 10:10:28 +0100</lastBuildDate>
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           <title>L’ammoniac, une autre victime de la crise</title>
           <author>Naima Benouaret </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Economie</category>
           <pubDate>Mon, 05 Dec 2011 01:00:00 +0100</pubDate>
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	L’ammoniac connaîtrait-il lui aussi la crise ? Depuis des semaines, il n’y a pratiquement pas de position acheteur sur le marché international. 
	Les prévisions de la demande mondiale pour 2012 de ce produit à très forte valeur ajoutée vont pour la deuxième fois consécutive être révisées à la baisse. La crise serait une nouvelle fois à l’origine de cette tendance, avec la combinaison d’une incertitude économique et de prix élevés. Fort heureusement, pour Fertial, la filiale algérienne du groupe espagnol Villar Mir (GVM), qui la contrôle à hauteur de
	66%, la production d’ammoniac attendue de ses trois usines – Annaba et deux à Arzew - devant totaliser plus de 620.000 tonnes à fin 2011, ont déjà trouvé preneur en Fertiberia, l’autre filiale espagnole de GVM. Car répondant à la stratégie pour laquelle a opté le leader européen des fertilisants, depuis son installation en Algérie, la société Fertial cède la totalité de sa production à «sa sœur aînée» Fertiberia. C’est en les intégrant dans sa structure globale d’exportations d’ammoniac que celle-ci arrive, en effet, à placer les quelque 620.000 tonnes issues des usines de Annaba et d’Arzew sur le marché mondial ou sont échangées 18,7 millions de tonnes/an.

	«Ces deux dernières semaines, nous avons fortement ressenti la baisse de la demande mondiale de l’ammoniac. Le marché est extrêmement inactif. Nos partenaires parlent de sérieuses tensions. La situation n’est pas rassurante du tout», indique Jorge Requena Lavergne, administrateur directeur général de Fertial, expliquant cette «inertie» inquiétante par la crise mondiale actuelle. Admettant l’impact divers, mais généralisé de cette crise sur le secteur de l’ammoniac, le responsable se veut, toutefois, rassurant sur les débouchés commerciaux pour les produits de son groupe même si le chemin vers une reprise opérationnelle complète est probablement lent et difficile. Les raisons de son optimisme : le renforcement de la compétitivité des filiales de Villar Mir que lui a assurée, lors de la crise de 2008, le processus d’internationalisation développé à partir de 2002.

	Selon M Requena, même si Fertiberia venait à connaître des difficultés  pour écouler son ammoniac aux Etats-Unis d’Amérique et en Europe du Nord qui en sont les plus grands marchés demandeurs – 30 million T -, le boulevard lui sera assurément ouvert dans d’autres régions grâce à ses circuits commerciaux internationaux. «Vu son étendue, la crise va inévitablement impacter Villar Mir mais beaucoup moins que d’autres Groupes dont l’activité reste concentrée sur une poignée de marchés en Espagne ou en Europe», précise-t-il. Ainsi, la demande moins importante que prévu des Etats-Unis et de l’Europe du Nord qui importait pourrait, aux yeux du responsable, être partiellement compensée par l’augmentation de celle de l’Afrique et de l’Asie. En attendant, les lobbies du négoce peuvent se frotter les mains. Car, poursuit Jorge Requena, le circuit de commercialisation, l’environnement géopolitique et économique dans lequel évolue l’ammoniac, influencent les techniques de négoce.

	D’autant qu’en termes de prix, la conjoncture demeure favorable malgré l’effondrement du commerce mondial : les cours de l’ammoniac ne cessent d’augmenter. Ils se sont établis à 620 dollars la tonne contre 590, il y a à peine quelques mois. L’ammoniac est, en effet, devenu essentiel dans le secteur économique pour répondre aux besoins nutritifs à l’échelle mondiale, car utilisé à environ 81% pour la fertilisation des sols. Ses mérites en agriculture sont multiples : utilisé comme fertilisant, il contribue au succès du concept d’agriculture raisonnée. De même, son injection à l’état gazeux dans le sol permet une captation optimale par la plante, limitant ainsi au maximum la déperdition d’azote tant par évaporation que par lessivage, explique le directeur du complexe algéro-espagnol Fertial. D’où la forte demande américaine et européenne d’avant-crise ; 30 millions de tonnes consommées/an, dont 9 millions principalement importées de Russie et d’Ukraine.

	
	Quand Fertial voit grand

	
	A des milliers de kilomètres des turbulences d’outre-frontières et en dépit des tensions du marché international fortement ressenties à la société mère, c’est un climat tout autre qui règne à Fertial. Sereins, les 740 travailleurs de l’usine de Annaba et les 560 d’Arzew semblent résolument déterminés à redoubler d’efforts pour faire de leur entreprise la fierté de l’industrie pétrochimique algérienne. Et pour y parvenir, ils ont un challenge à relever : un million de tonnes d’ammoniac à l’horizon 2013. Considérant les résultats jusque-là réalisés, notamment à Annaba, l’on s’accorde à dire que ce «un million de tonnes» n’est finalement pas une ambition démesurée et l’on s’y approche à grands pas :
	315 000 de tonnes sur un budget 2011 arrêté à 316.000 T contre 260.000 T en 2010. Destiné à plus de 90% au marché international, le volume de production des trois usines a, à ce jour, permis à l’Algérie de conforter sa position de 8e exportateur d’ammoniac au monde. Malgré tous ses efforts, elle n’a, néanmoins, pas même l’ombre d’une influence sur la production mondiale. Que représentent quelque 600.000 T à comparer aux 151 millions T dont 80 % (120 MT) émanant de 14 pays seulement?

	A peine 0,4%. Que manque-t-il donc à notre pays pour qu’il puisse prétendre à entrer dans la cour des grands et mettre à rude épreuve ses deux potentiels concurrents arabes, le Qatar et l’Arabie Saoudite avec l’incessant lancement de leurs nouvelles usines de deux millions de tonnes ? Rendre effectives les 1,32 millions de tonnes appelées à être mises sur le marché international par le nouveau complexe Sonatrach-Orascom d’Arzew. Telle est la réponse de Mohamed-Tahar Bedja conseiller exécutif auprès du directeur général de Fertial qui reconnaît que même si la dynamique de progrès y existe, Fertial a encore une marge de progression. Néanmoins, elle ne peut aller au-delà d’un million de tonnes : ses trois usines totalisent des capacités nominales de l’ordre de 3000 T /J,  alors qu’il existe des modules de production d’ammoniac de 3300 T/J. Ce goût de défaitisme que le responsable de Fertial laisse percevoir est, aux yeux de nombre d’observateurs, injustifié.  Des possibilités de grignoter des parts de marchés à ces «géants» de l’ammoniac, il en existe pour peu que Fertial daigne consentir des investissements dans l’extension de ses capacités de production.

	
	Une nouvelle unité pourquoi pas ?, s’interrogent-ils. Fertial a l’avantage de bénéficier du gaz algérien – environ 80% du coût de fabrication de l’ammoniac - à des prix très bas et d’une main-d’œuvre peu coûteuse, mais au savoir-faire incontesté, sans parler des bénéfices induits par l’envolée exponentielle des prix sur le marché mondial (100 à 200 dollars la tonne au moment du rachat en 2005 de Fertial contre les 620 dollars actuels), argumentent-ils. 200 millions de dollars déjà réalisés depuis la prise des rênes du complexe pétrochimique à fin 2010 et 17 millions d’euros en 2011, les mêmes observateurs le concèdent à Villar Mir. Mais s’interrogent-ils encore, ce dernier n’a-t-il pas les moyens et assez d’avantages liés aux investissements directs étrangers pour faire mieux dans sa filiale algérienne ?                 </description>
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           <title>Fertial veut rajeunir son encadrement</title>
           <author>Naima Benouaret </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Economie</category>
           <pubDate>Mon, 05 Dec 2011 01:00:00 +0100</pubDate>
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	Créer un bassin de cadres pour promouvoir une culture de groupe et doter l’entreprise d’un vivier de futurs dirigeants, tel est l’objectif essentiel assigné au Plan haut potentiel (PHP) que la société algéro-espagnole Fertial s’apprête à lancer avant fin décembre. 
	A travers ce plan piloté par la filiale algérienne du Centre français d’études supérieures industrielles (CESI) France, la voie d’accès directe à la haute fonction sera ouverte à l’ensemble des travailleurs diplômés Bac+4 minimum, âgés de moins de 37 ans. Au total, 120 candidats en poste aux deux unités d’Arzew et à l’usine de Annaba, soit environ 10% des effectifs de l’entreprise, doivent à ce titre subir un examen comportant à la fois des épreuves écrites et orales à l’issue desquelles ne seront retenus que 30 à 50 d’entre eux. Et pour leur permettre de mieux se préparer à leurs nouvelles fonctions supérieures, un challenge inédit, les lauréats bénéficieront à partir de janvier 2012 d’une formation de 4 ans en Algérie et à l’étranger, c’est-à-dire à Fertial sous l’encadrement du Cesi Algérie puis au Cesi-International (France), indique Jorge Requena Lavergne administrateur directeur général. La dernière étape, poursuit-il, sera l’Espagne où la future équipe Haut potentiel aura à mettre en pratique les techniques de gestion relevant de la haute fonction auprès de Fertiberia, filiale numéro un du groupe ibérique Villar Mir, également propriétaire de Fertial.  Pourquoi une telle initiative ? Les exigences de performance et de modernisation nécessitent une remise à plat régulière des organisations.

	L’effet de pyramides des âges concourt à une pénurie de compétences sur certains postes de responsabilité, explique le DG. C’est pourquoi, dans le PHP, seront concernés les départements des finances, ressources humaines, de la commerciale, maintenance, la sécurité ainsi que celui du marketing, car particulièrement touchés par les départs à la retraite continus de leurs dirigeants. Ainsi, pour porter cette modernisation et conduire l’alternance, ce sont les employés universitaires de moins de 37 ans qui ont été identifiés comme étant les fers de lance. D’une part, parce que dans ce contexte de développement et de responsabilisation accrue envers les résultats, ils sont garants d’une certaine cohésion, car évoluant en terrain connu et, d’autre part, parce qu’ils sont les porteurs des nouvelles orientations managériales de l’entreprise, soutient le patron de Fertial.

	Une stratégie importante visant à moderniser une entreprise à travers ses cadres dirigeants consiste, aux yeux de J.R Lavergne, à modifier le profil du haut gestionnaire tout en s’appuyant sur la mise en parallèle des expériences nouvelles et préexistantes. En effet, souligne-t-il, pour favoriser l’émergence d’une culture orientée vers la performance, Fertial entend, par le biais de ce Plan haut potentiel, motiver l’ensemble de ses jeunes employés en donnant un sens à leurs efforts. Cette mutation par un changement de perception, l’alternance au management étant à présent considérée comme une nouvelle ouverture à la fois professionnelle et professionnalisante, ce sont des sommités du monde économique, universitaire et même politique qui tenteront de l’expliquer aux futurs jeunes managers du complexe pétrochimique algéro-espagnol au cours de la série de conférences qu’elles sont appelées à animer tout au long du parcours de formation. En la matière, le bal sera ouvert par Gabriel Busquets et  Abdelhamid Zerguine, respectivement ambassadeur d’Espagne en Algérie et PDG de Sonatrach.             </description>
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           <title>Les produits d’assurance islamique</title>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Economie</category>
           <pubDate>Mon, 28 Nov 2011 01:00:00 +0100</pubDate>
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	Tout comme il existe des produits financiers bancaires spécifiques à la banque islamique, des produits spécifiques d’assurance permettent également  la conformité à la charia. 
	Avec 1.6 milliard de musulmans  dans le monde, les musulmans devraient, dans les deux prochaines décennies, représenter plus d’un quart de la population mondiale.  C’est notamment pour cette raison que les assureurs des pays non-musulmans, à forte densité de communauté musulmane, considèrent de plus en plus à offrir des produits d’assurance conformes à la loi islamique. Les assureurs dans les pays musulmans ne sont pas en reste, même si aujourd’hui la présence de l’assurance islamique varie d’une région à une autre, avec paradoxalement un taux de présence encore bien faible par rapport au potentiel.

	L’assurance en Islam est basée sur les principes de mutualité ou de coopérative reconnaissant de la sorte le partage de responsabilité, l’indemnisation conjointe, la solidarité et l’intérêt commun. Si jusqu’à présent l’assurance conventionnelle(1) a dominé, elle n’a pas été considérée comme conforme à la loi islamique dès lors qu’elle implique des éléments d’incertitude, de placements et d’intérêts.

	L’alternative d’assurance islamique, reprise de l’assurance conventionnelle, qui correspond le mieux aux exigences de la charia, est l’assurance mutualiste, puisqu’elle est basée sur des principes de coopération. Sa transposition à l’environnement musulman a imposé évidemment que les principes de placement soient prolongés de dons charitables, règle d’or de redistribution dans la charia. La diversification des produits d’assurance islamique est assez récente. C’est au cours des vingt dernières années que s’est notamment développé le produit désigné ‘takaful’ qui allie la garantie d’assurance, proprement dite, ainsi que les revenus de placements.

	Ce qu’est le Takaful

	Cette expression dans le secteur des assurances, avant d’être commerciale, couvre la notion de garantie sur la base d’une réciprocité entre les assurés qui contribuent à un fonds(2) pour couvrir les indemnisations de sinistres mais également pour assurer les retours de l’investissement dans le fonds. Le ‘takaful’ reste proche des concepts de l’assurance offerte par les mutuelles, mais son postulat de garantie par le fonds ‘des uns pour les autres’ assorti à des placements forcément compatibles avec la charia le différencie de l’assurance conventionnelle.
	L’assurance islamique est une alternative certaine qui repose sur une philosophie particulière, celle d’être avant tout une institution sociale.

	Les principes du ‘takaful’ reposent sur le fait que les titulaires des primes d’assurance coopèrent entre eux pour leur couverture commune, avec un concept de police d’assurance conclue non pour propre couverture, mais pour procurer de l’assistance à tiers.  Ce concept est à l’opposé de l’assurance conventionnelle basée sur l’incertitude, qui est le vecteur des primes et des indemnisations de sinistres.Il s’en suit une solidarité dans l’affectation des pertes ou des surplus.

	Les variantes du ‘Takaful’

	Il existe des variantes du ‘takaful’ dans le monde, selon le développement qui lui a été accordé par ses promoteurs et par les régulateurs. En effet, selon que le produit ait été développé dans la partie de l’Extrême-Orient ou au Moyen-Orient, les variantes du ‘takaful’ reposent sur des conceptions différentes de l’affectation des surplus. Le modèle le plus simple est celui de la mutualisation sans placement des capitaux, mais qui n’est pas applicable dans les pays où les réglementations sont alignées sur le modèle de l’assurance conventionnelle et qui imposent une obligation de placement à titre de réserves.

	En Asie, le modèle de ‘takaful’ repose sur un assureur qui reçoit, pour sa gestion du fonds, une partie du surplus des primes ainsi qu’une part des surplus en retour des investissements. Ce modèle est souvent désigné par ‘mudharaba’. Dans les pays du Moyen-Orient, la variante est désignée par ‘wakalah’ où l’assureur agit en tant qu’agent des investisseurs du fonds et reçoit un honoraire pour sa gestion. Les surplus des dotations au fonds pour la couverture d’assurance et de réassurance sont partagés entre les participants. Il en est de même pour les profits tirés des activités de placements.

	Dans les deux modèles, les placements doivent être forcément conformes à la charia et doivent ainsi exclure les activités liées au commerce de l’alcool, à des services financiers conventionnels de l’usure (ribaa), du jeu et autres non tolérés ou interdits  par la loi islamique. Les deux modèles de ‘takaful’ se rapprochent également au sens où avant d’être un modèle de charité, ils sont avant tout des fonds de services professionnels gérés sur des bases de rentabilité et de profitabilité où l’équité sociale entre les membres reste le vecteur clé.

	Problématiques de réglementation

	L’implémentation de fonds d’assurance islamique adaptés aux règles du marché moderne est sans doute assez récente pour pouvoir recenser des réglementations élaborées, complètes et surtout compatibles entre les différentes régions et systèmes internationaux. Il reste beaucoup à faire dans ce domaine, tant les diversités de produits et d’environnement complexifient d’autant les ambitions de normalisation de réglementations sur le sujet.

	Chacun se plairait à rappeler, avec nostalgie, l’acte d’assurance rapporté par l’histoire de l’Islam et selon laquelle la responsabilité partagée avait été initiée entre les musulmans de La Mecque et ceux de Médine.  Dans le cadre de l’expansion des activités de commerce en Asie, ils avaient constitué un fonds d’assurance mutuelle pour indemniser ceux des leurs qui étaient exposés aux  vols et aux incidents de traversées de mer. Il est fort possible que les réglementations sur l’assurance islamique prennent encore du temps à être formalisées dans les pays à dominante d’assurance conventionnelle, comme cela est le cas de la finance islamique dans les pays où la réglementation bancaire est consacrée exclusivement à la banque conventionnelle(3). Cela n’empêche pas la cohabitation d’autant que dans les modèles d’assurance en mutuelle ou en coopérative les bases techniques et de réglementation existent et ont démontré leur efficacité.

	Selon les pays, l’enjeu de l’adaptation des réglementations est intimement lié à la structure du marché et à son potentiel de développement.D’une région à une autre, les enjeux s’apprécient sur les infrastructures du métier de l’assurance, des compétences humaines et des spécialistes en charia.  
	Il ne faut pas sous-estimer l’apport des pays non musulmans à forte densité de communauté musulmane et qui pourraient dans les prochaines années prendre le pas sur les pays émergents dans ce métier, tant l’enjeu de marché est intéressant.

	Enjeux de développement

	Le potentiel de l’assurance islamique est énorme. Sur le simple constat que la pénétration de l’assurance dans les pays musulmans est à peine à un pour cent du Produit intérieur brut alors qu’il avoisine les dix pour cent aux Etats-Unis ou qu’il dépasse les douze pour cent en Grande-Bretagne, les projections de développement sont prometteuses.
	Dans les pays non-musulmans, à population musulmane en nombre significatif, l’enjeu de développement réside dans la cohabitation sur les marchés avec l’assurance conventionnelle.   

	L’assurance conventionnelle est à la fois un handicap au plan de la concurrence, mais elle est également un atout en tant qu’alternative avec des compétences qui peuvent être récupérées des compagnies d’assurance. L’agence de notation ‘Moody’s’ dans une publication(4) sur la matière pronostiquait que le marché de l’assurance islamique devrait tripler d’ici 2015. Cette appréciation de la croissance est estimée à près de 20% au cours des dernières années, avec un total de primes collectées de 2 milliards de dollars en 2005 projeté à 7,4 milliards pour 2015. La même publication rapporte que le marché de l’assurance islamique compte 250 sociétés dans le monde et que ce nombre évoluera avec la croissance du marché.

	L’assurance islamique est une alternative viable et fiable

	Cette conclusion, déjà formulée en expérience d’assurance en mutuelle ou en coopérative,  est également valable pour les produits d’assurance islamique, ne serait-ce que sur la base de la projection de la population musulmane dans le monde. Des pays comme la Malaisie ou les pays du Moyen-Orient ont déjà développé les normalisations techniques en conformité avec la charia et l’intérêt des autres places financières confortent les chances de succès.

	Comme cela a été le cas pour la finance islamique qui s’est développée ces dernières années  encore plus rapidement en Grande-Bretagne, en France et en Allemagne, malgré un climat de crise économique, l’assurance islamique a de belles perspectives. Facilement adaptable dans les pays non-musulmans, en raison de l’adaptation à l’assurance en mutuelle ou en coopérative, certains assureurs ont déjà développé des produits d’assurance conformes à la charia, validés comme dans le cas de la France par le comité de  l’ACERFI(5), pour se prévaloir du label  de conformité aux lois islamiques.

	De nombreuses pistes sont possibles comme les polices d’assurance sur les rapatriements et obsèques ou encore  les polices d’assurance initiées en Europe sur la santé, y compris les frais de vaccination ou de circoncision ou l’assurance-voyage pour le pèlerinage à La Mecque.
	
	 

	Note : 

	(1)Désigne les activités d’assurance dans un cadre réglementé, y compris pour les produits de placements non islamiques.
	(2)L’équivalent d’une compagnie d’assurance mutualisée.
	(3)Désigne l’activité bancaire réglementée et basée sur  l’usure.
	(4)Moody’s Approach to Analysing Takaful Companies. Mai 2007.
	(5)Audit conformité, éthique et recherche en finance islamique.
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