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       <title>El Watan - Dossier</title>
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       <lastBuildDate>Mon, 28 May 2012 10:10:28 +0100</lastBuildDate>
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           <title>Le «jeu dangereux» des compagnies d’assurances</title>
           <author>Safia Berkouk </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Economie</category>
           <pubDate>Mon, 16 Jan 2012 01:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 16 Jan 2012 01:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description>
	Des compagnies publiques accusées de faire du dumping, des sociétés privées qui se disent lésées et de nouveaux entrants étrangers à qui on aurait «offert l’Algérie sur un plateau», la concurrence sur le marché national des assurances serait tout, sauf loyale. 
	La branche de l’assurance automobile de plus en plus prépondérante dans la structure du marché, dont elle représente aujourd’hui une part de 50%, se trouve au cœur de cette bataille public-privé. Et pour cause, son chiffre d’affaires dépasse les 40 milliards de dinars, selon le rapport 2010 du ministère des Finances sur le secteur. Quand on sait que les compagnies publiques s’accaparent les trois quarts du marché global, on comprend l’enjeu autour duquel les uns et les autres s’opposent.
	De par leur assise historique et financière, les compagnies publiques qui exercent depuis 40 ans, dominent logiquement et s’adjugent les plus gros marchés, tandis que le secteur privé mise sur la branche automobile pour se maintenir.

	«Aujourd’hui, même les entreprises privées sont obligées d’aller s’assurer chez les compagnies publiques, car leurs banques publiques les poussent à le faire», nous dit le représentant d’une société d’assurance privée. Dans cette configuration, «il ne reste au privé que le segment de l’automobile et là encore, les compagnies publiques cassent les prix, obligeant les privées à s’aligner», nous dit-on encore.

	Ce qui est reproché aux sociétés publiques c’est, précise la même source, «de faire du dumping» sur la branche de l’automobile. En d’autres termes, de «travailler à perte, en proposant des tarifs trop bas ne permettant pas de couvrir les montants des sinistres», puisqu’elles «ont la protection du Trésor public et n’ont pas de souci de rentabilité».
	Selon le responsable d’agence d’une compagnie d’assurance publique, «l’assurance automobile est généralement contractée dans le cadre d’une convention qui englobe également la couverture d’autres risques quant il s’agit d’entreprises. Mais pour les particuliers, il est vrai que pour certains, on travaille réellement à perte». Toutefois, reconnaît-il, «cette perte est couverte par d’autres services», mais elle ne serait pas systématique.

	Qu’elles soient systématique ou pas, les compensations par d’autres services «ne peuvent être faites que par les compagnies publiques par ce qu’elles ont dans leur portefeuille du corporate, en revanche les privées ne peuvent pas faire de la compensation», nous dit un consultant auprès d’un assureur privé. D’après le responsable d’une compagnie d’assurances privée, «par ce jeu des réductions, le marché perd annuellement environ 500 millions de dollars de chiffres d’affaires».

	Le privé n’est pas en reste

	Du côté des entreprises publiques, on affirme qu’elles ne sont pas les seules responsables de cette bataille des tarifs. Amara Laâtrous, PDG de la SAA et président de l’Union des assureurs et des réassureurs (UAR), estime dans une déclaration à El Watan Economie qu’il «n’y a pas de différentiation entre public et privé» dans cette «concurrence déloyale qui s’opère sur les prix». Selon lui, «les compagnies des deux secteurs font des réductions énormes qui ne couvrent parfois pas suffisamment» ce qu’ils doivent indemniser. En d’autres termes, leurs tarifs «ne représentent pas la contrepartie réelle de l’assurance, surtout quand ces réductions parfois atteignent les 90%». Il soutient qu’il y a des entreprises qui possèdent un parc automobiles important à qui les assureurs «offrent des réductions de 50% ou 60% pour obtenir le droit à la couverture des autres risques» dans le cadre d’une convention.

	Il faut savoir que dans un contrat d’assurance automobile, il y a l’assurance obligatoire qui porte sur la garantie responsabilité civile (RC), c’est-à-dire la protection des victimes en cas d’accident et les assurances facultatives qui incluent l’assurance ‘tout risque’ ou l’assurance ‘dommage collision’. Le tarif obligatoire est réglementé, en revanche «c’est sur les assurances facultatives que les sociétés peuvent opérer comme elles veulent», souligne M. Laâtrous. Quant au fait de dire que les compagnies privées sont obligées de s’aligner sur le public, le président de l’UAR considère que rien ne justifie cela. En outre, dit-il, pour «les marchés de certaines APC et certains hôpitaux, ce sont les compagnies privées qui ont cassé les prix».

	En tout état de cause, qu’elles soient publiques ou privées, les sociétés d’assurance «s’adonnent à un jeu dangereux qui remet en cause l’équilibre technique du tarif de l’assurance automobile», d’après M. Laâtrous.
	En attendant, à ce petit jeu, ce sont les compagnies publiques qui tirent le plus d’avantages. Selon le rapport du ministère des Finances, le chiffre d’affaires de la branche automobile a augmenté de 14% entre 2009 et 2010, alors que les indemnisations sont restées quasiment inchangées.Durant la même période, trois des quatre principales compagnies publiques ont vu le montant de leurs indemnisations baisser tandis qu’il a augmenté pour 5 des 7 compagnies privées.                     </description>
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           <title>Des réserves sur la concurrence étrangère</title>
           <author>Safia Berkouk </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Economie</category>
           <pubDate>Mon, 16 Jan 2012 01:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 16 Jan 2012 01:00:00 +0100</lastBuildDate>
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	Avec les nouvelles exigences réglementaires et l’arrivée d’acteurs étrangers sur le marché, certaines compagnies privées nationales craignent «une volonté de la part des pouvoirs publics de reproduire avec les sociétés privées d’assurance le même scénario que pour les banques privées». Deux éléments sont avancés pour étayer ces propos. 
	D’abord, «les sociétés privées sont mises sous pression pour séparer l’assurance dommage de l’assurance des personnes, mais la plupart d’entre elles n’ont pas les moyens de le faire», nous explique le consultant auprès d’une société privée d’assurance.
	Or, ajoute-t-il, «dans le monde, l’assurance vie est celle qui est la plus rentable, alors que l’assurance dommage, davantage centrée sur l’automobile, constitue un foyer de perte, car les sinistres y sont trop élevés». Le fait est que dans les autres pays, «la séparation entre les deux ne se fait pas d’une manière autoritaire, mais par choix des groupes eux-mêmes». Pour le moment, seules les compagnies publiques ont exécuté cette obligation réglementaire.

	Ensuite, l’arrivée de nouveaux acteurs étrangers à l’image de la compagnie française Axa à travers un partenariat avec la BEA et le Fonds national d’investissement, est perçue, par certains responsables du secteur privé, comme une façon «d’éliminer» les compagnies privées du paysage.  Selon son PDG Frédéric Fléjou, AXA compte rafler 5% à 10% du marché d’ici 5 ans alors que la première compagnie privée algérienne (Ciar) ne fait pas mieux que 7% actuellement. Le fait que deux actionnaires publiques soient associées à AXA lui donne «des atouts pour avoir des parts de marché avec une facilité déconcertante», nous dit-on. Ce qui risque d’arriver c’est que la BEA «va pousser les entreprises à aller s’assurer chez Axa, y compris Sonatrach et ses filiales», craint-on. Dans un entretien au site Econostrum, M. Fléjou a indiqué que «la BEA se chargera de la distribution et de la bancassurance».

	La crainte n’est cependant pas partagée par tout le monde. Abdelhakim Hadjou, directeur général adjoint Salama Assurances Algérie, filiale d’un groupe international, estime que «les compagnies privées peuvent aisément développer leurs activités et conquérir de nouvelles parts de marché étant donné que le potentiel assurable dans l’économie nationale est plus important que ce que nous assurons maintenant». Selon lui, «de nouvelles niches de marché ont actuellement une bonne cible, à savoir le secteur des PME PMI et les assurances aux particuliers. Il suffit simplement d’adapter les produits à la demande». La part du secteur des assurances dans le marché algérien ne dépasse par les 1% du PIB.             </description>
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           <title>Hassen Khelifati. PDG d’Alliance Assurances : «La seule concurrence est la sous-tarification des risques automobiles»</title>
           <author>Safia Berkouk </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Economie</category>
           <pubDate>Mon, 16 Jan 2012 01:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 16 Jan 2012 01:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description> 
	-Les trois quarts du marché sont détenus par le secteur public. Peut-on parler dans ces conditions de concurrence ?  

	Aujourd’hui, on ne peut pas parler de concurrence dans le marché des assurances en Algérie étant donné la domination du secteur public.Evidemment, cette dernière trouve ses racines historiquement. Ce secteur est présent depuis l’ère du monopole, il a plus de force de frappe financière et il a la préférence des grands acteurs économiques publics et privés. Tout cela lui donne une prépondérance, mais le marché ne peut pas se développer ni être concurrentiel dans ces conditions parce qu’on assiste au développement de réflexes qui nuisent à la concurrence.

	Aujourd’hui, nous avons une concurrence fictive parce que certains acteurs économiques, sans que cela soit écrit quelque part, poussent leur clientèle même privée avec des recommandations verbales à aller s’assurer au niveau des compagnies publiques. Le secteur privé essaye de se battre avec ses moyens et de se positionner vers les autres créneaux, notamment l’automobile, mais même sur celui-ci, il y a un autre problème qui est plus grave parce que cette branche est tirée vers le bas par une guerre tarifaire qui est dangereuse pour l’équilibre financier de toutes les entreprises et qui nous fait perdre beaucoup d’argent. A terme, elle risque d’emporter une bonne partie des acteurs privés.

	-Qu’entendez-vous exactement par guerre tarifaire ?

	Aujourd’hui, le seul fait concurrentiel qui existe sur la place c’est la sous- tarification des risques automobiles et c’est un phénomène qu’on observe sur le marché. Nous constatons qu’il y a les prix de l’assurance automobile qui baissent alors que les sinistres augmentent en nombre et en valeurs au même titre que ceux des pièces de rechange, de la main d’œuvre et du SNMG sur lequel les sinistres corporels sont indexés. Cela n’est plus tenable et nuit énormément au secteur et à l’économie nationale. Cet état de fait ne laissera pas le secteur se développer ni participer à l’essor de l’économie.

	Il ne faut pas oublier qu’en Algérie, en matière de responsabilité civile automobile, nous avons des tarifs très bas alors que nous subissons des pertes énormes, notamment dans le corporel. D’après les statistiques de l’UAR, nous encaissons 1 DA en automobile et nous déboursons 2,75 DA, c’est une situation qui nuit gravement au secteur et c’est pour ça que l’UAR revendique une révision des tarifs RC, car ils sont les plus bas de toute la région MENA et méditerranéenne.
	
	-Vous souhaitez qu’il y ait une hausse des primes de l’assurance automobile ?

	Ce n’est pas une question de hausse de prime à l’exclusion de la RC automobile et qui n’est pas très importante dans un contrat d’assurance. Moi, je milite pour que les compagnies cessent de se faire cette guerre inutile, que tout le monde se mette autour d’une table pour qu’au moins, on respecte les tarifs actuels parce que ça ne sert à rien d’augmenter les tarifs si c’est pour les remiser par la suite.
	
	-Mais avoir une guerre tarifaire, ce n’est pas là le propre d’un marché concurrentiel qui profiterait d’abord au client ?

	Mais ce n’est pas une concurrence saine. Je ne dis pas qu’il faut faire une entente tarifaire. Aujourd’hui, l’organisation du marché ainsi que les remises pratiquées et certaines pratiques malsaines ne concourent pas à la pérennité de ce marché. Le fait de casser le prix et ne pas rembourser après les sinistres ou mettre l’équilibre financier de son entreprise juste pour survivre est déjà un problème majeur. Le client ne pourra profiter de cette situation, car si le prix pratiqué ne reflète pas la réalité, cela engendrera une qualité de service pas bonne et surtout un non-remboursement chronique des sinistres et le client se trouve otage de cette situation et vous pouvez le constater sur le terrain. Je pense qu’il est de l’intérêt du client de payer le juste prix et d’exiger une qualité de service irréprochable et un remboursement dans les délais et au coût juste.
	 
	-La survie des compagnies privées ne passe-t-elle pas aujourd’hui par une spécialisation dans certains segments au détriment d’autres ?

	Certainement, il faut travailler sur des niches de marché, sur l’innovation, la qualité de service et la formation, comme il faut développer de nouveaux produits à valeur ajoutée, créer une nouvelle façon de travailler, mais tout cela ne réglera pas le problème de fond s’il n’y a pas de changement d’orientation dans la pratique. Aujourd’hui, il est urgent d’assouplir les règles et de permettre aux acteurs privés de s’épanouir et se solidifier pour faire face au défi de développer notre marché et surtout faire face à la concurrence étrangère qui ne tardera pas à se renforcer à l’avenir. On nous annonce certaines réformes dans le secteur courant 2012 en termes de marges de solvabilité, nous souhaitons qu’elles aillent dans le bon sens afin d’aider les entreprises à mieux évoluer.               </description>
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           <title>«Les tarifs sont libres»</title>
           <author>Safia Berkouk </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Economie</category>
           <pubDate>Mon, 16 Jan 2012 01:00:00 +0100</pubDate>
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           <description> 
	-Les compagnies publiques et privées s’accusent mutuellement de pratiques concurrentielles déloyales. Que fait le CNA par rapport à cela ?

	Vous savez que depuis la promulgation de l’ordonnance n° 95-07 du 25 janvier 1995 relative aux assurances, modifiée et complétée, le secteur des assurances n’est plus en situation de monopole, mais ouvert. Actuellement, le nombre de sociétés d’assurances, de dommages et de personnes, est de 20 et sont régies par un dispositif légal et réglementaire qui a défini les bases de l’activité et de la concurrence.

	Quant à la concurrence déloyale à laquelle vous faites référence, il faut savoir que le ministère des Finances, par le biais de la direction des assurances et de la commission de supervision des assurances, contrôle l’ensemble de l’activité des sociétés d’assurances et suit son évolution de très près. Si un cas de concurrence déloyale, dûment établi, est soulevé et est présenté au ministère des Finances, l’application des dispositions y afférentes sera certainement de mise. Par ailleurs, il faut savoir que les tarifs sont libres, excepté pour certains axes réglementés à l’exemple de la RC automobile, bien sûr sous le contrôle de la direction des assurances.

	Si les sociétés d’assurances appliquent ces règles, sincèrement je ne vois pas où se situe le problème. Si certains évoquent autre chose, cela me dépasse.Aussi, les sociétés d’assurances sont membres de l’UAR (Union algérienne des sociétés d’assurance et de réassurance), et si ce sujet est soulevé par quelques-unes d’entre elles, je pense qu’elles sont capables d’en discuter au sein de cette association avant toute autre démarche.

	Quant au CNA, son rôle principal est la concertation et la traduction de thématiques en propositions. S’il est saisi pour toute question liée à la tarification, pour rester dans le sujet, il organisera une concertation en impliquant tous les acteurs intéressés. Relevons toutefois que le bureau spécialisé en tarification d’assurance (BST) est en activité depuis 2011.
	
	-Les compagnies publiques dominent encore le marché des assurances. Pensez-vous que cette situation est idéale pour parler de concurrence ?

	Effectivement, le marché des assurances reste dominé par les sociétés du secteur public en dépit du fait que l’ouverture au privé, national et étranger, est à sa seizième année. A fin 2010, et sur un chiffre d’affaires de 80 milliards de dinars, près des 3/4 de parts de marché sont détenues par les sociétés publiques.
	Il va de soi que la concurrence à laquelle vous faites référence serait profitable si l’esprit qui doit animer les sociétés présentes sur le marché, à savoir la démarche commerciale selon laquelle c’est aux prestataires de service d’aller vers le client et non l’inverse. C’est la concurrence marquée par cet esprit-là et par la créativité,  l’innovation et l’amélioration de la qualité de service qui fera profiter les clients et le potentiel assurable.      

	Toutefois, le fait que les sociétés publiques dominent le marché ne peut aucunement être la résultante d’une quelconque orientation, partialité ou autre mesure que se soit, puisque toutes les sociétés présentes aujourd’hui sur le marché sont logées à la même enseigne en bénéficiant des mêmes avantages et supportant exactement et sans distinction aucune, les mêmes contraintes et obligations, et ce, quel que soit leur statut.
	
	-Peu nombreuses (ex : Cardif, AXA), les compagnies étrangères semblent bouder le marché algérien ? Pensez-vous que la règle des 51/49 en soit la raison ?

	Le marché des assurances n’est pas boudé. En sus des sociétés que vous citez et qui sont présentes seules ou en partenariat, d’autres comme la Trust et Salama activent depuis plusieurs années en Algérie. La GAM, quant à elle, a été rachetée par un fonds d’investissement étranger également. Beaucoup d’acteurs du marché ne sont pas des sociétés à capitaux totalement nationaux. Je crois que la règle en question n’a pas d’incidence notable sur la composante actuelle du marché.

	La décision de s’implanter dans un pays donné est effectivement très lourde à prendre surtout dans la conjoncture financière internationale actuelle. Pour les sociétés étrangères, ce choix doit répondre à une étude très poussée en tenant compte de plusieurs paramètres et critères très importants qui doivent tous converger vers un seul impératif, celui du profit.
	De notre côté, privilégier le partenariat à 49/51% au lieu des IDE est aussi un choix stratégique qui répond à son tour à un certain nombre d’impératifs, comme l’équilibre des profits, la sécurité financière des engagements, le transfert des technologies et du savoir…

	Vous l’aurez sans doute remarqué, le management est souvent laissé à la partie étrangère, comme c’est le cas dans les sociétés nouvellement créées pour les assurances de personnes (cas de la SAPS, filiale de la SAA et du français Macif).                                         </description>
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           <title>Le revers de la médaille</title>
           <author>Safia Berkouk </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Economie</category>
           <pubDate>Mon, 16 Jan 2012 01:00:00 +0100</pubDate>
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	Même s’ils peuvent bénéficier de remises importantes sur leur contrat d’assurance automobile, les clients devront souvent en payer le prix en termes de qualité de services. 
	Contracter cette assurance est obligatoire pour les automobilistes, en revanche c’est quant il s’agira d’appliquer cette obligation aux compagnies pour respecter leurs contrats en termes d’indemnisation, que les problèmes apparaissent.
	Nombreux sont, en effet, les assurés qui se plaignent de délais d’indemnisation trop longs, et ce, quel que soit l’assureur (société publique ou privé) surtout quand les sinistres impliquent une autre compagnie. Ainsi, chez certaines compagnies d’assurances, des clients avouent attendre de recevoir leur chèque depuis plus de six mois pour un dommage mineur dont la réparation ne coûterait pas plus de 2000 à 3000 DA. Alors que dans d’autres cas, les délais peuvent aller jusqu’à 3 ou 4 années, voire plus !

	Il faut savoir que les remboursements dépendent de certains paramètres, notamment le type de police d’assurance que l’assuré a contractée, mais aussi de la nature du sinistre. Ainsi, comme l’explique le secrétaire du Conseil national des assurances, Benbouabdellah Abdelhakim : «Pour le corporel, les délais de remboursement sont de huit à douze mois et pour le matériel, cela dure entre trois à six mois.»

	Du côté des compagnies, Abdelhakim Hadjou, directeur général adjoint à Salama Assurances Algérie, affirme que «pour régler les sinistres, il y a toute une industrie derrière». A Salama, «nous avons mis en place des centres d’expertise et de paiement, permettant un règlement rapide des sinistres aussitôt expertisés. Notre client, dans la limite des pouvoirs du centre, reçoit le chèque sur place». Ce qui n’est pas toujours le cas. Pour Hassen Khelifati, PDG d’Alliance Assurances, «généralement, ce sont les expertises (parfois un peu complexe) qui allongent les délais de règlement des dossiers».

	En 2010, quelques compagnies (Alliance Assurances, CIAR, CASH, Salama, Cardif)  ont augmenté le niveau de leurs indemnisations par rapport à 2009, alors que d’autres affichaient des baisses en la matière. «Nous avons payé le maximum de sinistre», explique M. Khelifati, en précisant qu’en 2011, 30 000 dossiers de sinistres ont été payés sur un total de 35000 enregistrés.Il reste, selon lui, de «la responsabilité des pouvoirs publics d’imposer qu’il y ait des règles pour que les compagnies soient plus diligentes, notamment dans le cas de sinistre inter-compagnies et des recours dans le cadre de la responsabilité civile automobiles».

	Bien que des enquêtes ont été menées autour de ce problème, son règlement ne semble pas trouver de solution efficace. Selon Amara Laâtrous, président de l’Union des assureurs et de réassureurs, «les compagnies se sont entendues pour engager des campagnes de liquidation de dossiers afin d’en finir avec les contentieux». Il reconnaît toutefois que «la gestion des sinistres et le règlement des contentieux doivent intervenir quotidiennement par des procédures ordinaires et ne pas être comme c’est le cas aujourd’hui le fruit de procédures exceptionnelles».

	Dans ce cadre, et concernant l’indemnisation des victimes d’accidents corporels de la circulation, le CNA a mené en 2011 une concertation autour de la mise en œuvre d’un programme d’actions visant à systématiser l’offre de règlement amiable.
	Des représentants des assureurs et des autres institutions (Justice, DGSN, CNAS, etc.) se sont concertés pour introduire dans le dispositif juridique des dispositions visant à informer systématiquement la victime ou ses ayants droit de la procédure de règlement amiable et intégrer dans la procédure de constatation, l’offre de règlement systématique. Le résultat de ces travaux sera bientôt soumis à l’assemblée générale du CNA, selon Benbouabdellah.                    
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           <title>Quid des associations de protection des consommateurs ?</title>
           <author>Safia Berkouk </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Economie</category>
           <pubDate>Mon, 16 Jan 2012 01:00:00 +0100</pubDate>
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	Face au désarroi d’une clientèle soumise au bon vouloir des compagnies d’assurances, des associations de protection des consommateurs tentent d’émerger. 
	L’une d’elles s’est même spécialisée dans le domaine des assurances. L’Association algérienne pour la protection des consommateurs d’assurances n’existe que depuis un an et demi, mais reçoit déjà «énormément de plaintes de personnes qui sont victimes de mauvaises indemnisations soit parce que les compagnies sous-évaluent les sinistres ou que les délais d’indemnisation sont interminables», explique Adel Amine Kouidri, son président.

	Les faits qui sont reprochés aux sociétés sont multiples. En cas de «dommages collision, certains assureurs attendent les recours avant d’indemniser leurs clients alors qu’ils devraient d’abord les rembourser ensuite introduire les recours auprès des autres compagnies impliquées dans le sinistre», souligne M. Kouidri. Il y a des cas de sinistre «qui prennent un an pour être indemnisés alors qu’il s’agit de deux agences d’une même compagnie». Et d’ajouter que «les montants d’indemnisation n’ont jamais été appliqués, de même que la loi qui permet aux clients de réclamer des indemnités de retard».

	Par ailleurs, en matière d’expertise, souvent invoquée par les assureurs pour justifier les retards, il y serait question de conflit d’intérêts. «Les sociétés d’assurance sont en train de tuer la fonction d’expert indépendant parce qu’elles créent des filiales dédiées à l’expertise, alors que par le passé, les experts étaient indépendants, avaient leurs propres cabinets et travaillaient avec les assureurs sur la base de convention», soutient le président de l’association.  Celle-ci est en train de créer une nouvelle structure dénommée «recours et contentieux» qui n’hésitera pas à «attaquer en justice les compagnies d’assurances qui n’indemniseraient par leurs clients, sans justificatifs, ou qui accuseraient de grands retards». «La loi sur la protection du consommateur nous permet de le faire», précise M. Kouidir, tout en déplorant que l’ordonnance 95-07 sur les assurances soit «déséquilibrée». «Chaque obligation faite à l’assuré et qui n’est pas respectée le soumet à des sanctions et à la possibilité de ne pas être indemnisé, mais si c’est l’assureur qui a failli, il n’y a aucune sanction contre lui et aucun pouvoir coercitif» dans ce cas.          
	 

	Contact : Association algérienne pour la protection des consommateurs d’assurances
	Cité 153 logements, immeuble 30, n° 1 Said  Hamdi -
	Alger 16000
	Email: ac.alger@conso-algerie.net</description>
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           <title>La filière plasturgie en Algérie : Entre business vert et le règlement Reach</title>
           <author>Mohamed Abdelli </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Economie</category>
           <pubDate>Mon, 09 Jan 2012 01:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 09 Jan 2012 01:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description>
	Une nouvelle réglementation chimique européenne, qui a pour objectif de réduire à l’amont les impacts sur l’environnement et la santé publique des substances chimiques intentionnellement produites, a vu le jour dans la fin des années 1990 et n’est entrée en vigueur qu’en juin 2007. 
	Il s’agit, selon ses concepteurs, de la réglementation la plus ambitieuse et la plus importante de ces 20 dernières années. Quelque 30.000 substances chimiques, parmi les 100 000 qui circulent dans l’espace UE sont concernées par cette nouvelle réglementation Reach (enregistrement, évaluation et autorisation des substances chimiques). A partir de cette date, les industries chimiques devront fournir les données sur toutes les substances qu’elles produisent et ayant éventuellement un impact sur la sûreté sanitaire et l’environnement. Ceci va impacter, sur le plan de la compétitivité, les entreprises algériennes exportatrices vers les pays de l’UE. Reach a pour objectif d’identifier les substances chimiques extrêmement dangereuses et les rangera sous la classification spécifique de «substances extrêmement préoccupantes».

	Le critère environnement comme un paramètre de performance  

	Ces substances nécessiteront d’obtenir une autorisation pour leur production. Leur circulation dans l’espace UE est soumise obligatoirement à l’enregistrement au niveau de l’agence européenne des substances chimiques ECHA. «Les produits exportés par l’Algérie tels que le polystyrène, les polymères acryliques, les polyamides, les articles en plastique, tels que les tubes, les plaques, les bandes, les emballages, les bouteilles et bonbonnes, les bouchons, les portes et divers produits, tous sont concernés par Reach», explique, Lamia Dali Yahia, coordinatrice du Réseau des entreprises maghrébines pour l’environnement (REME),  pour l’Algérie. L’impact, ajoute-t-elle, «sera d’autant plus important que notre infrastructure industrielle nationale ne va pas dans le sens de l’innovation en actualisant les processus industriels qui doivent dorénavant prendre le critère environnement comme un paramètre de performance ».

	Selon une étude intitulée «Impact du règlement UE Reach  sur l’industrie algérienne», réalisée pour le compte de la chambre algérienne de commerce et d’industrie (CACI) dans le cadre du projet GTZ/REME en 2008 par le cabinet d’expertise Halfaoui : «Les Algériens consomment un million de tonnes de plastique par an. 500 000 tonnes de plastique sont transformées localement alors que 500 000 autres tonnes sont importées, notamment de l’Asie et de l’Europe comme produits finis. L’Algérie compte plus de 1000 entreprises spécialisées dans la plasturgie pour la plupart des TPE et PME-PMI».

	Ceci ne devrait pas laisser indifférents les chefs d’entreprise quant à la mise en œuvre des outils de veille performants, y compris pour investir les marchés régionaux et être à la page dans tout ce qui a attrait à la réglementation Reach et autres variantes susceptibles d’impacter d’une manière directe ou indirecte l’économie nationale. L’étude réalisée pour le compte de l’Algérie, qui s’est intéressée à détailler quelques secteurs industriels concernés par le règlement Reach et jugés représentatifs pour en évaluer les conséquences sur les entreprises exportatrices dominées en cela par le secteur des hydrocarbures. Ce dernier est caractérisé par des unités existantes et des projets de développement colossaux même à court terme.

	Il en est de même pour les futurs investissements dans la filière plasturgie. Les productions de ce secteur public (ENIP filiale de Sonatrach) sont destinées au secteur de la transformation dans de nombreux domaines d’application, notamment les plastiques pour l’agriculture, l’emballage, les articles domestiques et de bureau, l’industrie chimique et pharmaceutique. Les produits sont les adhésifs, les sanitaires, les jouets, les accessoires de véhicule, les canalisations pour l’eau et le gaz… Le complexe d’éthylène et dérivées de Skikda produit quelque 259 000 tonnes par an de matières thermoplastiques, du polyéthylène basse densité, chlorure de polyvinyle (pvc) chlore, soude caustique.

	Familiariser les entreprises aux nouveaux matériaux

	Toutes ces industries sont concernées par la réglementation Reach qui promeut le progrès technologique en le soutenant par des démarches de développement durable. Dans ce sens, le REME, sous l’égide de la CACI, participe chaque année et ce depuis 2007 aux rencontres technologiques MIEC (Matériaux Innovation Eco-Conception) ainsi qu’à d’autres manifestations à caractère euro-méditerranéen sur le thème de l’innovation et le développement durable que le centre français d’Animation régionale en matériaux avancés (CARMA) organise depuis neuf ans. Pour sa part, Ahmed Zitouni, président du REME en Algérie, avance : «Aujourd’hui, il faut intensifier le partenariat CARMA-REME par des échanges fructueux et ciblés afin de permettre aux entreprises membres de conquérir de nouveaux marchés dans le domaine du business vert préparant ainsi nos pays à converger vers une économie du futur, celle de «l’économie verte».

	La dernière rencontre à laquelle le REME a participé remonte au 13 septembre 2011 à Sophia Antipolis (sud de la France) sur le thème «les couleurs de la plasturgie» qui a porté sur les enjeux de la plasturgie de demain, à savoir les matériaux, l’innovation, l’écoconception. L’action collective a visé à familiariser les entreprises sur les nouveaux matériaux tels que les fibres et matrices biosourcées d’origine végétale proposée par des fournisseurs de matières thermoplastiques et matériaux composites. Ces nouveaux matériaux  «présentent des caractéristiques techniques, environnementales et économiques à en trouver individuellement des applications possibles», explique, dans ce sens,  le président du REME en Algérie.                  </description>
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           <title>«L’écoconception est une vraie opportunité pour les entreprises»</title>
           <author>Mohamed Abdelli </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Economie</category>
           <pubDate>Mon, 09 Jan 2012 01:00:00 +0100</pubDate>
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	Dans cette interview, Jean-Claude Giannotta, directeur du Centre d’animation régional en matériaux avancés en France (Carma) fait le point sur le concept d’écoconception dans le domaine de la plasturgie et l’intérêt grandissant qu’il revêt en tant que solution qui respecte les principes du développement durable. 
	-Le concept d’éco-conception est-il encore à l’échelle de l’expérimentation ou y a-t-il, actuellement, des applications à l’échelle industrielle ?

	L’écoconception se développe aujourd’hui dans différents secteurs industriels, notamment dans les secteurs de l’aéronautique, du bâtiment, de l’électronique, de l’emballage, de l’énergie, médical... Dans chacun de ses secteurs, de nouveaux produits sont conçus et mis sur le marché. Les processus de fabrication permettent de réduire à l’amont la consommation des matières premières et de l’énergie ainsi que la génération des rebuts. A titre d’exemple, lors du surmoulage de composants électroniques on perd souvent plus de3 tonnes de résine coûtant 10 à 20 euros le kilo. Il faut payer autant pour l’opération de destruction et la moitié pour l’utilisation de solvants. Le gain a été évalué  en France à 30 000 euros annuels par poste de travail. D’autre part, on encourage les conceptions qui soient plus adaptées au transport, une démontabilité des produits, un recyclage possible des divers éléments associés et une plus grande durée de vie.

	Actuellement, les polymères biosourcés représentent 400 000 tonnes de production par an.  Du plastique issu de l’amidon de blé, de maïs et de pomme de terre, mélangés à des plastiques d’origine pétrolière biodégradable (polyesters) est maintenant possible.  Du plastique issu de la même origine que celle précédente et transformé par une chimie complexe tels que l’amidon, le glucose, l’acide lactique, l’acide polylactique… ça existe aussi. Le stylo démontable et recyclable de Pilot, le compteur d’eau Altaïr, le fauteuil de bureau de Steelcase, Horodateur Parkeon… sont autant d’exemples d’ applications à l’échelle industrielles.
	
	-Sur le plan R§D, quels les écueils pour une généralisation des processus de l’écoconception dans diverses industries, notamment dans les industries à gros potentiel de pollution ?

	L’homologation de nouveaux produits nouvellement conçus a toujours posé problème, l’investissement dans de nouveaux équipements de production à l’exemple des technologies de Resin Transfert Mouling (résine de surmoulage) qui nécessitent des machines d’injection, le remplacement d’ancien équipement tel les presses à injecter électriques venant remplacer les presses hydrauliques, le manque d’audace à vouloir reconcevoir un produit constitue autant de freins que connait toute innovation, encore aujourd’hui.
	
	-Quels sont les matériaux et composants chimiques utilisés, notamment dans le secteur de la plasturgie et qui ont disparu de l’espace UE, après l’arrivée de la nouvelle réglementation Reach ?

	De nombreuses substances sont sur le point de disparaître à l’aube de l’application de la directive Reach, il s’agit notamment des CMR (substances cancérogènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction) des PBT (substances persistantes, bioaccumulables et toxiques) et des vPvB, (substances très persistantes et très bioaccumulables).
	Certaines substances préoccupantes ayant des effets graves irréversibles sur l’être humain et l’environnement, tels que les perturbateurs endocriniens.

	-L’Algérie est le pays pétrolier où le secteur du plastique devrait être à la page en matière de R§D, y a-t-il lieu de parler de vraies opportunités économiques quant à la promotion du secteur de la plasturgie, notamment celui des process de l’écoconception dans ce domaine ?

	Dans un but d’autonomie et en tant que pays pétrolier, l’Algérie devrait posséder l’ensemble de la filière «matières plastiques» depuis la source (raffinerie), jusqu’à la fabrication des granulés et des pièces injectées, extrudées, thermoformées, rotomoulées...
	
	-Est-ce qu’il existe des outils qui peuvent aider une entreprise qui veut s’engager volontairement dans le processus d’écoconception ?

	Oui, il existe des outils simplifiés d’analyse du cycle de vie et des démarches qualitatives comme quantitatives, adaptés chacun au domaine technique concerné. Ces outils simplifiés développés de manière spécifique pour certains secteurs seront peut-être généralisés dans quelque temps. Il existe  aussi des logiciels, tels que : SIMAPRO pour la mécanique, EIME pour l’électronique et des bases de données à l’exemple de CES (Cambridge Education Selector) pour l’ensemble des matériaux.           </description>
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           <title>Lotfi Halfaoui. Expert ingénieur en économie pétrolière : «Tout est à faire dans ce secteur»</title>
           <author>Mohamed Abdelli </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Economie</category>
           <pubDate>Mon, 09 Jan 2012 01:00:00 +0100</pubDate>
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           <description> 
	-Y a-t-il de vraies opportunités pour l’Algérie, en tant que pays à fort potentiel d’hydrocarbure,  de se lancer dans la promotion du secteur de la plasturgie ?

	Pourquoi développer la plasturgie en Algérie ? Tout d’abord, la plasturgie est un secteur très compétitif et réactif et que son développement dépend du coût de l’énergie et des matières premières (gaz et pétrole) sachant que notre pays en est producteur. Nous retrouvons du plastique dans tous les secteurs et donc, développer l’industrie plastique en Algérie, c’est impacter, développer, booster les secteurs du bâtiment, l’agroalimentaire, le conditionnement… Aussi, en plasturgie, pour chaque emploi direct créé, cela génère la création de 1,7 emploi indirect.

	Ce marché est fortement tiré à ce jour par les projets de l’Etat tels que dans les domaines de l’hydraulique, du bâtiment, de l’agriculture du gaz… mais est appelé aussi à se développer et se diversifier dans le cadre de l’ouverture économique dans tous qui est sous-traitance industrielle, emballages, grandes surfaces commerciales, exportations … Ce secteur, peut se targuer maintenant,  d’une capitalisation de l’expérience, du savoir faire, et de la maîtrise des procédés de fabrication, notamment d’injection et d’extrusion. Historiquement, parlant, l’industrie des plastiques a constitué l’un des premiers pôles d’intérêt du secteur privé algérien surtout dans l’Oranie, puis dans le reste du pays et rattrapé par le secteur public avec le plan Valhyd (valorisation des hydrocarbures). Sonatrach avait réalisé deux zones industrielles  dédiées aux transformations plastiques, à Sétif et Chlef, et deux pôles à Arzew et Skikda pour la production de matières premières.
	
	-Quels sont les obstacles pour une réelle relance de ce secteur en Algérie ?

	Le secteur de la plasturgie en Algérie se caractérise surtout par une absence de vision industrielle globale nationale et plus particulièrement de la place de la plasturgie dans notre économie et de son devenir. Ceci est renforcé par l’absence d’organisation des opérateurs économiques en association professionnelles, fédération ou groupement professionnel.
	Il existe des associations, et même une fédération, mais elles sont inactives et ne rassemblent guère la profession. Ce qui résulte, une anarchie dans tout le secteur de l’industrie plastique qui profite aux importateurs et au marché informel. Ajouter à cela les contraintes administratives qui ont été longtemps décriées par les chefs d’entreprise, exploitants et investisseurs tels que les problèmes liés au foncier, services bancaires, loyauté dans la concurrence…

	Dans ce sens, le manque de concertation entre opérateurs économiques et gouvernants fait que les industriels ne retrouvent pas de visibilité ni de lisibilité dans ce que nous pouvons appeler une démarche d’industrialisation du pays. Qui fait quoi ? Comment ? où ? Actuellement, de gros efforts sont engagés par l’Etat pour structurer et développer l’industrie chimique et la plasturgie entre autres. Néanmoins, il me semble que la réflexion qui est portée par différents ministères cible le secteur public et marginalise le secteur privé et cela est dû essentiellement à l’absence d’une cellule de veille stratégique pour l’industrie en général et la plasturgie en particulier. Nous notons aussi l’absence de structures de contrôle de qualité des produits et inputs.

	Un centre technique industriel de la chimie qui sera au service de la plasturgie est en cours de création. On en parle depuis cinq ans sans pour autant arriver à le concrétiser. L’Algérie accuse aussi un grand retard dans la réalisation de complexes qui puissent valoriser notre énergie fossile pour produire les matières premières nécessaires à cette industrie : plastiques composites, PVC, polypropylène, polyéthylènes, résines... Donc, tout est à faire dans ce secteur qui nécessite vraiment des assises, des concertations entre promoteurs, opérateurs, universitaires, experts… pour  réfléchir et initiées les actions nécessaires à même de relancer ce secteur, substituer quelques peu les importations, répondre aux besoins de nos consommateurs et exporter à moyen terme nos surplus.
	
	-Qu’elles ont été les erreurs qui ont fait que nous sommes toujours à la traîne par rapport même à nos voisins du Maghreb ?

	Les errements de nos politiques économiques, le manque de soutien à la production nationale et à l’investissement industriel productif, l’absence d’études, de prospectives et de veille stratégique,  commerciale et économiques, a fait que la consommation par l’importation de produits finis de bas prix et de piètre qualité a envahi le marché national et piégé les producteurs nationaux qui se sont retrouvés en grande difficultés sans leviers de secours pour réagir. Nos voisins ont en tiré plein profit de cette situation et du coup se sont développés pour satisfaire la demande algérienne. 30% des exportations tunisiennes touchant à la plasturgie et un peu moins pour le Maroc se font en direction de l’Algérie. Au niveau maghrébin, nous nous retrouvons après la Tunisie et le Maroc, et bien loin de l’Egypte. C’est-à-dire un rang qui ne sied guère à notre pays qui est un grand producteur de pétrole.  
	
	-Quelle place aura la plasturgie, en tant que secteur d’activité à forte expansion, dans l’économie nationale ?

	Le taux de croissance actuel dans ce secteur est de 4% par an. Mais avec un redéploiement de ce secteur, le potentiel de croissance est considérable, afin de substituer une bonne partie de nos importations, de répondre aux besoins du marché intérieur en qualité et diversité, et rattraper quelque peu le retard avec nos voisins. Le secteur de la plasturgie ne participe qu’épisodiquement à l’exportation de façon directe (menuiserie en PVC) et indirectement par le truchement du conditionnement de produits destinés à l’exportation : dattes, sodas et eaux minérales…

	La consommation nationale résines de base est estimée à 150.000 tonnes/an sur laquelle l’entreprise nationale ENIP fournit 20.000 tonnes de résines PVC et 32.000 tonnes de résines PEBD. Le PE et le PP sont importés en attendant le démarrage de production du projet Sonatrach-Total de vapocraquing à Arzew. Globalement les 2/3 des matières premières sont importées. Les plastiques composites sont de plus en plus développés dans les pays occidentaux et les composants plastiques standard continuent à migrer vers les pays à bas salaires. Ceci nous amène à dire que le positionnement de l’Algérie doit être mixte : développer la production de matière première (EIP Skikda et projet vapocracking d’Arzew avec TOTAL) pour répondre à la forte demande locale qui boostera l’industrie manufacturière et dégagera une part à l’exportation. Mais aussi, créer une industrie de plastique composite et de matériaux innovants de dernière génération  à forte valeur ajoutée, respectueuse d’un développement durable.          
	 </description>
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           <title>«La formation, la recherche, l’innovation et l’organisation du secteur de la plasturgie font cruellement défaut»</title>
           <author>Mohamed Abdelli </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Economie</category>
           <pubDate>Mon, 09 Jan 2012 01:00:00 +0100</pubDate>
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	Dr Cherid Tilioune Samia est expert environnementaliste, consultante dans les questions liées notamment aux produits hydrocarbures. Elle est enseignante à l’Institut national de pétrole (IAP de Boumerdès). Elle développe, à travers cette interview l’écoconception en entreprise. 
	-Pouvez-vous illustrer par des exemples, là où l’écoconception a fait ses preuves en entreprise ?

	Beaucoup a été fait concernant ce concept d’écoconception. Prenons l’exemple de l’industrie d’emballage. En effet, les fabricants d’emballage plastique et d’emballages souples travaillent depuis de nombreuses années à l’écoconception de leurs produits. Ils interviennent sur plusieurs axes : la prévention par réduction à la source et la conception des emballages pour un recyclage performant. Mais très souvent, concernant les formes, l’allègement, l’écoconception exige un travail en commun  qui associe : le conditionneur, le fabricant d’emballage et le  designer. En France,  le Conseil national de l’emballage (CNE), depuis sa création (1997), dans le cadre d’accompagnement, a eu  pas moins de 249  initiatives  sélectionnées, ayant débouché sur 72.736  tonnes d’économie d’emballage et 9,4% de réduction de prélèvement de matériaux à la source. 

	Par cette diminution du poids et du volume des emballages,  le volume des transports a été réduit sur les routes de 4826 camions.  La publication, toujours en France, en mai 2007 des travaux de l’atelier consacrés aux “emballages et suremballages des yaourts et autres produits laitiers ultra-frais” indique de bonnes performances de réduction au niveau des pots unitaires en matière plastique. Au global, une économie de 1609 tonnes de matériaux a été atteinte. L’intégration de matières recyclées dans l’emballage, une autre forme d’écoconception. Le recyclage des emballages plastiques s’est développé dans des applications qui jusqu’à présent se faisaient principalement en dehors de l’emballage (textile, bâtiment…).

	La réglementation européenne ayant évolué, il est maintenant possible d’utiliser de la matière recyclée post consommation en contact alimentaire. Ceci se fait dans des conditions  réglementaires très précises (règlement 282/2008/CE). Quelques exemples chiffrés :  des emballages plus légers : le plastique réduit de moitié l’énergie nécessaire à la fabrication des emballages. Il permet de diviser par 4 le poids des emballages, et par 3 celui des déchets. Des maisons mieux isolées : les plastiques sont de très bons isolants. 50 kg de mousse d’isolation plastique permettent d’économiser l’équivalent de 150 litres de fuel de chauffage. Réduire la consommation de matières premières : les plastiques offrent des performances équivalentes en utilisant moins de matières premières.

	En 10 ans, les progrès technologiques ont permis de réduire de 30% la consommation de matière nécessaire à la production d’une bouteille…  Actuellement, dans ce domaine, les travaux portent sur les quatre grands facteurs d’innovation de la plasturgie : les matériaux, les procédés de production, les produits, les aspects environnementaux. Il en est de même dans les autres domaines ou des réductions importantes de coût, d’énergie, de matières premières ont été réalisées. Ces quelques chiffres renseignent sur l’opportunité du concept d’écoconception en entreprise.
	
	-Quel constat faites-vous du secteur de la plasturgie en Algérie ?

	L’Algérie comme vous l’aviez si bien souligné est un pays pétrolier qui devrait être «à la page en matière de R§D », cependant,  de l’état des lieux dans ce domaine, l’Algérie est loin de répondre qualitativement et même quantitativement à la demande du marché national. La formation, la recherche, l’innovation et l’organisation du secteur de la plasturgie font cruellement défaut.  Je ne vais pas trop polémiquer sur l’existant ou sur ce qui a existé. Il ne faut pas oublier que très longtemps l’IAP (Institut algérien de pétrole) a assuré la formation dans ce domaine qui malheureusement s’est désagrégée. Toutefois, des laboratoires de recherche et d’analyse dotés d’équipements de pointe et de compétences de haut niveau ont existé à l’instar de l’IAP qui maintient bon gré, mal gré quelques disciplines.

	Les entreprises sont disséminées sans aucune réelle prise en charge, sans soutien ou accompagnement par une fédération, un réseau où les pouvoirs publics à l’exemple de ce qui se passe en France ou en Tunisie. Il n’y a aucune synergie entre les différentes parties : pouvoir public, secteur de la formation et la recherche, et les entreprises. Les écoles d’ingénieurs en acquérant un niveau technologique élevé doivent avoir pour objectifs d’aider les PME-PMI, de répondre aux besoins des industriels et de remonter jusqu’aux laboratoires de recherche et d’assurer les missions de transfert technologiques auprès des entreprises.  Dans le domaine de la formation professionnelle, il faut mettre en place des structures qui répondent aux besoins de l’enseignement professionnel au service tant des entreprises que des apprentis qui autorisera une meilleure prise en compte de la demande croissante de main-d’œuvre qualifiée.

	Faire connaître les métiers de la plasturgie aux jeunes, métier dont les perspectives d’emploi sont favorables et durables, et ce, par une amélioration des capacités de formation des lycées professionnels pour mieux répondre aux attentes des entreprises en particulier dans le domaine de la plasturgie. Compte tenu des spécificités des entreprises de transformation de matières plastiques, la présence d’interfaces de recherche et de transferts de technologies est indispensable pour diffuser l’innovation et répondre aux exigences de développement du secteur.        </description>
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           <title>Un plan de «rigueur contre le gaspillage»</title>
           <author>Safia Berkouk </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Economie</category>
           <pubDate>Mon, 02 Jan 2012 01:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 02 Jan 2012 01:00:00 +0100</lastBuildDate>
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	Avec des recettes d’hydrocarbures de plus de 60 milliards de dollars, une cagnotte de près de 200 milliards de dollars de réserves de change à la fin de l’année dernière et pas d’endettement externe, l’Algérie a terminé l’année 2011 dans une situation financière confortable à première vue. 
	Pourtant, quand on sait que la facture d’importation a atteint les 45 milliards de dollars et que les dépenses publiques se sont élevées à plus de 8000 milliards de dinars, pour un taux de croissance d’à peine 3,5%, l’impression d’aisance financière que dégage l’économie algérienne devient vite relative au même titre que les perspectives économiques pour 2012. Cela d’autant que le gouvernement ne semble pas s’acheminer vers un changement de cap dans la mesure où l’économie algérienne continuera à présenter le schéma d’une croissance tirée par la dépense publique.
	Le projet de loi de finances 2012 a déjà prévu un déficit global du Trésor de l’ordre de 25,4% du PIB en raison d’une dépense publique toujours aussi conséquente.

	La situation est d’autant plus inquiétante que les dépenses faramineuses qui sont consenties ne semblent pas avoir de répercussions sur le plan de la croissance économique qui reste dramatiquement faible par rapport aux montants déboursés.
	Dans son rapport de mission sur l’Algérie en octobre dernier, le Fonds monétaire international notait pour les perspectives économiques 2012 que «la politique budgétaire reste expansionniste avec la poursuite de l’application des rémunérations plus élevées des fonctionnaires et des mesures de soutien d’ordre socioéconomique lancées en 2011, tout en continuant les efforts pour l’amélioration des infrastructures publiques».

	Pourtant, le gouvernement ne semble pas s’inquiéter outre mesure, considérant que si les prix du pétrole se maintenaient dans une fourchette de 75 à 90 dollars, «il n’y aura pas de nécessité de recourir aux réserves de change du pays».

	Un œil sur la zone euro

	Seulement, l’Europe, qui représente un marché majeur pour les exportations d’hydrocarbures - principal sources de revenus du pays - est en crise, ce qui pourrait à moyen terme affecter l’économie algérienne. D’ailleurs, le ministre des Finances a reconnu : «Si cette crise persiste, nous devons ajuster nos dépenses publiques.» Et de préciser qu’une décision de «baisser de 10% les dépenses publiques en 2012 était prise».

	Nasser Bouyahiaoui, professeur d’économie, pense que l’Algérie sera «touchée si la situation d’aggrave et si le ralentissement de l’économie européenne s’étend au niveau mondial entraînant une baisse de la demande sur le pétrole dont les prix pourraient chuter de 20% à 30%». Toutefois, tempère-t-il, «à partir du second semestre 2012 et avec les instruments financiers qui sont en train d’être mis en place, l’Europe devrait pouvoir se relancer». En outre, «les conflits au Moyen-Orient devraient permettre au prix du pétrole de rester stable»   

	Le FMI avait déjà prévenu que les perspectives favorables pour l’Algérie à moyen terme étaient soumises à «certains risques» parmi lesquels «la détérioration de l’environnement économique international qui pourrait entraîner une baisse prolongée du prix du pétrole qui dégraderait fortement les équilibres budgétaires».
	En l’absence d’une économie forte et diversifiée et d’un tissu d’entreprise créateur de richesse en dehors des hydrocarbures, l’Algérie se retrouve, à chaque nouvelle crise mondiale, à espérer que l’impact de cette dernière ne soit trop important. Or, souligne le professeur Bouyahiaoui, «au lieu d’attendre les conséquences, on devrait davantage évoquer les opportunités qu’offre la crise européenne et dont pourrait tirer profit l’Algérie». Partout en Europe, «il y a des entreprises en faillite et des banques en difficulté, l’Algérie peut profiter de ses ressources pour racheter des entreprises ou des banques ou entrer dans leur capital». 

	L’option des fonds souverains

	Avec les réserves de change accumulées, le pays a les moyens d’envisager de telles perspectives, selon notre interlocuteur, pour qui l’utilisation de cette manne serait plus efficace si elle servait à la création de plusieurs «fonds souverains». L’un, dit-il, serait «orienté vers l’investissement en Afrique, un second pour se placer dans les pays développés où il y a une crise de liquidité, un troisième en direction des pays émergents et un dernier pour le soutien de l’investissement des entreprises nationales sur le plan local ou à l’étranger». Par ailleurs, l’Algérie pourrait se servir de cet argent pour «attirer les investisseurs étrangers et conclure des partenariats avec eux à travers l’intervention d’un fonds et non en les obligeant à prendre comme partenaires des entreprises publiques boiteuses», indique l’économiste.    

	Pour l’heure, la priorité pour le gouvernement devrait être, comme l’a suggéré le FMI, «la poursuite des efforts pour améliorer la maîtrise et le ciblage des dépenses, y compris les salaires et les transferts sociaux» et le «contrôle de l’excès de liquidités et des pressions inflationnistes qui pourraient apparaître après les hausses importantes des salaires dans le secteur public». Pour le professeur Bouyahiaoui, «il faudra pour le gouvernement prendre des décisions sérieuses et décisives pour un plan de rigueur afin d’éviter les dérapages, en revoyant notamment la notion de subvention et en maîtrisant les importations, dont 25% à 30% s’apparentent à du gaspillage du fait qu’elles ne répondent pas à une demande de l’industrie et au système productif».                 </description>
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           <title>Reda Hamiani. Président du FCE : «Créer un nouveau modèle de croissance»</title>
           <author>Safia Berkouk </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Economie</category>
           <pubDate>Mon, 02 Jan 2012 01:00:00 +0100</pubDate>
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	Fort de l’engagement pris par le gouvernement pour une meilleure prise en charge des problèmes des PME en 2011, le monde de l’entreprise envisage la nouvelle année avec beaucoup d’espoir, mais également avec autant d’inquiétude. 
	La tendance mitigée des chefs d’entreprise relève de la préoccupation de voir les engagements pris ne pas se traduire sur le terrain, comme cela a souvent été le cas par le passé. «On a participé à la tripartite de mai dernier où une série de mesures ont été prises dans la bonne direction et pour la levée des obstacles. Mais il faudrait qu’elles soient correctement appliquées sur le terrain, car malheureusement, il y a beaucoup de difficultés dans la répercussion», nous dit le président du Forum des chefs d’entreprises, Reda Hamiani.

	Cette question est d’autant plus cruciale que l’économie nationale a plus que jamais «besoin d’un nouveau modèle de croissance», dit-il. Il s’agit d’un modèle qui serait «piloté par les dépenses publiques, mais qui serait surtout dédié à l’entreprise, à travers la levée des obstacles, et des contraintes qui freinent le développement des entreprises».

	Même si le niveau élevé des dépenses paraît inquiéter les économistes, pour le président du FCE, ce n’est pas tant leur niveau et la manière dont elles sont réalisées qui posent problème. Ces dépenses «constituent un rattrapage, car il y a eu beaucoup de retard dans le développement des infrastructures, l’Etat a donc été bien inspiré en la matière et cela peut représenter un modèle de croissance». Toutefois, dit-il, «ce sont davantage les entreprises étrangères qui ont été mises à contribution dans ce processus. Ce n’est donc pas un développement endogène centré sur l’entreprise algérienne».

	Fonder un nouveau modèle de croissance centré sur l’entreprise représente pour le FCE une priorité d’autant que l’Algérie «reste pauvre en PME PMI», note M. Hamiani pour quil il serait nécessaire que les entreprises qui existent «puissent devenir des champions et atteindre une taille critique». Le fait est qu’actuellement, 96% des PME sont en fait des TPE, c’est-à-dire de très petites entreprises. Seulement pour mettre en place ces champions, c’est tout l’environnement économique de l’entreprise qui doit être revu et en premier l’obstacle de l’administration. «Si on veut concurrencer les multinationales, il faut regarder du côté de l’administration», estime M. Hamiani.

	Cela implique de «simplifier les procédures et d’acquérir une culture de l’accompagnement». Pour l’instant, dit-il, «l’administration algérienne a du mal à quitter sont rôle réducteur de gendarme. Il faut qu’elle puisse évoluer pour être un allié et un partenaire de l’entreprise qu’elle accompagnera dans son développement».               
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           <title>«Le pouvoir n’hésitera pas à intervenir financièrement pour stabiliser le front social»</title>
           <author>Safia Berkouk </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Economie</category>
           <pubDate>Mon, 02 Jan 2012 01:00:00 +0100</pubDate>
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           <description> 
	-La conjoncture de 2011 a contraint le gouvernement à agir un peu dans l’urgence pour calmer le front social. Selon vous, quelles devraient être les priorités pour 2012 ?

	Si on se réfère a la loi de finances 2012, adoptée par l’Assemblée populaire nationale (APN), on retrouve les mêmes orientations pour ne pas dire priorités de la politique économique algérienne qui est initiée depuis une décennie dans le cadre de ce qui tient lieu de stratégie pluriannuelle de développement, à savoir les plans de relance de la croissance économique.   Il s’agit de poursuivre la réalisation des programmes d’investissement public pour assurer le taux de croissance économique projeté pour 2012 qui est de l’ordre de 4,7% avec une préoccupation majeure, celle du maintien des grands équilibres macroéconomiques.

	Sur le plan social, qui revêt une extrême importance vu la conjoncture inhérente au Printemps arabe, la priorité serait d’assurer la paix et la stabilité sociale. Instruit par les événements de début de l’année 2011 qui ont poussé les pouvoirs publics à intervenir financièrement pour maintenir une paix sociale vulnérable à la hausse des prix des produits de première nécessité, les pouvoirs publics continueront en 2012 à subventionner les produits de base le lait, les céréales, les huiles, le sucre, mais aussi à veiller à la solidarité sociale par versement des allocations familiales de l’ensemble des travailleurs, y compris du secteur privé, le paiement des compléments de retraite, aides à l’endroit des démunis et des handicapés. Pour cela, on consacre une enveloppe de 1300 milliards de dinars (17% du budget de l’Etat).

	La priorité serait apparemment de veiller à la maîtrise de l’inflation et prévenir tout dérapage inconsidéré dans les prix des denrées de base (toutes les prévisions au niveau international indiquent une forte hausse des prix des produits de base, blés, huile sucre…). Pour 2012, le taux prévu de l’inflation serait de l’ordre de 4%, soit le taux officiellement enregistré durant l’année 2011. Le gouvernement estime que ce taux est acceptable au vu de la politique monétaire du pays. On pourrait naturellement s’interroger sur ces prévisions, surtout que le calcul du taux d’inflation est lui-même sujet à caution et très fortement controversé.
	
	-Mais les pouvoirs publics ont-ils d’autre choix que de procéder ainsi ?

	On pourrait s’interroger sur la poursuite d’une telle politique. Dans une économie de marché, pour laquelle on a opté, les prix se fixent sur le marché, marché régulé est surveillé par des institutions compétentes. Certes, il ne saurait être question de laisser sombrer dans la pauvreté ceux qui ne peuvent supporter des hausses de prix brutales, l’Etat doit, au nom de la justice sociale, leur apporter aide et assistance, mais il s’agit dans un tel contexte d’aides ciblées, destinées à ceux qui doivent en bénéficier et non des subventions qui profitent aux riches comme aux pauvres.

	Par ailleurs toujours dans cette quête de paix sociale les pouvoirs publics poursuivront le financement de  programmes d’aide à la micro-entreprise et à l’emploi des jeunes par les dispositifs publics. Pour 2012,  on a prévu un budget de près de 180 milliards de dinars. Il s’agit, selon l’argumentaire des pouvoirs publics, de consolider les actions déjà entreprises dans le cadre des mesures urgentes prises début mars pour faciliter l’accès aux jeunes au crédit et à la création d’entreprises.
	Là aussi, on peut s’interroger sur l’efficacité de programmes qui ont déjà fait l’objet de beaucoup de critiques : peut-on continuer à financer des programmes coûteux, dont aucune étude à notre connaissance n’a établi l’efficacité et l’efficience en termes de retombées économiques ? N’est-il pas temps de réfléchir à d’autres politiques d’insertion plus prometteuses en s’inspirant pour cela des expériences internationales les mieux réussies ?
	
	-La facture des importations a atteint en 2011 un niveau affolant, selon vous.  Qu’est-ce qui doit être fait pour arrêter cette hémorragie?

	Rappelons que devant l’envolée de la facture d’importations, le gouvernement avait décidé de prendre toute une série de mesures pour en réduire le volume, sinon d’en limiter la hausse. Il s’agit surtout, faut-il le rappeler, de l’annulation du crédit à la consommation, de l’établissement du crédit documentaire, nonobstant d’autres mesures restrictives.  Ces mesures ont été contreproductives dans la mesure où loin de diminuer, les importations continuent d’augmenter si on excepte l’année 2009.
	Selon les données disponibles, en l’occurrence celle du Centre national de l’informatique et des statistiques des Douanes (CNIS), les onze premiers mois de 2011 enregistrent déjà 42,63 milliards de dollars contre 36,49 au cours de la même période en 2010, soit une hausse de 16,83%. La valeur globale des importations atteindrait fin 2011 quelque 46 milliards de dollars contre 40 milliards de dollars en 2010. Cela ne peut plus durer surtout en perspectives si on considère une baisse très probable des prix des hydrocarbures sur le marché international
	
	-Que faire alors ? Les mesures qui ont été prises jusque-là, de nature purement réglementaire, ont été manifestement contre-productives, sur quelles bases ont-elles été décidées ?

	Il faudrait par conséquent procéder à des études sérieuses qui permettent d’orienter rationnellement la décision publique (que font les nombreux laboratoires créés dans toutes les universités du pays et financés sur budget de l’Etat ?). Seul un diagnostic rigoureux de la production nationale (industrielle et agricole, services y compris) permettra d’établir ce qui est produit dans le pays et ce qui ne l’est pas, ce qui peut être produit concurrentiellement selon ses avantages comparatifs naturels et construits ou à construire (qu’est devenue la politique industrielle que le gouvernement s’était engagé à initier sans tarder pour reconstruire l’industrie nationale) et ce qui ne peut pas l’être présentement.

	Il permettra d’établir, la qualité comparée des produits locaux et des produits importés…, et  à partir de la, les pouvoirs publics peuvent à l’instar de nombreux pays qui ont institué des politiques de préférence nationale et contribuer par des mesures incitatives au changement de comportement des consommateurs et des producteurs à l’avantage des labels du pays (comme c’est le cas dans beaucoup de pays asiatiques).    

	On ne peut pas comprendre dans la situation qui est la nôtre comment une entreprise publique puisse passer commande pour un semi-produit à une firme étrangère, alors que le même produit présentant les mêmes caractéristiques est fourni par une entreprise locale souvent avec des conditions meilleures. Il faudrait par conséquent axer les efforts pour favoriser le développement de l’offre locale de produits industriels et agricoles, y compris en matière d’offre de services et encourager toutes les formes de partenariat avec des opérateurs algériens ou leur accorder des licences de fabrication.
	Il n’est certes pas question de revenir au protectionnisme pur et dur, le recours à l’étranger demeurera, mais la priorité nationale devrait être consacrée, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui.
	
	-Pensez-vous que les mesures prises en 2011 avec notamment des augmentations de salaire, les facilitations de l’Ansej seront suffisantes pour donner au gouvernement un peu de répit sur le front social en 2012 ?

	Rien n’est acquis. Mais «la paix sociale n’ayant pas de prix» et compte tenu de la marge de manœuvre financière s’entend, on peut être sûr que le pouvoir n’hésitera pas à intervenir «financièrement» en cas de besoin pour stabiliser encore le front social. Il s’agit cependant d’une fuite en avant coûteuse qu’il faudrait bien transcender par des réformes d’essence démocratiques réelles en phase avec les espérances populaires à même d’ouvrir des perspectives de développement fondées sur la bonne gouvernance, suscitant ou régénérant l’espoir perdu chez les jeunes de vivre dans leur pays en contribuant productivement à sa prospérité.                                     </description>
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           <title>Entreprises, climat des affaires et investissements Entre vœux et prédictions</title>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Economie</category>
           <pubDate>Mon, 02 Jan 2012 01:00:00 +0100</pubDate>
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	Difficile exercice d’avoir à exprimer ce que 2012 réservera à l’Algérie en termes d’environnement des affaires. Une chose est certaine : l’année sera festive avec la célébration du cinquantenaire, événement historique, avec une liste de bonnes résolutions faites d’un ‘mix’ entre les ajustements du passé et la projection du pays sur de nouveaux défis. 
	Investissement dans les hydrocarbures

	L’Algérie se trouve toujours dans le dilemme du rapport entre ses ressources pétrolières et l’investissement structurant, hors hydrocarbures. Le sujet de la loyauté des partenaires d’un pays est identique à ce lui de la loyauté des clients dans une entreprise. Comme les clients en entreprises, les partenaires peuvent être perdus en quelques secondes alors qu’il aura fallu consacrer plusieurs années pour les séduire. Sur l’investissement pétrolier, 2012 devrait faire aboutir la réflexion de la réforme de la loi sur les hydrocarbures pour identifier les leviers d’attrait d’investisseurs étrangers.
	Il est rapporté qu’il n’y aura pas de retour sur la notion de la majorité au capital résident algérien et que les modifications devraient concerner les mesures fiscales de manière à ce que les ‘Majors’ de l’industrie soient  plus séduits par l’économique des projets d’exploration.

	Ce domaine est déjà très vaste, car pour maintenir les niveaux de production et de réserves, il n’y a pas d’autres solutions que celle de promouvoir l’exploration, en incitant les partenaires étrangers à prendre le risque d’exploration dans un environnement où les réglementations sont complexes. Il nous faudra attendre la publication des amendements de la loi sur les hydrocarbures pour apprécier si le niveau de la taxe sur les superprofits sera revu pour les contrats de partage de production et si la structure des taxes et les formules financières de la plus récente loi 05-07 seront revues.

	Investissement hors hydrocarbures

	Selon un bilan en cours de l’ANDI , les investissements en Algérie auraient été trois fois plus importants durant les onze mois de l’année 2011, en comparaison avec ceux de la même période pour l’année 2010. Si ces données étaient confirmées, y compris le score attribué aux investissements initiés par des investisseurs nationaux comme prédominants, il y aurait effectivement lieu de conclure qu’un tel résultat est issu de la stabilité de la législation1.

	Si cette stabilité est confirmée pour les investisseurs nationaux, il reste que les nouveaux projets doivent être structurants en matière de création d’emplois, de substitution aux importations et de pérennité comme pourvoyeur de recettes fiscales.
	Ces objectifs ne pourront pas être atteints si l’investisseur algérien n’est pas accompagné sur son opérationnel. Il s’agit là d’une vision à prendre en compte, mais qui ne ressort pas encore des textes et déclarations disponibles à ce jour. Sur ce sujet, il ne s’agit pas d’une prédiction, mais d’un vœu de la majorité des investisseurs : celui d’un accompagnement faisant de l’acte d’investissement le chemin le plus fluide vers la rentabilité, car l’accès aux financements n’est pas une fin en soi.

	A l’opposé, l’argument de la stabilité de la législation ne peut pas être avancé pour les investissements étrangers. La perturbation apportée par la loi de finances complémentaire pour 2009 a été largement utilisée par les observateurs internationaux pour invoquer la non-stabilité des réglementations.
	Les ajustements continueront à se faire en 2012, ne serait-ce que pour stabiliser les investissements existants. Il sera intéressant de faire un nouveau décompte en 2012 pour apprécier l’impact de ces corrections et l’assimilation de la ‘nouvelle notion d’investissement étranger’ en Algérie.

	A titre d’exemple, parmi les premiers partenaires commerciaux de l’Algérie, la France se serait fixée, pour 2012, un objectif d’accompagner 750 entreprises françaises, pour établir des partenariats avec des porteurs de projets algériens. En tout état de cause, il n’y aura pas de changement draconien de la réglementation sur l’investissement.

	La bourse d’Alger au service de l’investissement ?

	La bourse pourrait être un acteur de stimulation de l’investissement, mais il faudra attendre que le projet de réforme du marché financier algérien aboutisse. Ce projet soutenu par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) devrait permettre de définir le paramétrage du marché financier, y compris le rôle des intervenants du marché et de son action avec l’investissement.Au-delà d’une phase d’étude, le projet devrait être mis en œuvre au moyen de la modernisation des systèmes d’information du marché financier, de l’harmonisation du cadre réglementaire avec les pratiques financières internationales et de la promotion des titres boursiers dans les établissements financiers. Ce projet ira certainement au-delà de l’an 2012 et dans l’attente des résultats de ce projet,  les rares titres cotés s’ennuieront à ne pas voir arriver dans leurs rangs de nouvelles entreprises, à moins de formalisation des intentions d’introduction en bourse plus agressives.

	Il reste à porter pour 2012 une vision plus capitalistique et non de simples financements comme ceux des récents emprunts obligataires. Il faudra néanmoins plus de transparence, car l’investisseur, qu’il soit national ou international, ne prendra pas de risque, s’il n’a pas le confort d’une information financière fiable. Sur ce dernier point la récente application de la nouvelle loi comptable, conforme aux normes internationales et l’effet conjoint de la réforme de la profession comptable devraient apporter plus de qualité à l’information des sociétés cotées.  

	Les mutations ne seront pas en reste dans le secteur financier notamment celui de l’assurance.
	Le marché de l’assurance dévoilera de nouveaux acteurs, car plus accessible et de nouveaux investisseurs pourraient s’installer, tant que le marché restera attrayant. 2012 devrait voir le résultat opérationnel de la scission des activités d’assurances de personnes et des assurances dommages, imposée par une nouvelle réglementation, suite à laquelle certaines compagnies d’assurance ont déjà filialisé leur métier de l’assurance des personnes.

	Par ailleurs, le processus de révision du système de solvabilité des sociétés d’assurance devrait prendre forme pour rejoindre une mise aux normes en rapport avec les nouvelles règles de solvabilité appliquées à l’échelle internationale . Il devrait ressortir de cette révision l’application de marges de solvabilité spécifiques à chaque branche d’assurance.
	Enfin sur un plan plus pratique, le lobbying des assureurs devrait avoir porté ses fruits par la suppression de la taxe de domiciliation de 3% sur les opérations de réassurance alors que cette taxe demeurera en vigueur pour les autres importations de services. C’est ce que devrait confirmer le texte définitif de la loi de finances pour 2012.

	Loi de Finances pour 2012

	La LF 2012 apporte par ailleurs une série d’ajustements à la politique fiscale du pays.
	Il n’y aura pas de réforme fondamentale de la législation fiscale, car cette dernière reste cohérente dans son cadre conceptuel. Cela n’empêchera pas les entreprises de faire face à des difficultés d’interprétation et d’application de la loi.
	Quelques changements notoires méritent d’être cités, sous réserve que le texte définitif de la loi de finances pour 2012 les ait consacrés.Ainsi, le fait générateur de la Taxe d’activité professionnelle, pour les prestations de services, devrait être l’encaissement total ou partiel du prix. Des dispositions pénales seront renforcées pour dissuader la fraude fiscale selon le niveau de droits éludés en matière d’impôts directs.

	Au plan de la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) le dispositif de procédures relatives au remboursement des crédits de TVA  est remis en forme.L’enregistrement devrait être rendu obligatoire pour les contrats de location à usage d’habitation.
	Les produits alcoolisés devraient subir une taxe additionnelle fixée à 5% du droit de circulation sur les alcools. Il devrait s’agir de la totalité des boissons alcoolisées, mais également des produits de parfumerie et de toilette.

	Climat des affaires

	Sur le plan de l’environnement des affaires, les procédures ne devraient pas subir de changement majeur.
	Tel est le cas de l’usage du crédit documentaire pour le paiement des importations ainsi que la veille conservatrice sur les transferts de dividendes ou de remboursement d’avances des filiales de sociétés étrangères à leur société mère. Toutes les entreprises observeront de près ce qui sera décidé en matière d’obligation de paiement par chèque des factures supérieures à un certain montant (le projet prévoyait un seuil de 500 000 dinars.) Il tarde, pour beaucoup d’entre elles, de se libérer de la manipulation d’espèces.

	Les employeurs appliqueront la révision du Salaire national minimum garanti (SNMG) qui passe de 15.000 DA à 18.000 DA. Cette augmentation ne sera pas assortie d’une révision du barème de l’Impôt sur le revenu global (IRG) dont le taux minimal de 20% continuera à s’appliquer aux salaires imposables mensuels supérieurs à 10.000 DA et inférieurs à 30.000 DA.
	A titre de cadeau de fin d’année, une bonne nouvelle est tombée le 29 décembre 2011, date butoir pour le renouvellement de l’extrait du registre du commerce des entreprises  intervenant dans la revente en l’état.

	L’arrêté du 13 juin 2011, du ministère du Commerce, qui fixe la durée de validité des extraits du registre du commerce, à deux années, pour les activités d’importation de matières premières, produits et marchandises destinés à la revente en l’état ainsi que le commerce de détail exercé par les commerçants étrangers fera l’objet d’un amendement sur le délai de mise en conformité. La date limite du 29 décembre 2011 qui n’a pas pu être respectée par toutes les entreprises devrait être prorogée de six mois, soit à fin juin 2012.               </description>
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           <title>Perspectives mondiales : Les Européens face au défi de la préservation de l’Union monétaire</title>
           <author>Nora Boudedja </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Economie</category>
           <pubDate>Mon, 02 Jan 2012 01:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 02 Jan 2012 01:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description>
	Les incertitudes que connaît l’Union monétaire européenne pourraient persister en 2012 avec les difficultés budgétaires de nombreux pays membres, dont l’Italie. 
	L’impact des mesures d’austérité décidées par les différents gouvernements sera déterminant. La situation est telle que certaines multinationales se préparent au pire, à savoir la disparition de la monnaie unique, l’euro mis en circulation le 1er janvier 2002.  Tout porte à croire que les dirigeants européens vont encore devoir puiser dans leur ingéniosité pour éviter  ce scénario catastrophe étant donné que le dernier plan concocté lors du sommet qui s’est tenu début décembre ne semble pas avoir rassuré les marchés. Les entreprises élaborent d’ores et déjà des plans B afin de faire face à une telle éventualité.

	Sur 250 économistes interrogés par Reuters la moitié estime que la mort de l’euro est envisageable.  Selon le journal en ligne Slate, «de nombreuses entreprises contactent (…) des avocats, et des juristes pour en savoir un peu plus sur les conséquences d’une fin de la monnaie unique au regard de la loi, notamment pour les contrats commerciaux avec des groupes étrangers ou pour les contrats de dette». D’autres économistes pensent au contraire qu’il suffit de coordonner les politiques économiques pour accroître les avantages la monnaie unique. «En dix ans d’existence, l’euro a dopé les échanges entre les pays qui l’ont adopté, contribué à juguler l’inflation, mais, faute de coordination des politiques économiques, n’a pas eu les effets escomptés sur la croissance», expliquent-il à l’agence française AFP.  Les agences de notation sont à l’affût. La France s’inquiète toujours pour son triple A.

	«En Irlande, on a baissé les prestations maladie et logement. Au Portugal, on a diminué de 25% les allocations familiales. En Italie, on a baissé les aides sociales.En Espagne, on a supprimé le «chèque bébé» - l’allocation de   naissance», note  Henri Sterdyniak, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Le coût social de cette crise est donc très lourd. L’avenir s’annonce tout aussi sombre pour la Grande-Bretagne qui pourtant ne fait pas partie de l’Union monétaire. «Alors que nous nous apprêtons à passer en 2012, le mot qui semble le mieux  décrire l’avenir pour l’économie britannique est l’adjectif ‘sombre’», a averti la semaine dernière Tony Dolphin, le chef économiste de l’IPPR.     

	«La crise de la zone euro n’est pas résolue et les pays (membres) sont contraints les uns après les autres à des mesures d’austérité extrêmes qui se traduisent  par des baisses de production. En conséquence, l’économie de toute la zone euro semble être entrée dans une récession modérée», a-t-il souligné.  L’agence de notation financière Moody’s a estimé le 20 décembre que le Royaume-Uni pourrait à terme perdre son triple A, meilleure note possible de la dette souveraine pour les agences de notation financière, en raison de l’impact de la crise dans  la zone euro.               
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           <title>Céréales : La production mondiale stable en 2012</title>
           <author>Nora Boudedja </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Economie</category>
           <pubDate>Mon, 02 Jan 2012 01:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 02 Jan 2012 01:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description>
	La production de céréales en 2012 devrait connaître une légère hausse par rapport à l’année précédente, selon le Conseil international des céréales (CIC). 
	Elle devrait s’établir à 1616 millions de tonnes, en baisse de 64 millions de tonnes, précise cette organisation. «Les estimations réduites de récolte de céréales pour plusieurs gros producteurs, y compris dans le cas du maïs aux Etats-Unis, ne sont qu’en partie compensées par un accroissement dans la CEI et ailleurs, ce qui érode de 3 millions de tonnes le total de la production mondiale pour 2011/12 par rapport au mois d’octobre, à 1816 millions. Ce chiffre représenterait tout de même une hausse de 64 millions de tonnes sur l’an dernier, dû, en grande partie, à des redressements notables de la production en Russie, en Ukraine et au Kazakhstan, note le dernier rapport du CIC.

	«La consommation de céréales va aussi augmenter en 2011/12, notamment dans le secteur de l’alimentation animale, y compris un redressement marqué en Russie après la sécheresse de l’an dernier. Située à 1826 millions de tonnes, l’utilisation mondiale devrait afficher une hausse de 2,2% par rapport à l’an dernier, souligne encore ce conseil. Le CIC prévoit également un ralentissement marqué de l’essor de l’utilisation industrielle des céréales, qui ne devrait augmenter que de 1,7%, à 303 millions de tonnes. «Sur ce chiffre, l’utilisation de céréales pour la fabrication d’éthanol-carburant, qui a affiché une énorme croissance au cours de la décennie écoulée, devrait rester proche du volume de l’an dernier de 147 millions de tonnes, en supposant que l’utilisation de maïs à cette fin aux Etats-Unis recule légèrement », poursuit le rapport.

	Le CIC note une explosion des échanges mondiaux en céréales en 2011. Etant donné  les disponibilités mondiales en 2011/12 issues de la deuxième plus grosse récolte mondiale de blé jamais enregistrée et l’ampleur des stocks d’ouverture issus de l’an dernier, Il ne devrait pas y avoir de tensions sur les prix. Jusqu’à la fin du mois de novembre dernier, l’Algérie aura importé durant l’année 2011 plus de 69 millions de quintaux de blé (tendre et dur). A la fin de l’année d’avant (2010), le blé importé a dépassé en volume les 50 millions de quintaux. La production nationale avait enregistré l’année dernière une baisse d’environ 7%. Elle s’est établie à un peu plus de 42 millions de quintaux, soit 3,6 millions de quintaux en moins par rapport à l’année dernière.      
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           <title>Mourad Goumiri. Economiste : «L’Algérie doit contribuer à la diversification des zones monétaires»</title>
           <author>Nora Boudedja </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Economie</category>
           <pubDate>Mon, 02 Jan 2012 01:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 02 Jan 2012 01:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description> 
	-Est-ce que le dernier plan européen a eu les résultats escomptés ?

	Il ne faut pas croire que l’on puisse régler un problème économique structurel par un plan de sauvetage. Un plan de sauvetage est un comprimé d’aspirine, il fait baisser la fièvre, mais ne soigne pas de la maladie. Les mesures adoptées sont mises en œuvre pour stopper la propagation des effets désastreux de la crise financière internationale sur le monde et la zone euro. Contrairement à ce qui s’écrit dans notre pays, je peux vous rassurer sur la santé de l’euro qui va très bien et même trop bien (ce matin il était à 1.31 par rapport aux US$) puisque beaucoup de pays de la zone euro (17 pays sur 27 ont signé les accords de Maastricht) demandent avec insistance au gouverneur de la BCE  d’«intervenir» pour faire baisser l’euro, par rapport aux US $, de manière à booster leurs exportations!

	Par contre, il y a un très sérieux problème de gouvernance des Etats européens, membres ou non de la zone euro, vis-à-vis de leurs finances publiques (équilibre budgétaire). Cette situation n’est pas uniquement européenne, les deux géants économiques et financiers que sont les USA et le Japon sont dans cette situation,  depuis très longtemps, avec des dettes publiques astronomiques (plus de 15.000 milliards de $ pour les Etats-Unis)! Il se pose donc un problème d’ordre idéologique et politique qui consiste à vouloir gagner le vote des électeurs en distribuant des ressources que vous n’avez pas encore gagnées.

	En outre, se pose, aux hommes politiques de tous ces pays, le problème de la répartition du poids de la dette publique entre les citoyens de manière équitable soit en augmentant les impôts (lesquels ? de combien ?) soit en diminuant les dépenses (lesquelles?) pour réduire les déficits publics. Force est de constater que jusqu’à présent, tous les pouvoirs, de gauche comme de droite, s’en sont sortis par «la fuite en avant» en faisant supporter le fardeau sur les générations futures, par l’endettement outrancier. Cette crise aura eu l’avantage qui consiste à mettre tout le monde face à sa responsabilité devant l’économique !
	
	-Est-ce que le spectre de l’éclatement de la zone euro a été écarté ?

	Le spectre de l’éclatement de la zone euro n’existe que dans la tête de personnes qui ne comprennent pas ce que sont les enjeux d’un pareil scénario. En effet, individuellement les pays européens sont parfaitement conscients qu’ils n’existent pas économiquement et financièrement aujourd’hui déjà et demain encore plus, d’où l’impérieuse nécessité de mutualiser leurs intérêts vitaux, individuels et collectifs, à travers la construction de l’EU et son espace monétaire, la zone euro qui les protège considérablement. Qui à l’intérieur de la zone euro voudrait détruire sa propre garantie de protection ? Sauf à vouloir un suicide collectif, personne!

	De l’extérieur de la zone euro, les zones concurrentes ont un intérêt objectif à voir cette zone imploser pour qu’on retourne à une zone monétaire pour dominer le dollar US. Mais à cet endroit, nous quittons l’économie et nous nous infiltrons subrepticement dans la géopolitique... L’achèvement de la construction de la zone euro doit être impérativement inscrite dans l’agenda des pays de l’UE pour la consolider, en attribuant à la BCE les pouvoirs régaliens nécessaires à sa mission (sans tomber dans le laxisme), en créant un Fonds monétaire européen nécessaire à la mutualisation des risques et à l’aide des pays membres en difficulté temporaire en imposant une politique de convergence budgétaire (la règle d’or) et fiscale pour asseoir la solidité de la zone et couronner le tout, en prenant le soin de laisser à chaque pays de choisir son rythme d’intégration à cette construction, en fonction de paramètres intérieurs et extérieurs.
	    
	-Certaines entreprises se préparent déjà à la disparition de l’euro.  D’abord est-ce qu’une telle éventualité est envisageable et quel impact pourrait-elle avoir sur l’économie mondiale  et sur l’Algérie ?

	Pour ce qui est des scenarii catastrophes, il faut aller dans une salle noire voir un bon film de science-fiction. En économie, il n’y a pas de miracle, on ne récolte que ce que l’on sème... Il se peut que dans un scénario d’un «extrême égoïsme», il soit temporairement décidé, pour mieux le traiter, d’exclure un pays de la zone euro, compte tenu des opinions publiques et de la montée des extrémismes dans l’ensemble des pays de l’UE, ce qui va se traduire par des actes d’exclusion de pays puis de personnes, à commencer par l’immigration d’où qu’elle vienne, y compris de l’UE.

	Cette situation résulte, en fait, non pas de l’acte d’exclusion d’un pays, mais de son acte d’adhésion, car certains pays ne satisfaisaient pas aux critères d’adhésion dès le départ (cas de la Grèce). Ils ont été acceptés pour des raisons politiques et non économiques. Il s’agit maintenant d’appliquer les règles du jeu qui régissent la zone euro et de s’y tenir avec résolution (l’Allemagne est dans son rôle en demandant de contenir les déficits budgétaires voire de les interdire). Rigueur effectivement, mais également solidarité, c’est là toute l’alchimie de la construction de l’UE et partant de la zone euro ! Quant à ceux qui se préparent à la disparition de la zone euro, ils font preuve d’une maladie que l’on devrait appeler «europhobie»...

	Notre pays, quant à lui, doit se réjouir qu’il existe plusieurs zones monétaires dans le système monétaire international afin qu’il puisse toujours avoir plus de choix pour satisfaire ses objectifs économiques, monétaires et financiers. Se retrouver sous la dictature monétaire d’une seule monnaie est toujours plus contraignant que d’avoir plusieurs autres opportunités, l’Algérie doit donc contribuer, avec ses très petits moyens, à la diversification des zones monétaires et à leur saine activité.         </description>
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           <title>2011, l’année de toutes les largesses !</title>
           <author>Safia Berkouk </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Economie</category>
           <pubDate>Mon, 26 Dec 2011 01:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 26 Dec 2011 01:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description>
	Vivant au rythme du Printemps arabe et d’une menace de contagion à l’Algérie, l’économie nationale a bien, malgré elle, subi les effets de cette conjoncture. Sous pression, le gouvernement n’a pas lésiné sur les moyens pour maintenir la paix sociale, quitte à fermer les yeux sur la dépense. 
	Augmentations de salaire avec effet rétroactif remontant à deux ans, soutien des prix, crédits pour les jeunes, rééchelonnement de la dette des PME, ont rythmé l’année 2011.
	Celle-ci a vu la tenue de deux tripartites dont la première a été réservée exclusivement au secteur économique, alors que la deuxième a débouché sur une nouvelle augmentation du SNMG, la seconde en deux ans.
	Il faut dire que les émeutes du début de l’année 2011, enclenchée suite à la hausse subite des prix de l’huile et du sucre ont laissé le gouvernement sur le qui-vive. Du coup, et sur instruction du chef de l’Etat, des mesures d’urgence (dispositions douanières et fiscales) ont été prises en direction des producteurs de sucre et d’huile afin que les prix de ces produits retrouvent des niveaux plus abordables.

	Dans le cadre de la loi de finances complémentaire pour 2011, une enveloppe de 178 milliards dinars de subventions supplémentaires pour la stabilisation des prix du blé, du lait, de l’huile et du sucre a été prévue par le gouvernement, portant ainsi le montant des subventions à 271 milliards de dinars au titre de l’année 2011. Ce soutien croissant aux prix des produits de large consommation a suscité les réserves de certains économistes notamment, parce qu’il n’est pas destiné uniquement aux couches les plus défavorisées, mais bénéficie à toutes les franges de la société même celles qui sont les plus aisées.
	D’autre part, ces subventions ne sont possibles que parce que l’Etat dispose de ressources financières conséquentes en raison d’une conjoncture pétrolière favorable.

	En d’autres termes, si l’Etat n’avait plus les moyens d’assurer ce soutien, l’inflation jusque-là contenue s’envolerait à des niveaux incontrôlables. C’est d’ailleurs pour cela que le gouvernement travaille à identifier les véritables couches nécessiteuses susceptibles de bénéficier d’aides directs de l’Etat.

	Outre le soutien aux prix, le gouvernement a également dû prévoir d’importantes largesses en direction des jeunes bénéficiaires des dispositifs d’aide à la création de micro-entreprises de type Ansej et Cnac, afin d’éteindre toute velléité de protestation.
	A ce titre, et en plus des avantages qui leur étaient déjà accordés, les candidats à ces dispositifs pouvaient bénéficier également d’une réduction de l’apport personnel de 5% à 1%, l’élargissement du seuil maximal de bonification des taux d’intérêt sur le crédit bancaire, ainsi que l’octroi de crédits pour la location de locaux.

	Le casse-tête du pouvoir d’achat

	Par ailleurs, et face à la montée de la contestation sociale avec des grèves à répétition dans différents secteurs notamment l’éducation et la santé, le gouvernement s’est vu contraint d’accorder des augmentations de salaire conséquentes avec des rappels remontant jusqu’à 2008. Dans le projet de loi de finances 2012, 35% des dépenses prévues sont destinées à couvrir les salaires.
	Cette décision jugée par certains économistes de «dangereuse», du fait que ces augmentations n’ont pas «de contrepartie sur le plan de la production», a débouché plus tard sur une crise de liquidités au niveau des bureaux de poste qui a marqué une grande partie de l’année du fait des retraits massifs des salaires, contraignant la Banque d’Algérie à prendre des mesures d’urgence.

	L’apaisement des tensions sociales primant sur le reste, le Salaire national minimum garanti (SNMG) a également été augmenté à 18 000 DA à l’issue de la tripartite des 29 et 30 septembre dernier, alors qu’il avait déjà connu une augmentation le 1er janvier 2010. Le gouvernement a expliqué cette décision par la volonté «d’améliorer le pouvoir d’achat des travailleurs», tout en reconnaissant que ce souci «ne doit pas ignorer les risques que ferait peser sur la collectivité nationale, sur les entreprises et sur l’emploi des travailleurs, toute décision occultant les réalités de l’économie nationale et de la conjoncture économique internationale». Des risques que le gouvernement a, semble-t-il, choisi de sacrifier sur l’autel de la paix sociale,                  
	
	 </description>
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           <title>Rééchelonnement des dettes des PME : Le cas par cas ne fait pas l’unanimité</title>
           <author>Safia Berkouk </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Economie</category>
           <pubDate>Mon, 26 Dec 2011 01:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 26 Dec 2011 01:00:00 +0100</lastBuildDate>
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	Pour la première fois depuis l’institution du dialogue gouvernement-UGTA-patronat, deux réunions tripartites ont été tenues dans la même année. Si la dernière en date a essentiellement été marquée par la hausse du SNMG, la première tenue à la fin du mois de mai 2011 aura été symbolique. 
	C’était en effet la première fois qu’une telle réunion soit consacrée exclusivement aux préoccupations du monde de l’entreprise. Elle aura d’ailleurs vu la première participation du Forum des chefs d’entreprise.
	Le gouvernement, qui avait multiplié les gestes de bonne volonté depuis le début de l’année, dans un climat social tendu, a poursuivi sur sa lancée en concédant aux opérateurs économiques quelques-unes de leurs revendications. C’est ainsi qu’il est  revenu sur la décision controversée de la loi de finances complémentaire de 2009, à savoir le crédit documentaire (Credoc) en lui retirant le caractère obligatoire pour le règlement de toutes les importations et en réhabilitant le moyen de la remise documentaire.

	L’autre décision importante en faveur des PME a été d’accepter le rééchelonnement des créances des entreprises en difficulté. Le gouvernement a même donné son accord pour la participation du Trésor public à la bonification des intérêts sur les crédits d’investissement et demandé aux banques d’accorder aux PME un différé de remboursement.

	Le montant des dettes rééchelonnées tournera autour de «200 milliards de dinars et concernera quelques milliers d’entreprises, dont une centaine a déjà été touchée», selon le délégué général de l’Association des banques et des établissements financiers. Toutefois, la décision a priori satisfaisante pour les entreprises a suscité beaucoup de mécontentements, les opérateurs économiques reprochant notamment aux banques de faire preuve de lenteur et n’appréciant pas particulièrement le principe du cas par cas. Certains chefs d’entreprise ont réclamé que toutes les PME soient concernées par ce dispositif.  

	A l’occasion de la tripartite du 28 septembre, le gouvernement a affirmé le principe du rééchelonnement des dettes fiscales des PME au cas par cas avec l’octroi d’une période de différé de paiement durant une ou deux années, selon la situation financière de l’entreprise concernée, l’étalement du paiement de la dette fiscale sur 3 années et l’annulation des pénalités d’assiette et de recouvrement.                                                         </description>
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        <item>
           <title>Bachir Messaïfa. Economiste : «Le gouvernement peut acheter la paix sociale à n’importe quel moment»</title>
           <author>Safia Berkouk </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Economie</category>
           <pubDate>Mon, 26 Dec 2011 01:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 26 Dec 2011 01:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description> 
	-L’année 2011 a été marquée incontestablement par le Printemps arabe. En quoi diriez-vous que cette conjoncture a impacté l’économie algérienne ?

	Du point de vue économique, l’Algérie n’est pas vraiment intégrée dans le tissu arabe. Le volume des échanges commerciaux avec ces pays est très faible et ne dépasse pas les 4%.
	Par ailleurs, il n’y a aucune corrélation entre le secteur du tourisme en Algérie et celui des services dans ces pays arabes. La demande sur les hydrocarbures algériens provient surtout de l’Europe et des Etats-Unis et le pays n’exporte que très peu vers les pays arabes en raison du retard pris par l’Algérie dans l’adhésion à la Zone arabe de libre-échange qui n’est intervenue qu’en 2010, ainsi que les restrictions aux échanges avec le marché arabe en raison des règles d’origine. Pour tous ces éléments, on peut dire qu’il n’y a pas eu d’impact des révolutions arabes sur l’économie algérienne qui reste une économie non diversifiée.

	Du point de vue politique, l’Algérie a déjà vécu quelque chose de similaire à ce scénario de révolution arabe en 1988 avec les événements d’octobre menés par des jeunes et qui a conduit à la modification du système politique algérien dans le sens où le multipartisme a été instauré. Cela en dépit des erreurs qui ont été commises dans la conduite de ce processus dans les années 1990 et qui ont été lourdes de conséquences sur le plan des indicateurs de développement. C’est pour cela qu’il serait difficile de reproduire en Algérie cette expérience telle qu’elle se fait dans les pays arabes.

	Les causes économiques qui ont conduit au printemps arabe sont inexistantes dans le cas algérien puisque le gouvernement peut acheter la paix sociale à n’importe quel moment au vu du caractère rentier de l’économie nationale et la disponibilité des ressources financières. Mais ce qui est requis aujourd’hui, c’est la réussite des réformes en cours dans le sens du renforcement des libertés et la prise en charge des préoccupations nouvelles des jeunes ainsi que les réformes économiques afin d’aller vers davantage de compétitivité.
	
	-L’année se termine avec un record en matière d’importation avec plus de 40 milliards de dollars. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

	Cela s’explique par la hausse des prix dans la zone euro qui occupe la première place dans les importations de l’Algérie avec une part de 57% dans le volume des importations globales, ainsi que la hausse des prix des produits alimentaires, des équipements et des dérivés d’hydrocarbures comme les huiles pour moteur.
	Cette situation est due à la crise des liquidités, du coût élevé de l’endettement ainsi que le niveau élevé des prix du pétrole au niveau international. Il faut noter par ailleurs la hausse des importations de céréales en raison de la politique du gouvernement de sécuriser le marché pour les années à venir dans la perspective de la baisse de la production algérienne en la matière du fait notamment du climat et de la politique gouvernementale en matière de production agricole qui reste fragile. On peut également ajouter à tous éléments pour expliquer la hausse des importations, les décisions de la tripartite de mai dernier qui a permis aux opérateurs économiques d’utiliser un autre moyen de règlement des importations outre le crédit documentaire ce qui a conduit à la hausse du nombre de transactions commerciales extérieures.
	
	-2011 est aussi celle de la crise de la zone euro, peut-on nous considérer à l’abri et pour combien de temps encore?

	Si les indicateurs globaux de l’économie algérienne se maintiennent au même niveau d’aujourd’hui pour les cinq prochaines années, il n’y aura pas d’incidences sur la demande interne, cependant le déficit budgétaire va augmenter en raison des coûts des importations et de la politique de soutien des prix. Si le scénario de la baisse des prix du pétrole se confirme à partir du printemps prochain au niveau de 80 dollars le baril, l’Algérie devra avoir recours au Fonds de régulation des recettes et aux réserves de change afin de financer le budget, ce qui risque d’hypothéquer la part des générations futures dans la richesse pétrolière. Dans tous les cas, la crise et la récession en Europe toucheront l’Algérie à moyen terme et non à court terme à travers les prix mondiaux, notamment ceux des produits alimentaires, de l’énergie et surtout le pétrole. En revanche, les autres secteurs ne sont pas concernés par la zone euro, ni le système bancaire, ni la bourse, ni le tourisme, ni l’immobilier.
	
	-Si vous deviez ne retenir que deux événements de la vie économique nationale en 2011, quelle serait, selon vous, la plus grande réalisation du gouvernement durant cette année et aussi le plus gros ratage ?

	Je note en premier l’avancement des travaux de l’autoroute Est-Ouest qui sera d’un apport important pour l’activité commerciale avec les pays maghrébins, particulièrement après la phase post Printemps arabe et les transformations démocratiques en Libye, en Tunisie, et au Maroc. L’espace économique maghrébin fera gagner à la région trois points de croissance du produit intérieur brut.En second lieu, il faut souligner la tenue de deux tripartites durant l’année 2011 ainsi que la liquidité injectée dans la masse salariale et qui a atteint dans la loi de finances 2011 exécutable en 2012 quelque 35 milliards de dollars.

	Cela constitue une réalisation importante sur le plan du front social, mais qui est néfaste sur le plan économique compte tenu de la nature de notre économie. Le fait est que la demande interne est plus flexible par rapport au revenu individuel moyen que l’offre, ce qui menace, en cas de poursuite du déficit budgétaire, de résulter soit sur l’inflation en raison de la diminution du soutien aux prix, soit sur la mise en place de nouveaux impôts dans le projet de loi de finances complémentaire.            </description>
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           <title>La facture du blé explose</title>
           <author>Safia Berkouk </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Economie</category>
           <pubDate>Mon, 26 Dec 2011 01:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 26 Dec 2011 01:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description>
	L’Algérie a importé pour 2,6 milliards de dollars de blé durant les onze premiers mois de 2011, soit 6,9 millions de tonnes. 
	En valeur, cela représente une hausse de plus de 133% par rapport à la même période de 2010, selon le Centre national de l’informatique et des statistiques (Cnis). Les importations de blé tendre ont plus que doublé passant à 1,88 milliard de dollars et une quantité de 5,26 millions de tonnes durant les onze premiers mois de 2011, contre 794,52 millions de dollars pour 3,62 millions de tonnes entre les deux périodes de référence. Pour le blé dur, l’Algérie a également doublé la facture pour atteindre 757,1 millions de dollars (1,64 million de tonnes) contre 338,4 millions de dollars.  Globalement, la facture alimentaire de l’Algérie s’est chiffrée à près de 9 milliards de dollars (+63%) durant les onze premiers mois de l’année. Elle constitue aujourd’hui plus de 20% de la structure des importations contre 14% l’année dernière.                             </description>
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           <title>Le métro d’Alger, enfin !</title>
           <author>Safia Berkouk </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Economie</category>
           <pubDate>Mon, 26 Dec 2011 01:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 26 Dec 2011 01:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description>
	Après 30 ans d’attente, le métro d’Alger est finalement entré en service le 31 octobre 2011, faisant d’Alger la première ville maghrébine à être équipée de métro et la seconde en Afrique du Nord après Le Caire. 
	Sur une longueur de 9,5 km, le métro reliera la Grande-Poste à Hai El Badr à travers dix stations, en attendant les extensions et la réalisation d’une deuxième ligne. D’ici 2020, le métro devrait parcourir 40 km dans Alger, pour l’heure, 400 agents de police y assurent la sécurité. Le projet avait été suspendu à deux reprises d’abord faute de financements dans les années 1980 puis durant la décennie noire. Il a ensuite été relancé pour un coût total jusqu’à présent de 1,2 milliard de dollars.
	Avant le métro, le département de Amar Tou avait inauguré, en mai, le premier tronçon du tramway d’Alger reliant Bordj El Kiffan aux Bananiers sur 7,2 km. En revanche, l’autoroute Est-Ouest n’a toujours pas été livrée dans sa totalité, la dernière sortie médiatique du ministre des Travaux publics a indiqué qu’elle était achevée à hauteur de 96%. Elle a déjà coûté 11 milliards de dollars.                    </description>
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           <title>Nouveau billet de 2000 DA</title>
           <author>Safia Berkouk </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Economie</category>
           <pubDate>Mon, 26 Dec 2011 01:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 26 Dec 2011 01:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description>
	Répondant à la crise de liquidités qui a contraint les bureaux de poste à plafonner les retraits pour les citoyens, la Banque d’Algérie (BA) a réagi en annonçant la création d’un nouveau billet de banque d’une valeur de 2000 DA afin d’assurer «une disponibilité accrue» de la monnaie fiduciaire, selon le communiqué de la BA. 
	Une nouvelle coupure, qui «circule concomitamment avec les autres billets de banque» et qui vient s’ajouter à une masse en circulation déjà conséquente. Entre avril et octobre, les billets de 2000 DA représentaient 5% des émissions globales de la BA, selon son gouverneur Mohamed Laksaci. 63 millions de ce nouveau billet de banque ont été émis, soit une valeur de 126 milliards de dinars.  La décision d’émettre un nouveau billet n’a pas fait l’unanimité, certains experts y voient le risque de «poussée inflationniste», tandis que d’autres estiment que «l’impact pourra être géré par la Banque d’Algérie, pour éviter une émission disproportionnée, source d’inflation, en retirant les «vieux billets».           
	 </description>
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        <item>
           <title>Le gaz de schiste : Une aubaine ou une malédiction ?</title>
           <author>Nora Boudedja </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Economie</category>
           <pubDate>Mon, 19 Dec 2011 01:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 19 Dec 2011 01:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description>
	L’Algérie a annoncé le lancement des premières opérations d’exploration de gaz de schiste pour début 2012. 
	Cette annonce intervient au moment où la polémique enfle dans plusieurs pays, notamment en France, au Canada et aux Etats-Unis où les retombées écologiques sont dénoncées par les défenseurs de l’environnement.Le premier à avoir dévoilé les ambitions de l’Algérie en la matière n’est autre que le ministre de l’Energie et des Mines, Youcef Yousfi, qui avait révélé le mois de mars dernier au Cera Week 2011 (Cambridge Energy Research Associates), à Houston (USA) l’intention du pays d’exploiter cette ressource naturelle.

	«Nous sommes intéressés par l’exploitation des réserves de gaz non conventionnels. Nous sommes en train de préparer un programme pilote. Nous sommes en train de choisir une région où toutes les conditions sont réunies. Le programme sera réalisé par la société nationale Sonatrach et un partenaire étranger», avait-il souligné.

	L’ancien PDG de Sonatrach, Nordine Cherouati, a été plus précis en annonçant fin septembre les explorations expérimentales pour le début de l’année prochaine. «Les explorations pilotes de gaz de schiste seront lancées début 2012 dans la région sud-ouest du pays», avait indiqué M. Cherouati à partir d’Oran. La veille de son limogeage, il avait même confié que des grands leaders étrangers du secteur de l’énergie tels que Total, Shell, Talisman, Halliburton, Schlumberger, à l’instar de l’italien ENI avec lequel Sonatrach avait signé un accord de coopération dans le domaine, étaient intéressés par les réserves de gaz non conventionnel algériennes.

	Les pionniers américains

	Les Américains ont été les premiers à découvrir le gaz de schiste il y a deux siècles. «Le gaz de schiste est connu depuis le XIXe siècle aux Etats-Unis. Le premier puits de gaz aux Etats-Unis, d’une profondeur de 8 mètres, a été foré et mis en production en 1821 à Fredonia, dans l’Etat de New York.

	La Fredonia Light Company, fondée en 1858 pour exploiter ce gaz naturel, fut la première entreprise de gaz naturel des Etats-Unis, et peut-être même du monde entier ! Au début du XXe siècle, ce gaz de schiste du Dévonien constituait le plus grand champ gazier au monde. Mais la production fut abandonnée dès qu’on trouva du gaz plus facile à exploiter (gaz naturel conventionnel)», note Nasser Rarrbo, ancien cadre supérieur à Sonatrach qui a son actif plusieurs contributions sur le sujet.
	L’abandon de cette richesse naturelle n’était que provisoire, selon lui. Il aura donc suffi d’une baisse de la production du gaz conventionnel et des avancées technologiques remarquables pour que le gaz de schiste soit de nouveau sous les feux de la rampe.

	«A la fin de la décennie 1990 (…) deux ruptures technologiques en termes de forage sont à l’origine de ce nouvel engouement dans la production de gaz naturel : le ‘guidage horizontal’, qui permet de maximiser la surface de forage et donc d’améliorer les rendements, et la ‘fracturation hydraulique’ qui consistent à casser les couches profondes de schistes par injection d’un mélange d’eau, de sable et de composants chimiques, qui permet d’accéder à des surfaces profondes et peu perméables. La recherche y avait débuté il y a vingt ans. C’est la maturation technique des savoir-faire, combinée à des incitations fiscales, qui a permis ce développement», ajoute cet expert. L’essor de cette industrie au pays de l’Oncle Sam qui va bientôt passer au statut d’exportateur a incité de nombreux pays à envisager d’explorer leurs propres réserves.

	Ruée vers… le gaz de schiste

	«Ce formidable développement a entraîné, bien sûr, la convoitise des majors, et de nombreuses fusions-acquisitions d’un montant estimé à plus de 58 milliards de US $ ont eu lieu entre 2008 et 2010.Au-delà des traditionnelles fusions-acquisitions, il est intéressant de noter la création de joint-ventures par ces majors, qui n’avaient aucune expérience dans ce type de réservoir, avec de petites sociétés pionnières dans cette nouvelle technologie qui a entraîné le boom des gaz de schiste. En plus de l’accès aux ressources, ces accords sont aussi motivés par l’acquisition par ces majors, de l’expertise technique de l’exploration et de la production des gaz non conventionnels, notamment le forage horizontal et la fracturation hydraulique, afin de l’utiliser ailleurs dans le monde, notamment en Europe», explique M. Rarrbo.

	Exxon Mobil a déboursé pas moins de 41 milliards de dollars en 2008 pour le rachat de XTO, une entreprise spécialisée dans l’exploitation des gaz de schiste, fera-t-il savoir. Cette acquisition a eu un effet boule de neige et d’autres majors n’ont pas tardé à faire de même. Il en est ainsi de Total et BP en passant par Shell, et ENI qui ont fait main basse sur des PME qui exploitent les gaz de schiste, poursuit notre interlocuteur. Pour étayer ses dires, il rappellera qu’«en 2008, Shell a acquis les Tight Gas de Duvernay au Canada, pour 5,8 milliards de dollars, BP s’est placé dans l’Arkansas et l’Oklahoma pour 3,4 M US$, Statoil Hydro l’a suivi avec 3,3 M US$.

	Shell a aussi pris des positions importantes à Haynesville, en Louisiane, en partenariat avec Encana. En mai, ENI s’est associée à Quicksilver Resources pour développer des gaz de schiste au Texas. Enfin, en juillet, BG group a augmenté ses réserves en prenant des parts de 50% pour 3M US$ dans Exco Resources dans des champs gaziers non conventionnels au Texas et en Louisiane. Ainsi, la réaction des majors a été très rapide. Elles ont appliqué à la lettre la devise : «If you can’t beat them, join them» (si vous ne pouvez pas les battre, joignez-vous à eux) ».

	Un gouffre hydraulique ?

	Le développement de cette industrie ne s’est pas fait sans couacs. Des voix s’élèvent de plus en plus pour dénoncer ce qu’il estime être une véritable menace écologique. Les verts notamment déplorent l’utilisation importante des ressources en eau pour l’extraction de ce gaz et la pollution occasionnée aux nappes phréatiques. Certains incidents confortent les inquiétudes exprimées par ces voix discordantes. Le 5 mai 2004, en Pennsylvanie (Etats-Unis), une explosion est survenue dans une habitation, dans laquelle le propriétaire, en ouvrant un robinet d’eau en présence d’une flamme, a entraîné la destruction de sa maison et le décès de trois résidents.

	«Pour soutirer ce gaz, la seule solution est de descendre jusqu’à la roche mère et de la casser (fracturer) en utilisant une technique dite de fracturation hydraulique pour permettre à ce gaz de s’échapper vers le haut. Cette opération se fait avec de l’eau très chaude mélangée à du sable qui permettra aux fractures de rester ouvertes et surtout à très haute pression. Il faut des compresseurs puissants et 10 000 à 15 000 m3 d’eau par forage. Cette quantité est difficilement disponible, car la plupart des gisements dans le monde sont situés à proximité des centres urbains. Pour bien pénétrer la roche, les forages verticaux sont couplés à d’autres, horizontaux. Ce maillage dégrade le paysage. L’écart de pression entre la tête et la couche est tellement important qu’une petite fissure dans le ciment de l’espace annulaire du puits peut permettre à coup sûr à ces gaz d’y s’échapper pour contaminer les nappes phréatiques », observe Rabah Reghis, consultant et économiste pétrolier spécialisé dans l’amont de la  chaîne pétrolière, qui s’interroge sur l’utilité pour l’Algérie d’investir dans une industrie dont on ne maîtrise pas encore les techniques et qui plus est consomme des quantités astronomiques d’eau, une denrée rare dans le pays.

	Nasser Rarrbo préfère de son côté minimiser cette menace. «Le principal problème est la contamination des nappes phréatiques principalement par du gaz naturel et à un degré moindre par quelques produits chimiques. Or, les nappes phréatiques se situent à une profondeur de 100 à 200 mètres de la surface,  et les gisements de gaz de schiste se situent à des profondeurs de 1000 à 3000 voire 4000 mètres. Et c’est à ces profondeurs que se réalise la fracturation. De plus, lors du forage, le puits doit être cimenté surtout sur les 200 premiers mètres, pour éviter tout contact avec la nappe phréatique. Ainsi, si la nappe phréatique a été contaminée, c’est que les tubes et la cimentation des parois du puits ont été mal faits. Pourtant, il existe des méthodes de vérification notamment par la diagraphie du puits», souligne-t-il.

	Avant d’enchaîner : «De mon point de vue, un encadrement et une efficace réglementation technique en la matière, ainsi que la communication de la composition des fluides de forages par les acteurs de l’industrie, constituent des conditions préalables à une exploitation qui respecte l’environnement et la sécurité. Il peut y avoir une exploitation propre de ce type de gisements.»</description>
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        </item>
        <item>
           <title>«Il peut y avoir une exploitation propre et de genre de gisements»</title>
           <author>Nora Boudedja </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Economie</category>
           <pubDate>Mon, 19 Dec 2011 01:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 19 Dec 2011 01:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description>
	Nasser Rarrbo est un ancien cadre supérieur à Sonatrach et secrétaire général de l’Autorité de régulation des hydrocarbures (ARH). C’est aussi un ancien membre de l’Union internationale de l’industrie du gaz (UIIG). 
	-D’abord qu’est-ce que le gaz de schiste ?

	Il faut préciser que le gaz de schiste, c’est du gaz naturel qui est tout à fait identique au gaz naturel dit «classique» ou conventionnel (c’est-à-dire constitué à plus de 97% de méthane) que distribue par exemple Sonelgaz dans les foyers et industries algériens et qui provient  en majorité de Hassi R’mel. Il présente les mêmes caractéristiques que le gaz naturel classique et il sert aux mêmes usages tels que la production d’électricité ou le chauffage domestique.
	La principale différence réside entre les 2 types de gisements : conventionnel et non conventionnel. Cette différence se situe dans la perméabilité des roches dans lesquelles le gaz naturel est retenu prisonnier.

	-Les Etats-Unis ont été les premiers à exploiter le gaz de schiste au point de bouleverser le marché mondial du gaz. Comment évoluera cette industrie naissante dans le monde ?

	D’abord, juste une petite précision, il n’y a pas de marché mondial du gaz comme pour le pétrole brut.
	Mais il existe 3 grands marchés régionaux (Amérique du Nord, Europe et Asie Pacifique). Bien sûr, ces marchés ne sont pas cloisonnés, mais ils ont leur propre logique de fonctionnement.Et des échanges de certaines quantités de gaz naturel peuvent avoir lieu, en fonction des prix spot de ce produit dans la région et sans grand impact sur le marché.

	Pour revenir à votre question, il faut dire que l’Amérique du Nord est le plus grand marché du gaz naturel au monde, avec 30% de la consommation mondiale. Contrairement au pétrole, le gaz consommé en Amérique du Nord provient quasi exclusivement de la production locale. En 2008, 77% du gaz provenait des USA et 22% du Canada et seulement 1% d’importation en GNL. De ce gaz consommé, plus de la moitié de la production domestique (soit 300 milliards de mètres cubes en 2008) provenait des gaz non conventionnels.

	Et l’avenir est des plus prometteurs pour ce type de gaz : les réserves prouvées sont estimées à 3600 milliards de mètres cubes et ont permis de plus que doubler l’estimation des ressources disponibles en Amérique du Nord, à 85 000 milliards de mètres cubes. Le gaz de schiste devrait représenter, selon l’AIE, 60% de la production américaine en 2030 et 15% de la production mondiale.
	Si le US Department Of Energy (DOE) prévoyait, il y a quelques années, un recours important d’importations de  GNL, celles-ci, en fait, ont chuté de 22 à 8 milliards de mètres cubes, entre 2007 et 2008, réorientant les quantités disponibles de GNL vers l’Europe.
	En 2009, soit en l’espace d’une année, les Etats-Unis sont devenus le premier producteur de gaz dans le monde, déclassant la Russie qui se retrouve en 2e position. Selon les estimations de l’AIE, les Etats-Unis ont produit en 2009, 624 milliards de mètres cubes (soit + 3,7%) sur un an et la Russie 582 milliards de mètres cubes (-12%).

	De plus, les Etats-Unis vont devenir exportateurs ! La société Cheniere Energy Partners vient de signer il y a quelques jours avec l’espagnol Gas Natural Fenosa un contrat de vente de GNL de 5 milliards de mètres cubes par an pendant 20 ans (à partir de 2017). Ce contrat vient après celui signé avec BG Group signé en octobre 2011 pour la livraison de 3.5 millions de t/an de GNL.
	Dans le monde, l’AIE estime les réserves globales de gaz non conventionnels à 921 000 milliards de mètres cubes, soit plus de 5 fois les réserves prouvées de gaz naturel conventionnel.
	
	-Cette industrie n’en est qu’à ses premiers balbutiements, mais elle est sujette à de nombreuses polémiques pour son impact sur l’environnement. Est-ce que cette menace est exagérée ? Le gaz de schiste est-il plus polluant que les autres produits énergétiques ?

	Tout à fait d’accord. Cette nouvelle industrie fait actuellement l’objet de vives polémiques entre l’industrie et les défenseurs de l’environnement. Il n’y a qu’à voir les moratoires qu’ont lancés les gouvernements français et du Québec sur l’exploration des gaz de schiste.Mais précisons que ce n’est pas le gaz de schiste qui est la cause de la pollution, n’oubliez pas que c’est du gaz naturel comme celui que distribue Sonelgaz. Par contre, c’est l’utilisation de la fracturation dite hydraulique qui se fait par injection d’eau (2000 à 20 000 m³ par cycle de fracturation) sous forte pression (plus de 76MPa) avec du sable fin et des produits chimiques pour empêcher les fractures de se refermer qui est remise en cause.

	La polémique s’est amplifiée aux Etats-Unis quand six Etats ont réuni des preuves sur plus de 1000 cas de contamination de la nappe phréatique. C’est ce que révèle le film documentaire Gasland réalisé par le cinéaste Josh Fox, qui a voyagé dans 32 Etats des USA pour rencontrer des habitants touchés par l’exploitation des gaz de schiste.

	Il faut d’abord souligner que cette industrie naissante s’est développée, pratiquement sans balises réglementaires aux USA (pays de la libre entreprise et du free mining où l’Etat n’est pas propriétaire du sous-sol). D’autre part, ce sont de petites sociétés et des indépendants qui l’ont développé, en minimisant les coûts pour des gains très rapides.
	Ainsi, vous avez les ingrédients pour la survenue d’accidents écologiques et autres. Il faut également souligner que la liste des produits chimiques qui sont injectés dans la fracturation hydraulique est confidentielle et relève, d’après l’industrie, d’un secret de production.

	Le principal problème est la contamination des nappes phréatiques principalement par du gaz naturel et à un degré moindre par quelques produits chimiques. Or, les nappes phréatiques se situent à une profondeur de 100 à 200 mètres de la surface ; et les gisements de gaz de schiste se situent à des profondeurs de 1000 à 3000 voire 4000 mètres. Et c’est à ces profondeurs que se réalise la fracturation.De plus, lors du forage, le puits doit être cimenté surtout sur les 200 premiers mètres, pour éviter tout contact avec la nappe phréatique.

	Ainsi, si la nappe phréatique a été contaminée, c’est que les tubes et la cimentation des parois du puits ont été mal faits. Pourtant, il existe des méthodes de vérification notamment par la diagraphie du puits.
	De mon point de vue, un encadrement et une efficace réglementation technique en la matière, ainsi que la communication de la composition des fluides de forages par les acteurs de l’industrie, constituent des conditions préalables à une exploitation qui respecte l’environnement et la sécurité. Il peut y avoir une exploitation propre de ce type de gisements.
	
	-L’Algérie a annoncé le lancement d’une opération pilote d’exploration du gaz de schiste pour 2012. Est-ce qu’elle peut devenir un acteur important dans ce nouveau marché ?

	Il est toujours un peu délicat  de répondre à ce genre de question tant que l’on n’a pas réalisé des travaux d’exploration pour avoir une idée des potentiels. Un ancien responsable de la Division exploration de Sonatrach m’avait dit au début de ma carrière :
	«On ne connaît réellement les capacités d’un gisement que lorsque le dernier baril (ou la dernière molécule de gaz) sera produit, à ce moment-là, on pourra dire ce gisement contenait tant de réserves».

	Ainsi, l’agence en charge de l’énergie aux Etats-Unis (Energy Information Administration) a rendu public en 2011 un rapport donnant le potentiel de développement des gaz de schiste en étudiant 48 bassins dans 32 pays (hors des Etats-Unis). Le rapport s’intitule «World Shale Gas Resources : An Initial Assessment of 14 Regions Outside the United States».
	Le rapport a estimé les réserves techniquement extractibles de gaz de schiste. Parmi les 48 bassins étudiés, figure le bassin de Ghadamès qui couvre le Sud-Est algérien, le Sud tunisien et l’Ouest libyen. Les réserves techniquement extractibles de gaz de schiste pour l’Algérie sont estimées à 6 223 milliards de mètres cubes, soit plus que les réserves de gaz naturel conventionnel.
	Mais il faut signaler que le niveau de connaissance des réserves mondiales de gaz de schiste est encore faible, l’intérêt pour cette ressource étant relativement récent.

	Pour revenir au bassin de Ghadamès, je voudrai juste signaler qu’une petite société canadienne, la Cygam Energy Inc. et Perenco Tunisia viennent de réaliser avec succès le premier forage et la première fracturation hydraulique dans un réservoir de gaz de schiste dans le champ de El-Franig dans le bassin de Ghadamès (sud tunisien). C’est la première fracturation hydraulique d’un réservoir de gaz de schiste réalisée dans le nord de l’Afrique.
	Pour l’Algérie, il faut attendre les résultats des travaux d’exploration qui seront entamés en 2012 par Sonatrach et ENI pour avoir une idée des potentialités en gaz de schiste que recèlerait notre pays.</description>
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           <title>«L’Algérie doit d’abord œuvrer pour la valorisation de ses réserves en gaz conventionnels»</title>
           <author>Nora Boudedja </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Economie</category>
           <pubDate>Mon, 19 Dec 2011 01:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 19 Dec 2011 01:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description> 
	-Est-il judicieux pour l’Algérie de se lancer dans l’exploitation du gaz de schiste ?

	Il s’agit plutôt de rentabilité et de vision stratégique en matière de politique gazière. L’Algérie dispose de 761 754 km2 de terrain vierge auquel il faudrait ajouter plus de193 610 km2 déjà en prospection. Elle doit d’abord œuvrer pour la valorisation de ses réserves en gaz conventionnels par attirer plus d’investisseurs dans ces zones. Elle vient justement de faire en octobre dernier une importante découverte d’un gisement de gaz condensat près de Béchar. Une autre découverte en association avec Ruhras et E§P Gmbh est en cours de délinéation dans le bassin de Berkine près d’Illizi. Quant à l’exploitation du gaz de schiste, elle est actuellement très controversée dans le monde.

	Tous les pays, y compris la Russie Fédérale, vont l’abandonner. La France qui couvre ses besoins en gaz à 98% des importations vient de le faire, il y a un près d’un mois. Le peu de pays qui continuent à l’exploiter le font par manque de substitution comme le cas de la Pologne. Dans le fond, il existe une forte poussée des verts qui contestent son mode d’exploitation comme celui du gaz du charbon d’ailleurs. Pourquoi ? Parce que le gaz dit conventionnel se forme d’abord dans des roches dites «mères», il migre par la suite vers d’autres roches «réservoirs». Ces dernières sont poreuses et perméables. Pour ne pas laisser échapper ce gaz à travers les fissures vers la surface, elles sont couvertes par des roches dites «couvertures».

	Un simple forage vertical suffit de le diriger vers la surface. Le gaz de schiste, quant à lui, se forme de la même manière dans des argiles ou marnes litées feuilletées, mais très peu perméables. Donc, il ne les quitte pas. Pour soutirer ce gaz, la seule solution est de descendre jusqu’à cette roche mère et de la casser (fracturer) en utilisant une technique dite de fracturation hydraulique pour permettre à ce gaz de s’échapper vers le haut. Cette opération se fait avec de l’eau très chaude mélangée à du sable qui permettra aux fractures de rester ouvertes et surtout à très haute pression. Il faut des compresseurs puissants et 10 000 à
	15 000 m3 d’eau par forage.

	Cette quantité est difficilement disponible, car la plupart des gisements dans le monde sont situés à proximité des centres urbains.  Pour bien pénétrer la roche, les forages verticaux sont couplés à d’autres, horizontaux. Ce maillage dégrade le paysage. L’écart de pression entre la tête et la couche est tellement important qu’une petite fissure dans le ciment de l’espace annulaire du puits peut permettre à coup sûr à ces gaz d’y s’échapper pour contaminer les nappes phréatiques.

	Ces  deux inconvénients majeurs ont découragé de nombreux pays à ne pas l’exploiter pour le moment jusqu’à l’apparition d’autres techniques. L’Algérie, qui ne maîtrise pas cette fracturation hydraulique, déjà en difficulté, n’a aucun intérêt à s’y encombrer opérationnellement et risquer de compromettre les réserves d’eau pour les générations futures.

	Ensuite, l’Algérie investit depuis 1963 dans des infrastructures diverses : recherche, extraction, transport, liquéfaction et traitement divers. Son objectif est la valorisation de son gaz et ne trouve nullement son compte  dans des créneaux sans avenir. Elle maîtrise les quatre procédés de liquéfaction et en dispose des unités pour cela. Tout le pôle oranais est dédié à ce genre d’activité, dont la première unité de liquéfaction (Camel) a été lancée en 1964.

	Elle s’est fortement expérimentée dans les différents modes de transport et dispose de filiales spécialisées pour cela. Des sommes considérables ont été investies dans des infrastructures portuaires. Ces efforts ont fait d’elle, à travers elle, sa société nationale Sonatrach  la première compagnie en Afrique, classée 12e dans le monde. Elle est le 4e exportateur mondial de GNL, 3e en GPL et 5e en gaz naturel. Ce palmarès devra l’encourager à l’expertise du domaine dans lequel elle excelle au lieu de s’aventurer dans l’inconnue. 

	-Quel est le potentiel du gaz de schiste en Algérie ?

	Il est très difficile d’avoir en Algérie des chiffres crédibles sur ses potentialités. L’expérience de la polémique autour des réserves de pétrole est édifiante. Cependant, le ministre de l’Energie et des Mines lors de la conférence organisée par Cambridge Energy Research Assocites, qui s’est tenue en mars 2011,  a précisé à un journal américain que l’Algérie disposait de réserves de gaz de schiste qui peuvent dépasser de très loin certains champs américains. Or, l’Amérique du Nord dispose des réserves en gaz de schiste évalués à plus de 115 trillions de mètres cubes contre à peine 9,9 trillions de mètres cubes de gaz conventionnel. Le total mondial des réserves en gaz de schiste est estimé à 349,5 trillions de mètres cubes contre 187,1 trillions de mètres cubes de gaz conventionnel. Par recoupement donc, on peut situer le potentiel de gaz de schiste en Algérie à plus de 7,5 trillions de mètres cubes contre 4,5 trillions de mètres cubes de gaz conventionnel.
	
	-Le gaz de schiste peut-il constituer pour l’Algérie à long terme une source de revenu importante ?

	Tout dépend de ce que l’on entend par le long terme. S’il s’agit d’un horizon prévisible sur 10 ou 15 ans, la réponse est non, pour la simple raison que les prix du gaz et les techniques sur cette période n’auront pas suffisamment évolué pour permettre une exploitation rentable du gaz de schiste. Au-delà de cette période, les marchés du gaz seront complètement dérégulés. En effet, la  dérégulation du marché gazier initiée aux Etats-Unis puis au Royaume-Uni et maintenant en Europe a largement remis en cause le système des transactions traditionnelles du gaz, car elle vise deux objectifs : d’abord maintenir un opérateur unique pour la gestion du transport et de la distribution de façon à ne pas dupliquer les réseaux.

	Ensuite, ouvrir l’achat et la vente du gaz à la concurrence. Il en résulte tout d’abord une moins bonne visibilité sur le long terme par rapport à l’existence d’un opérateur unique par région ou par pays. En effet, la concurrence ne permet plus de savoir avec précision ce que sera pour chacun des opérateurs la demande dans 5 ans et encore moins dans 10 ans. L’idée de s’engager dans les contrats long terme devient ainsi plus risquée. Donc, la première conséquence de la dérégulation est la réduction des contrats de 10 et moins contre celui de 20 et plus qui se faisait auparavant.

	La deuxième conséquence de ce processus et l’émergence d’un marché «spot» du gaz naturel qui permet des échanges ponctuels au jour le jour dans les principaux nœuds, qu’on qualifie couramment de «hub»
	On peut citer le Henry hub aux  Etats-Unis, le National Balancing Point (NBP) en Angleterre, Zeebrugge en Belgique et le Title Transfert facility (TTF) aux Pays-Bas. Il existera probablement un marché avec un prix directeur de gaz. C’est à ce moment-là qu’on pourra revenir à ces gisements de gaz de schiste parce que les prix deviennent intéressants et la technique de leur exploitation aura évolué.

	-Quel impact aurait le développement de l’industrie du gaz de schiste sur le marché du gaz conventionnel ?   

	Il est clair que le gaz de schiste, pour les pays qui n’auront pas de contraintes sociétales pour le développer va inonder le marché gazier et sans aucun doute influencer son prix. Il faut souligner justement que les Américains n’ont pas caché leur intention dès le début de cette découverte en 2008. Le rapport Barclays, qui est une banque d’affaires spécialisée dans les analyses perspectives,  déclarait que «les gaz de schiste vont établir et définir un nouveau coût marginal (plus bas) qui fera pression sur l’économie du gaz conventionnel. L’objectif, ajoute-t-il, est la surabondance de ce gaz sur le marché servant à maintenir les prix autour du niveau actuel.» Il se trouve que des contraintes d’environnement vont  sans aucun doute contribuer à ralentir pour le moment le développement de cette ressource.

	L’Algérie a pour le moment tout intérêt à développer le montage de partenariat pour s’imposer dans son marché traditionnel qui reste l’Europe de par sa proximité. Dans le forum des pays exportateurs de gaz FPEG, elle aura à surveiller les Russes pour leur gazoduc Southstream et qui ne sont que membres observateurs dans cette assise et le Qatar qui tente d’investir le marché européen. Ces deux pays totalisent,  à eux seuls,  près de 56% des réserves de l’ensemble des pays de ce forum. Les voies sont simples pour un pays comme l’Algérie  qui n’a plus intérêt dans les contrats long terme. Elle doit monter des partenariats pour vendre son savoir-faire et lancer les jalons de l’après-pétrole, transformer son gaz pour créer de la valeur ajoutée, tenter de s’intégrer dans la distribution du gaz en Europe, et vendre là où le prix est le plus haut pour valoriser son gaz et non le brader quitte à le laisser dans le sous-sol.              
	
	 </description>
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           <title>La position algérienne fragilisée par l’expansion russe</title>
           <author>Safia Berkouk </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Economie</category>
           <pubDate>Mon, 28 Nov 2011 01:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 28 Nov 2011 01:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description>
	Le nouveau gazoduc Northstream mis en service le 11 novembre, reliant la Russie à l’Allemagne, n’aura, à première vue, pas d’impact direct sur la position de l’Algérie en tant que fournisseur traditionnel du vieux continent en gaz, comme l’attestent des experts nationaux et étrangers. 
	Et pour cause, les exportations gazières algériennes sont principalement destinées au sud de l’Europe, alors que le Northstream va desservir l’Europe de l’Ouest. Pourtant, la dépendance de plus en plus élevée du continent envers la Russie, qui est déjà son premier fournisseur, a de quoi inquiéter à en croire la presse européenne. «Le projet va renforcer la dépendance de l’Europe envers la Russie», souligne l’agence Reuters, tout en citant une experte allemande pour qui il s’agit davantage d’une relation d’interdépendance que de dépendance simplement.

	«Si l’Europe a besoin du gaz russe, la Russie a besoin, elle, des devises européennes», estime Claudia Kemfert.  Le nouveau gazoduc va sécuriser les livraisons de gaz vers l’Europe de l’Ouest en évitant de passer par l’Ukraine et la Pologne. L’Europe est en effet restée traumatisée par les crises répétées entre l’Ukraine et la Russie qui avaient conduit notamment durant l’hiver 2009 Moscou à couper l’approvisionnement à l’Europe de l’Ouest.
	Mais d’ici à la fin de 2012, le nouveau gazoduc pourra fournir 55 milliards de mètres cubes aux consommateurs européens, de quoi renforcer davantage la position russe sur le marché gazier européen et réduire la marge de manœuvre pour les autres exportateurs gaziers actuels et potentiels, dont l’Algérie.

	Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la demande européenne de gaz devrait augmenter de 50% d’ici 2020, et selon le gouvernement russe, le pays pourrait fournir d’ici là 70% du gaz importé par les pays européens.
	«D’ici à 2030, le flux de gaz arrivant en Europe à travers les gazoducs de Gazprom pourrait atteindre 50% de l’ensemble des importations européennes ; c’est un motif de préoccupation pour la sécurité de nos approvisionnements», a analysé Colette Lewiner, directrice du secteur énergie chez Capgemini, cité par le journal français La Croix. La commission européenne a souvent insisté sur la nécessité de diversifier ses sources d’approvisionnement gazières surtout après les crises russo-ukrainiennes et c’est d’ailleurs pour cela que d’autres projets de gazoduc contournant la Russie sont envisagés.
	Il en est ainsi du gazoduc Nabucco, qui vise à amener vers le sud de l’Europe du gaz venu d’Azerbaïdjan, d’Iran ou du Turkménistan. Mais rien n’indique qu’il sera réalisé.

	Il en est ainsi également des autres options représentées par les projets «Interconnecteur Turquie-Grèce-Italie» (IGI-Poseidon) et le Transadriatic Pipeline (TAP). Mais, selon la presse russe, une quatrième option d’une infrastructure gazière «low cost» est actuellement à l’étude et pourrait supplanter tous les autres projets pour acheminer le gaz naturel de la mer Caspienne, vers l’Union européenne.

	Par ailleurs, le Sunday Telegraph a rapporté récemment l’information selon laquelle le projet Nabucco serait abandonné pour laisser place au gazoduc «Southstream» qui acheminera du gaz depuis la Russie jusqu’au sud de l’Europe, plus précisément l’Italie. Le journal La Croix se demande toutefois si ce projet sera «politiquement acceptable, si l’Europe entend garder une certaine maîtrise de son destin». Pour l’Algérie, il est aussi à se demander quelle place pourra-t-elle garder sur son marché naturel sud-européen si le Southstream, projet commun entre Gazprom et l’italien, ENI, venait à voir le jour ?              </description>
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        <item>
           <title>«Le plus dangereux pour l’Algérie c’est le gazoduc Southstream»</title>
           <author>Safia Berkouk </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Economie</category>
           <pubDate>Mon, 28 Nov 2011 01:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 28 Nov 2011 01:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description> 
	-Quel était l’enjeu pour l’Europe dans la mise en œuvre du gazoduc Northstream ?

	L’enjeu principal c’est l’augmentation des besoins européens en gaz à moyen et long termes. Il fallait mettre en place des sources de production nouvelles ainsi que les moyens de les acheminer. L’Union européenne est grandement dépendante des importations énergétiques et gazières en particulier et doit donc veiller à satisfaire les besoins de sa population. Cela a poussé l’Allemagne et la Russie à mettre en oeuvre ce projet dont la première ligne qui vient d’être mise en service est d’une capacité de transport importante de l’ordre de 27,5 milliards de mètres cubes de gaz. La deuxième ligne sera achevée vers la fin de l’année 2012 pour porter à 55 milliards de mètres cubes la capacité globale du gazoduc transportée de la Russie vers l’Allemagne. Le but est d’éviter qu’il y ait des pénuries à l’avenir, car c’est un projet qui s’inscrit dans une optique de long terme.
	
	-Quel sera l’impact sur les fournisseurs gaziers de l’UE ?

	Plusieurs pays souhaitent fournir du gaz à l’Europe. Si une partie des parts de marché est happée par un pays qui est la Russie, ça signifie par définition que c’est des parts au moins pour les autres pays fournisseurs potentiels. Il est clair que la Russie a pris un avantage certain, mais ce n’est pas de l’histoire pour les autres. L’Europe a importé 320 milliards de mètres de gaz en 2008 et selon les estimations elle en importera 500 milliards par an en 2030. Si ces prévisions sont correctes, cela veut dire qu’elle aura besoin de 180 milliards de mètres cubes par an supplémentaire d’ici là. Il s’agit de savoir comment les fournisseurs actuels et futurs du continent vont se partager cette part de marché. Avec les 55 milliards du gazoduc Nordsteam, la Russie a déjà pris 30% de ces importations futures, ce qui est un avantage certain.

	-Quelle pourrait être la part de l’Algérie dans les 70% restants ?

	Pour l’Algérie, l’Europe est un marché naturel du fait de la proximité géographique, les infrastructures déjà en place et la connaissance de la clientèle. La force de l’Algérie s’exprime envers les pays du sud de l’Europe, le  Northstream ne constitue pas donc un danger. En revanche, ce qui est plus dangereux pour elle c’est le gazoduc Southstream qui n’est encore qu’au stade de projet et que le russe Gazprom et son partenaire l’italien ENI pourrait développer ensemble bien qu’à l’heure actuelle il n’y a pas de décision définitive. Ce gazoduc vise l’Europe du Sud puisqu’il relierait la Russie à l’Italie et aussi à la Bulgarie. Les deux compagnies gazières veulent développer ce projet de grande taille puisqu’il aurait une capacité de 63 milliards de m3 par an, soit plus important que le Northstream et ira directement du nord au sud de l’Europe, mais rien n’est encore joué.
	
	-Le projet du gazoduc Galsi semble patauger. Qu’y a-t-il lieu de faire pour le relancer ?

	Cela ne dépend pas uniquement de l’Algérie. Dans un tel projet, il y a les producteurs de gaz, c’est-à-dire les exportateurs, mais il y a aussi les importateurs c’est-à-dire les acheteurs. Sonatrach joue un rôle dans la promotion du projet dont la construction sur le plan technique ne pose pas de problème, par contre la question concerne les débouchés possibles pour le gaz qui en sera issus. On ne peut pas lancer de projet s’il n’y a pas de contrats de vente et d’achat signés au préalable. Le financement du projet dépend de fonds propres, mais aussi de fonds extérieurs qui ne viendront que s’ils ont l’assurance qu’il sera rentable. Il s’agit donc pour l’ensemble des sociétés composant le consortium Galsi de se remotiver sur ce projet.

	Le Galsi a été très travaillé, mais maintenant il faut mettre le paquet en termes de commercialisation. Il ne doit pas être retardé encore plus. L’Italie peut se demander si elle a réellement besoin de réaliser ce projet. La concurrence russe est importante, et avec l’arrivée du Qatar comme acteur majeur dans le GNL qui a les moyens d’exporter vers les pays asiatiques et européens, ça sera encore plus difficile surtout maintenant que le marché américain va se fermer puisque ce pays grâce au gaz du Schiste pourra devenir exportateur en la matière. Il y a donc nécessité pour des pays comme l’Algérie de faire de bonnes propositions et de conclure de bons partenariats pour ne pas rester dépendante uniquement des contrats à long terme. 

	Par exemple, Sonatrach pourrait être présente davantage en Europe pour vendre directement son gaz. Il est vrai qu’elle le fait déjà en France, Italie et Espagne, mais il faut qu’elle se développe encore plus en la matière pour avoir plusieurs canaux de commercialisation et pas seulement les grands contrats gaziers classiques. Il faut faire preuve d’imagination.
	
	-Y compris sur les prix...

	Le prix est toujours un facteur-clé, mais l’Algérie peut se dire que s’il est trop bas, il est préférable de ne pas exporter son gaz et d’attendre des conditions plus favorables, il y a va de la valorisation de ses ressources et c’est normal. Il y a donc un arbitrage politique à faire au plus haut niveau des autorités. Mais il faut aussi essayer de trouver de nouveaux partenariats avec les pays importateurs. Des modèles croisés par exemple en amont et en aval contre l’accès à des ressources en Algérie. L’Algérie ne peut plus se contenter des schémas traditionnels qui ne sont certes pas morts, mais avec les conditions du marché qui changent rapidement, il y a besoin de formules diversifiées et innovantes pour conserver son rôle en tant que fournisseur important de gaz à l’Europe.         </description>
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           <title>Le doute plane sur l’avenir du projet Galsi</title>
           <author>Safia Berkouk </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Economie</category>
           <pubDate>Mon, 28 Nov 2011 01:00:00 +0100</pubDate>
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           <description>
	Objet d’un accord intergouvernemental signé en 2007 entre l’Algérie et l’Italie, le gazoduc Galsi (Gazoduc Algérie Sardaigne Italie), qui était programmé pour entrer en service en 2012, est aujourd’hui en plein dans le flou. 
	En mars dernier, le ministre de l’Energie et des Mines, Youssef Yousfi, déclarait à l’APS : «Nous sommes en train de discuter avec nos partenaires. Il n’y a pas de remise en cause du projet». Le PDG de Sonelgaz, Noureddine Bouterfa a, quant à lui, fait savoir le 16 novembre que «le Galsi sortira quand il sera économiquement viable». Le lendemain, le PDG de Sonatrach affirmait à la veille de son limogeage, que «la décision d’investissement pour le planning de réalisation» serait posée «dans les semaines à venir».
	Du côté des experts au niveau national et étranger, les perceptions sont bien divergentes sur cette question.
	L’expert algérien en énergie Mourad Preure soutient que «le Galsi trouvera du gaz pour être rempli, car nos gisements ont un réel potentiel, y compris et surtout Hassi R’mel».

	Francis Perrin, spécialiste français des questions énergétique, «n’exclut» pas, quant à lui, que le projet soit «remis en cause» ou même «abandonné». Son argument : «Au vu de la crise économique et financière, la situation n’est pas très brillante en Europe et dans le contexte actuel où elle cherche à réduire sa dette, ce n’est pas incitatif pour le lancement de plusieurs projets en même temps, or il y a le Nabucco, le Galsi, le Southstream», en vue. Le risque est qu’«il n’y aura pas suffisamment de place pour tous ces projets en termes de demande et de financement, celui qui frappera en premier aura donc l’avantage».

	Pour M. Preure, en revanche «le marché pour le gaz que transportera le Galsi est là autant en Italie, avec les incertitudes qui frapperont à moyen terme la production libyenne, voire égyptienne, que pour la Corse soumise à l’impératif de remplacer ses centrales au fuel obsolètes et polluantes par des centrales à gaz». Certes, l’Algérie a vu ses exportations de gaz diminuer en 2010, mais cela a «coïncidé avec la bulle gazière», souligne-t-il. Mais, «à présent que la demande repart franchement (7.5% en Europe en 2010) il est intéressant de relancer nos exportations».

	Le problème est que le Galsi a déjà été retardé à plusieurs reprises, notamment avec la crise financière et économique de 2008 qui a mis à l’arrêt de nombreux projets à travers le monde. Or, toute l’inquiétude réside là : «Si on attend beaucoup et qu’on reporte plusieurs fois, il y aura un problème, car si Gazprom et ENI décident de lancer le Southstream, alors quelle place restera-t-il pour les autres», se demande M. Perrin qui voit «un vrai doute sur le Galsi». D’où la nécessité, dit-il, «pour les promoteurs de ce projet d’accélérer le tempo pour ne pas se faire couper l’herbe sous le pied».

	Pour l’expert algérien, c’est tout «le développement gazier qu’il faut relancer en urgence», car il «a été perturbé par tous les aléas institutionnels qui ont entouré ce secteur et la gestion hasardeuse qui l’a caractérisé près d’une décennie durant.
	Quant au Galsi, les déclarations des responsables algériens ne paraissent pas rassurer sur une sortie du tunnel dans les délais impartis, même si M. Preure ne pense pas qu’il y aura «un retard réellement conséquent». Le projet de 3 milliards d’euros prévoit l’acheminement de 8 milliards de mètres cubes de gaz par an vers l’Italie et doit compléter le gazoduc « Transmed » qui relie l’Algérie à l’Italie depuis 1984.            </description>
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           <title>«L’Europe gagnerait à se tourner davantage vers la source algérienne»</title>
           <author>Safia Berkouk </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Economie</category>
           <pubDate>Mon, 28 Nov 2011 01:00:00 +0100</pubDate>
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	-En quoi la mise en marche du gazoduc Northstream constitue-t-elle un fait majeur pour le marché européen du gaz ?

	Le gazoduc Northstream reliant les gisements russes à l’Allemagne en passant par la mer baltique représente une capacité de 55 Gm3 (milliards de mètres cubes) sur un marché de près de 456 Gm3. Il permet à la Russie d’accéder aux marchés européens par voir direct en évitant les pays de transit. La Russie couvre 23% de la demande européenne, la Norvège 19%, l’Algérie 10% et le dernier venu aux dents longues, le Qatar 6%. L’intérêt de ce gazoduc est surtout la liberté qu’il apporte à la Russie et la sécurité d’approvisionnement qu’il permet à une Allemagne s’apprêtant à quitter le nucléaire en 2022.

	Il est clair que ce gazoduc transporte quasiment l’équivalent des exportations algériennes et doit donc être pris au sérieux, car le réseau gazier européen est fortement interconnecté. Mais il me semble adresser ses volumes surtout vers l’Europe du Nord, marché qui nous échappe aujourd’hui. D’autre part, il faut tenir compte du fait que l’Europe dont la dépendance gazière dépasse les 50% aujourd’hui dépendra à 80% de sources extra-communautaires à l’horizon 2030. Je ne suis pas sûr qu’elle fasse le bon choix en privilégiant les sources russe et qatarie.

	Les ambitions gazières russes ne sont jamais loin d’ambitions de puissance, quant à la source qatarie, elle est volatile par essence, car il s’agit de GNL et que ce GNL se déplacera demain vers d’autres marchés s’il y trouve son compte, or l’effet Fukushima à lui seul génèrera 100 milliards de mètres cubes de demande, sans compter les besoins indiens, et ceux abyssaux d’une Chine qui devra réduire sa consommation de charbon qui représente 70% de la consommation énergétique. L’Europe gagnerait à se tourner davantage vers la source algérienne en y soutenant activement le développement gazier.
	
	-La position de l’Algérie en tant que fournisseur du marché européen peut elle être affectée même si le gazoduc ne s’adresse pas à l’Europe de sud?

	Nos débouchés seront davantage affectés par le futur gazoduc russe, le Southstream qui reliera les gisements russes à l’Italie via la Bulgarie et la Grèce et dont la capacité sera de 63 Gm3 soit au-delà des exportations algériennes.
	Il est clair que la Russie veut consolider ses positions sur le marché européen, et convoite ouvertement le marché européen du sud. Un autre acteur que je juge dangereux est en train de prendre pied dans le marché européen du sud, c’est le Qatar qui très rapidement est arrivé à talonner l’Algérie. Le Qatar s’est doté, en s’endettant vivement, des premières capacités mondiales de liquéfaction de gaz naturel avec 77 millions de tonnes (Algérie 29.5 MTA). Il est le principal moteur du développement des marchés spot de gaz en Europe qui exercent une pression extrême sur les transactions de long terme avec clause de take or pay, rendant de plus en plus inadaptés les prix indexés sur le pétrole.

	L’essentiel de nos exportations se fait sur cette base. Il s’agit ici de notre marché naturel, et nous devons le protéger par des stratégies audacieuses d’intégration croisée engageant nos partenaires européens à investir à nos côtés dans l’amont et le transport et accédant nous-mêmes au client final pour lui fournir mètres cubes de gaz et kilowattheures d’électricité. A ce titre, nous ne subirons pas les volumes concurrents, mais les accueillerons et en tirerons bénéficie aux côtés de nos partenaires européens. Il faut pour cela que les pays européens du Sud, dont nous permettons aux compagnies (comme GDF Suez) d’accéder à nos gisements, n’opposent pas des contraintes de souveraineté et ouvrent l’aval gazier et la génération électrique à Sonatrach et Sonelgaz.
	
	-Sonatrach est empêtrée depuis deux ans dans des problèmes de corruption et de direction, ne risque-t-elle pas d’être en décalage avec les mutations qui sont en train de se produire?Je crois que l’on insiste trop sur les malheureuses turbulences traversées par Sonatrach. Mais pensez-vous que l’industrie pétrolière soit une industrie d’enfants de chœur ?

	Savez-vous que les plus éminentes compagnies ont connu des crises bien plus graves que celle traversée par Sonatrach ? Elles n’en sont pas mortes pour autant, et souvent ces crises ont été vite banalisées par une presse que l’on a convaincue par un travail de communication professionnel et rigoureux quant aux enjeux que représentent ces compagnies.
	Or, l’image de Sonatrach est aujourd’hui brouillée et a besoin d’être reconstruite. L’écrasante majorité des cadres et des travailleurs de Sonatrach est honnête et patriote et ce que vivent ces femmes et ces hommes est injuste. Injuste et dangereux, car cette image que l’on veut coller à Sonatrach inhibe toute initiative et affecte gravement les processus décisionnels.

	Il faut absolument tourner la page et respecter aussi la présomption d’innocence de toutes ces personnes qui sont devant les tribunaux et qui voient leurs noms étalés sur les unes des journaux.
	Des familles, des enfants en souffrent, il faut le savoir. Je connais bien cette entreprise dont je suis issu et à laquelle je dois tout.
	Elle est saine, même si des aventuriers ont pu en prendre les commandes un jour. Sonatrach est en train de retrouver ses marques, il faut l’y aider.     
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