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       <title>El Watan - Actualités</title>
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       <lastBuildDate>Mon, 28 May 2012 10:10:28 +0100</lastBuildDate>
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           <title>Les prix flambent, l’Etat démissionne</title>
           <author>Nora Boudedja </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Economie</category>
           <pubDate>Mon, 16 Jan 2012 01:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 16 Jan 2012 01:00:00 +0100</lastBuildDate>
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	Les Algériens ont entamé la nouvelle année avec une flambée des prix de nombreux produits de consommation. La hausse du taux d’inflation était prévisible, de l’avis de nombreux observateurs. 
	Le Fonds monétaire international (FMI) avait averti qu’après deux années de stabilité, l’inflation en Algérie devrait connaître une hausse en 2012 pour atteindre 4,3% contre 3,9% en 2010 et 2011. L’entrée en vigueur du nouveau salaire national minimum garanti (SNMG) et la hausse des salaires des travailleurs du secteur public n’ont pas fait que des heureux.  L’expert de la Banque mondiale, Hamidouche Mhamed, impute d’ailleurs cette envolée des prix à «l’augmentation des salaires sans la contrepartie d’une performance économique et au détriment des ressources». «Quand on verse des rappels de l’ordre de cinq milliards de dollars, il faut bien s’attendre à une hausse des prix», a-t-il noté.

	«Les augmentations des salaires des travailleurs du secteur public et la révision à la hausse du SNMG ont plombé les coûts de la production. Or, les salaires représentent 60% du coût d’exploitation pour les moyennes entreprises», explique-t-il encore. «On a alimenté l’inflation», a-t-il relevé. Cette explication s’applique selon lui uniquement aux produits fabriqués en Algérie. Pour ce qui est des produits importés, M. Hamidouche rejette le concept d’inflation importée, étant donné que les fluctuations des marchés internationaux ne sont pas répercutées en Algérie. «Il y a des produits qui affichent une tendance à la baisse. L’euro est au plus bas depuis deux mois, mais comme il y a une dérégulation du marché algérien, les fluctuations du marché international ne sont pas répercutées en Algérie. Des réseaux mafieux maintiennent la tendance à la hausse», souligne-t-il.

	«La plupart des matières premières suivent une tendance baissière comme le cacao, le café robusta, le riz, les huiles, le blé. Pourtant, ces baisses ne sont pas répercutées en Algérie, a-t-il insisté. Les spéculateurs profitent de la dérégulation du marché algérien en raison de l’absence de spécialistes des marchés financiers qui fournissent l’information sur l’évolution des cours boursiers en temps réel. Cette situation profite à certains importateurs qui ont le monopole sur certains produits. «Les prix sont fixés par certains importateurs et non pas le marché», soutient M. Hamidouche. Il préconise la création d’un observatoire des prix afin de remédier au problème du manque d’information concernant les prix des produits importés.

	Les institutions et les entreprises cherchent l’information gratuite qui n’est pas toujours fiable et n’investissent pas assez dans le créneau de l’information économique, alors que quelques centaines d’euros peuvent leur faire économiser des milliers, voire des millions d’euros. Il cite l’exemple de l’Office national interprofessionnel des céréales (OAIC) qui aurait effectué des achats au mauvais moment, c’est-à-dire, lorsque les prix étaient au plus haut niveau. «L’OAIC a acheté du blé au mois de mars. Ses négociateurs ont acheté des quantités importantes. Or, s’ils avaient attendu l’été pour faire ces achats, les prix auraient été à leur avantage», a-t-il indiqué.

	Déséquilibre

	Selon cet expert, cette hausse des prix devrait persister pendant tout le premier semestre de l’année 2012, avant de connaître une stabilité pendant le troisième trimestre et enfin amorcer une baisse durant le dernier trimestre si les pouvoirs publics mettent en place des mécanismes de régulation efficaces.  Mais si l’Etat peut se permettre actuellement de subventionner des produits et de dépenser à sa guise grâce à la manne pétrolière, il n’en sera pas de même dans quelques années avec notamment le recul des capacités de productions de pétrole, avertit M. Hamidouche. «Il y a une mauvaise coordination entre la politique monétaire  de la Banque centrale et la politique financière de l’Etat qui a beaucoup de dépenses. On risque un déséquilibre dans cinq ou sept ans si l’Etat continue à dépenser de la sorte», signale-t-il.

	«Tant que les prix du pétrole sont au-dessus de 100 dollars, l’Etat peut subventionner les prix, mais si les prix du pétrole diminuent de moitié, il sera confronté à des difficultés. Il devra faire une coupe dans ces dépenses. Il ne pourra pas fonctionner normalement et il sera obligé de diminuer les dépenses d’équipements», poursuit M. Hamidouche en soulignant que le pic des capacités de production de pétrole a été atteint. «Il viendra le jour où on sera obligé d’importer le carburant et le pétrole», ajoute-t-il. D’où la nécessité impérieuse de diversifier l’économie nationale, a-t-il conclu.             </description>
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           <title>Kamel Arba. Directeur général de la CNMA : «La majorité des agriculteurs n’ont pas de couverture sociale»</title>
           <author>Nora Boudedja </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Economie</category>
           <pubDate>Mon, 16 Jan 2012 01:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 16 Jan 2012 01:00:00 +0100</lastBuildDate>
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	Dans cet entretien, le DG de la Caisse nationale de mutualité agricole (CNMA), Kamel Arba, raconte l’ascension de cette institution qui a failli disparaître sous le poids de la dette accumulée par sa filiale bancaire. 
	-Quelle est la situation de la CNMA après sa restructuration ?

	La CNMA a passé une période difficile durant le dernier trimestre 2008. Pour sauver cette institution centenaire et très importante sur le plan économique social pour le monde rural et agricole, les pouvoirs publics sont intervenus en effaçant sa dette. Après, il fallait moderniser les assurances, il fallait que la confiance revienne au niveau du monde agricole et rural. Lorsqu’on est arrivé, la mission essentielle de la CNMA était l’automobile alors que ce n’est pas sa vocation. Sa mission initiale est d’accompagner les agriculteurs et les éleveurs. On a donc recentré la mission de la CNMA. Il y avait aussi un stock très important d’impayés dus aux sinistres.

	On a assaini 90% de ce stock. Ce qui a fait que les agriculteurs sont revenus à la CNMA. On a modernisé les assurances en introduisant la spécialisation. Pour la deuxième on va élaborer une cartographie des assurances pour les adapter à chaque région et ses spécificités. Grâce à ces mesures, nous sommes dans une meilleure santé financière. Nous comptons restructurer davantage la CNMA. Nous sommes une mutuelle. Jusqu’à présent, les gens pensent que la CNMA ne peut faire que l’assurance. Alors que ce n’est que l’une des activités de la mutuelle. Donc, nous avons créé la filiale assurance des personnes. Nous avons eu l’agrément du ministère des Finances.

	Nous avons aussi crée une autre filiale pour l’assurance des biens. Nous envisageons de créer en outre une autre filiale, mutuelle et coopérative. On va aussi transformer l’établissement financier en bureau d’études, d’expertise et de conseils agricoles. Propriété à 100% de la CNMA. Au sommet, il va y avoir un groupe ou un holding mutuel avec un conseil d’administration. Et chaque administration des filiales sera composée de professionnels.
	
	-Justement, peu d’agriculteurs ont la culture des assurances. La branche agriculture est dans le bas du tableau dans le secteur des assurances. Comment fait la CNMA qui est une caisse mutualiste pour avoir une situation financière viable ?

	A un moment donné, la CNMA s’est détournée de sa mission. Elle a tourné le dos à l’agriculture qui elle-même subissait sa restructuration. A l’époque, c’étaient les domaines autogérés, la révolution agraire puis on a eu les EAI et EAC. L’agriculture a été libéralisée. La CNMA n’a pas pu s’adapter à ces changements. L’agriculture est maintenant privée. Il fallait que la CNMA s’adapte à cette nouvelle réalité socio-économique. C’est ce que nous essayons de faire maintenant. Nous sommes retournés à notre vocation initiale. La CNMA est la seule compagnie d’assurances qui a eu un taux de progression important avec une moyenne de 16%. Le chiffre d’affaires en 2008 était 2,5 milliards de dinars (90% automobile) alors qu’aujourd’hui à fin 2011, le chiffre d’affaires est à 7 milliards de dinars et plus de 65% proviennent de l’agricole. Il y a un engouement terrible pour l’assurance, nous sommes confiants en l’avenir. Grâce au remboursement des sinistres dans des délais courts, les agriculteurs sont en train de revenir vers nous.
	
	-Quels sont les nouveaux produits que propose la CNMA pour ses adhérents ?

	On a une panoplie de produits assurances. Nous proposons une offre pour chaque produit agricole. Maintenant, on va adapter nos produits selon les régions et la rentabilité. Il ne suffit pas de signer la convention annuelle avec l’agriculteur.
	Nous avons des ingénieurs toutes spécialités confondues qui vont accompagner les agriculteurs dans la conduite de leur élevage et de leur exploitation. En fin de course, il n’y aura pas beaucoup de sinistres et la rentabilité de l’agriculteur sera multipliée par trois. Le ministère de l’Agriculture a mis à notre disposition les 300 coopératives agricoles qui sont à l’arrêt. On va les réhabiliter et leur donner le statut de coopératives sous forme mutuelle.

	C’est des coopératives de services adaptées à chaque région et ses activités. Je dois vous signaler que nous avons un problème avec l’élevage ovin. Nous avons plus de 20 millions de têtes, mais qui n’a aucune couverture assurancielle. Nous allons demander aux éleveurs à travers les coopératives mutuelles l’adhésion des éleveurs. On va introduire de nouvelles techniques d’identification du cheptel pour une meilleure traçabilité. Il y a aussi le problème du manque flagrant de main-d’œuvre dans le secteur de l’agriculture. Il va falloir trouver des mécanismes par le biais de l’assurance des personnes pour stabiliser et spécialiser cette main-d’œuvre. La majorité des agriculteurs n’a pas de couverture sociale. On va mettre en place de nouveaux produits pour pouvoir sensibiliser l’exploitant pour souscrire des polices d’assurance pour les travailleurs. Nous sommes en train d’étudier ce dossier. Car il y a un sérieux problème de main-d’œuvre qu’il faut sédentariser.
	
	-On a vu dernièrement la CNMA participer dans un projet de transformation des dattes. Est-ce que la CNMA compte contribuer à l’essor de la recherche agronomique et de l’industrie de la transformation ?

	C’est un dossier très important. Nous avons créé une mutuelle datte au niveau de Touggourt. Il y a 1500 agriculteurs qui ont souscrit à cette mutuelle qui est déjà en service pour la commercialisation. Nous produisons bon an mal an une moyenne de 500.000 tonnes par an. Il y a 47% de cette production qui n’a aucune ou une faible valeur marchande. La qualité laisse à désirer. On a remarqué qu’il y a beaucoup de petits agriculteurs qui produisent peu et ne trouvent pas preneurs. Il y a environ 60 000 foyers qui vivent de cette culture.

	La mutuelle va essayer de trouver des solutions à ces problèmes. On a pris contact avec des chercheurs pour trouver quoi faire avec cette production. Il s’avère que l’on peut faire beaucoup de choses avec cette datte qui a une faible valeur marchande. Il y a les levureries de Oued Smar et Bouchegouf qui sont à l’arrêt depuis plus de quinze ans. On peut utiliser cette datte pour fabriquer la levure que l’Algérie importe pour 100 à 120 millions de dollars par an. Nous avons tous les moyens ici en Algérie. On peut vraiment multiplier par cinq les revenus de ces agriculteurs. On peut fabriquer avec cette datte non seulement la levure, mais aussi l’alcool chirurgical et le vinaigre. Même le noyau il pourra être exporté. Il sert de stabilisant pour les pesticides. Il est très recherché. Ça va être bénéfique pour l’économie saharienne. On va saisir le ministère de l’Industrie pour lui proposer ce projet.
	
	-Quel est le bilan de l’activité de la CNMA pour 2011?

	Nous avons un million d’agriculteurs inscrits à la Chambre nationale de l’agriculture, mais seulement 150 000 sont sociétaires à la CNMA. Nous voulons atteindre les 400 000 en leur offrant des services qui les attireront vers notre institution. Il nous faut un minimum de 400.000 agriculteurs et un chiffre d’affaires de 10 milliards de dinars, dont 65% grâce au monde agricole pour devenir une force de proposition et elle sera présente sur le territoire national. Nous espérons atteindre ces objectifs en 2013. Nous avons plus de 2600 travailleurs. Nous avons 300 bureaux locaux et 64 caisses et bientôt une 65e à Tindouf.          </description>
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           <title>L’espoir d’une reprise s’éloigne de la zone euro</title>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Economie</category>
           <pubDate>Mon, 16 Jan 2012 01:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 16 Jan 2012 01:00:00 +0100</lastBuildDate>
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	Standard and Poor’s (SP), la principale des trois grandes agences d’évaluation financière, qui laissait planer depuis décembre dernier le risque d’un abaissement des notes souveraines de la plupart des 17 Etats de l’Union monétaire, a fini par en dégrader neuf la semaine dernière, replongeant ainsi toute la zone euro dans la tourmente. 
	Le coup le plus dur a été ressenti en France, deuxième économie européenne, privée au même titre que l’Autriche, de son prestigieux triple A et qui se retrouve notée AA+.
	Les notes de l’Italie et l’Espagne ont été dégradées de deux crans, celles de la Slovaquie, de Malte et de la Slovénie d’un cran, tandis que les dettes du Portugal et Chypre étaient reléguées au rang d’investissements «spéculatifs».
	L’Allemagne, la Finlande, le Luxembourg et les Pays-Bas ont pu conserver la meilleure note possible dans la zone euro, mais hormis l’Allemagne et la Slovaquie, tous les pays de la zone sont menacés d’une nouvelle dégradation d’ici fin 2013 par SP, selon la presse française..

	L’abaissement de la note financière d’un pays se traduit, en principe, par une hausse des taux d’intérêt auxquels il refinance sa dette. Pour la France, la première épreuve déterminante est attendue jeudi. Paris espère lever 7,5 à 9,5 milliards d’euros, sur 178 milliards d’emprunts prévus cette année.

	Le Premier ministre François Fillon a estimé que la perte du AAA n’aurait pas de «conséquences immédiates pour la vie quotidienne des Français», soulignant dans un entretien au Journal du dimanche (JDD) le niveau «historiquement faible» des taux appliqués à la France, légèrement au-dessus de 3%. Il a ajouté que «la France reste un pays sûr» financièrement. La Commission européenne a jugé la décision de SP «aberrante» car tombée à un moment où le risque d’aggravation de la crise semblait s’éloigner. Pour se défendre, Moritz Kraemer, le responsable de l’agence pour la notation des dettes européennes a déclaré que «l’environnement politique dans la zone euro n’a pas été à la hauteur des défis croissants engendrés par la crise».

	Par ailleurs, «l’efficacité, la stabilité et la prévisibilité de la politique et des institutions politiques européennes ne sont pas aussi solides qu’il le faudrait», juge SP.Les dégradations de SP risque d’avoir de lourdes répercussions pour le Fonds européen de stabilité financière (FESF) qui risque lui aussi de voir son triple A s’envoler dans les prochains jours, souligne la presse française. Cela, alors même que le cas de la Grèce, épicentre de la crise depuis 2010 n’a pas été réglé.

	Les banques, engagées sur l’effacement de la moitié de la dette grecque qu’elles détiennent, menacent de revenir sur leur engagement à une restructuration volontaire. Faute d’accord, une faillite incontrôlée du pays pourrait intervenir fin mars.
	Mais les inquiétudes sur la zone euro devraient selon les experts de s’étendre au reste du monde et notamment les pays du Maghreb dont le tourisme et les transferts de fonds de leurs immigrés devraient en patir. A ce propos, l’économiste Camille Sari a souligné dans l’une de ses déclarations à la presse qu’en « en 2011, le nombre de touristes européens a baissé de 80 % en Égypte, de 40 % en Tunisie et au Maroc»

	Par ailleurs les transferts d’argent des émigrés maghrébins devraient se réduire.
	«En Espagne et en Italie, le niveau du chômage et la crise poussent beaucoup de Maghrébins à rentrer au pays. C’est à la fois une perte et un poids pour l’économie.» Pour l’ensemble du continent africain, on estime qu’il sera affecté par le biais des banques européennes, dont les prêts représentent 82 % de ceux accordés aux économies africaines, soit 380 milliards d’euros.                 
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           <title>Pourquoi l’économie mondiale ne répond plus aux thérapies connues ?</title>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Economie</category>
           <pubDate>Mon, 16 Jan 2012 01:00:00 +0100</pubDate>
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	Les économistes ont depuis longtemps intégré les crises dans leurs schémas et leurs modèles d’analyse. Ils savent que la vie n’est pas un long fleuve tranquille. Pire encore, parfois ils s’attendent à des terribles chocs qui menacent les fondements des sociétés modernes.Les crises de 1929, 1974, 1982, 1987 sont présentes dans les esprits et ont laissé des traces indélébiles dans les écrits et les pratiques de politiques économiques. Mais à chaque fois, l’économie de marché a su faire face à ces difficultés en innovant. La crise de 1929 a eu pour conséquence l’émergence de la théorie keynésienne et sa thérapie légendaire basée sur le déploiement massif de dépenses publiques pour corriger les récessions et le chômage.

	Les crises de 1974 et 1982 (Stagflation) ont montré, après maintes expérimentations, que le meilleur remède était d’extirper l’inflation du système d’abord puis de booster les dépenses publiques par la suite. Nous allons mettre de côté les analyses techniques de délais, d’efficacité relative des différents instruments, les débats d’écoles pour nous concentrer sur l’essentiel.
	La récente crise entame sa cinquième année sans pour cela donner des signes encourageants de reprises durables. Certes, la crise de 1929 a duré plus d’une décennie. L’économie mondiale finira par s’en sortir, même si c’est pour acheter une paix sociale qui va durer quelques années, pour constater encore une fois de plus la résurgence de pressions récessionnistes avec leurs lots de maux sociaux, comme le chômage et l’accroissement de la pauvreté dans tous les pays.

	Mais force est de constater que la crise mondiale fait preuve d’une résistance farouche face aux timides tentatives de l’éradiquer. Pourquoi les crises (actuelles et futures) risquent d’être de plus en plus longues et de plus en plus coriaces. Nous allons lister les causes essentielles, sans pour cela prétendre à l’exhaustivité.

	Les mutations structurelles de l’économie mondiale

	Les institutions internationales ne cessent de réviser à la baisse les prévisions de croissance de l’économie mondiale. En 2010, on tablait sur une croissance économique mondiale de 3,5% pour 2012, aujourd’hui on n’anticipe que 2,6% et on corrigera probablement à la baisse ces données. La plupart de ces performances viendront des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud). L’Europe vieillissante semble incapable de dupliquer à grande échelle la réussite du modèle allemand. Les USA paraissent en situation bloquée : le congrès (républicain) retarde ou modifie profondément toute proposition de la Maison-Blanche dans un jeu politique où les perdants sont les Américains et les pays pauvres.

	Mais en fait, qu’est-ce qui a changé pour faire en sorte que la crise perdure plus que nécessaire dans ces pays ? Nous avons plusieurs pistes qui expliquent pourquoi la crise mondiale a développé des anticorps aux remèdes classiques. Nous avons d’abord les aspects politiques et organisationnels :
	1. Les Lobbys financiers sont plus puissants que les régulateurs économiques nationaux. Le secteur financier international s’est érigé en arbitre des politiques économiques nationales et internationales pour les orienter selon ses propres intérêts. Les agences de notation dictent des politiques de rigueur en période de récession aux pays endettés. Le court terme l’emporte sur le long terme. Les intérêts des financiers passent avant ceux de la populace. Les USA ont été incapables de mettre sous contrôle le système financier qui devient un puissant levier de création de crises (subprimes) et leur aggravation (dettes souveraines) ;
	2. Une économie mondialisée sans chef d’orchestre mondial : les différentes nations ont rétrocédé une grande partie de leurs prérogatives à de multiples institutions sans un centre de coordination efficace. L’OMC, le FMI, la Banque mondiale, Le G7, le G20, la Commission européenne, les différentes organisations régionales, etc.  agissent, décident et les institutions et mécanismes de coordination font défaus ;
	3. Les enjeux politiques nationaux et internationaux bloquent les réformes mondiales de fond. Les USA et la Grande-Bretagne ne veulent pas taxer les opérations financières spéculatives de peur de perdre le leadership des marchés financiers. Pour ces pays, il vaut mieux prendre quelques gains nationaux plutôt qu’un peu moins tout en suscitant plus de bien-être pour la population mondiale :
	4. L’idéologie joue un rôle important dans la perpétuation des crises. L’école libérale extrême semble reculer un peu partout dans le monde. Mais elle a laissé un cheval de Troie très puissant : l’indépendance des banques centrales, sous le prétexte que la monnaie est trop importante pour la mettre entre les mains des politiciens. Mais au moins, ces derniers sont élus démocratiquement, malgré les insuffisances du système. On confie à des bureaucrates des missions trop importantes pour les octroyer à des élus. Ce faisant, on confisque à ces derniers un instrument central pour gérer les crises. Des interventions plus musclées et plus précoces des banques centrales mondiales auraient pu minimiser les impacts de la crise.

	Aspects économiques

	Ceci dit, au niveau économique la situation n’est guère reluisante. De nombreuses contradictions minent l’économie mondiale. Elles concernent de nombreux aspects dont nous évoquerons les plus importants :
	1. Un modèle de croissance insoutenable : l’expansion des trois dernières décennies a été l’œuvre de pays émergents qui trouvaient des débouchés en Europe, mais surtout aux USA grâce au processus d’endettement national et international. Les citoyens de ces pays s’endettent trop pour acheter des biens produits ailleurs. Les pays finançaient ces déficits de balance de paiement par des prêts externes. Les budgets publics en déficits croissants sont également financés par des prêts externes. L’accumulation des dettes des citoyens et des Etats en Europe et surtout aux USA ne pouvait continuer indéfiniment. C’est là où une institution «centrale aurait pu alerter à temps les gouvernements». Nous avons une économie mondialisée - sans gouvernement mondial - dotée d’une stratégie totalement inopérante à long terme. Si un système est structuré pour se diriger vers une impasse, il ne manquera pas de l’atteindre ;
	2. Trop d’erreurs de politiques macroéconomiques ont été faites : intervention trop tardive et trop insuffisante, changements brutaux de priorités entre relance et rigueur. Bien sûr que les différents gouvernements sont entourés d’experts très compétents. Mais les enjeux politiques et les idéologies ne leur permettent pas de mener des actions rapides et cohérentes. L’indépendance relative des banques centrales a été l’une des causes essentielles de l’allongement de la crise en Europe. Alors que la crise des subprimes a commencé ses ravages par l’assèchement des crédits aux PME, les responsables de la Banque centrale européenne disaient qu’ils étaient surtout préoccupés par l’inflation ;
	3. Le développement des inégalités s’est propagé dans la plupart des pays développés. A la fin des années soixante-dix, les salaires représentaient plus de 70% des PIB des pays industrialisés. Aujourd’hui, ils représentent moins de 60% (et à peu près 9% pour les profits). Il est beaucoup plus facile de corriger les déséquilibres d’une économie plus égalitaire, plus sociale, plus concertée et orientée vers le bien-être de tous plutôt que de quelques-uns. Les dérapages des inégalités récentes sont l’une des causes les plus importantes de l’inefficacité des politiques économiques de lutte contre les crises ;
	4. La superposition de deux crises (subprimes + dettes souveraines) complique la conduite technique des politiques macroéconomiques. La première nécessite une relance (hausse des dépenses publiques) et la seconde requiert la rigueur (baisse des dépenses publiques). Les pays ne savent pas sur quel pied danser. Les solutions à ce dilemme ne sont pas impossibles techniquement, mais le sont politiquement.

	En conclusion, il y a beaucoup trop d’anomalies dans la structure de l’économie mondiale pour qu’elle puisse fonctionner efficacement. Les correctifs à mener sont profonds et nécessitent une chirurgie radicale. La récente débâcle des partis au pouvoir va peut-être inciter les politiciens à mieux restructurer l’économie mondiale. Même en étant optimiste cela prendrait des décennies. En attendant, il faut savoir vivre avec des crises de plus en plus aigües et qui risquent de durer et de créer des situations intenables pour les couches les plus pauvres des pays riches et pour les pays en voie de développement.</description>
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           <title>Forte mortalité des PME : Les activités industrielles en péril</title>
           <author>Nordine Grim </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Economie</category>
           <pubDate>Mon, 16 Jan 2012 01:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 16 Jan 2012 01:00:00 +0100</lastBuildDate>
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	La crise que subit le secteur de la petite et moyenne entreprise (PME) est perceptible aussi bien à travers les difficultés qu’éprouvent les quelque 700 000 unités existantes à se maintenir en vie, que dans celles qui subissent les nouveaux promoteurs qui se lancent dans la périlleuse aventure de la création d’entreprises. 
	La démographie des sociétés algériennes est en effet caractérisée par une très forte mortalité.  (Environ 30 000 PME auraient disparu durant l’année 2011, selon Zaïm Bensaci  président du conseil national consultatif de la PME).  La situation des PME, notamment les plus petites d’entre elles (TPE), n’était guère plus brillante durant les années passées, mais l’année 2011 offre la particularité d’avoir été plus prolifique en création de nouvelles entités, favorisée en cela par le dispositif d’aide en faveur des jeunes qui avait englouti pas moins de 120 milliards de dinars pour mettre sur pied environ 50 000 nouvelles TPE.   N’ayant pris aucune initiative pour améliorer le climat des affaires à l’origine de la surmortalité des entreprises, il y a de fortes chances qu’une bonne partie des entités créées à la faveur de ce dispositif disparaisse à leur tour prématurément.

	La bureaucratie, un frein à tout essor !

	Eu égard aux difficultés de tous ordres qu’elles doivent surmonter au quotidien, le souci des PME algériennes ne consiste plus comme par le passé à prospérer, mais seulement à survivre en attendant d’hypothétiques jours meilleurs, nous affirme un industriel algérien. Le sort des entreprises qui activent en Algérie est en effet fortement dépendant d’un faisceau d’actions à caractère législatif et réglementaire que seul l’Etat est habilité à prendre en leur faveur. S’il est vrai que les pouvoirs publics ont déjà pris bon nombre d’initiatives destinées à faciliter la création de PME (le nombre de procédures est passé de 32 en 2003 à, à peine, une vingtaine aujourd’hui, à réduire le poids de la fiscalité et à mettre en œuvre certaines mesures incitatives, il n’en demeure pas moins que sur le terrain, la bureaucratie continue toujours à sévir quand il s’agit de mettre en œuvres ces initiatives.

	L’octroi de terrains à usage industriel, la délivrance de permis de construire et de lotir, les branchements à l’électricité, au gaz et à l’eau continuent à prendre beaucoup de temps. La levée de crédits bancaires et autres commodités indispensables à la survie d’une entreprise nouvellement créée (connexion internet, mises à niveau, déplacements d’affaires à l’étranger, etc.) continuent à relever du parcours du combattant, notamment lorsque l’entité est implantée à l’intérieur du pays. La bureaucratie s’avérera d’autant plus tatillonne que le secteur des PMI et PME est très fortement dominé par les opérateurs privés, envers lesquels l’administration publique algérienne, formatée par des dizaines d’années d’économie essentiellement  étatique, continue à entretenir une certaine méfiance, pour ne pas dire hostilité.

	L’Etat, qui n’est économiquement présent qu’à travers deux mille EPE qui ne survivent que grâce à de ruineux assainissements financiers périodiques, a pourtant tout intérêt à concentrer ses efforts sur le secteur privé qui a, au moins, le mérite de produire un minimum de valeur ajoutée, contrairement au secteur public qui coûte, bon an mal an, au minimum 2 points de PIB au pays. Dans cette ambiance peu favorable à la démographie d’entreprises, seules quelques très rares PME bien capitalisées, mais aussi et surtout, bien managées, ont des chances de tirer leur épingle du jeu de ces défaillances multiformes dont les auteurs (administrations et services publics) sont rarement poursuivis en justice pour réparation des dommages causés aux entreprises. La faible espérance de vie de nos PME s’explique en grande partie par cet environnement des affaires délétère que l’Etat, pour diverses raisons, ne parvient malheureusement pas à améliorer.

	La dérive vers l’import-import

	Mais quelles soient publiques ou privées, force est de constater que ce sont surtout les PME, notamment les plus petites d’entre elles, qui ont payé le plus lourd tribut à ce mauvais environnement des affaires en raison de leur fragilité patrimoniale, de l’archaïsme de leur gestion et de leur impréparation à la compétition sans frontière. Autant de facteurs qui ont influé sur la mise en faillite ou le changement d’activité forcé de milliers d’entre elles. En effet, bon nombre de ces sociétés qui ne disposent pas des atouts nécessaires pour faire face aux radicaux changements intervenus ces vingt dernières années en matière de management et de conduite des affaires intégrant désormais deux contraintes majeures.

	La première de ces contraintes est, on l’a compris, liée à la baisse de la demande intérieure conséquente à la réduction du pouvoir d’achat des consommateurs et à l’intrusion massive de produits étrangers, parmi lesquels d’importants lots d’articles contrefaits défiant toute concurrence. Parce qu’elles ont investi des segments de marché saturés et de surcroît fortement concurrencés par l’informel et la contrebande, de nombreuses PME ont dû ainsi se résoudre à changer d’activité pour échapper à la faillite. Le drame de ces reconversions consiste malheureusement en la transformation forcée d’activités industrielles utiles au  pays, en activités de bazar consistant à importer des produits finis destinés à être revendus en l’état.

	Incapables de se remettre constamment au goût des standards de qualité imposés par les puissantes firmes internationales, les petites et moyennes entreprises de production algériennes, autrefois protégées par les tarifs douaniers, éprouvent aujourd’hui d’énormes difficultés à écouler leurs produits, ne serait-ce que sur le marché national qui leur était, il y a, à peine quelques années, totalement acquis. La capacité d’entreprendre dans un contexte de concurrence étant étroitement liée à l’innovation qui est, elle-même, fortement dépendante des moyens financiers dégagés par l’entreprise, on comprend alors la menace que constitue pour notre déjà bien maigre tissu industriel cette dérive vers l’«import-import».

	Instabilité juridique

	S’il est, dans les conditions présentes, bien difficile de maintenir en activité une petite ou moyenne entreprise il est, à l’évidence, tout aussi difficile d’en créer de nouvelles. Aux persistants obstacles bureaucratiques qui continuent à empoisonner la vie des chefs d’entreprise vient, en effet, de s’ajouter l’instabilité juridique que redoutent par-dessus tout les patrons d’entreprise. Des ordonnances et des lois régissant le monde des affaires sont en effet, depuis ces cinq dernières années, subitement remises en cause par de simples dispositions introduites dans des lois de finances annuelles et complémentaire, mettant subitement en cause le devenir de milliers de PME qui avaient établi leurs business plans sur la base de la législation en vigueur.

	L’obligation de résultat étant la vertu cardinale des petites et moyennes entreprises, il est bien évident que de telles pratiques ne sauraient donner confiance aux promoteurs qui engagent leur propre argent pour créer des entreprises ou prendre des initiatives de nature à améliorer leurs performances productives. On comprend alors pourquoi le Forum des chefs d’entreprises a exigé lors de la dernière tripartite une «une stabilité du droit des affaires d’au moins 5 années» comme garantie de confortement du secteur des entreprises que l’instabilité juridique a, à l’évidence, fortement ébranlé.

	En dépit des déclarations rassurantes des pouvoirs publics, le gouvernement a malheureusement persisté dans cette démarche de déstabilisation en introduisant dans la récente loi de finances pour 2012, des dispositions qui contredisent ses engagements. Créer des entreprises en Algérie, mais aussi et surtout les garder longtemps en vie,  constitue de ce fait une véritable gageure.                                     </description>
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           <title>«Un industriel qui disparaît, c’est un importateur qui naît»</title>
           <author>Nordine Grim </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Economie</category>
           <pubDate>Mon, 16 Jan 2012 01:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 16 Jan 2012 01:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description> 
	-30 000 sociétés privées ont été fermées durant l’année 2011. A quoi attribuez-vous une aussi forte mortalité d’entreprises ?

	Les causes sont multiples. Il y a l’environnement économique peu attractif pour l’investissement et fortement prédateur des initiatives entrepreneuriales. La dégradation du climat social a également beaucoup contribué au surcroît de mortalité d’entreprises, qui est passée, est-il bon de le rappeler, de 23 000 fermetures en 2010 à 30 000 en 2011. Un  soutien conséquent de l’Etat aurait évidemment pu atténuer cette mortalité, mais force est de constater que ce dernier a été à bien des égards défaillant.
	 
	-50 000 nouvelles entreprises ont été créées durant la même période. Ne craignez-vous pas que ces dernières soient, elles aussi, exposées à de sérieux risques de mortalité ?

	Si les dysfonctionnements de l’économie, l’incohérence dans la décision et l’application des textes persistent, il est évident que les choses continueront à aller mal pour les entreprises, notamment celles créées précipitamment en 2011 à la faveur du dispositif de l’Ansej. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, les PME qui existent depuis longtemps continueront à éprouver de sérieuses difficultés à poursuivre leurs activités et celles, de création plus récente, à avoir beaucoup de mal à conforter leur existence.
	 
	-Comment un patron d’entreprise industrielle, comme vous, ressent le manque de formation qualifiante ?

	Nos recrues subissent effectivement le type de formation reçue. Leur formation est tellement légère qu’un diplôme ne devrait pas constituer un droit au travail et, encore moins, celui d’être recruté comme responsable dès le premier jour. Une formation qualifiante doit absolument leur être dispensée par l’entreprise ou par une institution spécialisée. Il appartient à l’Etat et, seulement à l’Etat, de soutenir ce processus de formation qualifiante par des mesures fiscales incitatives, susceptibles d’encourager les entreprises à recruter et à qualifier davantage d’employés. Il faut arriver à créer des passerelles entre les entreprises et les différentes institutions de formations qualifiantes, mais il faudrait pour cela commencer par créer le cadre juridique requis.    
	 
	-La mortalité des entreprises de production ne fait-elle pas le bonheur des sociétés de négoce (importateurs), dont le nombre est d’environ 8000 en 2001 à près de 40 000 aujourd’hui ?

	Pour aller droit au but, je dirai qu’un industriel qui disparaît c’est un importateur qui apparaît. Pire encore, la disparition du secteur privé industriel ne fera qu’accroître l’informel qui est, comme vous le savez, un des principaux freins au développement des entreprises de production. La législation algérienne actuelle est malheureusement telle, qu’elle ne peut conduire qu’à ce type de choix. Beaucoup d’industriels comme moi en sont effectivement arrivés à regretter d’avoir fait le choix de l’entreprise de production plutôt que celle de l’importation et de la revente des produits importés. Il faut dire que notre temps, l’Etat encourageait par diverses mesures la création d’entreprises industrielles, ce qui n’est malheureusement plus le cas aujourd’hui. Un patron d’entreprise est quotidiennement confronté à d’interminables obstacles qui ne devraient normalement avoir aucune raison d’être, si vraiment la puissance publique était animée d’une réelle volonté de promouvoir cette colonne vertébrale de l’économie que constitue le secteur des PME.

	-L’excès de mortalité n’est-il pas dû au caractère familial de ces entreprises ?

	Il n’y a pas si longtemps d’aucuns affirmaient que l’entreprise privée algérienne n’est capable de produire que des pizzas. Voilà que le privé a réussi en, à peine, quelques années et en dépit de toutes les difficultés rencontrées, à se développer dans de bonnes conditions. De belles PME ont vu le jour dans pratiquement toutes les régions du pays et, il est bien évident, que les réussites entrepreneuriales auraient pu être autrement plus nombreuses et diversifiées si elles avaient bénéficié de soutiens multiformes de l’Etat.
	 
	-Face à toutes ces difficultés que rencontrent les patrons de PME, ces derniers ne seraient-ils pas de plus en plus tentés de passer le flambeau à leurs enfants qui ont pour la plupart effectué des études supérieures ?

	La tentation est effectivement grande pour les patrons qui ont atteint un certain âge, mais il est difficile d’engager ses propres enfants sur un choix dans la phase actuelle. Il appartient aujourd’hui à l’Etat et, uniquement à lui, de mettre fin à cette situation d’incertitude en étant, notamment, plus précis sur les perspectives économiques du pays et en dressant les cadres juridiques et institutionnels requis permettant de prendre des décisions en connaissance de cause. Ce n’est malheureusement pas le cas de nos jours où il est périlleux de se retirer de la gestion pour la confier à ses enfants.
	Cela reviendrait à les mettre dans l’embarras, tant la conduite d’une entreprise semée d’embûches et d’incohérences de toutes sortes est, aujourd’hui, éprouvante et risquée.                    </description>
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           <title>Foncier agricole : Les terres arables sacrifiées pour une hypothétique paix sociale</title>
           <author>Nora Boudedja </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Economie</category>
           <pubDate>Mon, 09 Jan 2012 01:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 09 Jan 2012 01:00:00 +0100</lastBuildDate>
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	Depuis quelques mois, le gouvernement dégaine les décrets de déclassement de parcelles du foncier agricole avec une facilité déconcertante. Alors que de nombreux pays achètent carrément des terres agricoles dans d’autres parties du globe afin d’assurer leur avenir alimentaire, l’Algérie où cette ressource est rare et non renouvelable se permet le luxe de les distraire de leur vocation pour construire des logements et y réaliser des projets d’équipement. 
	Sous la pression du mécontentement social grandissant et la peur de l’effet boule de neige du Printemps arabe, les pouvoirs publics agissent d’une manière irrationnelle hypothéquant sérieusement la sécurité alimentaire du pays.  La paix sociale à tout prix, fut-elle éphémère, aura un coût très lourd pour les futures générations qui devront gérer l’après-pétrole avec des ressources moindres que celles qui existent actuellement. «La SAU est déjà limitée et elle est consommée pour les routes, les usines, l’habitat, alors que la population est en train de croître. L’Algérie est très vaste, mais il n’y a que 8 millions d’hectares qui sont consacrés à l’agriculture et seule une petite partie a un grand potentiel», nous avait confié il y a quelques années un cadre du ministère de l’Agriculture. Mais rares sont les voix discordantes qui dénoncent cette urbanisation irréfléchie des terres agricoles.

	Le mois de juillet dernier, le Conseil des ministres avait annoncé l’affectation de pas moins de 9.974 hectares, répartis à travers 22 wilayas, pour la construction de près de 550.000 logements publics. Les pouvoirs publics ont décidé de mettre les bouchées doubles afin de réaliser davantage de logements et contenir les émeutes et autres mouvements de protestation liés à cette revendication. Dernièrement, un décret portant déclassement de 150 hectares de terres agricoles, situées sur le territoire de la wilaya d’Alger, a été signé par le Premier ministre, Ahmed Ouyahia. L’on évoque donc l’utilité publique et les extensions urbaines pour justifier cette politique de bétonnage de terres arables.

	Pourtant, l’Etat avait laissé croire qu’il allait sévir contre les propriétaires des terres agricoles exploitées à d’autres fins. La loi sur l’orientation agricole prévoit des sanctions sévères contre toute personne qui utilise une terre fertile à d’autres fins que l’activité agricole. Les auteurs de ces pratiques sont passibles de cinq ans de prison ferme et d’une amende allant de 100.000 à 500.000 DA, selon l’article 87 de ce texte réglementaire. Cette disposition vient en appoint à l’article 15 de la même loi qui interdit toute utilisation autre qu’agricole d’une assiette foncière répertoriée comme étant une terre agricole. Le renforcement de l’arsenal juridique a pour finalité de protéger le foncier agricole, mais qu’en est-il lorsque c’est l’Etat lui-même qui s’adonne à la distraction de terres cultivables ?

	Lors de cette présentation de cette loi, le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Rachid Benaïssa, avait lui-même signalé que la surface agricole était répartie à raison de 0,75 ha par habitant à l’indépendance alors qu’elle n’est que de 0,25 ha actuellement. Il avait rappelé que la surface à potentiel agricole est de 47 millions d’hectares, mais seuls 8,5 millions d’hectares peuvent faire l’objet d’une exploitation intensive. Les deux tiers des exploitations agricoles qui dépassent le million sont d’une superficie de moins de 10 ha, avait-il précisé. Ce constat aurait dû pousser le gouvernement à œuvrer pour la préservation de ces terres, mais la conjoncture actuelle dans le monde arabe semble avoir distillé un vent de panique chez les responsables algériens qui préfèrent sacrifier le foncier agricole plutôt que d’avoir à gérer une fronde sociale.

	Le ministère de tutelle avait à de nombreuses reprises signifié que ces terres seraient remplacées grâce au programme de mise en valeur, mais de l’avis de nombreux observateurs, ces opérations sont très coûteuses et les terres récupérées n’auront pas le même potentiel que celles urbanisées. Selon des statistiques officielles, ce programme a permis d’avoir un gain de 300 000 ha et le département de Rachid Benaïssa s’est fixé comme objectif d’atteindre les 500 000 ha à terme.                 
	
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           <title>«La situation du foncier agricole autour des villes est alarmante»</title>
           <author>Nora Boudedja </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Economie</category>
           <pubDate>Mon, 09 Jan 2012 01:00:00 +0100</pubDate>
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	Slimane Bedrani est professeur à l’Ecole nationale supérieure d’agronomie (ENSA). Il est également directeur de recherche au Centre de recherche en économie appliquée pour le développement (Cread). Il nous apprendra dans cet entretien que les superficies prises sur les terres agricoles sont les meilleures et elles produisent des cultures à haute valeur ajoutée. La distraction de ces terres cultivables accroît, selon lui, les incertitudes sur l’avenir alimentaire du pays. 
	-Les terres arables en Algérie sont une ressource rare et pourtant le gouvernement a décidé le déclassement de parcelles du foncier agricole pour la réalisation de logements et d’équipements publics. Quel est l’impact d’une telle mesure sur la production agricole ?

	L’impact sur la production agricole dépendra de l’importance des superficies qui seront concernées ainsi que de leur fertilité, de leur topographie et de leur possibilité d’être irrigables. Souvent, les superficies prises sur les terres agricoles sont les meilleures : généralement choisies parce qu’elles sont profondes et plates, elles ne demandent pas de frais pour leur nivellement par les promoteurs immobiliers. Situées généralement dans les environs immédiats des villes, elles produisent des cultures à haute valeur ajoutée qui approvisionnent ces villes en produits frais (principalement maraîchage : salade, poivrons, tomates…). Diminuer ou supprimer ces ceintures maraîchères des villes entraînera en toute logique une hausse des prix de ces produits du fait qu’on ira les chercher plus loin.
	 
	-Est-ce qu’une telle décision du gouvernement n’est pas de nature à démotiver les autres agriculteurs qui voient la menace d’une expropriation planer sur leurs exploitations ?

	Cette décision n’est pas de nature à démotiver les autres agriculteurs : il est de leur intérêt de continuer à produire tant que l’expropriation éventuelle ne se réalise pas. Mais, peut-être, seront-ils moins motivés à préserver durablement la fertilité des terres dont ils craindraient une expropriation probable. Ils seraient tentés de les exploiter de façon minière, en y dépensant le moins possible pour maintenir et augmenter la fertilité (amendements, fumure organique).
	 
	-Cela ne va-t-il pas accentuer les incertitudes qui pèsent sur l’avenir alimentaire du pays ?

	Tout ce qui a un effet négatif sur les terres cultivables (particulièrement les plus fertiles et les plus arrosées) et sur les ressources en eau accroît les incertitudes sur l’avenir alimentaire du pays.
	 
	-L’utilité publique peut-elle supplanter la sécurité alimentaire ?

	Le déclassement (ou l’expropriation) pour cause d’utilité publique s’avère nécessaire quand toutes les possibilités pour l’éviter à un coût raisonnable (pour la nation) ont été explorées. Par exemple, construire une école peut nécessiter le déclassement d’une terre agricole (donc, «diminuer» la sécurité alimentaire) quant il n’y a vraiment aucune autre possibilité. Malheureusement, dans notre pays, ce n’est pas le cas : très souvent, on déclasse pour faire des constructions horizontales, gaspilleuses d’espace, au lieu de faire des constructions en hauteur (verticales) à faible emprise sur le sol.
	
	-Quelle est la situation du foncier agricole en Algérie notamment après l’adoption de la loi sur l’orientation agricole qui contient des articles visant à protéger cette ressource ?

	Les informations sur la situation du foncier agricole au niveau national sont inexistantes ou, si elles existent au ministère de l’Agriculture, impossibles à obtenir pour le vulgum pecus (et surtout pour les chercheurs universitaires qui travaillent sur les problèmes de l’agriculture) sauf à le demander au ministre en personne (et encore !)(1). Il y a quelques bribes d’informations qu’on peut glaner de temps en temps sur la presse nationale.
	Ainsi, apprend-on par El Watan (18-12-2005) que le ministre de l’Agriculture de l’époque donnait le chiffre de 120 à 130 000 ha de terres agricoles urbanisées depuis 1962 (dont seulement 1 500 ha par le privé). Ainsi, apprend-on, toujours par El Watan (11-12-2010), que 8 000 ha de superficie agricole utile (SAU) ont été utilisés pour réaliser des projets publics pour la seule période de décembre 2005 à avril 2008. Ainsi apprend-on par Forum Algérie (3-7-2010) que 11 900 exploitants font face à la justice pour «mauvaise exploitation et… détournement du foncier agricole relevant du domaine privé de l’Etat vers d’autres utilisations».

	Mais jusqu’aujourd’hui, aucune information n’a filtré sur ce qu’il est advenu de ces poursuites. Le même média cite le ministre de l’Agriculture qui se désole que «cette situation a causé une grande perte pour le pays et a mis en danger la sécurité alimentaire de l’Algérie». De façon générale, la situation du foncier agricole autour des villes est alarmante. Les riches terres maraîchères des domaines anciennement autogérés du littoral algérois (Chéraga et jusqu’à Tipaza, Bab Ezzouar, Bordj El Kiffan, Tamentefoust, et encore au delà(2)…), par exemple, ont été couvertes de béton (et toujours avec un urbanisme horizontal, gaspilleur de terres) au cours des années 90 et 2000 malgré les lois et règlements protégeant les terres agricoles, sans que la justice ne soit saisie ou ne condamne quand elle l’est, sans qu’aucun responsable concerné du ministère de l’Agriculture ne proteste vigoureusement contre un tel mépris de la loi (en démissionnant par exemple !).

	Le gaspillage du foncier agricole – qui perdure - n’est pas dû au manque de lois et de règlements. Il est dû au fait que les lois et les règlements sont ignorés par beaucoup de ceux-la mêmes qui sont chargés de les faire respecter, au fait que l’Etat de droit n’existe pas pour les détenteurs du pouvoir et leurs clientèles.                                   
	 

	Note : 

	(1)Ne cherchez pas sur le site web du MADR, il est inatteignable quasi en permanence et quand on peut l’avoir, d’une pauvreté affligeante en matière d’informations statistiques de toute nature.
	(2)Mais il ne faut pas oublier les scandales fonciers de la région oranaise et des régions côtières de l’Est algérien.
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           <title>Ruée inédite vers le phosphate algérien : Ferphos sous pression</title>
           <author>Naima Benouaret </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Economie</category>
           <pubDate>Mon, 09 Jan 2012 01:00:00 +0100</pubDate>
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	A Somiphos, la mobilisation et la discipline collectives sont décrétées en ce début 2012. 
	A cela une raison, un enjeu de taille : des commandes fermes de phosphate algérien de pas moins de 5 millions de tonnes émanant de diverses parties dans le monde, un record jamais égalé depuis 1983, date de création de l’Entreprise nationale du fer et du phosphate Ferphos Group, la société mère.Honorés, les contrats en attente de signature pourraient propulser notre pays au rang des leaders mondiaux. D’autant que les deux milliards de tonnes de réserves expertisées, 4e au monde, peuvent conforter son ambition d’asseoir son leadership sur l’arène internationale. Même si une telle place n’est point une sinécure, il n’en demeure pas moins qu’une place parmi les cinq premiers exportateurs de la planète demeure encore envisageable à condition de parer à un seul et unique obstacle : le transport.

	Le Transport, ce talon d’Achille

	En effet, la Société nationale des transports ferroviaires (SNTF), partenaire exclusif de Somiphos Tébessa, n’arrive plus à satisfaire les besoins d’acheminement du minerai depuis les sites miniers vers les installations portuaires de Annaba d’où est exporté le produit de Somiphos, la filiale numéro un du Groupe Ferphos, nous explique une source du ministère de l’Energie et des Mines. Pour preuve : seulement 600.000 à 700.000 tonnes transportées à septembre 2011 sur 1,1 million de tonnes. Soit à peine 60% des engagements contractuels. Ce qui n’a pas tardé à impacter les objectifs à l’export avec l’équivalent de trois mois d’exportation de perdus, tient à souligner notre source.

	Un déficit lourdement pénalisant auquel l’entreprise tente de contourner en faisant appel à des transporteurs privés. La trentaine de camions gros tonnages (dont près de la moitié est en panne), parc roulant dont dispose la Société de transport routier de minerais Sotramine -une autre filiale du groupe minier Ferphos- s’est finalement avérée n’être que d’un très modeste apport. Appel est, à ce titre, lancé à l’adresse des pouvoirs publics pour intervenir en mobilisant plus de moyens pouvant aider la SNTF à améliorer ses performances. Il s’agit d’éviter que cet élan ne soit freiné et permettre à Ferphos ainsi qu’à sa filiale phare d’en finir avec ce goulot d’étranglement, devenu de plus en plus embarrassant. Car il risque de plomber durablement une année pourtant entamée sous de bons auspices et de réduire à néant tous les efforts consentis des mois durant par les travailleurs.

	En cause, à Somiphos, l’on a beaucoup peiné à redresser la barre après plusieurs mois d’incertitudes et de crises sociales, commerciales et financières étouffantes. Somiphos a même vu sa réputation sur le marché international sérieusement entamée, sa crédibilité vis-à-vis de ses clients tout aussi altérée. Pour les quelque 2.400 travailleurs, l’heure est au don de soi, à la remise en cause collective. Ils vont devoir faire abstraction de leurs états d’âme respectifs longtemps dominés par l’esprit tribal et se concentrer sur l’essentiel, à savoir détermination, engagement, rigueur défensive et efficacité. Parce que ce n’est que des mois après qu’ils se sont rendus compte des prolongements des retombées de la grève ayant paralysé l’entreprise pendant plus d’un mois (du 27 avril au 2 juin 2011).

	Plus de 8 milliards de dinars de chiffre d’affaires en 2011

	Le deuxième semestre a, en conséquence, été entamé avec un reliquat de contrats déjà signés et non livrés de 780.000 tonnes. Conséquences immédiates : les 1,5 million de tonnes, arrêtés au titre d’objectifs pour 2011, n’ont pas été réalisées. «Nous avons démarré le deuxième semestre avec des résultats négatifs, héritant de dizaines de contrats non honorés. Le scénario catastrophe se dessinait. Il aura fallu jouer la carte de la mobilisation pour permettre à Somiphos de se redéployer sur le marché international. Nous avons réussi à équilibrer la situation et à rétablir la paix sociale à travers la stratégie adoptée par le staff dirigeant et la coopération des travailleurs», se félicite une source syndicale locale.

	Une fois l’effroi passé de se retrouver avec la lanterne rouge, Somiphos devait agir à l’international et se racheter auprès de ses clients. Un autre pari de gagné vu les résultats réalisés à fin septembre 2011, meilleurs comparativement à ceux atteints durant la même période de 2010 malgré des volumes beaucoup moins importants : 1,1 contre 1,6 million de tonnes. L’inconnue de cette équation ? Une substantielle révision à la hausse des prix. Somiphos a réussi à vendre son phosphate à environ 140 dollars/t, soit le quasi-double des prix appliqués au début de l’année. «Le marché est aléatoire, le phosphate n’étant pas un produit boursier. Nos marges de manœuvre sur les prix sont larges. Notre service a réussi à imposer le minerai algérien en alignant son prix sur ceux appliqués par les leaders mondiaux», a, pour sa part, précisé un cadre de l’entreprise.

	Paradigme rentier

	La pénétration de nouveaux marchés qui lui étaient inaccessibles est l’autre facteur ayant permis à l’entreprise de grignoter des parts de marché non négligeables au «club» des géants mondiaux de l’industrie du phosphate tels que le Maroc, la Chine et les USA. Outre l’Europe, une bonne part de la richesse dormante –phosphate brut dit rock - dont regorge le bassin de Djebel Onk au sud de la wilaya de Tébessa - a ainsi pu être placée en Asie du Sud et du Sud-Est ainsi qu’en Amérique latine. Ce qui a permis à Somiphos de boucler l’exercice 2011 avec plus de 8 milliards de dinars au titre de chiffre d’affaires et de renflouer la trésorerie de la société mère laquelle survivait des 45 millions de dollars, des économies totalisées à fin 2009.

	Des résultats, certes, à même de rendre légitime l’euphorie des responsables de Somiphos et de Ferphos Group, tous fraîchement installés, mais globalement, pour  notre pays, il n’y a pas de quoi en être très fier. Que représentent 1,5 million t, seuil jamais franchi,  par rapport aux deux milliards de tonnes de réserves confirmées, et ce, malgré les capacités installées s’élevant à deux millions de tonnes dont est dotée Somiphos ?

	Puis, contrairement à ses concurrents arabes tels que le Maroc, la Tunisie, l’Egypte ou la Jordanie, pour ne citer que ces exemples, qui enrichissent et transforment sur place l’essentiel de leurs productions respectives en produits plus rémunérateurs, l’Algérie a toujours préféré exporter son phosphate à l’état brut, esprit rentier oblige.
	Ne serait-il pas plus judicieux de saisir l’occasion de la bonne conjoncture actuelle et des perspectives du marché des fertilisants pour accroître son potentiel industriel en transformant le gaz naturel et le phosphate qui rapportent plus de valeur ajoutée (10 fois le prix des matières premières) et d’emplois ?

	D’autant qu’en bons visionnaires, les experts du FMB Group,  une maison d’édition basée à Londres -référence mondiale dans tout ce qui a trait à l’actualité de l’industrie des engrais, de leur commerce international et de leurs marchés- avaient vu juste, il y a plus d’une dizaine d’années. En 2000 déjà, ils avaient, en effet, prédit le grand stress qui allait s’emparer du marché à partir de 2012 : une très forte demande contre une offre des plus dérisoires avec comme facteurs générateurs le délestage et la fermeture de plusieurs usines aux USA et en Europe du fait de l’augmentation du prix du gaz naturel. Et, à l’exception de notre pays qui n’a d’ailleurs jamais manqué de participer aux conférences cycliques du FMB organisées partout dans le monde, tous les pays producteurs avaient pris acte desdites prédictions.

	Aussi, bien qu’il y soit membre qui a son mot à dire, notre pays semble faire fi des indices sur les tendances du marché fournis lors des congrès annuels de la très puissante International Fertilizer Industry Association (IFA) dont il a toujours tenu à y participer. Décidément, nos gouvernants ont du mal à se libérer du paradigme rentier.                   </description>
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           <title>Asie et Amérique latine : Nouvelles destinations pour le phosphate algérien</title>
           <author>Naima Benouaret </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Economie</category>
           <pubDate>Mon, 09 Jan 2012 01:00:00 +0100</pubDate>
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           <description>
	L’Algérie a longtemps dépendu du seul client européen pour placer l’essentiel de ses 1,5 million de tonnes, la production annuelle. Ce n’est plus vrai. Notre phosphate va se vendre au-delà des frontières du vieux continent. 
	Désormais, il a des débouchées à travers plusieurs pays d’Asie et d’Amérique latine. Des propositions de rapprochement, ces clients potentiels l’ont faites aux représentants de Ferphos Group, Groupe Manadjim el Djazaïr (Manal) et du ministère de l’Énergie et des Mines, présents en force, lors des deux derniers grands regroupements des producteurs, exportateurs et traders, intervenant sur le marché mondial des engrais et phosphates : le congrès technique de l’International Fertlizer Association (IFA) et la conférence du FMB Group - maison d’édition londonienne de référence, sorte de bourse pour la filière des fertilisants- respectivement organisés début octobre à Madrid (Espagne), et vers la fin du même mois à Cannes (France). 

	Cette attractivité peu habituelle, le phosphate du bassin de Djebel Onk l’a doit non seulement à la détermination des délégations algériennes, de haut niveau, à lui trouver une place de choix sur l’échiquier où trônent une poignée de pays, mais aussi à la conjoncture du marché. Celui-ci tire sa prospérité actuelle de deux facteurs où la politique est venue se mêler au monde des affaires.

	Le Printemps arabe  et les nouveaux venus

	Le premier n’est autre que le Printemps arabe. Comment a-t-il pu agir ? Les principaux concurrents arabes de l’Algérie ont perdu de conséquentes parts de marchés en raison des crises politiques ayant profondément bouleversé certains d’entre eux. Il y a d’abord la Tunisie : après la chute du régime Ben Ali, les mouvements de protestation récurrents ne cessent d’ébranler le pays, aucun secteur économique n’y a échappé. Le plus touché demeure, sans conteste, celui des mises.

	Voilà plus de quatre mois que les vastes sites Phosphate de Gafsa d’où vivent quelque 5500 travailleurs sont à ce jour paralysés, entraînant de fait une baisse sensible de la production dont près de la moitié est placée à l’étranger, le reste étant absorbé par l’industrie des engrais, c’est-à-dire transformé localement. Ainsi, sur 7 à 8 millions de tonnes/an, à peine 3 MT ont pu être réalisées en 2011 avec comme conséquences immédiates l’équivalent de plus de 400 millions de dinars en pertes sèches.
	S’agissant de l’Egypte, son secteur économique a lui aussi pâti des bouleversements politiques intervenus en 2011. Ces derniers n’ont pas manqué de ralentir les exportations notamment le phosphate qui s’élèvent à 1,4 MT sur une production totale de l’ordre de 2 MT.

	Environ 577.000 t sont transformées sur place. Pour ce qui est de la Syrie, les dernières mesures prises par l’Europe à l’encontre de ses dirigeants, principal acheteur d’environ 80% des 1,7 million de t/an, ont porté un sérieux coup au commerce international, les exportations entre autres. En effet, les 27 nations de l’Union européenne appliquent désormais des sanctions envers le pouvoir syrien dans plusieurs domaines notamment financier, bancaire et commercial.

	Pour le premier, il s’agit de l’interdiction de fournir des services d’assurance ou de réassurance ou toute une assistance financière au gouvernement syrien ou à des entités sous son contrôle. Dans le domaine bancaire, il est désormais interdit aux établissements financiers européens d’ouvrir des filiales ou des comptes en banque, des lettres de crédits en Syrie et aux banques syriennes d’ouvrir de nouvelles agences ou filiales sur le territoire de l’Union européenne.
	Le secteur commercial n’est pas en reste puisqu’ont été édictées des restrictions du soutien financier des États membres de l’UE au commerce avec la Syrie (notamment par la fourniture d’assurances, de garanties et de crédits à l’exportation). D’où la décrue des ventes de phosphate syrien à l’étranger, dont l’Europe client traditionnel.

	L’entrée de nouveaux acteurs et le retour de nombre de producteurs est l’autre facteur ayant insufflé une nouvelle dynamique au marché international. Le Zaïre, le Nigeria et l’Irak vont intégrer le Club des exportateurs de phosphate avec une offre de quelque 3 MT auxquels il faut ajouter 2 MT supplémentaires, volume appelé à être échangé par le Togo, après des années d’absence sur l’arène internationale pour des raisons d’instabilité politique sévère, lui aussi. Ce qui explique en grande partie l’engouement de ces derniers temps pour le phosphate algérien.                            </description>
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           <title>Malgré une forte demande asiatique : Le passage par le Canal de Suez, un sérieux handicap</title>
           <author>Naima Benouaret </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Economie</category>
           <pubDate>Mon, 09 Jan 2012 01:00:00 +0100</pubDate>
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           <description>
	Au premier semestre 2011, la production mondiale de phosphate s’est établie à environ 87 millions de tonnes, dont une partie transformée localement par les plus grands producteurs tels que les USA et le Maroc. 
	Ces deux pays ont respectivement injecté 12 des 13 MT et 11 sur des 22 MT réalisés à leurs industries des engrais phosphatés. Dans son ensemble, l’Afrique du Nord (Maroc, Algérie et Tunisie) a bouclé le même semestre avec l’équivalent de 15 MT avec un reliquat (Stock) cumulé de l’ordre de 16 MT.Les livraisons domestiques (phosphate transformé sur place) se sont élevées à quelque 11,5 MT, le reste, soit environ 5,4 MT,  placé sur le marché international. A lui seul, l’Office Chérifien (OCP) a réalisé 80 % des exportations nord-africaines, l’équivalent de quelque 3,5 MT.

	Pour ces trois pays, le marché naturellement privilégié demeure l’Europe, du moins en ce qui concerne l’Algérie. Malgré la multitude d’offres d’achat émanant des pays émergents de par le monde, notre pays a du mal à placer son produit sur certains marchés pourtant très demandeurs. Il bute sur la problématique du fret, ce facteur pénalisant surtout lorsqu’il s’agit de s’engager sur le marché asiatique (Malaisie, Inde et Philippines). Acheminer le phosphate vers les ports asiatiques, nous a-t-on précisé, coûte à Somiphos 54 à 56 dollars la tonne métrique, car devant s’acquitter du droit de passage par le canal de Suez. Un obstacle surmontable pour certains concurrents arabes tels que la Jordanie et l’Egypte - 2e et 5e exportateur - après le Maroc en raison de leur position géostratégique.

	Un fret revenant ainsi à 24 et 26 dollars /t. Cet avantage a toujours plaidé en leur faveur pour placer leurs produits sur des marchés jusque-là inaccessibles pour notre pays. Aussi, la Jordanie a un autre privilège de taille, des joint-ventures avec des partenaires asiatiques comme l’Inde et l’Indonésie.

	La distance est un autre handicap auquel se heurte Somiphos pour se déployer sur ce même continent. «En moyenne, le navire met plus d’un mois pour atteindre l’Asie alors que l’Europe est à 6 ou 7 jours», explique notre source. C’est dire que notre pays fait actuellement face à un dilemme : d’un côté, une forte demande exprimée de toutes parts, la Nouvelle-Zélande et l’Australie pour la première fois. De l’autre, son client traditionnel, l’Europe, frappée de plein fouet par la crise, défaut de moyens de financement donc décisions d’achat hésitantes. En tout état de cause, les responsables de Ferphos Group et sa filiale Somiphos s’estiment rester ouverts à toutes les propositions à même de permettre la diversification des marchés et d’augmenter ses parts, à la seule condition de préserver les intérêts de l’entreprise.            </description>
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	Le fret, un nouveau défi pour Ferphos pour conquérir des marchés lointains.
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           <title>Zone industrielle d’Es Senia (Oran) : Un site en déperdition</title>
           <author>Djamel Benachour </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Economie</category>
           <pubDate>Mon, 09 Jan 2012 01:00:00 +0100</pubDate>
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           <description>
	Les opérateurs économiques activant dans la zone industrielle d’Es Senia doivent prendre leur mal en patience et attendre leur tour avant que l’Etat ne daigne se pencher de manière effective sur la réhabilitation de cet espace presque délaissé. 
	Le virage libéral opéré après 1988 a entraîné d’abord la déstructuration du tissu industriel public puis l’abandon de la gestion des zones. Les entreprises privées devenues majoritaires avec l’implantation de nouvelles entités déplorent aujourd’hui la dégradation inquiétante des espaces communs (éclairage, voirie, assainissement) et des services (transport, téléphone, sécurité).
	Le constat est le même depuis plus de 10 ans et les solutions préconisées n’ont pas eu les effets escomptés faute de suite dans les idées et les expérimentations se poursuivent. «Un diagnostic a été établi, les problèmes sont réels et c’est pour cela que les pouvoirs publics ont décidé de réhabiliter les zones industrielles», atteste un chef de service à la direction de la PME et de l’industrie, nouvelle administration tutelle (après la direction des mines) citant un programme national en cours.

	Seulement, voilà, pour la wilaya d’Oran, c’est la zone industrielle de Hassi Ameur, située à l’Est, qui a été choisie. L’étude relative à ce projet a été faite et il ne reste plus qu’à sélectionner l’entreprise qui se chargera des travaux pour un budget dégagé et estimé à 400 millions de dinars. La zone d’Es Senia, subdivisée en trois sous-espaces, en fonction de son extension dans le temps, est pourtant l’une des premières à avoir été créée à l’échelle du pays avec Oued Semar à Alger. 

	Sa partie la plus ancienne nécessite actuellement un traitement spécifique, car elle est entièrement intégrée dans le tissu urbain du groupement d’Oran. Pour le reste, les problèmes de viabilisation altèrent l’attractivité du site et handicapent sérieusement les entreprises déjà existantes. «Nous sommes contraints de faire avec les moyens de bord», déplore la gérante d’une entreprise spécialisée dans l’industrie caoutchoutière. «Il n’y a pas si longtemps, nous sommes restés six mois sans téléphone», ajoute-t-elle pour mieux illustrer l’ampleur de «la catastrophe».

	Les anciennes zones délaissées, les nouvelles ne voient pas le jour

	Souvent évoqué comme excuse, le vol des câbles téléphoniques, une réalité à Oran, ne peut pas expliquer à lui seul les perturbations parfois excessives du réseau de communication qui perturbe notamment le travail des sociétés d’impression, contraintes de recourir à des solutions intermédiaires (sans fil) pas toujours efficaces pour contourner le problème. La zone est pourtant dotée d’une société de gestion (SGI) mais celle-ci n’a pas réussi à rentrer dans les bonnes grâces des opérateurs qui ont fini par perdre espoir. «Au début nous y avons cru et nous nous acquittions régulièrement de nos taxes, mais, comme nous n’avons rien vu venir, nous avons décidé de cesser les payements», déclare-t-on à ce sujet. 

	La société en question a réalisé quelques travaux, mais, dans l’ensemble, elle n’a pas réussi à convaincre les concernés. Auparavant, au tout début des années 2000, résultat d’une réflexion et d’un débat de fond initié localement, une expérience pilote a été tentée. Elle consistait à créer une société par actions pour faire en sorte que ce soit les opérateurs eux-mêmes qui prennent en charge la gestion de la zone. C’est ainsi que la SOGES a vu le jour grâce aux premiers actionnaires (la quotepart était fixée à 50 000 DA).

	En accord avec le wali de l’époque, des locaux ont été attribués et un terrain a été cédé pour aménager, dit-on, une infirmerie, une cantine, etc. Cette société n’a pas eu le temps de faire ses preuves et a été dissoute avec le retour de l’Etat et, dans le sillage des ex-SGP (Société de gestion des participations) en charge du foncier industriel, l’installation de ces SGI (société de gestion immobilière). Aujourd’hui, avec l’Aniref (agence nationale d’intermédiation et de régulation foncière) sous tutelle du ministère de l’Industrie, de la PME et de la promotion des investissements, les pouvoirs publics semblent plutôt se concentrer sur le projet ambitieux de création de 36 nouvelles zones industrielles, dont (pour Oran) celle prévue à Bethioua (500 ha).

	Les changements de politiques et de tutelles ne favorisent pas, du moins dans un avenir proche, une prise en charge effective et durable des anciennes zones comme celle d’Es Senia. Quand bien même, en attendant son tour, celle-ci sera réhabilitée, le problème de sa gestion ne sera pas pour autant résolu.           </description>
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           <title>Les cours mondiaux du blé s’effondrent</title>
           <author>Nordine Grim </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Economie</category>
           <pubDate>Mon, 09 Jan 2012 01:00:00 +0100</pubDate>
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	Contrairement aux prévisions pessimistes, la production mondiale s’est en effet révélée bien meilleure que ce que prévoyaient les négociants en céréales, sans doute pour pousser les plus gros acheteurs mondiaux à passer simultanément commandes pour tirer les prix, notamment ceux du blé, vers le haut. 
	C’est un piège dans lequel sont du reste tombés beaucoup de pays, notamment l’Algérie qui avait passé de grosses commandes pour se mettre à l’abri de pénuries susceptibles d’exacerber un front social en ébullition.  A elle seule, l’Algérie a dépensé entre 2010 et le premier semestre 2011 pas moins de 2,5 milliards d’euros pour reconstituer ses stocks, à des prix qui ne cessaient d’augmenter pour atteindre à la fin de l’été 2011 le record historique de 240 euros la tonne sur le marché français et un peu plus sur le marché américain (Chicago). La hausse était, pour ainsi dire, vertigineuse lorsqu’on se souvient que la même tonne de blé se négociait, à peine, à 90 euros en moyenne, deux années auparavant sur les principales places boursières.

	En chute d’environ 30% par rapport aux prix exceptionnellement élevés qu’ils avaient atteint durant l’été 2011, les cours du blé se sont très sensiblement rapprochés de ceux du début de l’été 2010, soit environ 180 euros la tonne, en moyenne sur les marchés américains et français. Selon les informations rapportées par les spécialistes du très sérieux service d’analyse de marchés «Offre et demande agricole», les stocks de blé se seraient, en effet, largement reconstitués (208 millions de tonnes) au point de satisfaire aisément 30% de la consommation mondiale et d’aller encore plus loin dans la disponibilité de cette denrée alimentaire éminemment stratégique, grâce aux efforts déployés par les plus gros producteurs mondiaux de céréales et qui misent sur des données météorologiques favorables pour atteindre de bons seuils de rentabilité.   

	Contrairement donc aux prévisions alarmistes émises à grands renforts médiatiques aussi bien par les traders que par les producteurs, l’offre de blé s’avère en définitive bien meilleure que prévu. Les récoltes ont été bonnes, aussi bien en France, en Australie, aux USA, qu’en Ukraine et en Russie, revenues sur les marchés internationaux après quelques années de suspension d’exportation essentiellement due à la sécheresse qui avait affecté  toute la région céréalière de la mer Noire. De ce fait, les prix qui avaient grimpé jusqu’à 8,27 dollars le boisseau à la fin août 2011 sont aujourd’hui retombés sous la barre des 6 dollars, renouant ainsi avec les niveaux de juillet 2010.

	De l’avis des mêmes experts de «Offre et demande agricole», la promesse de très bonnes récoltes, notamment dans les vastes exploitations australiennes et nord-américaines, a de bonnes chances de ramener les cours du blé à des niveaux encore plus bas durant l’année 2012. Un bon présage pour l’Etat algérien qui peut ainsi espérer couvrir ne serait-ce qu’une partie des frais colossaux qu’il consacre au soutien des prix de certaines céréales.                            </description>
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           <title>L’Algérie, une non-destination</title>
           <author>Nora Boudedja </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Economie</category>
           <pubDate>Mon, 26 Dec 2011 01:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 26 Dec 2011 01:00:00 +0100</lastBuildDate>
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	Depuis quelques jours, les annonces alléchantes pour des offres concernant les fêtes de fin d’année pullulent dans les journaux. Mais rarement pour promouvoir des destinations ici en Algérie. Les quelques placards publicitaires qui y font allusion proposent des prix presque dissuasifs par rapport à ce qu’offrent d’autres pays. 
	La tradition touristique s’est perdue depuis belle lurette en Algérie qui n’a nullement profité des débâcles de ses pays voisins. Sa stabilité relative n’a pas réussi à cacher des années de laisser-aller dans un secteur qui aurait pu être un axe important de développement économique et social et une alternative sûre en perspective de l’après-pétrole.
	«En économie, l’adage selon lequel le malheur des uns fait le bonheur des autres ne s’est jamais vérifié par le passé, ne se vérifie pas aujourd’hui et ne se vérifiera pas demain», assène d’emblée Mourad Kezzar, consultant en tourisme et hôtellerie. «Le tourisme est une industrie, une économie.

	Le bonheur économique d’une nation, si l’on peut utiliser ce terme, ne peut résulter que d’une meilleure exploitation de ses avantages comparatifs, à l’échelle macro-économique, et des facteurs-clés de succès (FCS) à l’échelle de l’entreprise touristique quels soient un hôtel, une agence de voyages ou un office de tourisme», note-t-il.  L’Algérie continue à être considérée comme une «non-destination» par les organisations internationales. «Le développement du tourisme en Algérie est attendu depuis de nombreuses années et fait l’objet de déclarations répétées de la part des autorités concernées, sans que le pays n’ait encore donné une réalité à ses intentions», estime ainsi la Mediterranean Travel Association (Meta).

	Ce constat est étayé par le classement peu glorieux du rapport 2011 élaboré par le Forum économique mondial (WEF) qui place l’Algérie au 113e rang mondial, sur 139 pays. Dans la région du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, elle se classe au 14e rang sur 16 pays.

	«Les troubles proprement dits n’ont jamais été un frein aux flux touristiques quand un pays dispose d’une politique touristique lisible. Au risque de choquer, par le passé, l’Intifadha en Palestine n’a pas mis à genou le tourisme israélien. Aujourd’hui, malgré la répression  israélienne, les territoires gérés par l’Autorité  palestinienne reçoivent toujours des touristes.
	Si des touristes occidentaux fréquentaient l’Egypte, la Tunisie ou la Syrie, c’est par ce que ces destinations offraient des produits qui répondaient aux caractéristiques à la fois objectives et subjectives de la demande exprimée par ces touristes», observe encore Mourad Kezzar.

	En management, l’approche, «sécuritaire ou conjoncturelle» n’existe pas. «&lt;&lt;Si notre produit est conçu selon nos idées reçues et non pour répondre aux besoins de la clientèle, même si l’on est le seul pays sur terre épargné par les violences et même si nous avons le monopole de ce produit, notre destination restera mal appréciée par le touriste consommateur. Du coup, ce n’est pas parce qu’un groupe de touristes ne peut pas se rendre en Tunisie qu’il va venir en Algérie. Il viendra en Algérie, le jour où cette dernière lui proposera une offre qui répond à ses attentes et à sa perception de la qualité», ajoute-t-il.

	«Travel Warning »

	Les révolutions arabes sont donc loin d’être bénéfiques pour l’Algérie. Pis encore, ces crises politiques et plus précisément le bourbier libyen, qui a permis une circulation massive d’armes récupérées par des mouvements terroristes sévissant dans le Grand-Sud, n’ont fait que ternir davantage l’image et la réputation du pays. De nombreux pays occidentaux continuent à émettre les fameux «Travel Warning» déconseillant à leurs ressortissants de voyager en l’Algérie. Au ministère du Tourisme, on ne se fait pas d’illusion, mais l’on se montre optimiste quant au développement de ce secteur. «Oui c’est vrai, l’Algérie est une non-destination», reconnaît Abderraouf Khalef, directeur de l’évaluation et du soutien des projets touristiques.

	«Mais nous avons une stratégie à long terme pour y remédier», nuance-t-il. Selon lui, de nombreuses mesures ont été prises pour inciter l’investissement dans le tourisme. «50% des projets sont à l’arrêt faute de financement. La loi de finances complémentaire pour 2009 prévoit des bonifications de taux d’intérêt de 3% au Nord et 1% dans le Sud. Elles seront appliquées cette année. Nous sommes en négociations avec les banques publiques pour signer des conventions-cadres», indique-t-il. «Il s’agit d’investissements lourds et la rentabilité ne vient pas tout de suite. On va proposer aux banques d’allonger la durée du crédit à 12 ans au lieu de 7 avec un différé de paiement de cinq ans», a-t-il poursuivi.

	Le ministère lancera par ailleurs une opération de viabilisation des zones d’expansion touristique en 2012. Le département de Smaïl Mimoune mise sur le tourisme de masse, fera remarquer ce responsable. « Il faut cibler le citoyen algérien», relève-t-il. En d’autres termes, à défaut d’attirer les touristes étrangers, le ministère espère garder les millions d’Algériens qui préfèrent passer leurs vacances ailleurs que dans leur pays. Près d’un million d’entre eux choisissent la Tunisie et son tourisme balnéaire, alors que l’Algérie compte plus de 1200 km de côtes. Les autres se rabattent sur la location chez les particuliers qui disposent de logement à proximité des plages.

	D’ailleurs, un texte de loi appelé «le logement chez l’habitant» a été proposé au gouvernement pour, a indiqué M. Khalef, «organiser la location estivale». «Ce n’est pas pour contrôler ces locations, mais pour mieux les organiser. On pourrait ainsi impliquer les offices du tourisme et les associations qui proposeront des logements à la location», assure-t-il. Le Printemps arabe n’a donc pas profité à la destination Algérie qui attend toujours l’arrivée de ces hirondelles.               
	 </description>
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           <title>«Le tourisme ne peut s’installer que dans des pays en paix»</title>
           <author>Nora Boudedja </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Economie</category>
           <pubDate>Mon, 26 Dec 2011 01:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 26 Dec 2011 01:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description> 
	-Globalement, quel a été l’impact du Printemps arabe sur le secteur du tourisme en Méditerranée ?

	L’impact direct des révolutions arabes en 2011 provoque une perte de 13,6 millions d’arrivées cumulées sur les rives sud et est, en Tunisie, Libye, Egypte, Palestine, Jordanie et Syrie, partiellement compensées par les augmentations constatées sur quelques marchés.Les résultats sont attendus positifs au Maroc (+8%), en Israël (+3%) et en Turquie (+16%). La côte est enregistre une diminution de ses arrivées internationales en 2011 de - 10% ; la côte sud de -15%.  Les pays européens méditerranéens enregistrent une forte progression estimée à 13,3 millions d’arrivées supplémentaires, soit + 6,5%.
	Une partie de ces nouvelles arrivées est une récupération des départs en vacances des Européens qui ont préféré passer leurs vacances sur les rives européennes de la Méditerranée plutôt que sur ses rives sud et est. Une autre partie est constituée par un afflux plus important de pays émetteurs de tourisme situés hors Europe. Ceci étant, les résultats du quatrième trimestre n’étant pas connus, ces estimations sont à prendre avec prudence.

	-Le tourisme est-il une source de revenus importante pour ces pays ?  

	Le tourisme en Méditerranée représentait en 2010 un PIB (direct et indirect, formation de capital fixe compris) de 1000 milliards de US$ (770 milliards de dinars€). 69% de ce PIB est réalisé par les pays méditerranéens membres de l’Union européenne et 31% par les autres destinations réparties entre les Balkans, et les rives est et sud. Le nombre d’emplois directs et indirects est estimé à 20 millions sur l’ensemble des marchés. Le tourisme est donc partout la première, ou l’une des toutes premières, industrie dans tous les marchés méditerranéens, au Nord comme au Sud.
	
	-L’instabilité est toujours de mise dans certains pays touchés par les révolutions. Quand, à votre avis, pourra-t-on espérer la reprise ?

	Le tourisme ne crée pas la paix, mais il ne peut s’installer que dans des pays en paix. Il est tellement important, pour tous les pays méditerranéens, au Nord comme au Sud, que les freins à son déploiement soient progressivement contrés. Les discours actuels des nouveaux dirigeants égyptiens et tunisiens vont dans ce sens, celui de rassurer les marchés pour préparer la saison 2012. L’activité touristique a mainte fois fait la preuve d’une «résilience». A chaque crise importante : 2001, SARS, H1N1, l’activité redémarre à la fin de la crise, non pas pour se retrouver au niveau de la progression qui était le sien, mais bien à la place qu’elle aurait eue si la crise, cause de sa baisse, n’avait jamais eu lieu.

	Déjà, la suppression des visas entre l’Egypte et le Maroc est d’actualité, car les Marocains sont nombreux à passer les fêtes de fin d’année sur le Nil et sur les rivages de la mer Rouge. Le Liban et la Turquie reçoivent une part croissante de leurs tourismes depuis les pays du Golfe. Il paraît évident que la fin des combats en Syrie verra tout de suite revenir un tourisme florissant. Ce marché est passé de 4 millions à 8,5 millions d’arrivées touristiques internationales entre 2007 et 2010 (3 ans), il peut retrouver le même nombre d’arrivées au cours de l’année qui suivra la fin des combats. Cette fin des combats libérera le tourisme en Jordanie, cette année injustement contraint par la violence de son voisinage.

	Le tourisme palestinien parie sur une bonne fin d’année, malgré les tensions existantes et persistantes dans cette partie de la Méditerranée. L’ouverture des frontières entre le Maroc et l’Algérie verrait immédiatement l’afflux de touristes entre les deux pays. La Libye, si elle décide d’investir dans le tourisme, pourrait devenir un géant dans la Méditerranée, en quelques années seulement. Notre association avait estimé le tourisme arabe à plus de 10 millions de départs internationaux il y a cinq ans. Il est probable que l’apaisement attendu en 2012 multiplie ces départs arabes pour toutes les destinations touristiques dans le monde, y compris celles de la Méditerranée.                                    </description>
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           <title>«Le tourisme saharien n’est pas l’avenir du tourisme algérien»</title>
           <author>Nora Boudedja </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Economie</category>
           <pubDate>Mon, 26 Dec 2011 01:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 26 Dec 2011 01:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description> 
	-La destination Algérie est boudée par les touristes étrangers. Le pays est au bas des classements des organisations internationales. Comment expliquez-vous cette situation ?

	L’Algérie n’est pas boudée d’une façon irréversible par les touristes étrangers. Chaque fois qu’il y a une dynamique qui s’amorce, on l’ignore ou, pire, on fait tout pour la stopper et souvent inconsciemment. Après la douloureuse décennie 1990, et dès 2001, on a commencé à voir revenir dans nos villes, nos oasis et notre désert les touristes étrangers dans un mouvement de reprise menée, essentiellement, par les anciens Français d’Algérie qu’on appelle les pieds-noirs. Je connais des agences de voyages réceptives algériennes qui étaient contraintes de refuser des réservations tellement la demande était importante par rapport aux moyens de prise en charge et aux capacités d’accueil. Chaque pied-noir, de retour chez lui, incitait directement ou indirectement d’autres pieds-noirs et même des personnes sans aucune attache historique avec l’Algérie à venir.

	En 2006, j’ai comptabilisé 5 touristes «sans attaches sentimentales» à l’Algérie ramenés par la bonne image véhiculée par un seul pied-noir de retour en France après un séjour de ressourcement. L’élan était si grand que j’ai assisté même à des groupes de femmes espagnoles et allemandes venir seules sillonner notre beau pays. Au lieu d’accompagner cette dynamique, on a commis une série de fautes les unes professionnelles, les autres politiques.

	-Qu’est-ce qui a cassé cette dynamique ?

	Professionnellement, on a ignoré cette dynamique, on a tourné le dos à ces clients qui étaient là, et on est allés chercher une clientèle virtuelle dans les pays émergents et les nouveaux marchés émetteurs tels que la Chine ou la Russie, comme si on avait déjà puisé à satiété dans les marchés traditionnels. Une perte de temps, d’efforts et de deniers publics pour rien.
	Alors que la demande était sur le tourisme culturel, et malgré les avertissements de plusieurs experts, on a continué et on continue à ce jour de penser que l’avenir du tourisme algérien est dans son Sahara. C’est comme si le syndrome de la rente pétrolière a fini par polluer nos penseurs de la chose touristique. Ainsi, au lieu de prendre acte de la demande réelle, on a croisé les bras en attendant qu’un jour Air Algérie, dont les investissements sont financés par le contribuable et la rente pétrolière, vende à perte les sièges sur les lignes du Sud.  

	A ce jour, aucune procédure de facilitation en direction des agences de voyages réceptives n’est opérationnelle. Cela va de la procédure sécuritaire, en passant par le transfert des recettes en devises, en allant vers les taxes. A titre d’exemple, savez-vous que dans tous les pays ou associations de pays, l’activité réceptive qui consiste à ramener les touristes étranges et les devises est exonérée de la TVA, sauf en Algérie ? En Algérie, par le jeu de la LFC 2009, l’activité réceptive est exonérée de la TAP. Celle-ci est de 2%. Mais elle est assujettie à la TVA de 7%. Où est l’incitation ici ? Mieux, en ramenant des touristes étrangers, l’agence de voyages est obligée de déclarer la totalité de son activité et payer fort la TVA et autres taxes sur les bénéfices. Si, par contre, elle envoie des Algériens en Grèce ou en Turquie, elle peut le faire au noir, car ce ne sont pas les hôteliers de ces pays qui vont répercuter les factures au fisc algérien. Dans ces conditions, quel est l’intérêt d’une agence de voyages à faire du réceptif ? Or, ce qui ramène les touristes en Algérie ce n’est ni le ministère ni l’ONT, mais bien les agences de voyages.
	
	-L’Algérie accuse un énorme retard en matière d’infrastructures touristiques et celles existantes répondent rarement aux normes. Quelles sont les raisons de ce désinvestissement ?

	L’Algérie a lancé dans les années 1970 d’importants investissements pour développer le réceptif, selon les données de l’époque. Début des années 1980, une fois les infrastructures hôtelières livrées, elles seront vite orientées, par populisme du temps du défunt  PAP, vers le tourisme de masses avec une gestion administrative de la chose touristique, comme d’ailleurs tous les secteurs économiques.Le secteur privé, libéré grâce aux textes sur l’investissement de 1982 commençait à s’intéresser timidement au tourisme, quand la crise des années 1990 s’est pointée pour casser l’élan.  

	L’investissement hôtelier est lourd. Les fonds engagés ne sont amortis que sur des dizaines d’années avec des rénovations presque toutes les cinq années, donc, il est difficile de trouver des investisseurs qui s’engagent dans une conjoncture d’instabilité.
	Notre pays, dès 1986, n’a pas cessé de traverser des zones de turbulence qui, conjuguées à l’absence d’une politique touristique lisible, offraient un environnement non favorable à l’investissement dans le secteur. A partir du début des années 2000, les investissements dans le secteur hôtelier sont de retour avec une très forte concentration dans l’hôtellerie urbaine et d’affaires. Ce qui est normal, car la demande est là et les investisseurs ne font que la suivre pour assurer une certaine sécurité aux fonds engagés et tirer le maximum de profits.

	Le défi des pouvoirs publics pour les années à venir est de réguler le marché en incitant les investisseurs à s’engager dans l’hôtellerie située entre le haut de gamme et l’hôtellerie de préfecture. Celle est à la fois de qualité et accessible aux touristes vacanciers.

	-Qu’en est-il du déficit en matière de capacités d’accueil ?

	Nous devons arrêter de raisonner la veille de 2012 sur la base des statistiques des années 1980. Aujourd’hui, ce n’est que dans l’imaginaire de certains que les hôtels de la côte algérienne sont complets les trois mois d’été. La réalité tout est autre. Tellement qu’il y a mévente sur le marché du balnéaire algérien, une grande partie des hôtels et complexes recourt à des pratiques qui peuvent devenir, demain, une industrie du tourisme sexuel que nous devons condamner avec force.
	Les événements qui ont secoué certaines régions côtières du pays la veille et le lendemain de la dernière saison estivale invitent les politiques et les professionnels à se pencher sérieusement sur le sujet. Au risque de ne pas plaire à certaines personnes qui confondent libertés individuelles et gestion, fermer certains bars et certains hôtels peut s’avérer un acte salvateur pour notre tourisme et non une atteinte aux libertés. Il ne faut pas faire dans le mélange des genres.

	Quand des hôtels balnéaires réalisent plus de 50% de leurs chiffres d’affaires durant le mois de juin avec des ventes de boissons alcoolisées, ou quand ces mêmes hôtels louent, et à l’année, plus de 30% de leurs capacités d’accueil à des filles,  on  ne peut pas parler de déficit dans ce type d’hôtellerie.  Plutôt, il y a mévente. Or, pour des raisons objectives, ces deux «produits palliatifs», si j’ose dire, sont à court terme très rentables avec une clientèle jamais regardante sur la qualité de la prestation hôtelière. Du coup, les hôtels qui recourent à ces pratiques condamnables sont à la fois rentables et dans de piteux états qu’aucun touriste n’acceptera de fréquenter. C’est aussi cela le drame de notre hôtellerie de moyenne gamme censée recevoir des touristes vacanciers. Donc, je suis d’accord avec vous pour dire qu’il y a un problème de déficit en lits, mais il y a aussi un problème de management et de régulation.
	
	-L’Algérie focalise essentiellement sur le tourisme saharien…

	Le tourisme saharien est un marché de niche. C’est à dire, un produit qui se caractérise, entre autres, par une clientèle limitée dans le nombre. Aujourd’hui, tout le monde parle tourisme sans maîtriser les concepts de base. A mon sens, le tourisme saharien n’est pas l’avenir du tourisme algérien. Il est l’un des produits que l’on peut développer par ce qu’il y a une demande. Il peut être un facteur de développement régional, mais pas de l’économie touristique d’un pays. Dire le contraire est du populisme.
	Pour des raisons climatiques, dans notre Sahara, dans le meilleur des cas, on ne peut faire le plein que durant 6 mois de l’année.  
	Je pense sincèrement que si l’on arrive à recevoir, à court terme, 8000 touristes étrangers par an dans le Sud et à bien gérer leurs forfaits, c’est déjà une bonne chose. Pour le reste, ce n’est qu’inflation de discours plus que de chiffres.               </description>
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           <title>«La bureaucratie est de nature à décourager le persévérant des investisseurs »</title>
           <author>Nora Boudedja </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Economie</category>
           <pubDate>Mon, 26 Dec 2011 01:00:00 +0100</pubDate>
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	M. Benchaâbane est l’un de ces investisseurs qui ont cru aux nombreux discours des officiels sur la volonté de développer le tourisme en Algérie. 
	Emerveillé par un complexe touristique au Maroc, plus exactement à Agadir, où il était en vacances en 1985, il nourrit l’espoir d’en faire de même en Algérie se disant que le pays mérite bien ça. Il est encouragé par un placard publicitaire publié sur le journal El Moudjahid dans lequel la wilaya de Aïn Témouchent lance un appel à manifestation d’intérêt pour le développement du secteur du tourisme dans cette région. Il se présente dans cette wilaya et expose son projet de complexe touristique. Cette infrastructure baptisée M’hiddine du nom de son défunt fils comprend 32 appartements, 3 restaurants, une pizzeria, une piscine avec cafétéria et une supérette. Elle est implantée à Terga Plage.

	C’est là que commencent les déboires de cet entrepreneur en bâtiment originaire de Naâma. Il n’obtiendra le permis de construire que quatorze longues années après en avoir fait la demande. «Ça a été un véritable parcours du combattant», souligne-t-il. L’investisseur pensait pouvoir enfin voir son rêve se réaliser, mais c’est la grande désillusion avec les évènements de la décennie noire. Les chances de faisabilité et de rentabilité de ce genre d’investissements sont hypothéquées par les incertitudes et l’instabilité qui régnaient à ce moment-là. Mais cela compter sans la témérité de M.Benchaâbane qui décide d’aller jusqu’au bout de son projet.

	Il sollicite pour ce faire les banques pour l’aider à financer la réalisation dudit complexe.  Seule la Banque de l’agriculture et du développement rural (BADR) acceptera de l’accompagner durant la première phase de la réalisation du projet. Cependant, la décision des pouvoirs publics d’orienter les activités de cette institution financière exclusivement vers le secteur de l’agriculture lui sera fatale. «Je me suis retrouvé abandonné à mi-chemin», déplore cet investisseur. Il réussira tant bien que mal à achever le projet en 2005 en puisant dans ses propres fonds.

	Après donc des années de galère, le complexe sera mis en exploitation non sans les difficulté qui pousseront l’homme d’affaires à ne pas respecter l’échéancier de remboursement de la dette bancaire afin de pouvoir faire face aux charges liées à son investissement. La BADR, loin de l’enfoncer, donne son feu vert pour restructurer les créances qu’elle détient sur cet investisseur. Aujourd’hui, il espère bénéficier des mesures décidées lors de la dernière tripartite en faveur des entreprises endettées.

	«La dernière tripartite a pris certaines mesures pour venir en aide aux entreprises en difficulté de paiement de leurs crédits. Je ne peux qu’applaudir si on avait pris en compte les entreprises qui ont essayé de s’accrocher à leur banque en restructurant leurs dettes et les faire bénéficier des mêmes avantages que ceux accordés aux autres entreprises», a-t-il souligné. Il regrette que l’administration ne joue pas son rôle en accompagnant les initiatives. «L’administration et nous ne parlons pas le même langage. Nous, nous voulons aller vite et bien, alors que l’administration préfère travailler doucement le matin et pas trop vite le soir», résume-t-il plein de désarroi.

	La bureaucratie est de nature à décourager le persévérant des investisseurs, a-t-il signifié. «L’industrie du tourisme peut être lancée. D’autres pays pétroliers l’ont fait et ils commercialisent aussi bien le pétrole que des offres touristiques. Ils ont compris que le tourisme ne tarit pas. Notre côte méditerranéenne sur une longueur de 1200 km est encore vierge et la ressource de demain», note cet homme d’affaires qui envisage malgré ses déboires de réaliser un nouvel hôtel de 70 chambres et 12 suites offrant des cures de thalassothérapie.

	Il compte même réaliser un village écologique. La loi 03-03 est, selon lui, un autre écueil pour les investissements dans le secteur du tourisme. «Les zones d’expansion touristique ne sont pas pourvues de plans d’aménagement touristique», déplore-t-il.                </description>
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	Vue du complexe touristique M’hiddine à Terga Plage à Aïn Témouchent.
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           <title>Béchar : La bureaucratie bride l’investissement local</title>
           <author>M. Nadjah </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Economie</category>
           <pubDate>Mon, 19 Dec 2011 01:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 19 Dec 2011 01:00:00 +0100</lastBuildDate>
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	Est-ce la fin du calvaire enduré depuis longtemps par les investisseurs de la région du sud-ouest et le début d’une nouvelle ère qui s’ouvre pour ces derniers jusqu’ici malmenés par une bureaucratie tatillonne qui s’est incrustée dans les mœurs de l’administration ? 
	Les mesures prises récemment pour redynamiser le guichet unique décentralisé suffisent-elles pour espérer une relance de l’investissement productif à l’arrêt alors qu’une foule de facteurs continuent toujours de bloquer l’assise même de l’investissement et le peu d’empressement manifeste à réhabiliter la zone industrielle de 200 ha ? Dans une allocution empreinte d’un franc-parler rare dans les annales des discours officiels, M. Mansouri, directeur général de l’Agence nationale de développement et de l’investissement (ANDI), a indiqué au cours d’une visite effectuée la semaine dernière à Béchar que le climat de l’investissement en Algérie reste jalonné d’entraves bureaucratiques et procédures compliquées qui découragent toute volonté d’investir.

	Et de citer des pays pauvres en ressources minières et  énergétiques comme Djibouti, le Niger, le Tchad et même l’Afghanistan en guerre, qui sont en avance en matière du climat d’investissement sur l’Algérie qui occupe malheureusement le bas du classement mondial selon des études des organismes spécialisés, a-t-il indiqué.

	Investir, un parcours de combattant

	Un constat avéré et partagé par l’ensemble des participants à une journée de sensibilisation sur ce thème puisqu’au niveau local comme d’ailleurs au niveau national on continue de livrer un parcours du combattant et faire le pied de grue devant les administrations en charge des dossiers pour faire aboutir un projet d’investissement créateur d’emplois. Dresser une liste des opérateurs économiques désabusés serait long et fastidieux. Néanmoins, on peut citer un cas particulièrement éloquent d’un promoteur privé d’une laiterie à Ouakda (nord de Béchar) combien indispensable dans la région pour pallier à celle déficitaire d’Igli notamment au mois de Ramadhan où les immenses besoins en lait se font sentir.

	La banque a exigé à ce promoteur un apport financier personnel condition pour lui débloquer un prêt sollicité destiné à l’acquisition des équipements nécessaires à l’étranger alors que les travaux de génie civil de la laiterie sont achevés depuis plusieurs mois et gage de son sérieux. Et c’est dans le souci, indique-t-on, de remédier à cette situation délétère du climat d’investissement et en présence d’un aréopage d’opérateurs économiques, d’agents de l’Etat des cinq wilayas du Sud limitrophes, des services des Douanes, des impôts, de la chambre régionale du commerce, des domaines, de l’urbanisme, du registre du commerce, de la CASNOS, de la CNAS, des APC et des élus que des débats sereins, engagés entre participants et directeurs centraux de l’ANDI chacun dans sa spécialité, ont porté sur la clarification de nombreux aspects ambigus de la réglementation régissant l’investissement productif ainsi que sur la mission dévolue au guichet unique décentralisé de l’Agence de l’investissement où l’ouverture d’une antenne locale a été décidée il y a cinq mois.

	Dans le but d’insuffler une nouvelle dynamique à l’investissement régional, le président de la chambre régionale du commerce a recommandé l’exonération totale fiscale et parafiscale sans limite de période, la réduction au maximum du taux de la TVA, la consolidation du fonds des péréquations des charges des transports et la spécialisation des banques au sud pour traiter l’octroi des crédits dans le temps et dans l’espace. Au cours des débats il a été surtout question de l’indispensable concertation et coordination  entre services de l’Etat concernés par l’investissement devant aboutir à une procédure simplifiée et permettre ainsi à l’opérateur économique de concrétiser son projet sur le terrain.

	La zone industrielle dans un état lamentable.

	Dans la nouvelle vision exposée de l’ANDI, une représentation permanente, au niveau du guichet unique, des agents de l’Etat concernés par l’investissement, est prévue, appuyée par une assistance technique dans les différentes phases du projet de l’investisseur. D’après les intervenants, les responsables du guichet unique sont appelés à identifier les écueils et les contraintes qui se dressent devant le promoteur d’un projet économique, à y remédier sur place ou le cas échéant l’informer sur la nature des obstacles et l’orienter.

	D’autres participants à cette rencontre ont fait remarquer l’état «désastreux» dans lequel se trouve la zone industrielle de 200 ha dont les travaux de réhabilitation ne sont toujours pas achevés depuis plusieurs années malgré une enveloppe budgétaire de 300 millions de dinars dégagée. La réhabilitation toucherait en particulier l’AEP, l’assainissement, l’éclairage, le terrassement et les réservoirs d’eau. Les travaux de viabilisation du site ont été confiés à une entreprise privée pour un délai de 8 mois, mais les travaux perdurent depuis 4 ans. A titre d’exemple, le marché pour la construction du mur de clôture de la zone a été attribué à une entreprise qui s’est avérée défaillante et le maître de l’ouvrage a procédé à la résiliation du marché et les travaux de finition demeurent en l’état depuis 2 ans.

	De l’avis des experts locaux, le climat de l’investissement que ce soit sous sa forme administrative décriée ou son aspect financier complexe ne peut être complètement assaini que si l’investisseur dispose dans la zone industrielle de toutes les commodités et facilités nécessaires lui permettant de s’installer dans de bonnes conditions. Alors ce «verrou» finira-t-il par sauter afin de permettre au guichet unique de jouer pleinement son rôle grâce aux mesures de renforcement et d’allégements procéduraux décidés ?</description>
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	Une vue de Béchar
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           <title>Quand les riches se dérobent</title>
           <author>Safia Berkouk </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Economie</category>
           <pubDate>Mon, 12 Dec 2011 01:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 12 Dec 2011 01:00:00 +0100</lastBuildDate>
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	Le fonds de la zakat a récolté plus de 100 milliards de centimes cette année, soit deux fois plus que le montant réalisé en 2006 et près de trois fois celui de l’année 2008, d’après les statistiques du ministère des Affaires religieuses et des Wakf. 
	Une manne non négligeable, mais qui reste bien en dessous de ce qui devrait être, de l’avis de beaucoup d’observateurs. En effet, le nombre exact des millionnaires et de milliardaires est inconnu en Algérie, et pourtant les signes saillants de richesse, de type villas luxueuses et voiture onéreuse ne manquent pas. Ils semblent d’ailleurs parfaitement s’accommoder de la présence de plus en plus ostentatoire de la mendicité.
	Le ministre des Affaires religieuses, Bouabdallah Ghlamallah, qui avait, il n’y a pas si longtemps, affirmé que la pauvreté en Algérie était une pure invention de la presse, doit tout de même reconnaître le contraire. Pour zakat El Fitr, uniquement, ce sont près de 169 000 familles nécessiteuses qui ont en bénéficié. Entre 2003 - date à laquelle le fonds a été mis en place - et 2008, plus de 345 000 familles pauvres ont été concernées par cette zakat due à l’occasion de l’Aïd El Fitr.  Autant dire que la demande existe bien, en revanche c’est au niveau de l’offre que le problème se pose.

	Volontairement ou pas, tous ceux qui ont l’obligation religieuse de verser l’autre forme de la zakat «zakat el mel», due annuellement à la période de l’Achoura, ne le font pas forcément. Dans le milieu des «grands riches algériens, ils seraient 20% à ne pas s’en acquitter, nous dit Fares Mesdour, spécialiste en économie islamique. Pour les moins riches, tous les moyens sont bons pour y échapper. Un mufti du ministère des Affaires religieuses a souligné sur les ondes de la Radio nationale que pour ne pas s’en acquitter, certaines personnes attendent l’approche de l’Achoura et «achètent des voitures neuves, par exemple».
	Cette zakat, faut-il le souligner, porte sur 2,5% de toute valeur ayant atteint un certain montant (le nissab) au terme d’une année, à savoir «l’argent, les offres commerciales et les marchandises évaluées au prix de vente actuel le jour de la zakat», précise le ministère des Affaires religieuses. Le seuil de cette année a été fixé à 467 500 DA. Pour s’en acquitter, les donateurs peuvent déposer l’argent de la zakat au niveau des mosquées ou le verser directement au niveau des comptes CCP ouverts au nom du fonds dans les différentes wilayas du pays.

	
	Quid de la zakat des 6000 milliardaires algériens

	
	Il y a «de gros donateurs, notamment les chefs d’entreprise qui passent par le fonds, mais il y en a également beaucoup qui versent la zakat, mais veulent rester anonymes», nous dit une source proche du fonds. Globalement, les «gens préfèrent distribuer directement aux personnes de leur connaissance». Obligatoire religieusement, mais pas légalement, le versement de cette zakat dépend de la bonne volonté des personnes. Difficile donc de dire quelle est la part exacte des gens qui s’en acquittent et de ceux qui se dérobent.
	Certains économistes ont cependant calculé que le montant récolté au niveau du fonds de la zakat devrait être supérieur à
	3 milliards de dollars, se basant notamment sur un chiffre de «6000 gros milliardaires algériens».
	Ils se fondent également sur un rapport de l’ONU publié dans les années 1990 dans lequel il était dit qu’en Algérie «80% de la richesse est détenue par 20% de la population»

	
	Suspicion

	
	Mais le non-payement de la zakat ne procède pas toujours d’une mauvaise volonté. Un économiste spécialiste de la question et qui a été interpellé par certains chefs d’entreprise sur la manière de verser la zakat nous révèle que «80% des entrepreneurs, industriels et commerçants font des calculs faux de la zakat et l’assimilent à un impôt sur le bénéfice, alors que le patrimoine sur lequel doit s’opérer la zakat concerne les matières premières, les produits finis et semi-finis, l’argent détenu dans les banques en dinars et en devises et mêmes les créances».       
	Par ailleurs, par «méfiance», certains citoyens  «préfèrent remettre l’argent directement aux gens» qu’ils disent «connaître» et dont ils ont «la certitude qu’ils sont dans le besoin», nous dit un père de famille, enseignant dans un lycée. Sa situation, dit-il, «l’exclut» de la catégorie de ceux à qui incombe le versement de zakat «el mel», mais «si j’en faisais partie, j’agirais de la même manière», assure-t-il. Il faut dire que la suspicion est grande autour de la gestion du fonds par ceux qui ont en la charge, notamment les imams qui assurent cette mission aux côtés de donateurs et de représentants de comités de quartier, pendant que le ministère assure la couverture juridique du fonds. On se rappelle qu’en 2008, un ex-responsable du ministère des Affaires religieuses avait alimenté la polémique en accusant des imams de «détournement d’une partie du fonds de la zakat».

	Au niveau de certains imams, on reconnaît que «les gens ne versent pas leur zakat au niveau de la mosquée parce qu’il ne savent pas sa véritable destination et la plupart du temps, ils ne savant même pas que cet argent sera reversé au fonds de la zakat». C’est l’une des raisons qui font que les montants récoltés au niveau du fonds demeurent en deçà de ce qu’ils devraient être.
	Selon Nacer Hider, secrétaire général de la banque Al Baraka, qui est conventionnée avec le Fonds pour la gestion des crédits accordés aux jeunes dans le cadre de la zakat, cette dernière «doit être récoltée par les institutions de l’Etat». C’est, dit-il, la seule manière de distribuer «efficacement et d’une manière régulière» l’argent de la zakat. Actuellement, les montants récoltés «restent dérisoires», mais s’«il y a une institution nationale crédible de la zakat qui sera dotée de moyens et aura un ancrage légal pour jouer son rôle, les gens pourraient avoir confiance et y verser leur argent», à condition que les missions de supervisions et de contrôle soient réservées aux donateurs, qui doivent également accepter de jouer le jeu».
	Depuis 2008, le ministère des Affaires religieuses réfléchit à l’idée d’une nouvelle institution en charge de la zakat qui serait un office national.                
	
	 </description>
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        <item>
           <title>«Les milliardaires algériens ne versent que des miettes»</title>
           <author>Safia Berkouk </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Economie</category>
           <pubDate>Mon, 12 Dec 2011 01:00:00 +0100</pubDate>
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	Le docteur Fares Mesdour est professeur d’économie à l’université Saâd Dahleb de Blida et chercheur en économie islamique. Il a été expert auprès du Fonds de la zakat dont il a participé à la mise en place de son organisation. Dans  cet entretien, il nous explique les carences en matière de collecte et de distribution de la zakat, ainsi que les limites atteintes par l’organisation et la gestion actuelle du fonds de la zakat, opérationnelle depuis 2003.    
	- Le fonds de la zakat a amassé plus de 100 milliards de centimes en 2010. Pensez-vous que ce chiffre reflète réellement la réalité ?

	Le fonds de la zakat a ramassé 1,141 milliard de dinars en 2010, ce qui représente un chiffre en progression en matière de collecte de la zakat au niveau de ce fonds, même s’il reste anodin devant ce qui devrait être le véritable volume de la zakat récoltée auprès des Algériens, soit plus de 3 milliards de dollars, selon nos estimations. Je suis convaincu que les catégories de personnes qui devraient s’acquitter de la zakat parmi les milliardaires algériens (dont 6000 milliardaires de gros calibre, selon le rapport d’une institution internationale publié en 2005 dans le journal El Khabar) ne le font pas en réalité, ou alors s’ils le font, ce ne sont que des miettes qui restent très loin de ce qui devrait être. Je pense que certains ne comprennent pas encore bien ce qu’est la zakat et la manière dont elle est calculée, ni les techniques de comptabilisation de la zakat qui doivent être appliquées sur leurs entreprises économiques. Je vous donne l’exemple d’un gros investisseur algérien dont les investissements atteignent 5 milliards de dollars, sa zakat ne doit pas être inférieure à 100 millions de dollars, pensez-vous que cette personne va donner au moins 1 million de dollars en guise de zakat. Je suis certain qu’ils ne le font pas avec la précision qui nous est dictée par la religion islamique.    

	
	
	- Peut-on vraiment dire que l’argent de la zakat bénéficie au plus nécessiteux comme cela devrait être normalement ?

	On ne peut pas en être sûr, mais on doit reconnaître qu’il y a un nombre d’opportunistes qui n’ont pas la moindre crainte de Dieu et qui ont pris, en bénéficiant de la zakat, l’argent réservé aux plus pauvres en se faisant passer eux-mêmes pour des nécessiteux. Ce genre de personne essaye de tirer profit de n’importe quel mécanisme mis en place et dans lequel l’argent est en jeu. Nous ne devons pas cependant occulter le fait qu’il y a des jeunes et des familles qui étaient réellement dans le besoin, qui méritaient cet argent et qui ont en profité. Par ailleurs, la spécificité du fonds de la zakat, notamment celle du crédit non rémunéré (Qard Hassan) est qu’il n’est accordé qu’une fois les dossiers étudiés et acceptés et à la suite d’un tirage au sort organisé au sein même de la mosquée en toute transparence.   

	
	
	- On a pourtant souvent entendu parler de détournements de l’argent de la zakat. Ne pensez-vous pas que la manière dont ce fonds est géré par des volontaires facilite ces pratiques ?

	On ne peut pas qualifier l’atteinte à l’argent collecté au niveau des caisses des mosquées de détournements d’argent de la zakat. Ce qui arrive est simplement perpétré par des voleurs. Maintenant, on ne peut pas accuser de détournements ceux qui ont la charge de veiller sur ces caisses, car si cela avait été le cas, la justice en aurait été saisie. Par ailleurs, l’organisation actuelle du fonds de la zakat dont j’ai contribué à la mise en place n’est plus valable actuellement pour la gestion des milliards de dinars et d’ailleurs, le ministre des Affaires religieuses m’a demandé en 2008 la mise en place d’un nouveau projet pour la promotion du fonds. J’ai donc proposé une nouvelle organisation sous forme d’office national de la zakat, ainsi qu’une loi de la zakat qui fixerait les missions et l’organisation de cet office. Il est aujourd’hui urgent de mettre en place cette nouvelle organisation si on veut vraiment que le bénéfice de la zakat soit ressenti tout au long de l’année et pas uniquement dans les occasions religieuses.

	
	
	- Pensez-vous que donner l’argent de la zakat à des jeunes pour créer leurs entreprises soit la meilleure façon de la distribuer ?

	Ce n’est pas l’unique façon pour une utilisation adéquate de l’argent de la zakat, même si elle a donné des résultats appréciables parce qu’il y a beaucoup de jeunes qui ont bénéficié des aides dans le cadre du fonds de la zakat pour mettre sur pied des microprojets qui leur ont permis de sortir leur famille de la spirale de la pauvreté. L’autre façon de faire qui pourrait aider à une bonne utilisation de cet argent serait de créer des projets d’investissement (centres commerciaux, hôtels, cliniques médicales spécialisées, etc.), dont les revenus seraient reversés aux plus pauvres, ou alors ces derniers pourraient en détenir des parts. L’expérience a donné de bons résultats sous d’autres cieux où on réserve une partie de la zakat à la création de projets en faveur de jeunes qui deviennent propriétaires de commerces par exemple. Car la zakat n’est pas venue pour aider le pauvre un jour et l’oublier le reste de l’année, en revanche elle est venue pour éradiquer la pauvreté.

	
	- Est-ce qu’il n’y a pas aujourd’hui une incompréhension par rapport aux missions de ce fonds. L’argent donné aux jeunes par exemple doit-il être remboursé ?

	D’abord, il faut savoir que l’argent qui est versé aux jeunes en tant que crédit non rémunéré n’est qu’un pourcentage de l’argent de la zakat (37,5%) et ne constitue donc pas la totalité de l’argent de la zakat. Par ailleurs, le jeune qui travaille ne bénéficie pas de la zakat (comme le prophète QSSSL, nous l’a enseigné). C’est d’ailleurs pour cela que nous avons pensé en 2004 à réserver une partie de cet argent aux jeunes diplômés universitaires ou de la formation professionnelle, les artisans et les femmes au foyer, à condition qu’ils remboursent cet argent par facilité, mais sans intérêt, ni taxe. Si le bénéficiaire de ce crédit connaît des problèmes qui le rendent dans l’incapacité de rembourser temporairement, il se voit accorder des délais jusqu’à ce qu’il soit en mesure de le faire. L’idée ici n’est pas dans le remboursement de l’argent en lui-même, mais plutôt dans la pérennité de l’activité. Notre expérience a été récemment présentée en Malaisie et a suscité beaucoup d’intérêts. Par ailleurs, investir l’argent de la zakat dans des crédits non rémunérés est conforme à la loi islamique et beaucoup d’oulémas l’ont autorisé.                </description>
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           <title>Sonelgaz et Desertec II signent un accord de coopération</title>
           <author>Cherif Lahdiri </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Economie</category>
           <pubDate>Mon, 12 Dec 2011 01:00:00 +0100</pubDate>
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	C’est un grand événement pour l’Algérie qui escompte sortir, enfin, de l’économie de rente basée sur la seule exportation des hydrocarbures : le groupe Sonelgaz et l’initiative industrielle Desertec (Dii) ont signé, vendredi dernier à Bruxelles, un accord de coopération. 
	La perspective de cet accord a été déjà annoncée, le 14 novembre dernier, par El Watan Economie. Dii, qui regroupe 56 actionnaires et partenaires issus de 15 pays, a pour objectif de faciliter la concrétisation du mégaprojet Desertec qui consiste en la production des énergies renouvelables dans les déserts.
	«Le renforcement des échanges d’expertise technique, l’examen des voies et moyens pour l’accès aux marchés extérieurs et la promotion commune du développement des énergies renouvelables en Algérie et à l’international sont au cœur de ce partenariat stratégique», explique un communiqué de presse transmis à El Watan par le consortium Dii GmbH. La convention vise également à «encourager les coopérations industrielles en matière de ressources et développement dans les domaines de la fabrication, de l’installation et de l’exploitation des énergies renouvelables», précise le communiqué. Le projet Desertec promet de «favoriser le développement d’industries locales, la création d’emplois, un transfert de connaissances, une croissance, impulsion économique suite à d’importants investissements et une diversification économique». L’accord a été signé en marge d’une rencontre entre l’Algérie et l’Union européenne visant à développer un partenariat dans le secteur des énergies renouvelables et d’efficacité énergétique. La cérémonie de la signature de cette convention a été rehaussée par la présence du Commissaire européen chargé de l’énergie, Günther Oettinger et du ministre algérien de l’Energie et des Mines, Youcef Yousfi.

	
	Projet de référence

	
	Ce contrat portant sur un projet de référence est le deuxième du genre au Maghreb, ce consortium transnational ayant déjà paraphé un premier accord avec le Maroc. Le premier projet sera réalisé en collaboration avec l’Agence marocaine de l’énergie solaire Masen. Selon Dii, «l’énergie issue du projet commun Dii/Masen pourra commencer à alimenter en courant les réseaux marocains et espagnols autour de 2014». D’autres projets sont prévus en Tunisie et en Egypte. Dii souligne que «l’initiation d’une sélection de projets de référence vise à démontrer la faisabilité du concept et de réduire les coûts et qu’il est possible de produire, transporter et vendre des énergies renouvelables, mais aussi pour rendre plus concrète la nature abstraite de la vision Desertec». DII explique que «les énergies renouvelables devraient ainsi être intégrées sur le marché le plus rapidement possible et sans avoir recours à des subventions». Dii estime que «dans les 10 à 15 premières années, des mécanismes de soutien seront indispensables». Ce consortium affiche un optimisme : «L’électricité en provenance des déserts, note-t-il, sera compétitive sur le marché dans les années à venir, en Europe et dans la région du Moyen-Orient et Afrique du Nord». «Au cours des dernières années, l’évolution des prix a rendu économiquement très intéressantes ces technologies qui restent faciles à installer et à faire fonctionner», affirme Dii. «Des analyses menées, en 2005, par un bureau d’études allemand ont montré que le seuil de rentabilité sera atteint entre 2020 et 2030», relate le consortium DII.                               </description>
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           <title>«L’économie sera le juge de paix»</title>
           <author>Mahmoud Mamart </author>
           <guid>http://www.elwatan.com/economie/l-economie-sera-le-juge-de-paix-05-12-2011-149807_111.php</guid>
           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Economie</category>
           <pubDate>Mon, 05 Dec 2011 01:00:00 +0100</pubDate>
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	Les révoltes dans les pays de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient semblent avoir pris tout le monde de court, y compris ceux qui les vivent ou les subissent. Du côté européen, l’heure est à la prudence et la compréhension de ces changements. Dans cette optique, la délégation aux affaires stratégiques du ministère français de la Défense, en association avec l’Académie diplomatique de Malte, le Polish Institute of International Affairs et l’Institut d’études européennes des facultés universitaires Saint-Louis de Bruxelles, a réuni dans le cadre du 3e forum EuroMaghreb tout un panel d’experts, les 24,25 et 26 novembre dernier à La Valette (Malte).   
	Malte.
	De notre envoyé spécial

	 

	Les deux rives, nord et sud, de la Méditerranée sont condamnées à l’entente et à la coopération. C’est du moins ce qui est ressorti des débats marathon du Forum de Malte. Devant la précipitation des événements dans les pays de la rive sud et la crise financière qui guette bon nombre de pays de la rive nord, les interactions en termes de débouchées pour les entreprises européennes, la sécurité énergétique et les craintes sécuritaires liées au terrorisme et à l’immigration clandestine semblent ne laisser aucun pays indifférent. Pour Cristiano Zagari, juriste et politologue à l’université de Viterbe (Italie), «le projet méditerranéen peut donner une nouvelle vie au projet européen». «Je ne vais pas parler d’Italie, dit-il, nous sommes en perpétuelle transition. On parle déjà de 3e République», ironisera-t-il.

	Les cadres de coopération déjà existants sont largement décriés. «Il faut un nouveau mode de coopération avec les pays du Sud», estime René Leray, professeur à l’université Saint-Louis de Bruxelles (Belgique). Pour cet universitaire, «il ne faut pas créer de faux espoirs et les faux semblants en créant des accords d’association, de 1re et 2e générations, des statuts avancés, spécialisés, etc., et se retrouver dans l’impasse quelques années après». «Il faut parler le langage de la vérité avec nos amis du Sud», s’exclame-t-il. Et d’ironiser : «Le successeur de Moubarak, prévu pour l’Union pour la Méditerranée (UPM), est l’ex-président tunisien Ben Ali !» Et il a été beaucoup question lors des débats de cette hypocrisie des dirigeants occidentaux qui soutiennent les dictateurs et qui font semblant de militer pour la démocratie dans ces pays. Abondant dans le même sens, Sara Ghenima, militante féministe tunisienne et chef d’entreprise en TIC, accable la Banque mondiale qui, dit-elle, «travaille avec les dictateurs et catalogue la corruption de négative et positive. On finance des projets et on fait semblant de ne rien voir, surtout pour les fonds qui repartent à l’étranger».
	De son côté, le politologue algérien, Rachid Tlemçani, dira : «L’Europe et  le Maghreb naviguent à vue devant un mouvement révolutionnaire porteur d’espoirs.» Il a été plus pragmatique quant à la coopération Nord-Sud : «L’Europe peut nous aider à dévoiler les comptes des dirigeants arabes».

	
	Un plan Marshall sans argent !

	
	Etant considéré comme le nerf de la guerre, il a été aussi question d’argent dans ce forum. Les différents intervenants n’ont pas manqué de relever l’importance d’un franc soutien financier pour la réussite des transitions en cours. «L’économie sera le juge de paix de la transition», dira un expert, pour qui «la transition doit être politique et économique, car si la transition économique ne marche pas, ça va faire retarder ou échouer la transition politique». Un avis que ne peut que partager Abdussalam Ammara, professeur de droit libyen, et dont le pays est en attente de soutien financier, dit-il, après avoir été largement détruit par les coalisés en chassant la famille El Gueddafi du pouvoir. Pour lui, si ce soutien tarde encore à venir et face aux difficultés de la vie devenue impossible en Libye, des pans entiers de la population regretteront l’ex-tyran ! Et comment dans des conditions de vie aussi difficiles s’étonner après que des islamistes accèdent au pouvoir, dit-il. Un avis que partage Mohamed Ould Abba,  directeur du centre mauritanien d’analyse des politiques CMAP de Nouakchott : «Lorsque l’Occident appuie les régimes dictatoriaux et les élites corrompus, et que le peuple sombre dans la misère et ne voit aucun avenir, alors il se tourne vers le passé».Pour cet expert mauritanien : «Il faut repenser cette mondialisation qui génère exclusion et misère, terreau de tous les extrémismes et aventuriers.»

	
	Saut vers l’inconnu

	
	«Sommes-nous réellement dans des transitions vers des systèmes démocratiques, ou est-ce seulement une contestation de l’ordre établi et un saut vers l’inconnu», s’interroge Baudouin Dupret, directeur du centre de recherche Jacques Berque de Rabat. Pour ce juriste et politologue, «ces révolutions sont porteuses de grands espoirs, comme elles sont porteuses de grands périls». Et de plaider le rôle très important de la mise ne place des institutions dans toute transition politique et économique, sous la conduite de gouvernements élus et dans le respect des règles constitutionnelles. Le parallèle des transitions en cours avec celles des pays de l’ex-bloc soviétique a été largement débattu lors du forum. Les expériences de la  Pologne, de Lettonie, de Hongrie, et autres ont été étalées, mettant en exergue les similitudes et les différences. Adam Kulach, ambassadeur de Pologne en charge du voisinage européen, a indiqué que son pays, en 1999, «était pire» que certains pays de la Méditerranée. «Quand nous avions engagé la transition, nous étions motivés pour passer d’une économie centralisée à une économie de marché.

	Il ne suffit pas d’avoir une vision, mais il faut surtout la partager avec les gens, car ce sont eux qui paieront l’addition des ajustements à opérer. Les privatisations contestées, les protestations de rue se multiplient, mais à un moment donné la situation change et les gens comprennent. Il faut avoir la confiance de la population», indique-t-il. Et de poursuivre : «Il ne faut pas lancer toutes les réformes en même temps, il faut donner le temps à la population de les assimiler et de les accepter. 8 ans après, l’une des réformes importantes engagées est la réforme de la gouvernance locale.» Même si pour M. Kulach, «la Pologne n’a pas eu de soutien financier extérieur», Fethi Touzri, politologue tunisien, fera remarquer que «les pays de l’ex-bloc socialiste ont été encouragés par le fait qu’ils devaient régler leurs problèmes et conditionnalités pour entrer à l’UE».

	
	L’intégration maghrébine comme rempart

	
	Ayant fait de l’Union maghrébine son dada, l’économiste et financier Camille Sari a estimé qu’une intégration poussée du Grand Maghreb, avec notamment une lutte sans merci contre la corruption et une baisse des dépenses militaires pour l’Algérie et le Maroc feront gagner 8 points sur le PIB de la région et créer ainsi des emplois pour lutter contre le chômage.
	L’expert Abderrahmane Mebtoul abonde dans le même sens, en montrant que le Maghreb a un poids économique insignifiant au sein  du commerce mondial.
	Pour cet expert : «La région méditerranéenne est frappée actuellement par une récession économique  avec un écart croissant, entre les pays de l’UMA et l’Europe.» En plaidant pour une coopération Nord-Sud et Sud-Sud, M. Mebtoul considère que «l’intégration économique de l’Afrique via l’intégration maghrébine  est vitale, passant par le fonctionnement efficace des  institutions  selon une nouvelle conception véritablement démocratique en favorisant des contre-pouvoirs dans une optique de la décentralisation de la décision économique».
	Mais avant d’en arriver là, les regards sont braqués sur cette déferlante verte, avec la prise de pouvoir des islamistes dans bon nombre de pays de la rive sud de la Méditerranée.
	Ce qui n’a pas manqué de soulever bon nombre d’interrogations et craintes quant à un avenir incertain dans cette région. Pour l’ancien cadre du FMI, Camille Sari, «l’alternance joue contre les islamistes. Lorsqu’ils goûteront au miel, ils seront à leur tour corrompus. Leur leitmotiv aujourd’hui c’est la lutte contre la corruption». De même avis le politologue Hasni Abidi estime que l’audience des islamistes reculera lorsqu’ils se frotteront à l’exercice
	du pouvoir.                  </description>
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           <title>L’Algérie encore épinglée</title>
           <author>Safia Berkouk </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Economie</category>
           <pubDate>Mon, 05 Dec 2011 01:00:00 +0100</pubDate>
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	L’Algérie a encore une fois perdu des points en matière de lutte contre la corruption, à en croire la dernière étude de Transparency International (TI), consacrée à l’évaluation de l’Indice de perception de la corruption (IPC), publiée la semaine dernière. 
	Selon ce nouveau classement, l’Algérie ne fait pas mieux que 112e sur 182 pays avec un indice de 2,9 sur 10. Il faut savoir que le score d’un pays indique le niveau perçu de corruption dans son secteur public sur une échelle de 0 à 10, où 0 signifie qu’un pays est perçu comme extrêmement corrompu, et 10 comme extrêmement intègre. Avec sa note 2011, l’Algérie perd encore 7 places par rapport à l’indice de 2010. Preuve en est que le phénomène prend encore de l’ampleur. Pour l’Association algérienne de lutte contre la corruption (AACC), ce classement est «révélateur de l’aggravation de la situation qui prévaut en Algérie en matière de gouvernance», ce qui ne constitue pas «une surprise, ces dernières années ayant été marquées non seulement par une explosion des affaires de grande corruption, mais aussi par une totale absence de volonté politique du pouvoir à lutter contre la corruption». En 2010 déjà, les tribunaux avaient dû trancher sur «948 affaires liées à la corruption», selon une déclaration du directeur des affaires pénales et des grâces au ministère de la Justice, Mokhtar Lakhdari.

	Détournements de deniers publics, abus de fonction, corruption de fonctionnaires et octroi de privilèges injustifiés dans les marchés publics sont autant de visages de la corruption en Algérie dont les collectivités locales représentent le secteur le plus touché par le phénomène, selon ce responsable. Une réalité qui fait de l’Algérie le pays le moins bien classé dans la région du Maghreb, puisqu’elle est devancée par la Tunisie et le Maroc et se place au même niveau que l’Egypte.
	Il faut noter dans ce classement qu’aucun pays d’Afrique du Nord n’obtient la moyenne, alors que les pays du Golfe sont les mieux lotis puisque les premiers d’entre eux, le Qatar et les Emirats arabes unis, arrivent respectivement 22e et 28e avec des scores supérieurs à 5. Mais globalement, les deux tiers des pays évalués obtiennent une note inférieure à 5.

	L’ONG explique cette situation par une prise de conscience au niveau mondial au sein des sociétés civiles face à «des gouvernements qui ne protègent pas leurs citoyens de la corruption, qu’il s’agisse de détournements de fonds publics, de versements de pots-de-vin ou de processus de décision opaques». Les manifestations «organisées à travers le monde, souvent alimentées par la corruption et l’instabilité économique sont révélatrices de l’exaspération des citoyens qui jugent que leurs dirigeants et institutions publiques sont insuffisamment transparents et responsables vis-à-vis d’eux», souligne TI.
	Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si «la plupart des pays du Printemps arabe sont classés dans la moitié inférieure de l’indice, avec un score inférieur à 4», souligne-t-on dans le document. Avant le Printemps arabe, un rapport de Transparency International avait déjà noté «que le népotisme, les pots-de-vin et le clientélisme étaient si profondément ancrés dans la vie quotidienne que même les lois anti-corruption existantes n’avaient que peu d’effets».

	L’Algérie qui ne figure pas parmi les pays du Printemps arabe en partage néanmoins les caractéristiques en matière de corruption, même si des actions sont menées par les autorités sur le plan réglementaire, que des affaires sont révélées au grand public et que des responsables sont traduits en justice. Pour l’AACC, le problème est que «le pouvoir algérien ne fait pas uniquement semblant de lutter contre la corruption, il s’acharne surtout à combattre les organisations et les militants politiques et associatifs qui dénoncent la corruption et essaient de multiplier les initiatives pour la contrer».
	
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           <title>La pauvreté s’empare des salariés</title>
           <author>Cherif Lahdiri </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Economie</category>
           <pubDate>Mon, 05 Dec 2011 01:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 05 Dec 2011 01:00:00 +0100</lastBuildDate>
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	La précarité sociale s’empare de la majorité des salariés tant dans le secteur économique privé, public que dans l’administration. Beaucoup d’Algériens ne gagnent qu’entre 15 000 et 35 000 DA mensuels. 
	La paupérisation n’épargne pas les cadres dont le bulletin de paie de la majorité d’entre eux ne dépasse rarement les 40 000 DA par mois. Ces faibles rémunérations précipitent dans la pauvreté des milliers de salariés et leurs familles. Beaucoup d’Algériens(ne)s ont vu leur pouvoir d’achat éroder de façon continue, ces dernières années.
	Les salariés sont, aujourd’hui, convaincus de ne pas tirer profit ni de la richesse du pays ni encore moins de leurs efforts au travail. Les récents rattrapages effectués sur les salaires visant à calmer les mouvements sociaux n’ont pas permis de faire sortir beaucoup de salariés de la misère.

	Travailler n’est désormais plus une condition suffisante pour épargner aux ménages la pauvreté. Le travail ne garantit plus rien en Algérie. Et dans de nombreux cas, il ne s’agit ni de marginaux ni de chômeurs, mais d’hommes et de femmes qui, bien que travaillant, n’ont plus les moyens de garantir un toit et de nourrir convenablement leurs enfants. La plupart improvisent des solutions temporaires, parce que l’Etat n’assure même pas le minimum vital. Un SNMG à 18 000 DA n’assure aucune dignité. Le gouvernement multiplie les annonces pour tenter d’apaiser les tensions sociales. Une série de mesures pansements sont annoncées se déclinant en des rattrapages insuffisants sur les salaires et un soutien des prix pour les paniers des produits alimentaires de base. Même en injectant un peu d’argent dans le porte-monnaie bien plat des ménages, ces derniers n’arrivent pas à faire face aux dépenses qui s’alourdissent chaque mois.

	
	Le pouvoir d’achat à rude épreuve

	
	Même si les prix de l’électricité, du gaz, des carburants, du pain et des céréales, du lait, du sucre et de l’huile sont, entre autres, soutenus, les subventions ne sont pas justes car profitant aussi bien aux riches qu’aux pauvres. Le ministre du Commerce, admet enfin, la nécessité d’instaurer une allocation qui ne ciblerait que les nécessiteux au lieu et place d’un gaspillage de l’argent public dans d’inéquitables subventions. Beaucoup de produits de consommation de base qui ne sont pas subventionnés sont affectés par l’envolée des prix : loyer, une large gamme de produits alimentaires, lessive… la liste est longue. L’Office national des statistiques (ONS) avance un taux d’inflation moyen de 3,5%, annuel sur la dernière décennie. Dans la réalité, il y a un décalage entre les chiffres de l’ONS sur l’évolution du pouvoir d’achat et ce que les Algériens vivent réellement. L’inflation est en partie importée, résultant de la flambée des matières premières sur les marchés internationaux.

	En partie seulement. Autre facteur qui dope l’inflation : la corruption génère des grandes sommes d’argent à une minorité qui recourt au blanchiment d’argent mal acquis par des placements dans l’immobilier. Résultat :   l’appauvrissement ronge le petit salariat qui constitue la majorité de la population algérienne. Un logement qui valait 3 millions de dinars, il y a trois ans, coûte actuellement, au bas mot, près 8 millions de dinars, soit une hausse de 266%. Les aides proposées par l’Etat, pour l’accès au logement comme dans l’alimentation, sont très en deçà des besoins : le pourcentage de ceux qui ont accès à un logement social est insignifiant. Un constat : le système de prélèvement fiscal ponctionne en priorité le travail, puis la consommation, très peu la richesse et encore moins les rentiers et spéculateurs.

	«Il faut inverser cette hiérarchie en mettant en place un système fiscal qui permettra d’abaisser les charges salariales et d’augmenter durablement les salaires», préconise M. Bendahmane, économiste. «La réduction du coût du travail permettrait aux entreprises de gagner en compétitivité par rapport aux importations, d’embaucher et, à terme, d’augmenter les salaires. Il faut alléger les charges en échange d’une taxe additionnelle sur la consommation des produits importés et supprimer les taxes sur les biens produits en Algérie», plaide pour sa part un chef d’entreprise de l’agroalimentaire implantée à Akbou. «La seule solution pour augmenter massivement les salaires, est de baisser les charges sociales et de redistribuer aux salariés les économies ainsi générées. En contrepartie, une hausse de la TVA et de la fiscalité sur les successions et taxes foncières permettrait de financer les dépenses sociales», estime M. Bendahmane.                                 </description>
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           <title>Les patrons inquiets de l’issue des prochaines législatives</title>
           <author>Nordine Grim </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Economie</category>
           <pubDate>Mon, 28 Nov 2011 01:00:00 +0100</pubDate>
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           <description>
	A peine, à cinq mois des prochaines élections législatives, l’économie algérienne est comme frappée d’immobilisme. 
	Les calculs politiciens du pouvoir, qui travaille avant tout à sa propre survie face au péril du printemps arabe, relèguent en effet au second plan toute initiative censée donner une nouvelle dynamique à une économie en quête de repères et de perspectives claires.
	L’Algérie est en train de payer chèrement ce statu quo en termes de régression de la production industrielle, du recul de l’investissement, notamment étranger, et de fuite de capitaux. L’ONS fait en effet état d’une régression de 2,6% de la production industrielle au titre du premier semestre 2011 et les perspectives d’investissement sont plutôt sombres avec des promoteurs très peu nombreux et dont certains réfléchissent, pour diverses raisons, à quitter le pays.

	Rien n’est fait effectivement pour sécuriser les acteurs économiques qui, par manque d’éclairage sur l’avenir proche du pays, redoutent les pires scénarios sur le climat des affaires censé être mis en œuvre par le gouvernement issu des prochaines législatives. Leur inquiétude est d’autant plus légitime, qu’au regard des manœuvres politiciennes auxquelles s’adonnent les autorités politiques en place, tout porte à croire que l’Alliance présidentielle en place, composée des partis FLN, RND et MSP, sera reconduite avec son cortège de convictions idéologiques frontalement opposé aux ouvertures politiques, économiques et sociales, comme elle l’avait prouvé en entérinant des lois liberticides et anachroniques durant ses trois mandats successifs..

	Les opérateurs économiques convaincus de la reconduction de cette alliance ne voient, en effet, pas par quel miracle cette dernière changerait sa manière de concevoir la politique économique et sociale du pays autrement que sous le prisme de l’essor de l’économie de bazar, de l’accaparement de la rente pétrolière et de la mise sous tutelle des entreprises publiques.
	Si elle n’inquiète pas les importateurs et les trabendistes de tous bords qui trouveront dans cette alliance de puissants soutiens, elle trouble par contre les quelques industriels que compte encore le pays, qui risquent de subir à nouveau des décisions aussi intempestives que celles qui avaient entraîné la fermeture environ vingt de mille d’entre elles de 2009 à ce jour.

	La certitude de la reconduction de l’actuelle Alliance présidentielle, nous confient à juste titre certains patrons interrogés à l’occasion d’une cérémonie organisée par le Forum des chefs d’entreprises, découlerait de l’état des lieux de la scène politique actuelle qui n’a pas du tout changé par rapport à celles des législatives précédentes. A peine, à cinq mois de la prochaine échéance électorale (avril 2012), aucun fait nouveau ne laisse, en effet, présager d’une éventuelle reconfiguration des forces politiques appelées à diriger le pays, nous affirme un des chefs d’entreprise interrogé, convaincu que tout milite actuellement en faveur du maintien de l’Alliance présidentielle et du mode d’exercice actuel du pouvoir.

	«Quelle force politique pourrait dans l’état actuel des choses s’y opposer», ajoute-t-il, comme pour souligner l’absence de partis politiques suffisamment forts pour faire barrage à ce processus de reconduction engagé par un gouvernement qui cherche coûte que coûte à se maintenir au pouvoir en s’appuyant notamment sur les forces de l’argent essentiellement constituées par les importateurs et les trabendistes entretenant des relations d’affaires avec les mouvances islamistes et conservatrices au pouvoir».

	Le sort réservé aux réformes promises le 15 avril dernier par le président Bouteflika (retard dans le processus d’approbation, reformulation tendancieuse  des textes initiaux, inapplication de décisions déjà prises comme la levée de l’état d’urgence et l’ouverture des médias lourds aux partis de l’opposition) pourrait à l’évidence être interprété comme une volonté de pousser les partis d’opposition (FFS, RCD et autres partis démocrates en attente d’agrément) à boycotter des élections perdues d’avance, pour ne laisser dans la course que les partis de l’Alliance présidentielle épaulés, comme on le sait, par l’administration, les organisations satellites du pouvoir et, comme il est de tradition, par de probables fraudes organisées.

	Cet état des lieux pour le moins figé vers lequel le pays semble s’engager rend les industriels nationaux et étrangers sceptiques quant à l’évolution positive de leur sort, étant entendu qu’aucune politique économique nouvelle en phase avec leurs légitimes préoccupations n’est à attendre de cette Alliance qui avait, dix années durant, cautionné toutes les lois allant à l’encontre de leurs intérêts. Si elle venait à être reconduite, l’Alliance présidentielle serait, à l’évidence, forcée de maintenir le statu quo, voire même, promulguer des lois qui ne feront qu’accentuer l’immobilisme qui affecte gravement notre économie. Tel est, en tout cas, le sentiment des quelques industriels que nous avons interrogés et qui nous donnait l’impression de subir déjà cet intenable statu quo.               </description>
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           <title>Foncier industriel : Le gré à gré fait le lit de la corruption</title>
           <author>Cherif Lahdiri </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Economie</category>
           <pubDate>Mon, 28 Nov 2011 01:00:00 +0100</pubDate>
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	La nouvelle réglementation qui dévolue aux walis la prérogative d’attribution par la formule du gré à gré des terrains industriels suscite des critiques dans les milieux économiques et politiques. 
	Des chefs d’entreprise que nous avons interrogés lors d’un séminaire sur les zones industrielles, qui s’est tenu à Béjaïa, se sont montrés critiques vis-à-vis du mode de gré à gré. Ce mode remplace, en effet, la voie des enchères publiques.
	Le gré à gré est l’une des mesures prises, le 22 février dernier, par le Conseil des ministres visant à «améliorer l’accès au foncier». «Même si les nouveaux textes régissant le foncier industriel consacrent le régime de la concession au profit des opérateurs, au lieu et place de la cession en vigueur antérieurement, cela ne va pas empêcher la spéculation de proliférer, le phénomène ayant déjà pris des proportions suffisamment alarmantes», estime M. Radji, un chef d’entreprise.

	Pour lui, «le mode de gré à gré peut ouvrir les portes à tous genres de corruption et favoriser l’affectation des terrains à des opérateurs qui ne sont pas forcément méritants». Des élus aussi se prononcent contre cette disposition. Hamid Ferhat, président de l’APW de Béjaïa, (FFS), estime que cette formule «n’est ni légitime ni transparente et n’instaure aucune concurrence entre les porteurs de projets demandeurs de terrain.» Pour Boubekeur Derguini, député du RCD, «ce n’est pas tant le mode du gré à gré qui pose forcément problème dans la concession des terrains, mais la gestion globale actuelle du foncier qui encourage plus la spéculation que les investissements porteurs de richesses et de valeur ajoutée».

	Ce parlementaire de l’opposition plaide pour «la refonte de fond en comble de la politique liée à l’accès au foncier industriel et pour la mise en place de règles claires permettant d’encourager les projets viables et bannir la spéculation». Pour lui, les cahiers des charges actuellement en vigueur ne sont pas efficaces et ont permis à beaucoup de détourner les terrains acquis de leur vocation sans que l’Etat ne soit en mesure de récupérer ces biens». «Le dispositif actuel a empêché beaucoup de porteurs de bons projets d’accéder au foncier», déplore-t-il. «Il faut instaurer des règles claires permettant, par exemple, à l’Etat de céder un terrain, à titre gracieux, à un porteur de projet qui a une bonne idée, mais qui n’a pas les moyens de lancer son entreprise qui sera rentable et utile pour la collectivité», affirme M. Derguini.

	Les nouveaux textes régissant le foncier industriel consacrent, désormais, le régime de la concession au profit des opérateurs, soutenu par la loi de finances complémentaire 2011. Le concessionnaire doit s’acquitter de la redevance annuelle de concession. Pour postuler à une concession, le porteur de projet introduit une demande auprès du wali. Pour les terrains situés à l’intérieur des zones d’expansion touristique, la demande accompagnée d’un dossier relatif au projet d’investissement est adressée à l’Agence nationale de développement touristique (ANDT). En cas d’avis favorable émis par le Calpiref, l’ANDT et après accord du ministre chargé du Tourisme, et après accord du ministre chargé de l’Aménagement du territoire, la concession est autorisée par arrêté du wali. La concession est accordée pour une durée minimale de 33 ans renouvelable deux fois, pouvant atteindre 99 ans.

	Un modèle de gestion caduc

	Le foncier industriel se heurte à d’innombrables problèmes. Un modèle de gestion caduc, une instabilité chronique dans la législation (que le FCE n’a pas cessé de dénoncer), délabrement des zones industrielles existantes… La difficulté de l’accès au foncier arrive en tête des préoccupations des opérateurs économiques. Près de 39% des industriels algériens interrogés dans une récente étude commandée par la Banque mondiale se plaignent de l’accès au foncier. Plusieurs centaines de demandes d’investissement restent insatisfaites.

	Un manque à gagner considérable qui se multiplie d’année en année. A l’origine de cette situation, des zones de fait et non de droit, mais aussi l’héritage lourd d’un système de gestion qui a montré ses limites. Autre contrainte : une économie de rente et de spéculation sur les terrains subventionnés et à des prix très bas. Résultat : des lots en friche et des terrains improductifs pendant des années. La spéculation bat son plein. Les attributaires ne respectent pas le cahier des charges. M. Derguini plaide, par exemple, pour «l’instauration d’un impôt foncier sur les terrains laissés en jachère pour lutter contre la spéculation».

	L’Etat se trouve souvent confronté à d’énormes difficultés à récupérer ses terres eu égard à la lenteur des procédures judiciaires. Le cas de Béjaïa est édifiant :l’Agence foncière de la wilaya a saisi la justice pour récupérer les terrains cédés, dans les années 90, à des particuliers qui les ont laissés en jachère. Mais cette agence attend depuis long temps l’aboutissement de ces lentes procédures judiciaires. Le ministre de l’Industrie, de la PME et de la Promotion des investissements affirme avoir proposé des lois permettant à l’Etat de récupérer le foncier industriel non utilisé. M. Benmeradi soutient que son département est en train de recenser les terrains qui ont été attribués, mais n’ont pas été utilisés.

	Au-delà de la spéculation, la gestion des zones industrielles et leur entretien sont un autre problème. Le parc national de zones industrielles et de zones d’activité s’étend sur 22 000 ha répartis en 170 zones d’extension touristiques (ZET) et 70 zones industrielles. La plupart des zones sont délabrées. Quand les opérateurs ont la chance d’avoir un terrain, la qualité des zones d’activité laisse à désirer. Les services publics sont déficients (adduction à l’eau, assainissements, drainage, éclairage, rejets industriels…) Le ministre de l’Industrie affirme que la mise à niveau des zones industrielles a coûté 28 milliards de dinars, durant  la dernière décennie et promet de mobiliser encore un autre budget de 19 milliards de dinars pour la mise à niveau et à l’aménagement des zones industrielles et des zones d’activité. Un autre budget de 30 milliards de dinars sera mis à l’indicatif des collectivités locales pour la réhabilitation des zones existantes.               </description>
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           <title>La sécurité alimentaire est en jeu : Le manque d’eau guette l’agriculture algérienne</title>
           <author>Nora Boudedja </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Economie</category>
           <pubDate>Mon, 28 Nov 2011 01:00:00 +0100</pubDate>
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	En 2008, le ciel s’était montré avare en pluies. Résultat des courses, la production céréalière avait atteint à peine 17 millions de quintaux. 
	L’Algérie avait importé quelque 63 millions de quintaux afin de combler le déficit de la production locale et s’assurer des stocks suffisants pour le moyen terme. Cet épisode dénote la dangerosité d’une agriculture qui dépend entièrement d’un climat changeant et souvent défavorable.La sécheresse est loin d’être un phénomène marginal. En témoigne cette production céréalière qui fait le yoyo au gré de la pluviosité. Le stress hydrique a un coût et pas des moindres. Les importations algériennes de produits alimentaires ont enregistré rien que pour les neuf premiers mois de 2011 une hausse de plus de 66%, tirée essentiellement par les céréales dont les achats ont plus que doublé,  selon les Douanes algériennes.

	Les produits alimentaires, qui représentent 20,8% du volume global des importations de l’Algérie, se sont établis à 7,29 milliards de dollars de janvier à septembre 2011, contre 4,37 milliards de dollars durant la même période en 2010. Les importations de céréales connaîtront une hausse de 18% les vingt prochaines années, selon les prévisions de la Banque mondiale qui a réalisé un rapport intitulé «Amélioration de la sécurité alimentaire en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. L’Algérie, selon la même source, consacre 0,03% de son produit intérieur brut (PIB) pour subventionner les prix de certaines denrées alimentaires, dont des produits céréaliers.

	Les spécialistes tirent la sonnette d’alarme et mettent en garde quant à l’absence d’une politique garantissant une utilisation rationnelle de l’or bleu, qu’une écrivaine bien inspirée a défini comme étant «le sang de la terre». Il faut dire que le liquide précieux se fait de plus en plus rare. «L’Algérie n’a que 17 milliards de mètres cubes d’eau renouvelables par an. En 2003, sur les 180 pays étudiés par la FAO, l’Algérie est classée parmi les 17 pays les plus pauvres en matière de potentialités hydriques», a indiqué Brahim Mouhouche, professeur à l’Ecole nationale des sciences agronomiques (ENSA), lors d’un séminaire organisé sous le thème «Eau et agriculture», en marge du salon Agroexpo 2011.

	Selon l’analyse de cet expert, l’Algérie arrive tant bien que mal à assurer sa sécurité alimentaire grâce à la rente pétrolière qui lui permet d’importer ce qu’elle ne peut produire localement à cause de la rareté de l’eau. «Le problème du manque d’eau en Algérie fait vraiment peur», s’est-il exclamé. Le défunt économiste Hamid Aït Amara en était arrivé au même constat et dressait lui aussi un tableau plutôt sombre sur l’avenir alimentaire de l’Algérie. «En dehors des recettes pétrolières, on ne peut même pas payer un quintal de semoule», avait-il relevé tout en soulignant que «la population est nourrie à 80% par les importations».

	Cultures interdites

	Le professeur Mouhouche abonde dans ce sens en signalant que l’Algérie importe «virtuellement» son eau. «Tous les produits alimentaires que nous importons ont été produits grâce à une certaine consommation d’eau. L’Algérien consomme environ 500 m3d’eau par an, alors que le seuil minimum fixé par la FAO est de 1100.
	Les 600 m3 qui restent sont importés virtuellement. Mais même avec ces importations, on est bien loin de la moyenne mondiale qui est de 6733 m3 par personne par an», note-t-il.

	Les importations ne sont pas, selon lui, une fatalité, mais une nécessité. Il plaide même pour une nouvelle politique agricole qui favorise les produits agricoles qui consomment peu d’eau et d’importer ceux dont les besoins hydriques sont importants.
	«Il faut utiliser avec efficience l’eau dont nous disposons. Nous ne devons pas produire des choses qui consomment beaucoup d’eau et qui n’ont pas de valeur ajoutée. Par exemple les céréales, il est préférable de les importer, car elles sont subventionnées partout dans le monde et nécessitent une forte mobilisation en eau.

	Il vaut mieux utiliser cette eau pour les maraîchages, le lait et les fourrages», a-t-il suggéré. Certains observateurs commencent même à évoquer «des cultures interdites» en raison de leur forte consommation d’eau. Il estime en outre que l’Algérie gagnerait à développer le dessalement de l’eau de mer en mettant en place des stations qui fonctionneraient grâce aux énergies renouvelables.  

	«Avec l’avènement des énergies renouvelables qui ouvrira la voie à des énergies pas chères, on pourra dessaler l’eau de mer pour l’approvisionnement en eau potable et laisser les autres ressources pour l’agriculture. On a
	1200 km de côtes.  Notre roue de secours, ce sont les énergies renouvelables», soutient-il. Le recyclage de l’eau est une autre alternative défendue par notre interlocuteur.

	«On perd chaque année 1 milliard de mètres cubes d’eau qui sont jetés à la mer. On peut en récupérer avec les stations d’épuration quelque 700 millions de mètres cubes qui pourront facilement irriguer 100 000 ha», relève M. Mouhouche. L’Algérie devrait en outre investir davantage dans les infrastructures hydrauliques. Le pays dispose de 17 milliards de mètres cubes d’eaux dites renouvelables, mais n’en consomme que 33%. «On peut aller jusqu’à 70% de nos potentialités», assure ce professeur à l’ENSA. La réduction du gaspillage de cette denrée, qui devient bien rare, est un autre moyen de l’économiser, souligne-t-il encore. «L’Algérien ne respecte pas l’eau. L’eau maintenant c’est de l’or. L’eau gaspillée peut aider à produire des kilos de tomates, de pommes de terre, etc., il faut qu’on utilise à bon escient le peu d’eau que l’on a», constate-t-il, non sans une certaine amertume.

	Les agriculteurs pourraient aussi économiser l’eau en ayant recours aux systèmes économiseurs d’eau mais force est de constater que les périmètres irrigués représentent moins de 10% de la surface agricole utile. L’agriculture algérienne pompe plus de 60% des ressources en eau conventionnelles (barrages, forages). Les graves crises alimentaires, qui se suivent et emportent les vies de milliers de personnes terrassées par la famine, devraient donner à réfléchir quant à l’utilisation rationnelle de l’eau qui devient un enjeu essentiel pour assurer la sécurité alimentaire et la souveraineté du pays.              </description>
           <link>http://www.elwatan.com/economie/la-securite-alimentaire-est-en-jeu-le-manque-d-eau-guette-l-agriculture-algerienne-28-11-2011-148894_111.php</link>
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           <title>«La gratuité de l’eau n’incite pas les usagers à l’économiser»</title>
           <author>Nora Boudedja </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Economie</category>
           <pubDate>Mon, 28 Nov 2011 01:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 28 Nov 2011 01:00:00 +0100</lastBuildDate>
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	-De nombreux spécialistes estiment que l’Algérie sera toujours structurellement déficitaire en matière de certains produits agricoles en raison de son climat semi-aride et du phénomène récurrent de la sécheresse. Est-ce que vous partagez ce constat ?

	Le climat n’explique pas tout. Tout dépend des politiques macroéconomiques qui seront menées dans le moyen et le long termes et de la place qu’occuperont l’agriculture, l’hydraulique (la politique de mobilisation et d’utilisation de l’eau) et les industries agroalimentaires dans ces politiques.Si les politiques qu’on a connues jusqu’à maintenant se pérennisent, si le revenu s’accroît pour une majorité de la population (ce qu’il faut espérer), et si la croissance de la population continue au rythme actuel, l’Algérie sera structurellement déficitaire dans beaucoup de produits agricoles pouvant raisonnablement être produits dans le pays (céréales, lait, viandes, huiles… et même fruits et légumes !). Mais l’ampleur des déficits sera différente selon l’accent qui sera mis à un moment donné par la politique agricole sur tel ou tel produit.-

	Les superficies irriguées ne représentent que 5 à 7% de la surface agricole utile. Quelles sont les raisons qui expliquent ce taux bas d’investissements pour l’acquisition de systèmes économiseurs d’eau ?

	Les principales raisons qui n’incitent pas les usagers à investir pour économiser l’eau d’irrigation sont d’abord liées à la gratuité de l’eau puisée dans les nappes quand il s’agit de puits et forages privés, une taxe sur les prélèvements permettra aux pouvoirs publics de constituer un fonds pour l’aide aux investissements économiseurs d’eau (la subvention actuelle de 30% étant beaucoup trop faible et trop compliquée à obtenir). Ensuite, il y a le très faible prix de l’eau pratiqué dans les périmètres d’irrigation publics (que ce soit l’eau de nappes ou l’eau des barrages) ; un relèvement des prix associé à une gestion par les usagers eux-mêmes (et non par la bureaucratie des offices d’irrigation) permettrait un meilleur entretien des réseaux et un plus grand encouragement aux investissements dans les techniques d’irrigation économes en eau. Il y a aussi la faiblesse des fonds propres de beaucoup d’agriculteurs ajoutée à la faible disponibilité des crédits bancaires. Cela pourrait être compensé par des subventions plus importantes des investissements dans les techniques d’irrigation économes en eau, subvention qui pourrait être financée par une diminution des investissements dans les usines de dessalement de l’eau de mer, par les taxes dont on a parlé ci-dessus sur les prélèvements d’eau souterraine et par une hausse du prix de l’eau dans les périmètres irrigués.
	
	-Quelles pourraient être les autres alternatives pour augmenter les ressources en eau utilisées par le secteur agricole ?

	Les autres alternatives pour augmenter les ressources en eau à la disposition de l’agriculture pourraient passer par une meilleure mobilisation des ressources en eau de surface par la multiplication des petits barrages et des retenues collinaires dont le nombre est encore peu important par rapport aux possibilités. Il devient aussi nécessaire de vulgariser les techniques de «water harvesting» pour l’agriculture en sec, techniques qui sont largement connues dans le monde mais qui sont peu vulgarisées et peu encouragées en Algérie. Il est tout aussi important de recenser et étudier les petites et moyennes nappes souterraines à travers le pays. Elles sont trop peu connues par rapport aux aquifères importants.
	
	-Où en est la recherche scientifique pour la découverte de variétés de produits agricoles résistantes à la sécheresse ?

	La recherche agronomique pour la découverte de variétés de plantes utiles à l’homme qui soient résistantes à la sécheresse connaît le même sort que la recherche agronomique dans son ensemble : les ressources dont elle dispose sont insignifiantes par rapport aux besoins. Alors que ce créneau devrait recevoir un niveau de priorité élevé, il n’a toujours reçu que de très faibles ressources matérielles, humaines et financières parce que les maigres ressources allouées à la recherche agronomique sont saupoudrées sur une multitude de thèmes non hiérarchisés entre eux.

	Les responsables de l’agriculture n’ont jamais voulu travailler en faisant de la planification par objectif : viser un objectif précis pour chaque thème prioritaire (en particulier sur les plantes résistantes à la sécheresse) et y mettre les moyens appropriés pour pouvoir l’atteindre dans un délai déterminé à l’avance. Répondre à la question de savoir pourquoi ils ne l’ont pas fait demanderait des développements trop importants…                                             
	
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