Slimane Zerrougui

Le nouveau chantre du yal

J’aurais pu choisir la voie facile, celle des reprises ou encore des chansons légères.

J’ai préféré suivre ma voie, composer ma musique, écrire mes textes et les interpréter. Je sais que c’est ardu mais je demeure optimiste. » C’est une constance chez lui. Il croit en son étoile. Un jour, son nom sera en haut de l’affiche. Slimane Zerrougui, Slym pour les intimes et les autres, a la foi du charbonnier. Après une traversée du désert très éprouvante, l’enfant de Bir Mourad Raïs entend reprendre son destin en main. L’homme a connu des moments difficiles, cela se ressent dans ses gestes. Sa musique se veut gaie, joyeuse, et légère. Elle arrive à masquer ses peines. Car le trentenaire a un grand vécu derrière lui. Très pudique, il élude les moments difficiles pour ne parler que de musique. Pourtant, on sent que c’est grâce aux épreuves traversées que son œuvre artistique s’est embellie. Que la souffrance est aussi génératrice de création. Entre le premier album, sorti en 1995, et le second, plus d’une dizaine d’années après, la vie s’est amusée à amasser des surprises. Slimane ne s’est pas assagi. Il a gardé cette flamme intacte, ses yeux continuent de rire même quand les propos sont profonds. Et puis, il y a l’influence. Takfarinas continue d’exercer sur lui une attraction certaine. Le yal, musique créée par le génie de Tixeraïne, est sa passion. Il commence par l’écouter en boucle avant de décider de passer à l’acte. Aujourd’hui, il entend en vivre. « Takfarinas avait dit qu’il aiderait tous ceux qui se lanceront dans le yal. J’attends toujours. Le yal, pour moi, n’est pas seulement le refrain répété à l’infini, ‘’yalala, ya la la-la’’, c’est beaucoup plus riche et plus profond que ça. C’est une façon de vivre et de faire vivre sa musique. C’est un genre musical ouvert à tous les autres courants. Takfarinas a introduit le rock dans son dernier album. Moi, j’ai donné une grande place au jazz et à la dance. C’est une porte ouverte vers l’universalité. » Il prend son mandole pour donner un exemple. Sa passion prend le dessus. Cela devient vite un récital. Tout son répertoire y passe, au grand bonheur des gens attablés autour de lui. Slym accumule les louanges pour son nouvel album qui permettra, espère-t-il, à sa carrière de décoller. « Slym est d’une grande sensibilité. Il se protège par sa musique. Ses dernières compositions sont très personnelles, à la fois modernes par leur musique mais aussi assez traditionnelles grâce à un parfum nostalgique. Il est à la fois Takfarinas et Zerrouki Alloua. Il établit des ponts entre tradition et modernité. Ce serait bien que les radios lui donnent enfin sa chance. Son album va cartonner », prédit un ami.

Rémi Yacine

4 décembre 2006