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Lutter pour exister



Le 12e congrès du Front Polisario a pris fin avec la réaffirmation d’une ligne de conduite qui justifie sa propre existence. Ni plus ni moins. Bien entendu, son parcours plaide pour lui. Il témoigne de sa constance, de ses sacrifices, de la lutte armée et aussi des moyens qu’il envisage pour faire aboutir le combat de tout un peuple. Comme le fait de souscrire à un plan de paix de l’ONU et que l’occupant marocain applique à sa convenance depuis son entrée en vigueur en 1991. Et encore faut-il le rappeler, seul le cessez-le-feu est appliqué. Cette étape, ne cesse-t-on de rappeler, n’est pas une fin en soi, et elle n’est pas non plus immuable. Autrement dit, rien n’est acquis et le Front Polisario doit maintenant faire face à cette population née dans la guerre, et qui ne connaît d’autre vie que celle des camps de réfugiés, avec ce que cela implique comme privations et autres formes de dépendance. Il en est ainsi dans ce monde qui déclare combattre l’injustice, mais qui, en fin de compte, ne fait que l’entretenir. Comme celle qui est faite au peuple sahraoui. Ce congrès s’achève alors que l’ONU fidèle à sa doctrine continue à traiter le conflit sahraoui sous l’angle de la décolonisation. On sait ce que cela implique en termes de droits, comme celui de recourir à tous les moyens – y compris donc la lutte armée – pour y mettre un terme. C’est justement cette perspective que l’ONU appréhende, cherchant à tout prix à l’éviter. C’est là d’ailleurs où intervient l’appel de son secrétaire général pour des négociations directes entre les deux parties, avec cette précision qu’il s’agit d’œuvrer à une solution en vue de l’autodétermination du peuple du Sahara occidental. Le Maroc, comme toujours, n’a pris que ce qui l’intéresse, c’est-à-dire la solution politique, avec cette précision toute marocaine que cela doit se faire dans le cadre de sa souveraineté, ou encore de son intégrité territoriale. Encore qu’il faille dire laquelle, puisqu’aucun pays, jusque parmi ses plus proches alliés, n’a reconnu le fait accompli colonial. Un débat que le Maroc se garde d’engager. Un débat perdu d’avance, puisqu’il lui sera répondu que ses frontières internationalement reconnues ne sont en aucun cas menacées. L’Amérique, à titre d’exemple, a refusé l’intégration des territoires sahraouis dans le traité de libre- échange conclu avec le Maroc. Un camouflet. L’ONU, quant à elle, a refusé de reconnaître au Maroc le statut de puissance administrante. Un échec. Dans ce cas-là, la voie de la paix est toute tracée. Pour ceux qui veulent l’emprunter.



Par T. Hocine

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