La tension monte à nouveau entre le Maroc et l’Espagne
Madrid a confirmé hier une visite du roi Juan Carlos dans les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, au nord du Maroc, provoquant une crise avec Rabat, qui revendique ces territoires, et a rappelé son ambassadeur.
Cette visite relance ainsi les controverses sur les différends territoriaux entre les deux pays, marqués en 2002 par la crise qui avait suivi « l’invasion » marocaine de l’îlot Perejil au large de Ceuta. D’autant plus que les médias, partis politiques et opinions publiques des deux pays ont des positions opposées très tranchées sur Ceuta et Melilla. La maison royale a annoncé, selon l’AFP qui a rapporté l’information, que ce voyage sans précédent débuterait lundi à Ceuta et se poursuivrait mardi à Melilla. Il s’agit de la première visite officielle du roi dans ces deux enclaves depuis son accession au trône en 1975. Le gouvernement marocain a annoncé hier après-midi le rappel pour « consultation et pour une durée indéterminée » de son ambassadeur à Madrid, Omar Azziman, à la demande du roi Mohammed VI, en raison de cette « regrettable visite » dans des villes « occupées ». Rabat avait manifesté dès jeudi son « vif rejet et sa nette réprobation » d’une visite effectuée, selon lui, dans « des villes marocaines spoliées ». Le Maroc a toujours considéré comme partie intégrante de son territoire national Ceuta et Melilla, enclaves de la côte sud de la Méditerranée sur lesquelles l’Espagne exerce sa souveraineté depuis le XVIe siècle. La vice-présidente du gouvernement espagnol a rappelé hier les « extraordinaires et excellentes relations » entre les deux pays « alliés et amis », s’efforçant de désamorcer une crise prévisible sur cette question délicate.
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