Le labyrinthe de la peur
Ils ne savent même plus où fuir », expliquera une ressortissante française sur les chaînes câblées de télévision. Les pays européens et les Etats-Unis ont appelé l’ensemble de leurs compatriotes à quitter le Liban. L’île de Chypre mais également la Syrie qui sert de seconde base arrière permettant aux ressortissants étrangers une halte avant un retour parfois définitif sur le sol de la mère patrie.
Et les propos de la Française en disent long sur l’incapacité pour le peuple libanais de trouver des solutions de change à cette situation de chaos. Vers où migrer, où se cacher quand on est Libano-Libanais ? Doit-on attendre que la pluie de missiles tombe sur nos têtes où dispose-t-on de bunker à l’image de certaines villes israéliennes ? Visiblement, les Libanais du Sud ou de la capitale, malgré la surprise passée des premiers instants de conflit, n’ont pas d’autre choix que de fuir certaines contrées encore épargnées. Et si le choix apparaît soudainement comme le meilleur, en pratique les problèmes sont autres. Quel chemin prendre quand les ports, aéroport, ponts et routes sont bombardés et complètement détruits. A l’heure actuelle, il est difficile pour la population libanaise de s’enfuir. Le Liban Sud est la cible privilégiée des raids israéliens : neuf civils sont morts dans la région de Baalbeck. Neuf autres ont été blessés lors de tirs d’obus tirés par des chasseurs bombardiers israéliens sur un pont qui traverse le village de Saïda. La ville de Bint Jbeil a été également le théâtre de bombardements, tuant au passage un père de famille et sa fille de 17 ans. Un homme d’une soixantaine d’années a été mortellement frappé par un tir d’obus d’une vedette israélienne alors qu’il circulait en moto sur le littoral libanais vers la région de Deir Qanoun An Nahr. La dépêche APS de 1 h du matin ajoute que le bilan des victimes libanaises fait état de 100 civils tués et 266 personnes blessées depuis le début de l’agression mercredi dernier. Et personne n’est épargné : ni personnes âgées, ni enfants, ni ambulanciers ou sauveteurs… En effet, une dépêche rapporte « qu’un missile a touché un véhicule de pompiers près de l’aéroport international de Beyrouth. Dans la nuit de samedi à dimanche, une ambulance a été touchée dans le même secteur », poursuit l’APS. D’ailleurs, 18 civils libanais, dont neuf enfants ont été brûlés vifs lors d’un bombardement aérien sur les habitants qui fuyaient leur village dans le sud du Liban. A défaut de s’enfuir, les Libanais ont déjà du mal à extraire leurs morts ou leurs blessés des décombres suite aux bombardements. L’agence France presse évoque les difficultés rencontrées par les secouristes à dégager les corps de cinq civils tués sur un total de 17 personnes tuées et ensevelies sous les décombres d’une maison à Aabba, près de Nabatiyé à 70 km au sud est de Beyrouth. « Les opérations de secours étaient extrêmement difficiles en raison de la poursuite des bombardements sur le secteur et des moyens limités des secouristes », peut-on lire. A 13 h, heures locales, l’agence française fait état de 116 civils tués et 316 blessés, selon un décompte partiel. Et de préciser : « Ce bilan n’englobe pas les victimes de la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah chiite, pilonnée par l’aviation israélienne depuis samedi et où les dégâts sont considérables », a constaté l’AFP.
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