Régions Sud Ouargla
 

Conditions climatiques et échec scolaire au sud

Mme Benghabrit attend des propositions concrètes depuis 2015

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le 14.06.17 | 12h00 Réagissez

 
	                                                   Nouria Benghabrit, ministre de l’Education nationale
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A Ouargla, motus et bouche cousue sur cette tendance qui pourrait être due à la canicule et aux horaires jugés inappropriés des épreuves.

A partir de 9h, il fait déjà chaud dehors, et au beau milieu de l’après-midi, pas un chat dehors hormis les candidats du bac qui mobilisent leurs parents ou des taxieurs attitrés pour les emmener jusqu’aux portes des centres d’examen, vu que le mercure marque une montée vertigineuse atteignant les 43°C et que les transports publics se font rares.

Des conditions difficiles qui se reproduisent chaque année à la même période en attendant des propositions de changement de rythmes scolaires pour ce qui est de la rentrée scolaire, les horaires des vacations scolaires durant l’année et partant le calendrier des examens de fin d’année que la ministre réclame depuis trois ans, après la montée au créneau de certains syndicalistes. Absentéisme.

Exclusion. Etourdissement. A Ouargla, l’on invoque des directives d’en haut pour ne rien communiquer à la presse sur une vingtaine d’exclusions et autant de malaises enregistrés dans les centres d’examen et des dizaines d’absences dues, selon toute vraisemblance, à la chaleur, mais aussi aux cas de fraude avortés, y compris dans le centre de candidats libres, qui a enregistré plusieurs retraits spontanés de candidats empêchés d’y passer le moment de pause alors qu’ils viennent de tous les coins de la wilaya. On parle donc de statistiques courantes faisant état de plus de 17 800 candidats répartis sur 61 centres d’examen encadrés par quelque 3339 encadreurs.

Mais à Touggourt, l’exclusion de candidats retardataires a provoqué un tollé général, faisant le buzz sur les réseaux sociaux hier. Une dizaine, selon des échos, trois cas selon nos sources au niveau du centre El Kawakibi. Des vidéos montrant des parents désemparés face à l’intransigeance des directeurs de centres appliquant strictement la réglementation concernant les retards, même pour ce qui est de la reprise des épreuves en après-midi.

La programmation du baccalauréat durant ces journées torrides après une semaine plutôt clémente au niveau des wilayas du Sud a encore suscité le débat sans pour autant se traduire par une quelconque réaction organisée ou une mobilisation citoyenne. Successivement en 2015 et en 2016, alors qu’elle effectuait des visites d’inspection visant justement à impulser une dynamique d’augmentation des taux de réussite scolaire dans la wilaya de Ouargla qui campe au bas du classement national avec plus des deux tiers de candidats échouant au baccalauréat, la ministre de l’Education avait évoqué dans des interviews exclusives publiées sur El Watan sa disponibilité «à opérer des changements des rythmes scolaires au Sud, à condition qu’il y ait un consensus sur le sujet au niveau local impliquant le secteur de l’éducation et les familles». L’autre condition mise en exergue par Nouria Benghabrit est le «respect des trois fondamentaux scolaires, à savoir que le programme et les examens soient nationaux ainsi que les 32 semaines de cours et 4 semaines d’examens».

Posée avec acuité lors des débats publics organisés ces dernières années, la donne climatique est un fait indéniable qui pose problème pour les élèves, selon la ministre. Mais au-delà du changement de gestionnaires opéré ces deux dernières années, notamment à Ouargla, le ministère semble en butte à un problème de communication et de désorganisation de la société civile, dont le consensus tacite est réuni mais qui ne s’exprime pas de la façon attendue par Mme Benghabrit, qui voudrait des propositions claires noir sur blanc décidées et concertées et avalisées par des représentants identifiés et reconnus de la société civile locale dans chacune des wilayas concernées non seulement dans les zones sahariennes, mais aussi dans toutes les communes, où la nécessité d’un changement de rythme scolaire s’impose avait-elle martelé, y compris au sein d’une même wilaya où une seule ou plusieurs communes peuvent faire l’objet d’horaires spécifiques si elle en font la demande.

En substance, Mme Benghabrit dit clairement que chaque direction de l’éducation a la latitude d’adapter son rythme scolaire quotidien à la réalité locale, que les horaires actuellement appliqués, à savoir 8h-11h15 et 13h-14h30, peuvent être changés, ne s’agissant nullement d’une décision administrative.

La ministre avait alors publiquement appelé au lancement d’un débat autour de la question à travers toutes les wilayas du Sud et des Hauts-Plateaux avec une campagne de sensibilisation qui sera menée par les associations de parents d’élèves et les syndicats de l’éducation nationale afin d’obtenir un consensus général sur ces horaires et permettre la mise en place d’un rythme scolaire adapté au Sahara. S’il y a un consensus pour adapter ce rythme au calendrier scolaire, il n’y aura aucun problème de ce point de vue-là avait-elle souligné «toute proposition de modification du rythme scolaire quotidien pour l’adapter à la réalité climatique sera étudiée. ça je vous l’assure».

Reste à préciser que 3 fondamentaux doivent être retenus : le programme et les examens sont nationaux et veiller au respect des 32 semaines de cours et 4 semaines d’examens. Autrement, y compris au sein de la même la wilaya, une seule commune peut faire l’objet d’horaires spécifique si elle en fait la demande.

L’année dernière les forces vives de la société civile n’avaient toujours pas pris l’initiative et ce sont des élèves du sud qui ne voulaient pas passer les examens de fin d’année pendant le Ramadhan qui ont réussi à infléchir la ministre avec de violentes manifestations un peu partout. Une violence devenue habituelle au sein même de l’école, faisant fi de toute autorité. Outre l’abstinence de rentrer en cours pendant plusieurs jours, des manifestations dans les établissements scolaires puis devant les directions de l’éducation avec caillassage en règle des établissements, dont certains en gardent les tristes séquelles en renforçant le barreaudage et la fermeture de toutes les fenêtres donnant sur l’extérieur à cause de la violence de certains élèves inconscients et des parents démissionnaires.

Houria Alioua
 
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