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Ali Haddad à Ouargla : Regarder vers le sud, se redéployer en Afrique

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le 19.04.17 | 12h00 Réagissez

Pour M. Djedai, homme d’affaires de Touggourt et El Oued, à la tête de plusieurs manufactures et tout récemment d’une usine de papier qu’il classe comme seconde du pays après celle de Tonic, « deux problèmes majeurs entravent la bonne marche de l’industrie à Touggourt à savoir l’électrification de la zone d’activités économiques et les le circuit d’exportation vers l’Afrique ».

Selon lui, « on se passera volontiers de transporter la marchandise produite à Touggourt vers Alger pour embarquer vers Cotonou afin de la commercialiser au Mali et au Niger, notre marché naturel ». 1200 Km vers le nord pour rien, explique l’industriel au lieu d’ouvrir les postes frontaliers d’In Guezzam et Debdeb à l’exportation et permettre aux producteurs du sud du pays de gagner du temps et de l’argent.

L’ouverture vers l’Afrique est la revendication réitérée par plusieurs intervenants dont M. Lazhar Bendjeriou qui a souligné que « la moitie des exportations nationales de dattes partent de la zone d’Oued Righ et sont destinées à l’Afrique via le troc alors que les retombées de cette opération commerciale ancestrale ne profitent qu’aux zones frontalières comme Tamanrasset et n’atteignent pas les régions de production ». Bendjeriou plaide pour l’exportation directe et propose au Forum des chefs d’entreprises de convaincre les pouvoirs publics de régulariser la main d’œuvre subsaharienne et de « réviser la position de l’Algérie envers les migrants africains qui se tapent centaines de kilomètres des frontières sud vers le nord à pied et dans des condition inhumaines au moment ou l’Algérie a besoin d’eux ». L’autre point relevé par les entrepreneurs de Ouargla est l’instauration du financement islamique et la mise en place d’un politique d’électrification agricole plus efficace dans les zones à fortes potentialités pour permettre le développement de l’agriculture intensive. Pour Abadi Mohiédine, « lorsque le bâtiment ne va pas, rien ne va ». Ce dernier dénonce une réglementation obsolète qui privilégie les pénalités de retard et exclut les bonus pour les entrepreneurs  compétitifs.
 

Investir dans l’homme

A la tete d’un centre de formation de la ressource humaine, Noureddine Laroui souligne l’exclusion des écoles de formation du plan de charge des sociétés pétrolières nationales à leur tete Sonatrach qui privilégie l’IAP et refuse d’accréditer les écoles privées selon lui. Laroui épingle les sociétés nationales en matière de responsabilité civile et souligne leur manque de réactivité. « Ils ne veulent pas s’investir dans l’amélioration des jeunes et nous empêchent ainsi de rehausser les standards de la formation de la ressource humaine» dit-il.  
C’est également le souci de Tassili, spécialisé dans le forage profond et dont le PDG, Ahmed Benmasour a demandé au FCE une intervention auprès de Sonatrach pour une pré qualification de son entreprise auprès de Sonatrach en vue de s’investir au forage pétrolier. La lenteur du traitement et de la concrétisation des projets d’investissement notamment agricoles pose un vrai problème pour le Dr Yousef Koraichi, enseignant à l’université de Ouargla et entrepreneur agricole qui demande à l’administration de « normaliser l’acte d’investissement par un timing universel valable sur tout le territoire national et la création d’observatoires dans les 48 wilayas afin de constater et accompagner les grands investissements ».

Youcef Koraichi a par ailleurs appelé le FCE à soutenir effectivement les efforts de diversification du portefeuille d’activités des PME en poussant le gouvernement à plus de facilitation et moins de lenteur en introduisant les spécificités locales et régionales dans l’orientation des investissements et en valorisant les initiatives locales. Le président de la chambre de commerce et d’industrie El Wahat a pour sa part appelé le FCE à collaborer à la mise en place d’une cartographie nationale des potentialités économiques. Lazhar Koraichi estime « que l’Algérie est un pays-continent dont les potentialités sont méconnues et sous-exploitées d’où l’impérativité de mener des études territoriales approfondies afin de déterminer des secteurs clé pour chaque région ».

L’encouragement et le sponsoring des équipes sportives performantes n’a pas été omis dans cette rencontre ou un appel à la responsabilité civile de Sonatrach dans les régions d’extraction et de production pétrolière et gazière a été émis. S’agissant d’un sujet récurrent soulevé par la société civile qui accuse le Groupe Sonatrach de pomper des richesses souterraines et d’investir ailleurs faisant fi de l’environnement et de la population des wilayas du sud qui se trouvent être celles ou les hydrocarbures sont concentrées.

Engagement de Haddad

Ecouter et s’engager. Ali Haddad a appelé les entreprises à « ne pas rester les bras croisés et à diversifier leur portefeuille d’activités». Regarder plus au sud, développer l’exportation vers les voisins africains et profiter  de la politique de patriotisme économique et de la règle de 51/49% pour être plus offensifs et surtout profiter de la présence de l’actuel wali de Ouargla pour soulever les problèmes et devenir une force de proposition a-t-il tenu a dire. Relevant l’impact majeur du changement de mentalité et du degré d’implication de l’homme dans l’effort économique du pays, Haddad a souligné l’exemple des responsables des douanes de Biskra s’impliquant pleinement dans la stratégie d’exportation de la production agricole locale en créant des espaces sous-douanes réfrigérés ou la marchandises ne passe que deux heures avant le vol alors que les constat est tout autre à Tamanrasset dont les producteurs déplorent des entraves administratives et des délais de plus de deux mois pour une autorisation d’exportation.

Le chef des patrons a mis l’accent sur les efforts du FCE en matière de bancarisation, d’emprunt et de crédit islamique qui sera mis en application juste après les législatives a-t-il annoncé. Rebondissant sur la question de la responsabilité civile de Sonatrach, Haddad a souligné « que le groupe pétrolier était un fort qu’on a ouvert en imposant l’idée du partenariat Public/Privé afin de repositionner  les entreprises nationales du secteur privé ». Pour lui « l’exclusion est inacceptable » et « le comité de facilitation du FCE veillera à améliorer les choses ». Concernant les législatives, Haddad se contentera de déclarer que « le forum n’a aucune couleur politique ».
 

Houria Alioua
 
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