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Tlemcen : Le secteur des transports en quête de modernisation

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le 09.12.17 | 12h00 Réagissez

Ces dernières années, le transport public, terrestre notamment, a connu un développement remarquable ayant contribué grandement au désenclavement des régions défavorisées en améliorant leur accessibilité.

Cet accroissement considérable en matière de transport public s’est produit, en partie, grâce à la mise en place des différents dispositifs d’aide à la création d’emplois (Ansej, Angem, CNAC).

Aujourd’hui, pour la wilaya de Tlemcen, qui compte 1 045 410 habitants répartis sur 53 communes, le secteur offre en matière de transport de voyageurs par bus, en urbain et rural, en intercommunal et en inter-wilayas, une capacité de 77 686 places, gérées par 2092 opérateurs, propriétaires de 2455 véhicules. Selon le directeur du transport,  Attar Noreddine, «cette offre répond largement aux besoins des citoyens pour leurs déplacements quotidiens».

L’exploitation de ce type de transport est confiée majoritairement à des opérateurs privés, nouveaux dans le domaine. Malheureusement, ces derniers ne respectent pas la réglementation qui régit ce créneau,  et les usagers en subissent les conséquences, parfois navrantes. «Les bus qui assurent le transport intercommunal et inter-wilayas effectuent des rotations selon des trajets prédéfinis et le plus souvent les horaires ne sont pas fixes.

Du coup, ce manque de respect des horaires pénalise grandement les usagers, notamment les travailleurs soumis à un horaire», dénonce un usager. En matière de transport par taxi, le nombre de places offertes, selon toujours notre interlocuteur, estimé à 29168 places, répond aussi aux besoins de mobilité des citoyens en urbain, en intercommunal et en inter-wilayas. 4976 taxis individuels et 33 sociétés de taxis disposant de 532 véhicules assurent ce type de transport. Concernant ce mode de transport, les usagers pointent du doigt la vétusté du parc des taxis collectifs inter-wilayas. «Des voitures comme les Peugeot 504 et 505, des Renault 21 break sont encore sur le circuit. Ces vieilles voitures n’offrent pas une sécurité optimale aux passagers, encore mois le confort», critiquent les usagers.

Carences multiples

Ils critiquent aussi les chauffeurs de taxi de ville qui ne respectent pas leurs clients. «Aux heures de pointe, tu es obligé de partager le taxi avec d’autres personnes. Le chauffeur de taxi s’arrête à tout bout de champ pour prendre un autre client sans pour autant demander ton avis. Parfois même, il change l’itinéraire initial pour satisfaire le client qu’il a pris sur la route sans te demander la permission ni se soucier de la gêne qu’il peut te causer», déplore un usager des taxis de ville.

Les chauffeurs de taxi, notamment ceux qui sont employés dans une société, justifient cette attitude du fait que la concurrence est rude et qu’ils sont obligés de procéder de la sorte sinon ils ne s’en sortent pas. «La location journalière est trop chère, avec tous ces efforts, parfois on rentre à peine dans nos frais, sans parler de la concurrence déloyale que nous imposent les taxis clandestins», se plaint un chauffeur de taxi.

Quant aux propriétaires de ces vieilles voitures qui assurent les grandes lignes, ils aimeraient bien changer de voiture et avoir une plus spacieuse, plus confortable, plus compétitive si l’Etat veut bien les aider. «Nous sommes dans le transport depuis une trentaine d’années, malheureusement nous n’avons pas bénéficié des différents dispositifs d’aide de l’Etat en faveur du transport», se désole un chauffeur de taxi. En somme, si l’on considère le nombre de véhicules utilisés dans le transport public, l’on remarque que le transport routier demeure le mode prépondérant pour les transports intérieurs.

Pour ce type de transport, même si quelques inégalités d’accessibilité d’une agglomération à une autre sont constatées à cause surtout d’une mauvaise rentabilité de lignes ou d’une répartition défavorable, l’offre répond largement à la demande, comme l’avait souligné le directeur de ce secteur, M. Attar. Toutefois, il n’en demeure pas moins que du côté qualité de service, les choses se sont quelque peu dégradées. De l’avis des citoyens avec lesquels nous nous sommes entretenus, le désordre qui règne dans le secteur du transport en commun est dû, principalement, au fait que ce créneau névralgique est investi par des non- professionnels qui font fi de toute sujétion au service public. A titre d’exemple, dans certaines agglomérations, l’usage consensuel autorise le bus à rester en station tant que tous les sièges ne sont pas occupés.

L’attente risque parfois de durer très longtemps. «A l’époque, avec des Peugeot G5 et des Renault Trafic de 9 places, le confort faisait défaut, mais le transport était assuré convenablement», ironise un habitant. Aussi dans les grandes agglomérations, les itinéraires des bus ne sont pas matérialisés par des panneaux. Du coup, le visiteur est contraint de prendre un taxi pour ses déplacements. Effectivement, en matière d’amélioration de qualité de service, beaucoup de choses restent à faire afin de répondre efficacement aux besoins des citoyens. En s’entretenant avec les usagers des différents transports publics, on a l’impression que ces derniers utilisent ce moyen par obligation : ils n’ont pas d’autre alternative.

Mettre en place des infrastructures adaptées

Les responsables du secteur sont conscients de la nécessité de revoir la gestion publique du système des transports pour améliorer le service. Ils parlent de professionnalisation du secteur. «A cet effet, et dans la perspective d’améliorer la qualité de service, plusieurs mesures ont été prises, d’autres entreront en vigueur prochainement», rassure le responsable du transport. Parmi ces mesures, l’attribution de lignes urbaines et suburbaines à l’Etablissement public de transport de Tlemcen (Etust).

«Le recours à des entreprises publiques pour la gestion du transport urbain vise surtout à accroître la concurrence à même de vulgariser la notion de service public», souligne M. Attar. Aussi, dans un futur proche, les chauffeurs de bus de transport public seront soumis, à l’instar des chauffeurs de taxi, à une formation initiale obligatoire portant sur le relationnel et le savoir-être.

Deux écoles privées d’aptitude professionnelle ont ouvert leurs portes à Maghnia et Sebdou et prendront en charge ce type de formation. L’amélioration des services à la clientèle passe aussi par la réalisation de structures adaptées offrant une grande gamme de commodités. Les infrastructures disponibles en exploitation sont loin de répondre aux besoins des citoyens en matière de mobilité et à la croissance quantitative que connaît le secteur depuis quelques années.

A ce sujet, le directeur du transport insiste sur le fait que l’amélioration de l’infrastructure de transport reste une des priorités de sa tutelle. «Il s’agit là d’une action de grande importance pour développer le secteur», a-t-il souligné.

En effet, le secteur connaît, ces dernières années, une dynamique nouvelle. Plusieurs projets sont en phase de réalisation à travers la wilaya de Tlemcen. On cite les projets de réalisation de gares routières à Maghnia, Sebdou et Ghazaouet, de trois haltes routières à Sid Djilali, Aricha et Aïn Tellout, d’une zone de camionnage à El Aïcha. D’autres projets en cours d’étude permettraient de développer, moderniser et renforcer les infrastructures de transport à même de répondre aux besoins de mobilité de la population.
Il s’agit de la réalisation d’un pôle d’échange multimodal à Mansourah, de 12 stations urbaines à Tlemcen, Mansourah, Chetouane, Hennaya, Remchi, Ghazaouet, Nedroma, Maghnia et Sebdou, et de la gare maritime de Ghazaouet.

Cependant, un certain nombre de facteurs semblent faire obstacle à une réalisation accélérée de ces projets, dont bon nombre sont en souffrance à cause de l’indisponibilité de l’assiette foncière, le manque de financement ou encore la lourdeur des procédures réglementaires. Par ailleurs, l’accessibilité des transports aux personnes handicapées et à mobilité réduite est encore loin d’être effective. Même si les nouvelles infrastructures de transport sont mises aux normes pour l’accès et la prise en charge des personnes handicapées, la mobilité de ces dernières, qui conditionne leur insertion sociale reste tributaire de l’affabilité des citoyens.


Quelques chiffres :

Le transport par train : 1764 places offertes, nombre de passagers/jour : 611

Transport scolaire : 6750 places offertes

Transport des étudiants :  67 507 places

Transport de marchandises : 13 243 opérateurs, 17 177 véhicules, 1 385 205 tonnes

Transport maritime voyageurs : 46384/an, marchandises 74 243 tonnes/an

Transport aérien des passagers : 2651 vols/an,
213 010 passagers/an

O. El Bachir
 
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