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Tiaret : Qui mettra fin aux crèches anarchiques ?

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le 23.10.17 | 12h00 Réagissez

«Au moment où les services de la wilaya exercent une rude pression sur les crèches agréées dans le cadre de la loi, la direction de l’action sociale continue d’ignorer la situation désastreuse dans laquelle nous pataugeons.

Le service concerné de la DAS, censé réglementer ce genre d’activités, adopte une attitude bizarre et incompréhensible, ce qui encourage l’existence de crèches clandestines et favorise les risques et les dangers et contribue ainsi au pourrissement de cette noble profession, car la loi est totalement bafouée, les normes d’hygiène et de sécurité ne sont nullement respectées et les tarifs et les programmes sont déterminés dans une indifférence outrageante». C’est par ces propos pleins de dépit que certains gérants de crèches, dont Achour Mezine, directeur de la crèche des Anges, l’un des rares établissements privés qui semble se distinguer par rapport aux autres (légaux ou informels) qui exercent à Tiaret, ont alerté, par une énième lettre, les pouvoirs publics locaux. Sans suite pour l’heure.

De ce triste constat, nous sommes allés aussitôt à la quête de vérité en touchant du doigt ce qu’endurent les crèches privées ou publiques, dont celles activant sous le caractère associatif. Et pour cause, ces dernières jouent carrément sur le pouvoir d’achat des ménages en fixant un prix de 3500 dinars/mois par enfant, car ne payant ni impôts ni sécurité sociale ni loyer exorbitant, encore moins faire face aux contrôles. Des contrôles pour le moins ciblés qui ont visé, ces derniers jours, les gérants, qui ont, paradoxalement, le plus alerté sur la situation des crèches.

Plutôt de la concurrence déloyale ajoutée à un certain laxisme, voire un parti pris, qui n’est pas fait pour aider ceux et celles qui s’investissent réellement sur le terrain. Notre visite, par exemple dans la crèche des Anges. «Les enfants placés bénéficient d’un enseignement pédagogique et éducatif pour développer les capacités et les facultés mentales en adéquation avec des programmes appropriés», dira notre interlocuteur, dépité par la concurrence déloyale de certains établissements, qui, sous le couvert d’association, activent en commençant par rabattre les prix, mais en dispensant des cours aléatoires et en faisant dans le mélange des genres.

La gérante de la crèche Ethouraya abonde dans le même sens. Sa crèche a été longtemps en proie à la concurrence déloyale, quand, dans un garage malpropre, une concurrente est venue s’installer. Sans citer celles en défaut, malheureusement peu ou pas contrôlées. «Les associations du genre pullulent et travestissent ce noble métier», dira la gérante de cette crèche située au niveau de la cité Boumediène. Généralement, les crèches qui s’inscrivent dans l’esprit et la lettre du programme officiel initié par le ministère de l’Education nationale selon la loi 04-08 du 23 janvier 2008 sont celles qui souffrent le plus de contrôles, au moment où les autres, pour le moins informelles, ne sont pas inquiétées.

En plus d’un personnel le plus souvent inadapté, la surcharge des classes, l’absence de règles de sécurité et de prévention sanitaire, le couvert juridique est trouvé à travers le mouvement associatif pour contourner la règle. «Une crèche est soumise à une étude établie avant son lancement et doit offrir 1,4 m2 pour chaque enfant. Les salles pédagogiques ne doivent pas être inférieures à 40 m2 pour 30 enfants, les espaces de cours et de détente ne doivent pas être inférieurs à 150 m2 dont la moitié de la superficie doit être aménagée en aire de jeux et l’autre moitié en jardin pour que les enfants puissent s’y détendre». En jouant le jeu, les gérants sérieux déboursent beaucoup d’argent. Achour Mezine loue une villa à 140 000 dinars par mois et emploie une dizaine d’employé(e)s, nonobstant l’implication de sa petite famille aux soins des bambins et des véhicules pour les excursions.

Un constat loin de refléter ce que font les crèches qui activent sous le sceau de l’association. Le DAS, M. Kadda, rencontré dans son bureau, dubitatif et désarçonné par le propos sur le constat établi sur le terrain, fera savoir qu’«au niveau de sa direction, il y a deux commissions, l’une technique et l’autre administrative», et, à propos des crèches qui travaillent dans l’informel, il renchérit que «celles-ci ne sont pas de mon ressort», mais a promis des contrôles. Un contrôle qui a concerné, malheureusement, quelques jours après notre passage, celles qui ont osé briser l’omerta. Y aura-t-il enfin une enquête impartiale pour situer les responsabilités pour que force reste à la loi ? 

Fawzi Amellal
 
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