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La culture du safran réussit bien à Tiaret

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le 20.06.17 | 12h00 Réagissez

Quoi de plus intéressant, par ces temps de crise économique, que de s’occuper des produits du terroir… a fortiori quand les carillons du développement se tournent vers l’agriculture ?

Réhabiliter les produits du terroir, nombreux à être sous-exploités, a été une œuvre plutôt fantastique si l’on en juge par les résultats obtenus par certains pionniers, qui n’arrêtent pas de pousser les différents intervenants et secteurs à s’impliquer. Le cas de la culture du safran, déjà évoqué il y a quelques années dans ces mêmes colonnes, mérite qu’on y revienne, histoire de jauger et de mesurer le parcours jusque-là accompli de cette culture. Nous avons alors fixé un rendez-vous à notre Chouikh Lakhdar, un technicien accompli aux immenses talents, doublé d’un homme qui continue de prouver sur le terrain qu’ «impossible n’est pas algérien».

Avant d’aborder la culture du safran, notre interlocuteur n’a pu s’empêcher d’évoquer d’autres produits qui pourront faire le bonheur de plus d’un. «Il y a aussi, dit-il, le figuier de Barbarie, la pomme doucin, le séchage de l’abricot, la distillation de la lavande et bien d’autres». «L’Algérie, pays du soleil, reste idéal pour ce genre de cultures, notamment en zones arides, voire montagneuses», assène-t-il et d’ajouter que «l’idée de la culture du safran ou crocus-sativa était au départ saugrenue, mais avec le temps, la ténacité et l’implication de plusieurs techniciens, nous sommes parvenus à d’extraordinaires résultats».

A Sidi Kharoubi, dans la commune de Hamadia, à l’est de Tiaret, sous un climat semi-aride et des terres sablo-calcaires, «l’on a pu expérimenter avec succès le safran en plantant au départ quelque 10 000 bulbes. La récolte a été exceptionnelle et s’est posé à nous le problème de son écoulement». Et d’affirmer : «Entre-temps, et grâce à nos contacts, l’on a pu tisser des liens avec beaucoup de gens de différents endroits du pays.»

Pour lui, l’entrain est de taille. Aujourd’hui, et sans s’attarder sur les dividendes que génèrent ces cultures, il y a des personnes qui arrivent à s’extirper du ronron dans lequel les a confinées le département agricole et ses déclinaisons. Un émigré, résidant actuellement à Sidi Bel Abbès, est en train de faire ses premiers pas en s’employant après récolte à emballer le produit et l’exporter à l’étranger.

C’est réconfortant mais c’est peu…même si, concède Chouikhi, «certains walis, directeurs de laboratoires, techniciens et simples agriculteurs sont tentés mais le cadre organisationnel fait cruellement défaut». Miser sur ce que d’aucuns qualifient d’«or rouge», la culture du safran a besoin de volontés…celle gouvernementale n’étant pas des moindres. Pour se prendre en charge, les pionniers voudraient voir créer une maison du safran. Attendre et voir…  


A. F.
 
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