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Oran : Yennayer, un symbole identitaire aux multiples facettes

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le 15.01.18 | 12h00 Réagissez

L’officialisation de la célébration de la fête de Yennayer est un véritable acquis dans la lutte pour les droits culturels, et ce, pour tous les Algériens et pas seulement la région de Kabylie, quels que soient les motivations politiques et les intérêts du pouvoir dans cette décision.

C’est ce qu’a affirmé le juriste, universitaire et militant, Messaoud Babadji, lors d’une conférence-débat qu’il a animée, samedi, au siège de la ligue des droits de l’homme à Oran.

En effet, M. Babadji, connu pour son combat en faveur de la langue et la culture amazighes de l’Algérie, s’est réjoui de ladite décision en consacrant sa conférence à un plaidoyer rappelant les racines amazighes de l’Oranie, une région pas forcement berbérophone mais dont les pratiques et coutumes actuelles dénotent de cet ancrage historique que les politiques et réécritures officielles ne peuvent effacer, la fête de Yennayer, nouvel an du calendrier agraire amazigh, en est une preuve.

«On peut effacer la mémoire de la tête des gens avec de la manipulation peut-être, mais on ne peut pas altérer la mémoire de la terre qui garde toutes les traces du passé», a lancé le conférencier. Il a également rappelé l’histoire de la région, celle nommée «la Numidie occidentale», en avertissant de la division que la donne culturelle peut provoquer, une corde sensible sur laquelle on peut jouer.

Invitant à prendre leçon d’ histoire, il raconte : «Syphax s’est allié d’abord aux Romains contre Gaïa, qui était roi de la Numidie orientale ainsi que son fils Massinissa.

Ces deux-là étaient alliés aux Carthaginois. A la mort de Gaïa, il annexe son territoire et Massinissa passe dans le camp de Rome.» Et Messaoud Babadji d’aviser quant aux divisions : «Je vous invite à méditer ces alliances et contre-alliances, un seul peuple divisé avec l’intervention des Européens».

Le conférencier a également évoqué toute une liste d’appellations de villes, allant de lieux à Mascara comme Tighenif, Tizi, Taghya, à Oran comme Misserghine ou encore Mostaganem. Il a, dans ce sens, invité les universitaires à mener le travail académique nécessaire pour la promotion de la culture amazighe de l’Algérie et «qui ne se résume pas uniquement à la langue».

Commentant les divergences qui existent chez les militants politiques pour l’écriture de tamazight, M. Babadji a préconisé de «temporiser». «On ne peut pas encore dire s’il faut l’écrire en tifinagh, en arabe ou en lettres latines. Il faut du temps et laisser le soin d’une telle décision aux scientifiques et ne surtout pas politiser ce projet car il s’agit du droit culturel de tout un peuple avec toutes ses variantes», a-t-il prévenu.

In fine, M. Babadji a souligné la dimension humaniste de tout combat culturel et identitaire, en préconisant de l’ouverture sur l’autre contre l’aliénation : «Gardez à l’esprit qu’il ne s’agit pas uniquement de l’Algérie ou d’un autre pays d’Afrique du Nord, cette région appelée ‘‘Maghreb’’, en référence à un centre qui ne nous représente pas, et appelée arabe au détriment de notre identité.

Il s’agit plutôt de Tamezgha, toute cette terre de l’Afrique du Nord, dont le peuple a contribué à toutes les civilisations du bassin méditerranéen à travers l’histoire alors que son histoire est confisquée. Il s’agit donc d’inculquer et enseigner notre histoire, nos propres mythes et symboles à nos enfants pour les armer, les rendre fiers et les préparer à l’universalité», a-t-il déclaré.          

Redouane Benchikh
 
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