Régions Ouest Oran
 

Ferhat Boukhari. Président de la Chambre de l’artisanat et des métiers d’Oran

«Nous voulons faire revivre l’activité artisanale»

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le 21.09.17 | 12h00 Réagissez

Dans la perspective de l’organisation des Jeux ك كméditerranéens à Oran, plusieurs secteurs s’activent pour redorer le blason de la ville dont l’artisanat qu’on considère comme un facteur important pour le développement du tourisme. Elu à la tête de la CAM, Ferhat Boukhari donne à travers cet entretien un aperçu sur la situation de cette activité et son avenir.

- L’activité artisanale régresse. Quelle est donc la situation de ce secteur en ce moment ?

Nous voulons faire revivre l’activité artisanale à Oran compte tenu notamment de l’organisation dans cette ville des prochains Jeux méditerranéens. Seulement, il faut savoir que le domaine d’action des détenteurs de la carte d’artisan ne se limite pas à l’aspect artistique, certes important, mais qui n’en représente qu’une partie.

A titre illustratif, nous recensons en ce moment et dans les 26 communes que compte la wilaya près de 14 000 artisans pour 336 activités, dont seulement 76 sont dédiées à l’artistique. Le reste étant partagé entre la production de biens et des services (128 contre 132).

Le secteur a enregistré une régression certaine et plusieurs métiers ont presque complètement disparu tel le travail sur le bronze, la confection d’habits traditionnels et la fabrication des instruments traditionnels de musique. Autre exemple, les artisans bijoutiers étaient au nombre de 1000, mais il n’en reste aujourd’hui que 260.

- Quelles sont les raisons de cette désertion de l’activité ?

Notre marché est envahi par les produits d’importation. Nous ne sommes pas contre quand il s’agit de complémentarité, mais il faut mettre un terme à l’anarchie qui y règne et à la prolifération du commerce informel. Nous avons par exemple créé un club des artisans bijoutiers et nous préparons une rencontre régionale avec la participation de plusieurs instances concernées telles la direction des Impôts ou l’agence de l’or (Agenor) car nous considérons que l’Etat doit protéger les artisans.

Par certains côtés, ceux-ci contribuent à la consolidation de l’identité nationale en préservant tout en les améliorant des manières et des savoir-faire hérités des anciens. Asphyxiés par les charges et concurrencés de manière déloyale par des commerçants qui, souvent, n’ont rien à voir avec les métiers, les artisans locaux ferment les uns après les autres.

Je vous cite en exemple le fait que l’artisan s’acquitte des mêmes taxes que le commerçant sans compter les privilèges de fait accordés indirectement aux importateurs (5% de taxes contre 12% pour nous). Encore une fois, nous ne sommes pas contre l’importation, mais il y a urgence à établir des règles qui puissent protéger le producteur local déclaré qui paye ses impôts et qui cotise à la sécurité sociale. Ceci se répercute sur la formation. Les filières qui ne trouvent pas de débouchés sur le marché du travail, ne sont pas prises en charge par la formation professionnelle.

- Que faites-vous pour arrêter l’hémorragie ?

Nous organisons des salons et, même avec la politique actuelle de rationalisation des dépenses, nous essayons de nous adapter pour trouver des formes plus souples d’expositions qui permettront aux artisans d’écouler leurs marchandises. Mais ce que nous demandons aux autorités locales, puisque des cités et des quartiers entiers poussent comme des champignons, c’est de prévoir des locaux qui seraient réservés spécialement aux artisans avec interdiction de changer d’activité.

Nous avons tous besoin d’un cordonnier, d’un bijoutier, d’un plombier, etc. Ce n’est qu’en forçant les choses par des décisions courageuses qu’on arrivera à réactiver ces petits métiers tout en boostant la formation. Nous n’avons pas peur des impôts mais il faut nous protéger contre le commerce illégal et il en va même de la santé du consommateur. Nous constatons ces derniers temps une réelle prolifération des bijoux de fantaisie importés d’on ne sait où mais nous savons que les produits écoulés ne sont pas contrôlés.

En parallèle, nous savons par exemple que tout un artisanat d’art accompagne l’activité de la fantasia très répandue ici et pour laquelle on fait appel à plusieurs occasions, notamment touristiques. Seulement, les confectionneurs se font de plus en plus rares. On se demande par ailleurs pourquoi le centre dédié au tapis prévu à Tafraoui n’a pas été mené à bout.                           

Djamel Benachour
 
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