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Les réseaux sociaux au centre d’un débat sur le discours médiatique

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le 02.11.17 | 12h00 Réagissez

«Les analyses sur les discours médiatiques ont commencé autour des années 2002/2003, notamment au département de français et des sciences du langage, mais, au départ, on ne tenait compte que des versions papier des médias ou alors des émissions radio», explique Imene Miri Benabdallah, chef de projet, qui constate qu’il y a beaucoup de choses à faire dans le domaine du Web.

«En plus, indique-telle, aborder le discours médiatique n’implique pas l’obligation de se restreindre aux sciences du langage, car on peut faire appel aux sciences de l’information et de la communication, mais aussi à la sociologie, à la psychologie et aux sciences humaines et sociales, des disciplines complémentaires et utiles pour l’analyse du contexte, des conditions de production, de la réception, etc.».

De l’université de Mostaganem, Abdelkader Sayad propose des pistes de recherche et de réflexion autour du nouveau média qu’est le Web. Il estime que «dans les universités algériennes, rares sont les départements qui parlent un peu de cet aspect, parce que la recherche se fait sur les médias classiques et la communication électronique n’est pratiquement jamais abordée pour une raison très simple, c’est que, au départ déjà, elle n’est pas enseignée».

Pour lui, le chercheur qui ne dispose pas encore d’outils théoriques pour aborder la question peut toujours contourner cet obstacle en prenant la posture de l’autodidacte qui se documente, observe, etc., car le créneau est porteur. «J’essaye d’attirer l’attention de mes collègues sur l’importance de ce vaste corpus et les précautions qu’il faut prendre pour l’aborder», prévient-il cependant, car, évoquant l’exemple d’un réseau social comme Facebook, il faut dissocier ce qui relève d’un média, où les responsabilités sont bien définies, et tout ce qu’on peut retrouver sur la Toile, mais qui n’est soumis à aucun contrôle.

On recense 17 millions d’utilisateurs de Facebook en Algérie (second rang en Afrique) mais, «dans la majorité des cas, ce qui est normalement contraire à la charte de ce réseau, on utilise des pseudonymes», précise le chercheur, qui estime qu’un travail peut toujours très bien être mené autour de la langue utilisée par les internautes algériens. «Il faut tout un travail de synergie entre les équipes de recherche pour s’attaquer à la langue qui est privilégiée sur le Net», indique-t-il en insistant sur le fait qu’un travail sur un corpus réduit à une centaine d’utilisateurs ne peut pas nous renseigner sur la complexité de cet aspect des choses.
Un domaine non exploité

L’intérêt de la transposition en quelque sorte du débat public de l’espace physique (cafés, etc.) facilite en théorie le travail des chercheurs qui s’intéressent à la réception d’un contenu donné, car il n’y a nul besoin de faire des enquêtes de terrain étant donné que la Toile offre le commentaire et même le commentaire du commentaire. C’est, par ailleurs, grâce au Net (facilité) qu’Amina Lachachi a pu proposer, lors de cette journée d’étude, une réception à l’échelle nationale et internationale du roman Rue Darwin, de Boualem Sansal. Elle a pris en considération six articles, dont deux sont parus en Algérie, deux en France, un aux Etats-Unis et un autre en Allemagne.

Cette comparaison de textes traitant du même sujet, mais avec des points de vue totalement différents, est intéressante à plus d’un titre. Etant littéraire (donc non spécialiste des médias), elle a d’abord dû trouver une passerelle pour introduire la problématique de la subjectivité dans la critique littéraire journalistique et donc le positionnement des auteurs des articles et non pas celui de l’auteur du roman. La subjectivité est d’autant plus importante que l’écrivain algérien a accepté de se rendre en Israël pour prendre part à un festival littéraire.

En résumé, l’intervenante démontre, à travers les outils littéraires, la différence de points de vue entre la réception du roman en Algérie et à l’étranger. «Il y a la part du ‘‘JE’’ dans la subjectivité, mais même lorsque les auteurs des articles s’effacent pour paraître objectifs, on décèle toujours une grande part de subjectivité ne serait-ce qu’en mettant l’accent sur l’aspect victime», explique-t-elle. Boualem Sansal est accusé ici d’écrire pour plaire aux lecteurs occidentaux,  de se faire éditer uniquement à Paris, etc. Ailleurs, on l’encense tout en mettant en avant une certaine crédibilité, etc.

Mais l’intérêt du travail de Amina Lachachi réside dans la conclusion, car dit-elle, «le discours des journalistes algériens se veut contre-critique, mais, en fin de compte, cela sert l’auteur et, surtout, renforce son positionnement là où eux ne voudraient pas qu’il soit et c’est comme cela qu’on tombe dans le piège». Sur un autre registre, mais toujours en rapport avec le Web, Nadia Kasmi Benchour a abordé le cas de la Radio Alger Chaîne III et la mutation que cette chaîne a dû opérer pour rester dans le circuit en intégrant les TIC.

C’est probablement le cas pour l’ensemble des radios nationales, mais le passage de la simple voix aux contenus écrits et même plus récemment à l’image (les podcasts enregistrés au studio) représentent une évolution nécessaire dictée par ce passage obligé et généralisé vers le Web, avec la démocratisation des outils comme les smartphones, les tablettes et même bientôt les montres connectées.
 

Djamel Benachour
 
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