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Etat de délabrement du vieil Oran

La société civile tire la sonnette d’alarme

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le 03.01.18 | 12h00 Réagissez

Dans une lettre ouverte adressée aux autorités locales de la wilaya d’Oran ainsi qu’au ministre de la Culture, nombre d’associations et de citoyens oranais tirent la sonnette d’alarme : le vieil Oran dépérit, mois après mois, dans l’indifférence la plus totale.

«La politique du bulldozer, dite de la ‘‘tabula rasa’’, qui a fait tant de dégâts à Oran, continue à être la seule qui est proposée pour le vieil Oran», se désolent les signataires de cette lettre ouverte. «On démolit sans discernement, sans étude préalable, comme s’il s’agissait d’éradiquer un bidonville».

Et de faire un historique de la situation : «En 1984, on a rasé complètement la Scaléra. 2003 sera l’année où on  a pénétré au cœur de la vieille ville, avec la démolition des rues Montebello et Bassano. 2014 sera l’année de la destruction du quartier Welsford. 2015 sera l’année, enfin, de la promulgation du décret érigeant Sidi El Houari en «secteur sauvegardé». «En cette année, précisent les signataires, on a reconnu après tant d’années de souffrances, à Sidi El Houari, un statut de centre historique à protéger.

Enfin, on va restaurer et réhabiliter ses vieilles maisons et monuments, ses places et escaliers, ses mosquées et ses zaouïas, sa Casbah et ses murailles, ses venelles et chemins, ses fontaines et patios… avec, cette fois, l’implication des locataires et propriétaires, qui bénéficieraient d’une aide que déterminerait le PPSMVSS (Plan permanent de sauvegarde et de mise en valeur du secteur sauvegardé). 2015 aura été l’année de tous les rêves.

Les associations et groupes de citoyens se mobilisent, l’université offre des promotions de master en patrimoine, la presse jubile». «Malheureusement, poursuivent les signataires, cette ambiance aura été de courte durée, puisque les démolitions reprennent de plus belle fin 2015, et avec plus d’ampleur en cette fin d’année 2017.

Et la boucle sera bouclée avec le ‘‘gel’’ du modeste budget consacré à l’étude du PPSMVSS». Il y a de quoi s’indigner selon les signataires : «S’il n’y a pas d’argent pour l’étude, cela signifie une situation intenable pour le site et la voie ouverte à la spéculation et à la destruction de la carte d’identité de notre ville qui a résisté, tout au long de son histoire millénaire, aux envahisseurs, aux tremblements de terre, aux épidémies et à plusieurs guerres mais qui ne résistera pas aux prédateurs du foncier.»

Aussi, dans le souci de créer une dynamique d’espoir, les signataires de cette lettre ouverte proposent : «L’arrêt des démolitions et la composition d’une commission ouverte aux compétences pour statuer sur l’état des immeubles et assurer un gardiennage pour éviter le pillage des matériaux», mais encore «l’affectation ou la réaffectation d’autres chapitres d’un budget pour le lancement immédiat de l’étude du PPSMVSS, l’accompagnement des propriétaires qui veulent rester à Sidi El Houari (assistance, organisation et aide pour réhabiliter leurs immeubles), l’ouverture d’un chantier de fouilles archéologiques à la Casbah, le renforcement en moyens humains du maître d’ouvrage en charge du secteur sauvegardé qu’est la direction de la culture qui ne dispose actuellement d’aucun architecte ni d’urbaniste».

Les signataires demandent aussi «une implication spéciale du ministère de la Culture et de ses organismes (Agence des secteurs sauvegardés, Direction de la protection légale du patrimoine, CNRPAH…), car, in fine, la protection du patrimoine relève d’une fonction régalienne de l’Etat».     

El Kébir Akram
 
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