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La situation des secteurs sauvegardés en débat

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le 09.05.18 | 12h00 Réagissez

 
	Des journées d’étude sur la situation des secteurs sauvegardés en Algérie ont été organisées, mardi et mercredi derniers, à l’Université des sciences et de la technologie (USTO) Mohamed Boudiaf d’Oran, sous le slogan «Sauvons Sidi El Houari».
Des journées d’étude sur la situation des secteurs...


Un slogan sonnant comme un appel lancé par la revue spécialisée Madinati et qui est arrivé à réunir plusieurs intervenants, dont des universitaires, des experts, des responsables et des représentants du ministère de la Culture et de l’Unesco.

En effet, le sauvetage de l’ancien centre-ville d’Oran est devenu une urgence et les différents spécialistes et militants impliqués dans la question du patrimoine s’interrogent sur le retard enregistré dans la mise en œuvre du plan de sauvegarde du vieil Oran.

Djilali Tahraoui, architecte et directeur de la revue Madinati, explique : «Ce projet de réunir tout le monde est parti d’abord d’un sentiment de frustration par rapport à la situation du secteur sauvegardé de Sidi El Houari. J’ai participé au Colloque international sur la revitalisation de Sidi El Houari en 2008. Depuis, il y a eu des actions puisqu’on a bataillé pour que ledit quartier soit reconnu comme secteur sauvegardé. Le dossier a été déposé en 2011 et le décret exécutif portant secteurs sauvegardés a été signé en 2015.

Cependant, entre 2015 et 2018, il y a eu beaucoup de péripéties et de problèmes et, ce qui fait mal, il y a eu beaucoup de démolitions anarchiques à Sidi El Houari.

En somme, ce quartier a été traité comme un bidonville banal, et, cette fois-ci, à l’occasion du Mois du patrimoine, on a décidé d’organiser cette rencontre, car on s’est dit que les célébrations sont loin de la réalité, quand on sait que le slogan, cette année, c’est «Mon patrimoine, mon avenir». Le professeur Tahraoui s’interroge, comme tous les panelistes d’ailleurs, sur la mise en œuvre dudit plan de sauvegarde : «En réalité, il y a plusieurs lectures de la situation.

On en a à titre personnel et nous y pensons pour trouver des explications et des solutions. C’est pour ça que nous avons, justement, décidé de réunir durant deux jours tout le monde du patrimoine.

C’est une initiative de Madinati avec des consultations d’amis impliqués dans la cause du patrimoine, notamment d’Alger et Oran, et des partenaires dans le combat, comme l’association Bel Horizon ou le musée d’Oran, avec Mme Bouchama à sa tête. Nous partageons tous presque les mêmes visions.

Et pour trouver une solution à cette situation, on s’est dit : offrons-nous un espace pour en discuter. Il y a des experts de la commission de l’Unesco, des cadres du ministère de la Culture, des experts venus à titre privé, mais aussi de invités de Constantine, qui sont venus partager leur expérience, les choses qu’ils ont vécues avant nous sans pour autant être plus avancés que nous sur la mise en œuvre des plans de sauvegarde.» Notre interlocuteur s’est réjoui de la participation de beaucoup d’intervenants, ce qui, selon lui, laisse présager une réelle prise en charge de la situation.

Il n’a pas manqué d’afficher sa satisfaction quant à la présence de représentants du wali d’Oran ainsi que de sa conseillère en architecture, qui a annoncé que le dégel est en cours. Il déclare : «La représentante de la wilaya laisse présager des choses positives, comme le dégel à propos de la mise en œuvre du plan de sauvegarde qui serait en cours. Nous avons également invité un représentant du wali d’Alger. Il s’agit de l’architecte qui est en charge du secteur de la Casbah.

Il est ici car nous avons besoin qu’il partage son expérience, notamment la conciliation des efforts du ministère de la Culture et ceux de la wilaya, à savoir articuler patrimoine et développement, car nous sommes dans une situation très complexe».

Quelles solutions ?

Dans ce même ordre, M. Tahraoui a dénoncé le fait que la direction de la culture d’Oran fonctionne sans architectes. «On ne peut pas prétendre défendre le patrimoine sans avoir des personnes spécialisées dans ce volet», a-t-il lancé. De son côté, Kouider Metaïr, président l’association Bel Horizon, a également regretté le gel du plan de sauvegarde et la somme allouée à ce projet. «Ces panels sont très importants, car c’est un moment de réflexion et nous avons besoin de prendre le temps de nous concerter, d’échanger, voire de polémiquer, pour dégager une vision.

Mais, aujourd’hui, l’urgence c’est la mise en œuvre du plan de sauvegarde pour lequel nous avons milité. Je ne comprends pas comment le ministère décide un décret et gèle un budget par la suite pour l’étude. C’est contradictoire ! Cette situation est intenable et il ne s’agit que d’un milliard quatre cents millions centimes. Ce n’est pas sérieux». Face à cet état de fait, M. Metaïr a regretté que les démolitions anarchiques continuent et que la population soit délogée, un processus qui vide le quartier de sa vie, de sa substance et de son âme. «Les gens n’ont pas le choix et ils finissent par accepter quand l’Etat offre un logement.

Aujourd’hui, il est temps d’aider et d’accompagner les propriétaires, qui veulent rester, à réhabiliter ou restaurer leur maison». Notre interlocuteur s’interroge sur l’avenir de ce quartier emblématique de la ville d’Oran. En effet, depuis dix ans déjà, les spécialistes de la ville et du patrimoine ont pu mettre en place un plan de sauvegarde, arracher un décret et un petit budget a été alloué. Cependant, les démolitions et le délogement continuent, ce qui pousse à s’interroger sur l’avenir du quartier et de la mémoire de la ville. C’est justement le thème de l’intervention de Kouider Metaïr, prévue aujourd’hui au département d’architecture et d’urbanisme de l’USTO.

En janvier dernier, une réunion, spécialement consacrée au quartier Sidi El Houari et à la question patrimoniale qui en découle, s’est tenue. Présidée par le wali d’Oran, Mouloud Chérifi, cette réunion avait vu la participation du DUC, du DPSP, du directeur de la culture, ainsi que de son chef du service «Patrimoine», du P/APC d’Oran et du responsable de l’OGEBC, des représentants de la société civile, notamment le président de l’association Bel Horizon, Kouider Métaïr, ainsi que des signataires de la pétition réclamant la sauvegarde du vieil Oran.

Le wali d’Oran a fait part à l’assistance de la désignation d’une architecte experte, en l’occurrence Mme Chellah, qui a été mandatée pour suivre la question du vieux bâti à Oran et, tout particulièrement, le quartier historique de Sidi El Houari. Mme Chellah, installée à la tête d’une cellule technique, est directement rattachée au bureau de la wilaya d’Oran.

Sa mission est, entre autres, de coordonner le travail des différents acteurs et associations activant dans le domaine de la restauration et de la sauvegarde du vieux bâti. S’en est suivi un débat avec l’assistance, au cours duquel plusieurs points ont été abordés. Des décisions ont ainsi été prises. L’un des points, et non des moindres, est celui relatif au budget. Il a alors été annoncé qu’un budget de l’ordre de 15 millions de dinars sera mobilisé en vue de lancer le plan de sauvegarde.

Ce budget, qui a été gelé par le passé, sera puisé du budget supplémentaire de la wilaya que votera prochainement l’APW. D’autres budgets seront également mobilisés chaque année pour les besoins des aménagements ultérieurs. Le wali d’Oran a insisté sur la préparation d’une feuille de route pratique à même de retracer tout ce qui doit être préservé et donner un aperçu complet des bâtiments concernés, soit en cours de restauration ou de démolition.

Le wali a appelé les experts et les associations de défense du patrimoine à formuler des propositions à ce sujet. «Il y a beaucoup d’études qui ont été faites, mais qui n’ont pas atteint leurs objectifs. Préparez une feuille de route solide. La question de Sidi El Houari est un dossier que je veux faire monter au plus haut niveau pour avoir les moyens nécessaires», dira-t-il à l’assistance.            

Redouane Benchikh et R. O.
 
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