Régions Ouest Oran
 

Théâtre régional d’Oran

Bras de fer entre le syndicat fraîchement élu et la direction sortante

Taille du texte normaleAgrandir la taille du texte

le 09.07.17 | 12h00 Réagissez

Déjà tombé en désuétude depuis de longues années sur le plan de la qualité des œuvres produites, le TRO fait face, en ce moment, à un véritable conflit social qui va sans doute aggraver sa situation.

C’est le résultat d’un cumul de problèmes qui ont fini par éclater au grand jour juste après l’élection, en mars dernier, de la nouvelle section syndicale élue démocratiquement. Le mandat (3 ans) de la précédente, jugée proche de la direction, a expiré en 2013, mais il n’a jamais été renouvelé et tous les soucis semblent venir de là. Pressenti de manière persistante depuis quelque temps pour occuper le poste de nouveau directeur de cette institution, Mourad Senouci est présenté comme proche de son prédécesseur, Ghaouti Azri, qui a dirigé le TRO pendant 15 ans. Théoriquement, cela fait près d’une année que ce dernier est retraité, mais il a continué à assumer ses fonctions.

Parmi les griefs retenus, le syndicat, dirigé en ce moment par Hmida Skioua, évoque le fait qu’aucune passation n’a été faite par l’ancienne section syndicale et donc qu’aucun bilan n’a été présenté durant 6 ans. Ceci sachant que pour les œuvres sociales, l’argent continuait à être versé malgré l’«illégitimité» de la section syndicale durant les trois dernières années. «Nous nous sommes également demandés pourquoi le directeur s’est octroyé une prime de départ de 6 millions de DA et qu’il a perçue alors qu’il est toujours en poste», explique le cadre syndical.

Ce qui a envenimé la situation, c’est que ce dernier, au nom des employés qu’il représente désormais, a osé envoyer une mise en demeure datée du 18 juin 2017 et sommant la direction à faire en sorte d’effectuer la passation et donc de présenter le bilan des 6 dernières années. Ceci pour les choses qui ne sont pas censées être apparentes, mais il y a un autre aspect plus visible sur lequel se basent les protestataires. En effet, cinq employés du TRO, dont trois comédiens, ont été réembauchés dès qu’ils ont pris leur retraite. L’argument invoqué, du moins pour les comédiens, est que ces derniers ont été retenus pour leur expérience et leur qualification.

Le hic, c’est qu’à des fréquences diverses, on les voit jouer dans des petites séries de divertissement télévisuel sans véritable valeur artistique et dont certaines sont mêmes tournées à l’étranger. «Nous avons exigé et obtenu le non-renouvellement des contrats signés avec ces personnes, car c’est moralement inadmissible de priver de jeunes talents de faire leurs preuves sur les planches en réembauchant des retraités dont l’apport reste toujours à démontrer», s’exclame-t-on à ce sujet.

Toutes ces préoccupations ont été résumées dans un document envoyé à plusieurs départements du ministère de la Culture. La direction du théâtre est déjà au courant de ces doléances, car, au grand dam des syndicalistes, cette lettre censée être confidentielle a été réexpédiée au TRO. Jeudi 29 juin, une réunion a été organisée par le nouveau syndicat pour débattre de toutes ces préoccupations. Azri Ghaouti se défend d’avoir enfreint la loi.

Pour lui, la prime de départ est prévue dans la convention collective au sein de cet organisme ayant le statut d’EPIC et le montant est réglementé en fonction du salaire et du nombre de mensualités prévues à cet effet. Le problème est attribué à l’administration, qui a tardé à désigner un successeur, alors que sa demande de sortir en retraite a été validée depuis longtemps. Même chose pour le versement de l’argent des œuvres sociales : «L’organisme est, dit-il, tenu de verser sa quote-part aux œuvres sociales, car c’est la loi, mais la gestion de cet argent n’est pas de son ressort.» Il atteste que tout le monde a bénéficié de cet argent sous forme de prêts ou d’aides diverses.

La question des retraités étant réglée, puisque les contrats qui arrivent à expiration ne seront pas renouvelés, il reste le bilan comptable et le directeur accuse à son tour la nouvelle équipe syndicale qui, pour lui, a refusé de valider en interne les documents présentés, préférant se fier à une expertise ou à l’avis d’une commission ministérielle. «Pour aller vite, explique-t-il, j’ai présenté une solution consistant à calculer les dépenses en fonction des pièces justificatives qu’on devait présenter mais le comptable a refusé et c’est pour cela que le bilan des dépenses est actuellement en train de s’effectuer chez le commissaire au comptes».

Pour le reste, «je ne suis qu’un gestionnaire et je ne suis donc pas responsable de la qualité des productions, car cet aspect engage toute la cité», estime Azri Ghaouti, qui défend le bilan de son passage au TRO mais en se basant sur le nombre de représentations et le nombre d’entrées. C’est sans doute pour cela qu’on a voulu remonter la pièce Louâbat ezzaouadj, du vaudeville déjà présenté au public il y a quelques années selon une adaptation du même Mourad Senouci, dont, visiblement, les préférences tendent plutôt à figer le TRO dans les considérations sociales des siècles passés.

Djamel Benachour
 
le dessin du jour
LE HIC MAZ

Mes infographies

El Watan Magazine

impact journalism days

 

Indépendance Algérie

 

El Watan Etudiant

Chroniques
Point zéro Repères éco

Vidéo

Débats d'El Watan

Débats d'El Watan
Loading...

Télévision
Télérama       Télé Alger TV Algérie
 
Loading...