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Tigditt (Mostaganem) : Les usagers se plaignent d’une «offre de soins médiocre»

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le 20.12.17 | 12h00 Réagissez

Des centres fermés, même après 8h, des médecins qui, à 9h, et parfois à 10h, n’arrivent toujours pas, tel est l’état actuel des centres de santé à Tigditt, où presque tous les habitants de la ville de Mostaganem se soignent.

Dimanche, 7h30, nous étions déjà devant la porte fermée du centre de phtisiologie et pneumologie UCTMR 2, où un groupe d’hommes et de femmes commençait à s’élargir. Il a fallu attendre jusqu’à 8h20 pour apercevoir une première infirmière arriver calmement et lentement en ouvrant enfin l’établissement, permettant aux patients de s’installer dans l’étroite salle d’attente, après avoir passé un bon moment dans le froid matinal.

A l’intérieur: murs délabrés, insalubrité et peu de bancs pour accueillir une dizaine de patient(e)s, dont la majorité sont des personnes âgées. L’attente est indéterminée. Nous avons demandé à l’infirmière si le médecin avait une heure précise pour commencer son travail, elle nous a répondu succinctement «elle ne va pas tarder».

Entre-temps, nous nous sommes rendus à la polyclinique de Tigditt, située à deux cents mètres du premier centre. 8h45, le même constat, avec encore plus de monde, dont des femmes accompagnées de leurs enfants. Nous demandons à un agent de nous informer sur l’arrivée du médecin et il répond non moins laconiquement que la première infirmière «à 9h».

Outre l’état déplorable des lieux, le personnel n’aide pas vraiment les patients à supporter toutes les défaillances. Certains infirmiers ne daignent même pas accorder un tant soit peu d’attention aux patients qui ne veulent que savoir quand ils peuvent être consultés. 9H10, de retour au centre UCTMR 2.

Deux autres infirmiers ont rejoint leurs postes, mais le médecin n’est toujours pas arrivé et la tension commence à monter au sein du groupe qui, désormais, est composé d’une dizaine de patients assis et d’autres debout, faute de bancs. «Les médecins qui travaillent dans le secteur public ont tous des cabinets privés. Ils ouvrent tôt le matin vers 6h30 et ils font des consultations jusqu’à 9h ou 10h et, après, ils viennent assurer leur mission dans le service public», témoigne publiquement une vieille dame, agacée par l’attente interminable.

«Qu’ils nous disent au moins à quelle heure va arriver le médecin, ou qu’ils essayent de le contacter. Si  elle ne va pas venir aujourd’hui, on va gâcher notre journée à attendre en vain», s’indigne un quinquagénaire. Nos va-et-vient entre les deux centres nous ont permis de remarquer que certains jeunes faisaient le même circuit que nous.

Nous les avons interpellés pour en savoir davantage et l’un d’eux nous a confié : «J’ai été convoqué à passer un concours de recrutement et ils m’ont demandé de fournir un dossier qui comporte un certificat médical général et un autre de phtisiologie. J’ai beaucoup de paperasse à fournir et pour l’instant, le retard des médecins ne m’aide pas vraiment.» Une nouvelle fois au centre UCTMR, un silence coléreux règne dans la salle d’attente, pendant que les infirmiers s’affairent çà et là. Le moindre pas fait dresser les oreilles des patients, qui souhaitent qu’il soit celui du médecin

«Moi, d’habitude, je me rends au centre de Lalla Kheira, mais actuellement, le médecin est en congé et ils m’ont dirigé vers ce centre qui est le seul dans toute la ville en ce moment», témoigne une femme. 9h40, le médecin est enfin là. Un vacarme s’est substitué au silence, avec une bataille entre les patients au nom de «qui est venu le premier ?».

Force est de constater que le manque de tickets d’attente accentue amplement le sinistre état du centre. Une infirmière, pendant ce temps-là, recueille les pièces d’identité des jeunes, entre, puis ressort au bout de quelques instants avec des certificats tamponnés prêt à être mis dans les dossiers de recrutement, et ce, sans avoir réellement ausculté les jeunes, dont certains pourraient être inaptes ou atteints d’une maladie handicapante. «Je ne comprends pas pourquoi on nous demande de fournir cette pièce médicale, alors qu’il suffit juste de ramener la carte d’identité et en avoir une (rire)», nous déclare une jeune demoiselle abasourdie par la procédure.

Nous nous précipitons en compagnie des jeunes à la polyclinique où ces derniers auront droit au même service juste en présentant leurs pièces d’identité. Une dernière visite au centre UCTMR 2, où une infermière nous informe que le service prend fin à 11h, voire midi, au plus tard. Soit, deux heures maximum, où les patients, entre attente et laxisme total, doivent négocier leur consultation, tandis qu’à la polyclinique le service est assuré jusqu’à 17h.           
 

Salim Skander
 
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