Régions Ouest Mostaganem
 

Portrait

Sabria, une femme engagée en politique

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le 23.12.17 | 12h00 Réagissez

Tous les matins, elle prépare le petit déjeuner pour ses parents avant de partir à son travail.

Dynamique, souriante et motivée, Sabria Kahloul, la quarantaine, travaille depuis 11 ans dans une agence de voyages. Cette année, Sabria a décidé de se lancer dans une aventure un peu difficile mais ô combien salutaire, le combat pour la valorisation de sa «ville chérie», comme elle nous le confie.

En effet, à l’occasion des élections locales APW et APC, Sabria Kahloul s’est engagée dans les rangs du parti politique El Infitah, lequel, d’ailleurs, n’a vu le jour que deux mois avant le commencement de la campagne électorale. «J’ai dû arrêter mes études en terminale et me lancer dans le monde du travail afin de couvrir les dépenses familiales», nous lance d’emblée Sabria. Mais malgré cela, elle ne désespère point et envisage de reprendre ses études universitaires. «L’espoir de ce pays se trouve à l’université et c’est de là que viendra le progrès», argue-t-elle.

Pourquoi s’engager en politique ? «Vous avez vu l’état actuel de Mostaganem ? Un chantier à ciel ouvert. Notre chère ville est devenue une proie pour ceux qui ne cherchent qu’à se remplir les poches. Basta ! Il faut que les habitants se mobilisent pour essayer d’apporter un plus à Mostaganem, qui était la perle de la Méditerranée», nous explique-t-elle. «J’ai toujours détesté les élections, car je ne me reconnaissais pas dans les hommes et les femmes qui se proposaient. Cette fois-ci, c’était différent. Des hommes et des femmes de ma génération et de ma ville ont décidé de créer un parti politique et cela m’a intéressé.

En deux mois, nous avons constitué un groupe composé de différents profils, Mounir Benkritly (avocat), Cherif Ouahiba (présidente de l’association Errahma), Fayçal Benkrizy (artiste), ou encore Karakech (enseignant à l’université) et nous avons pu gagner la confiance d’une large partie de la population, car nous étions des jeunes dont la moyenne d’âge est de 30ans».

Cette décision de s’engager dans la politique est une manière pour la jeune dame de défendre la cause féminine de sa région. «Longtemps, à Mostaganem en général, et à Tigditt en particulier, les femmes sont interdites de politique, car celles qui s’y mêlent sont mal vues. Aujourd’hui, il faut prendre son destin en main et nul autre ne pourra défendre les femmes qu’elles-mêmes. Dans notre parti, le nombre de femmes est presque égal à celui des hommes et les responsabilités sont partagées équitablement. J’aimerais que les femmes mostaganémoises fréquentent les salles de sport, les salons de thé et d’autres lieux de divertissement pour être vraiment épanouies», nous confie Sabria Kahloul.

Son expérience au sein d’une agence de voyages n’est pas sans importance dans sa contribution, car elle compte bien, à partir de son constat personnel sur ce que les touristes cherchent à trouver ici et sur ce que les citoyens d’ici cherchent ailleurs, proposer des solutions, des projets afin d’améliorer le tourisme local et le rendre une vraie source d’argent pour l’économie de la wilaya. «Il y a un sérieux laxisme dans ce domaine. On néglige ce que les jeunes veulent et on croit que les agences de voyages ne servent qu’à des voyages pour la Omra et le Hadj.

Or, c’est faux. Il y a des jeunes qui partent en Tunisie à la recherche de ce qu’ils peuvent avoir en mieux ici à Mostaganem et dans sa fabuleuse côte», explique-t-elle,  ajoutant : «Le patrimoine culturel, architectural est très riche et vaste, mais il n’est pas entretenu. Pourtant, c’est ce que cherchent les touristes en premier lieu à Mostaganem.

Des constructions datant de l’ère espagnole, ottomane et française sont aujourd’hui menacées d’effondrement faute d’attention de la part des responsables». Mais il faut savoir que les élections ne se sont pas déroulées comme le souhaitaient Sabria et ses coéquipiers. Le lendemain des élections municipales, le parti avait dénoncé sur sa page Facebook une tricherie flagrante et des procédures anarchiques durant le vote. Le parti avait même décidé de se retirer et il a failli ne plus exister n’était le soutien affiché par les citoyens locaux, les dissuadant de baisser les bras. «Nous étions anéantis.

La fraude électorale vous désarme de toute motivation et d’espoir. Mais le soutien du peuple est notre plus grande victoire et ce n’est que le début d’un long combat pour notre ville», déclare Sabria avec détermination.

Le FLN a remporté le plus grand nombre de sièges. En dépit des entraves et des procédures illégales et anarchiques auxquelles le parti a été confronté, Sabria Kahloul ne se décourage pas et reste optimiste pour l’avenir du pays.
 

Salim Skander
 
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