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Mostaganem : Un film au top et une cérémonie au flop

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le 01.08.17 | 12h00 Réagissez

Ce vendredi, à la cinémathèque Cheikh Hamada, la projection du film Ibn Badis était programmée à 17h30.

A cette heure, la salle était déjà archicomble. Mais le retard flagrant qui a fait que le film ne débute qu’à, tenez-vous bien, 21h, est justifié par «On attend l’arrivée de Monsieur le wali». Une situation jugée inadmissible et méprisante par les citoyens venus en masse avant de repartir déçus d’avoir perdu des heures en attente vaine. A 20h, la salle ne contenait que le personnel, quelques journalistes et les troupes folkloriques dressées devant l’entrée de la cinémathèque.

Il a fallu attendre 21h pour voir enfin la délégation officielle entrer dans la salle, soit après 3h30 de retard. Pis encore, au milieu de la projection, des invités sont arrivés en retard, ce qui impose une salutation des autorités locales, debout, avec le photographe de la wilaya qui prend des photos avec flash en perturbant la projection. Notons aussi que le premier film entrant dans le cadre du festival a été projeté, la veille, à Salamandre, avec des équipements low-cost et une sono défaillante.

Il s’agissait du film Harraga, dont la majorité des acteurs sont de Mostaganem. «Dans Harraga, on était 24 acteurs tous de Mostaganem. Normalement, c’est notre film qui devrait inaugurer cette salle et en présence des autorités locales. Pourquoi le film Ibn Badis reçoit toute cette honorable assistance et organisation au détriment de notre travail, réalisé par Merzak Allouache», nous confie un des acteurs de Harraga.

Au moment des hommages, la photo du Président à la place des cinéastes de la ville, ou encore à la place de celle de Cheikh Hamada, c’est le wali, puis le P/APW, puis un sénateur et un député qui remettent les cadeaux aux artistes. «Il aurait été plus judicieux de laisser les artistes de Mostaganem honorer et rendre hommage aux artistes. A croire qu’il n’y a que les autorités locales ici !» s’indigne un citoyen. Des circonstances qui nous font rappeler le Festival national du théâtre amateur de Mostaganem, dont la politisation est exagérée. Devant cette implication massive de la politique et des politiciens, la seule victime demeure l’art en général.                                          

Salim Skander
 
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