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Mostaganem : Les fleurs du bien, un joli bouquet de poèmes

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le 05.07.17 | 12h00 Réagissez

Les fleurs du bien, éditions Amalthée (France), est le premier recueil de poèmes du jeune poète et journaliste mostaganémois Azzi Salah Mohsen.

Ce dernier est connu, dans son entourage, pour son habileté à manier les mots et à parfumer les phrases. Les lecteurs de notre confrère du quotidien Liberté, correspondant à Mostaganem, ont sans doute discerné dans ses articles un degré d’écriture particulier, où la prose s’en mêle. Les fleurs du bien, dont le titre est un clin d’œil à son poète révéré Charles Baudelaire, est une aventure poétique extraordinaire qui puise son inspiration au sein de thèmes aussi divers qu’importants, tels que l’amour, la paix, la sérénité, le passage du temps et l’existence mouvementée partagée entre la France et l’Algérie.

Un florilège de poèmes, de respiration, d’émotion, surgis du tréfonds personnel, comme pour apaiser des instants d’angoisse et d’incertitude, un appel à l’évasion aussi. Une poésie du cœur inventée par un vrai bonheur d’écriture. La mouette pleure, Algériades, Ma renaissance, Crépuscule solitaire, Ruines, Entendez-vous les clameurs de nos rues, Entre le nord et le sud sont tous des titres de beaux poèmes, écrits tantôt en prose, tantôt en vers.

L’auteur, qui voit l’écriture comme un acte de survivance, dit «qu’il est ironique de constater que le poète algérien, un demi-siècle après le recouvrement de l’indépendance du pays issue d’une glorieuse Révolution, soit réduit à présent à voir ses clameurs modernes ne franchir guère les frontières de sa page blanche» (extrait de la page 28).

L’auteur pose plusieurs axes de réflexion, notamment, sur la condition de la double culture acquise/héritée (culture arabo-berbère islamique et occidentale), et de l’impossibilité de leur dissociation dans le subconscient collectif. Autre point abordé: la question de la nostalgie naissante chez les auteurs expatriés.

Peut-il y avoir une nostalgie positive ou est-elle subie, donc fatalité ? vivre au Sud et penser au Nord… «Cinquante ans de liberté ?/ Liberté de notre terre retrouvée/ Après tant de guerres couvées / Sacrifice de nos valeureux/ Martyrs pour que vive l’Algérie/ Patrie de nos ancêtres spoliée /Arrachée au bras de ses fils» annoncent les cinq premiers vers du poème Algériades. Fraîchement diplômé de l’université de Mostaganem, ayant acquis un master en espagnol, Azzi Salah Mohsen signe ainsi son premier recueil qui sera très prochainement réédité en Algérie.                                    

Salim Skander
 
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