Régions Ouest Mostaganem
 

Mostaganem : Dans les coulisses d’une ligue de bienfaiteurs

Taille du texte normaleAgrandir la taille du texte

le 30.05.17 | 12h00 Réagissez

En ce premier jour du mois de Ramadhan, nous nous sommes rendus au restaurant Panorama, à la cité El-Arsa, où un groupe de jeunes ont décidé de préparer et de servir des repas chauds aux jeûneurs durant tout le mois sacré.

Nous arrivons sur place vers 18h, les membres de ce groupe dont l’âge varie entre 16 et 28 ans s’affairent à mettre en place des tables, à découper le pain et à le mettre dans des corbeilles, déposer les bouteilles d’eau et de limonade sur les tables. A l’intérieur de la cuisine du restaurant, cinq femmes, toutes bénévoles, s’occupent des «tadjine», des hors-d’œuvre et de la chorba, et ce, sous l’œil bienveillant de l’hadja Bedida, la doyenne de la ville de Mosta, que les jeunes aiment entendre raconter les traditions du Mostaganem d’antan.

«Aujourd’hui, la hrira marocaine a remplacé la chorba à la mequettefa que l’on préparait dans le passé durant tout le mois de chaâbane», nous confie la vieille dame. Quelques instants après, des jeunes arrivent sur les lieux, éreintés par la coriace besogne qu’ils viennent d’accomplir dans la journée sous un soleil de plomb, en l’occurrence la récolte d’argent et de la nourriture auprès des commerçants de la ville.

Ils se dirigent illico presto vers une table un peu reculée où d’autres jeunes s’occupent de l’administration, de l’inventaire et de la programmation du jour suivant. «Notre mission est si noble qu’elle nous pousse à nous surpasser et à résister à la soif et à la faim ainsi qu’à la chaleur du mois de mai pour offrir des repas aux nécessiteux», nous confie Nadir, 17 ans.

A moins d’une heure de la rupture du jeûne, sur le perron du restaurant, des personnes attendent l’ouverture des portes. A l’intérieur, le tempo s’accentue. Les dernières retouches sont données çà et là. Au menu ce soir, hrira, tadjine hlou, hors-d’œuvre, bourak et le plat principal : poulet aux olives avec des frites. Il ne reste que 10 minutes, les portes sont ouvertes et on fait rentrer les jeûneurs par 4 personnes pour assurer le bon déroulement de la restauration.

Au milieu des convives, des routiers, des enfants sans abri ni famille, des SDF, des migrants, et même des étudiants de l’université de Mostaganem, dont le seul fait d’y être renseigné combien la cantine universitaire est médiocre. Le nombre des jeûneurs est si grand que les organisateurs finissent par mettre 7 personnes par table pour un total de 190 repas servis. «D’habitude, le premier jour, pas beaucoup de gens y viennent.

Aujourd’hui, nous sommes dépassés et il n’y a pas de plus atroce que de regarder une personne dans les yeux et de lui dire : désolé, il n’y a plus de place. On a l’impression, à ce moment-là, d’avoir failli à notre mission», nous confie un jeune, les larmes aux yeux, attristé de voir certains repartir le ventre vide. En effet, d’aucuns hélas n’ont pas eu la chance d’avoir une assiette. Ils se contenteront de quelques bouts de pain, de dattes et de l’eau avant de quitter cette salle Panorama. Après un quart d’heure, les jeunes bénévoles n’ayant avalé qu’une datte, rentrent chez eux rejoindre leurs familles et bénéficier d’un repos amplement mérité.
                  

Salim Skander
 
le dessin du jour
LE HIC MAZ

Mes infographies

El Watan Magazine

impact journalism days

 

Indépendance Algérie

 

El Watan Etudiant

Chroniques
Point zéro Repères éco

Vidéo

Débats d'El Watan

Débats d'El Watan
Loading...

Suivre El Watan

FacebookFacebook       TwitterTwitter
Télévision
Télérama       Télé Alger TV Algérie