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Chlef : Oued Fodda subit une terrible régression

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le 25.11.17 | 12h00 Réagissez

Dimanche 5 novembre, début de la deuxième semaine de la campagne pour les élections locales à Oued Fodda.

Une commune, située à 20 km à l’est de Chlef, qui était jadis réputée pour ses restaurants de grillades et ses vastes champs d’agrumes, une époque malheureusement révolue depuis longtemps. L’événement ne suscite guère d’engouement chez les habitants, les rues sont désertes hormis le tronçon de la RN4, tandis que les permanences des partis en lice, ouvertes le long du boulevard principal de la ville, sont désespérément vides. Seules des jeunes filles recrutées pour la circonstance occupent les lieux mais elles sont néanmoins plongées dans l’ennui, au milieu des photos des candidats en course.

Si tous les postulants ne sont pas présents dans ces bureaux, «c’est parce que, nous a-t-on dit, ils sont en campagne dans les quartiers populeux où le contact direct avec la population est privilégié comme mode d’explication de leurs programmes respectifs». Les aspects sonores et musicaux qui devraient normalement agrémenter ce rendez-vous sont également absents de l’agenda des partis en compétition. Questionnées sur l’ambiance qui y règne, des représentantes des formations politiques reconnaissent que la première semaine de la campagne électorale s’est déroulée dans un climat plutôt monotone. «Elle est loin d’atteindre le niveau désiré, mais nous espérons qu’elle sera largement suivie par le public lors des deux prochaines semaines», a relevé une de nos interlocutrices.

Et d’ajouter par ailleurs : «Nous avons reçu un certain nombre de femmes qui voulaient se renseigner sur les pièces à fournir pour pouvoir s’inscrire sur les listes électorales, nous les avons aidées dans ce sens.» Si tel est le climat dans les locaux des partis, qu’en est-il de la rue et des quartiers défavorisés à Oued Fodda ? Rien d’intéressant si ce n’est que les cafés et espaces d’internet existants ne désemplissent pas en l’absence de moyens de loisirs et d’infrastructures culturelles dans cette agglomération de plus de 41 000 habitants. Les gens vaquent normalement à leurs occupations sans prêter attention à ce qui se passe autour d’eux. Pas surprenant qu’ils soient désabusés lorsqu’ils voient la situation peu enviable dans laquelle se trouve leur commune, l’une des plus anciennes de la wilaya, de surcroît siège de daïra englobant trois municipalités.

Un retraité, enfant de la ville, nous résume l’état des lieux : «Oued Fodda n’est plus ce qu’elle était, elle a perdu nombre de ses repères et son cachet architectural d’antan. Des vastes champs d’agrumes qui entouraient la ville, il ne reste que des terrains vagues qui risquent d’être engloutis à leur tour par le béton. Des quartiers entiers ont été totalement laissés à l’abandon, à l’image des cités 1 et 3, Zemoul et Bir Saf Saf, où les conditions de vie sont extrêmement difficiles et les routes à la limite de l’impraticable. Ne vous fiez pas à l’image qu’offre le centre-ville d’Oued Fodda par endroits, les artères principales fraîchement bitumées cachent mal l’état du reste du réseau routier urbain.» Cette déclaration résume les jugements que se font les citoyens de la gestion de leur collectivité, considérée comme le fief du MSP avant de changer de main, dès 2012, au profit du FDL (Front démocratique libre), dont la manière de gérer a aussi largement montré ses limites.

C’est du moins l’avis de nombreux habitants, qui estiment unanimement que le visage peu reluisant de la ville met en évidence l’échec manifeste des élus locaux. «C’est le pire des mandats qu’ait connus notre commune, dans la mesure où la situation socioéconomique s’est fortement dégradée ces dernières années. Hormis l’amélioration de la distribution de l’eau potable grâce aux transferts des eaux dessalées, les autres secteurs, comme l’environnement, la jeunesse et les sports, le logement, l’habitat et l’emploi n’ont connu aucune évolution positive. Pourtant, notre commune dispose d’énormes ressources naturelles et humaines qui ne demandent qu’à être exploitées.

Il existe, par exemple, un périmètre agricole de 5000 hectares qui est toujours en jachère à Yessria dans la localité de Bir Saf Saf. Nous avions participé à la soumission lancée en février dernier par l’Office national des terres agricoles pour des projets dans l’arboriculture, mais aucune suite ne nous a été donnée à ce jour», s’indignent des jeunes diplômés au chômage. Le projet en question, pour lequel l’Etat avait consacré une colossale enveloppe de 580 milliards de centimes pour sa réhabilitation, est en attente d’exploitation depuis deux ans. Pour les connaisseurs, il serait carrément «bloqué à des fins inavouées».

Cependant, certains candidats aux élections de l’APC veulent faire mieux, c’est-à-dire «s’occuper davantage des besoins essentiels de la population en matière notamment d’urbanisme, d’aménagement urbain, de collecte des déchets et de réalisation d’infrastructures de proximité pour les jeunes». L’un d’eux pense même solliciter les sages de la commune pour les aider dans la gestion de cette collectivité. La population d’Oued Fodda a déjà connu une grande souffrance humaine au cours de la décennie sanglante. «Beaucoup de citoyens de la région ont été assassinés, d’autres ont dû fuir vers les grandes villes du pays. Je dois vous rappeler que notre commune a été la plus touchée par les ravages causés par le terrorisme. Mais a-t-on tiré les enseignements nécessaires de cette situation ?», s’interrogent des habitants en nous désignant des quartiers défavorisés, où la pauvreté constituait un terreau fertile à ce fléau.

 

Ahmed Yechkour
 
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