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Chlef : Chettia, ses chalets et sa misère !

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le 31.10.17 | 12h00 Réagissez

Chlef : Chettia, ses chalets et sa misère !

Avec ses 120 000 habitants, Chettia est une grande commune qui a beaucoup souffert du terrorisme. Elle est en proie au sous-développement, aggravé par l’incurie de l’administration et la valse des présidents d’APC.

En ce mois d’octobre, il fait encore très chaud et la circulation est intense sur l’axe Chlef-Ténès. Nous choisissons de contourner la RN19 pour pouvoir accéder facilement au siège de la commune de Chettia, située à 7 km au nord du chef-lieu de wilaya. Nous empruntons donc la voie d’évitement, par la localité de Ramlia, qui passe au milieu de ce qui reste des riches terres agricoles de la région. Se dressant au sommet des piémonts dominant la plaine du Cheliff, la commune de Chettia a été, pour rappel, créée suite au séisme de 1980, pour accueillir les habitations en préfabriqué destinées au relogement des familles sinistrées.

C’est une commune de 120 000 habitants, qui abrite avec Chlef, le gros des «chalets» non encore complètement éradiqués, contrairement aux engagements du gouvernement. Elle a beaucoup souffert du terrorisme et du sous-développement, aggravé par l’incurie de l’administration et la valse des présidents d’APC (4 maires dont 2 par intérim, se sont succédé à la tête de cette commune durant le mandat actuel). L’entrée de la localité offre une piètre image, avec des amoncellements d’ordures et des gravats de part et d’autre de la chaussée.

Cela donne un avant-goût de la triste situation qui prévaut au sein de cette commune, la 2e après celle de Chlef en termes de population et de superficie. Le même décor noirci orne les autres cités rattachées à cette commune: l’ex-village agricole d’Ard El Beïda et la nouvelle entité urbaine de 2300 logements. «L’APC, nous dit-on, a du mal à assurer la collecte des déchets faute de moyens adéquats, humains et matériels».

De même, elle ne dispose ni d’une décharge contrôlée ni d’un centre d’enfouissement technique. En conséquence, les déchets collectés sont carrément jetés dans la nature, avec toutes les conséquences néfastes pour l’environnement et les riverains. L’autre grand point noir est sans conteste l’urbanisation sauvage qui a, malheureusement, défiguré le visage de la ville et accentué la dégradation du cadre de vie, avec la prolifération de constructions anarchiques et de bidonvilles le long des oueds au su et au vu de tous.

Pour beaucoup de résidants, «le phénomène a prospéré à l’ombre de la décennie sanglante et s’est accentué ces derniers années, avec les conflits récurrents entre élus et le laxisme des services de l’urbanisme». Hormis les deux boulevards du semblant de centre-ville, les rues secondaires ne sont pas goudronnées et la poussière envahit la voie publique.

«Après la boue en hiver, nous sommes submergés par la poussière le reste de l’année», s’insurgent des habitants qui ne cessent de clamer une amélioration de leurs conditions de vie. De nombreuses familles s’entassent dans de minuscules chalets construits après le séisme de 1980. Certaines cohabitent avec leurs enfants mariés, qui ont été injustement exclus des attributions successives de logements sociaux.

«L’Etat nous a, certes, accordé une aide de 120 millions de cts pour la réhabilitation de ce type d’habitat ou la construction d’une nouvelle habitation, mais cette somme est tellement insuffisante qu’elle nous a permis juste d’effectuer des travaux de réparation, pour certains, ou de déplacer les sanitaires et la cuisine à l’extérieur du logement, pour d’autres», expliquent des pères de famille.

Le chômage touche de plein fouet la jeunesse, en raison de l’absence d’activités économiques et industrielles. Il n’y a ni usines ni administrations et encore moins d’entreprises pouvant offrir des possibilités d’embauche. Les structures de loisirs et d’animation culturelle ou sportive font également défaut, ce qui ne fait qu’aggraver les problèmes sociaux dans la commune déjà frappée par le fléau de la délinquance en progression continue.

On nous apprend que la bibliothèque communale est toujours fermée sans raison valable et que les travaux du complexe omnisports traînent toujours. On comprend dès lors pourquoi les jeunes et les habitants en général se désintéressent de plus en plus de la politique, à tel point que ceux interrogés avouent ne pas connaître qui est actuellement aux commandes de l’APC. «En 5 ans, Il y a eu 4 P/APC, dont 2 par intérim.

Le premier d’obédience MPA a été viré en mars 2016, tandis que son successeur, du FNA, est en congé de maladie depuis l’été dernier et a été remplacé par 2 intérimaires successifs dont nous ignorons les noms et l’appartenance politique. Après le long règne sans partage du FLN, on a essayé avec des élus d’autres partis, mais cela n’a rien donné non plus», ont déclaré nos interlocuteurs, dépités. Du coup, on peut facilement imaginer l’ambiance qui règne en prévision des élections locales.

En effet, rien n’indique que Chettia, qui possède un fort potentiel électoral, s’apprête à vivre un événement électoral dans quelques semaines. Le sujet est loin de susciter l’intérêt des habitants, désabusés par les promesses non tenues des élus locaux. Seuls quelques partis, dont le FLN, le RND, le PT, le MPA et le MSP, tentent de réoccuper la scène politique dans un climat plutôt morose. Du côté de l’APC, qui est installée dans des locaux provisoires, on affiche une mine plutôt satisfaite, malgré des «ressources propres aussi faibles».

Le président d’APC par intérim, retenu par une réunion avec un comité de quartier, a chargé le responsable des équipements de nous dresser un état des lieux. D’après ce dernier, la commune a bénéficié, durant ce mandat, d’une série de réalisations en PCD et sectoriels, tels la rénovation des réseaux d’assainissement, d’AEP, du gaz et d’électricité, de constructions d’écoles primaires, d’aménagement de la voirie du centre-ville et des cités périphériques, de création d’espaces verts et de terrains de proximité de type matico. Mais cela reste, aux yeux des habitants, très insuffisant par rapport aux besoins croissants de la population.                               

Ahmed Yechkour
 
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