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Evocation : Le 5 juillet 1960, jour où Soraya livra son ultime combat

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le 05.07.17 | 12h00 Réagissez

Elle n’avait que 16 ans lorsque Mansouria Bendimered, une jeune fille au caractère bien trempé, renonça à ses études d’infirmière pour s’engager résolument dans la lutte de libération en intégrant les cellules combattantes du «fida» qui activaient dans la ville de Sidi Bel Abbès.

L’adolescente, qui avait pour nom de guerre Soraya, se vit alors confier plusieurs missions périlleuses qu’elle a accomplies avec audace et témérité, en exécutant notamment de multiples opérations de transfert d’armes et d’approvisionnement en médicaments et en prodiguant des soins aux combattants blessés. Des missions qui étaient d’autant plus délicates que Sidi Bel Abbès, où elle naquit le 11 mars 1940, était une ville-garnison où la mobilité et les déplacements des combattants étaient manifestement difficiles compte tenu de l’omniprésence quasi permanente des troupes ennemies dans les différentes rues et artères truffées de barrages de contrôle, de patrouilles et autres rondes de surveillance.

Soupçonnée alors de connivence avec les combattants de la liberté, elle a été arrêtée par les forces coloniales et condamnée à trois mois de réclusion. Une incarcération qui n’a en rien entamé son inébranlable détermination à poursuivre, vaille que vaille, le combat libérateur. En effet, aussitôt remise en liberté, elle réintégra les commandos du «fida» disséminés clandestinement dans les différentes zones urbaines de la cité.

Interpellée de nouveau quelques mois plus tard, Soraya fut, comble de cruauté, soumise, cette fois-ci, à d’effroyables tortures et interrogatoires auxquels elle résista courageusement en restant de marbre face à ses tortionnaires abasourdis. Relâchée, mais convaincue qu’elle sera désormais étroitement surveillée par les forces coloniales et leurs suppôts, elle décida alors de rallier les rangs de l’Armée de libération nationale (ALN) avec laquelle elle prit part à plusieurs opérations de combat qui ont eu précisément pour théâtre la zone 5 de la Wilaya V historique.

Désignés pour une mission de coordination qu’ils devaient accomplir dans la ville de Sidi Bel Abbès, la jeune maquisarde et son frère d’armes, Abdelkader Benfriou, regagnèrent une habitation qui servait simultanément de centre de logistique et de repli (merkez) pour les moudjahidine. C’est alors qu’en ce jour fatidique du 5 juillet 1960, vers minuit passé, une escouade de soldats ennemis fit soudainement irruption dans la maison après avoir défoncé violemment la porte d’entrée.

Ayant compris que le «merkez» était la cible d’une dénonciation, Soraya et son compagnon d’armes qui étaient aux aguets, répliquèrent promptement par une salve de rafales de mitraillettes accompagnée de plusieurs jets de grenades offensives. La riposte, dont le feu nourri a semé le doute chez les militaires français contraints de reculer, était en fait une manœuvre de diversion qui a permis aux autres militants présents sur les lieux (résistants, agents de liaison, etc.) de s’éclipser par une porte secrète donnant sur l’oued Mekerra et de se fondre dans la nuit.

Au cours de l’accrochage qui durera plusieurs heures, les assaillants coloniaux, pourtant supérieurs en hommes et en matériel de guerre, ont pu mesurer la farouche résistance qui leur avait été opposée par les deux combattants qu’ils croyaient, d’ailleurs, en grand nombre. Lorsqu’ils donnèrent l’assaut final, les soldats de l’armée d’occupation découvrirent, à leur grande stupéfaction, que le combat qui leur avait été livré jusqu’au petit matin, était l’œuvre ultime d’une jeune héroïne et de son valeureux compagnon d’armes. Date prémonitoire ou simple concours de circonstances, les deux martyrs sont tombés au champ d’honneur deux années précisément avant le recouvrement de l’indépendance nationale.                       
 

M. Habchi
 
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