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Ain Témouchent

Une maison perchée sur un arbre

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le 24.08.17 | 12h00 Réagissez

A l’extrême sud de la ville de Témouchent, là où ses premières fondations ont été creusées en 1844, lorsqu’une redoute fortifiée a été érigée par l’armée d’invasion, sur un terrain vague en pente dit «znina», entre ce qui fut le bain maure de Bouteflika père et «El masjead el atik», une curieuse bâtisse a vu le jour.

Elle est perchée sur un eucalyptus plus que centenaire ! Nous avions emprunté l’évitement que constitue la rue des Frères Benfissa, ex-Safrané, du nom de l’officier ayant supervisé la pose des premières pierres de la future cité. Les Témouchentois l’empruntent pour échapper au centre très engorgé par l’afflux massif des vacanciers en été. Aussitôt dépassée la zaouia des Ouled Touat dédiée à Moulay Tayeb et dont la waâda a été célébrée en «fezaâte» (tir de baroud) cette semaine, notre regard a été impérieusement attiré par l’incongrue image. Instantanément, nous nous arrêtons, d’autant que notre appareil photo était  là, nous nous dirigions vers un autre centre d’intérêt afin de l’immortaliser.

Trois gamins, assis là, tranquillement, se lèvent pour suivre notre manège de photographes. A nos questions, ils répondent évasivement : «Ce sont des gens qui y habitent». Ah bon, comment cela, ils n’ont pas de logement ? «Non, c’est difficile à dire…». Ils sont là ? «Non, en vérité, c’est quelqu’un qui s’y installe pour profiter de la fraicheur de l’air». Ah, bon c’est génial, comme dans les films à la télé ! A notre remarque, les gamins se concertent instantanément du regard : «Dites, la houkouma, ils ne vont pas venir la démolir ?» Pour les rassurer sur notre dessein, nous nous présentons. «Alors, on va passer à la télé?» Nous les détrompons : «Non sur un journal si cela intéresse mon red-chef, enfin mon chef. Ce que je tiens, ce n’est pas une caméra de télévision même si c’est volumineux.» Pour eux, ce n’est pas évident : les photos, c’est avec un smartphone qu’on les prend, comme celui gonflant notre poche de chemise. «Bien, voilà, c’est nous et les copains du quartier qui l’avons réalisée».

Avec des planches de récupération, ils ont construit de bric et de broc une cabane sur un des eucalyptus, la reliant même par une passerelle à un congénère. C’est leur lieu d’évasion faute d’autre d’escapade offerte par la «houkouma». Mais cette balançoire et ce toboggan sur cet espace en bordure de «znina», c’est qui ? «C’est un gars du quartier qui veut offrir un espace de loisirs pour les enfants du quartier». On n’a pas de la peine à les croire. Il ne s’agit pas de ces jeux sortis d’usine comme en achètent les collectivités locales. On le voit au travail d’artisan sur des matériaux de récupération. Où peut-on le rencontrer ? «Ben, il vient là de temps à autre. Nous l’aidons au travail. C’est lui qui a ramené un engin pour nettoyer la place», témoignent-ils. Voilà un acte citoyen, un acte de générosité désintéressée qui mérite d’être salué. Pourvu que la maison perchée ne soit pas démolie. Pourvu qu’au bout de la passerelle fixée entre l’arbre-maison et un autre eucalyptus, les gamins aient le temps d’installer des toilettes aériennes ! On sait qu’ils ne les utiliseront pas, mais c’est un rêve d’enfant. Pourvu, sinon cet article aura été un massacre.  

Mohamed Kali
 
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