Régions Ouest Actu Ouest
 

Une curiosité botanique à Témouchent

L’arganier de Qahouat Lahbib

Taille du texte normaleAgrandir la taille du texte

le 12.04.18 | 12h00 Réagissez

Qui l’eut cru ? Un arbre à chèvres, autrement dit un arganier, a été acclimaté à Témouchent !

C’est que la terre de prédilection de cet arbre est située à plus de 3000 km de là, sur les immensités des voisines hamadas marocaines et algériennes ! Il se dresse même fièrement en bord du tracé de la RN2 traversant la ville en son nord, à hauteur d’une cafétéria. Verdoyant sur ses trois mètres de haut, il est actuellement en production.

Ainsi, contrairement à son compatriote, le palmier, ses ronds fruits de 2 cm de diamètre, arrivent à maturité ! Mieux, cet arbre court sur ses dix ans, alors que des plants, obtenus par germination, repiqués à Tindouf, bien que devenus des arbustes, ont perdu leur feuillage au bout de trois ans ! C’est dire si l’arganier de Témouchent est une curiosité botanique. Comment a-t-il atterri devant qahouat Lahbib, ce café connu par le prénom de son propriétaire ? C’est l’un des fils de ce dernier, Kada, enseignant de biotechnologie à l’université de Saïda qui, après des essais de germination de graines rapportées de Tindouf, a confié un plant à Mokhtar, son frère.

Il devait le repiquer devant le café dont il a la gérance de façon à veiller sur lui et l’entretenir par quelques menus soins. Mais pourquoi au fait ? Parce que Témouchent présente le même taux d’humidité que la hamada tindoufienne ! Si ! Si ! Parce que Tindouf n’est qu’à une centaine de kilomètres à vol d’oiseau de l’océan Atlantique et de ses effluves humides !

A Saïda, l’hiver étant rigoureux, les plants dépérissaient systématiquement. Mais alors pourquoi ne pas se saisir de cette bonne fortune pour en planter à travers la wilaya ? Exploité au Maroc, l’arganier est une richesse.

De l’amande de son fruit, les populations locales extraient une huile transformée en produit cosmétique à forte valeur ajoutée. Ce produit de luxe est exporté. L’arganier est même devenu un argument promouvant l’image du Maroc à l’étranger. Les documentaires et les reportages réalisés par les chaînes satellitaires européennes sont légion, au point que l’on croit que cet arbre n’existe qu’en ce pays.

En Algérie, à travers la Hamada de Tindouf, ce sont seulement les chèvres et les dromadaires qui se repaissent de la chair du fruit, rejetant la précieuse amande. Arbre rustique, pourquoi n’en peuple-t-on pas les centaines de parcelles déclarées incultes et laissées à l’abandon par les EAC ? En fait, l’expérience a été tentée il y a juste quelques années du côté de Mostaganem. Deux arganiers ont été découverts en la côtière Stidia que traverse le méridien de Greenwich. Ils datent, semble-t-il, de la période coloniale.

La mémoire locale ignore qui les a rapportés là. Toujours est-il que les forestiers ont en replanté avec succès, mais ont échoué à intéresser les fellahs à leur culture. Cependant, il n’y a pas lieu de jeter la pierre aux agriculteurs.

En effet, c’est toute une politique de soutien qui est nécessaire pour les lancer dans l’aventure, comme cela se fait au profit de toute spéculation. Seul le ministère de l’Agriculture est à même d’en prendre l’initiative. En effet, le fruit de l’arganier n’est pas un produit de consommation en l’état, mais de transformation.

Il appartient donc à l’Etat de susciter la création d’une unité de transformation pour prendre en charge la récolte et créer un effet d’entraînement. Alors, l’arganier de Qahouat Lahbib, comme ses congénères de Stidia, demeureront indéfiniment des curiosités botaniques ?

 

Mohamed Kali
 
Loading...
le dessin du jour
LE HIC MAZ

Mes infographies

El Watan Magazine

impact journalism days

 

Indépendance Algérie

 

El Watan Etudiant

Chroniques
Point zéro Repères éco
Loading...
Vidéo

Débats d'El Watan

Débats d'El Watan
Loading...

Suivre El Watan

FacebookFacebook       TwitterTwitter
Télévision
Télérama       Télé Alger TV Algérie