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Ain Témouchent

Craintes pour l’écoulement d’une surproduction oléicole attendue

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le 05.10.17 | 12h00 Réagissez

«Faut-il attendre une catastrophe pour que les professionnels de la filière se prennent en charge ou que l’Etat intervienne ?» C’est la question posée mardi dernier à un oléiculteur et un oléifacteur rencontrés ensemble à la faveur de l’ouverture officielle de l’année agricole.

Cette question faisait suite à une première relative à la récolte d’olives attendue cet automne : «Rien qu’à voir les rameaux qui ploient sous le poids des olives, il y aura surproduction tant à l’ouest du pays qu’au centre sauf à l’est pour des raisons climatiques.» Les chiffres, selon Haddada Okacha, un représentant de la filière oléicole à la Chambre de l’agriculture, donnent à Témouchent 8300 ha en rapport pour 9956 ha plantés. En 2002, l’année à la suite de laquelle la plantation a pris son essor suite au soutien dont elle a bénéficié par le biais du PNDA, il rappelle qu’il n’existait que 3400 ha.

Pour cette année, il soutient que le rendement moyen sera de 70q/ha, alors qu’il variait jusque-là entre 40 et 45q/h. Le revers de cette médaille est que la récolte sera supérieure aux capacités locales de transformation, ce qui ne serait pas sans conséquences négatives sur le sort de l’oléiculture, comme cela a été pour la vitiviniculture, en raison de la mévente de la production, cela sachant que les agriculteurs, à la moindre complication, sont devenus prompts à l’arrachage. Ainsi, le potentiel oléicole, qui avait atteint 12000 ha, est descendu à 8000 en 2013, en raison de deux facteurs, dont celui de la cherté de la main-d’œuvre qui a rendu la récolte ruineuse. Haddada tempère : «Nous avons pris les devants en prenant attache avec nos homologues des Chambres de l’agriculture de l’Est afin que leurs transformateurs prennent leurs dispositions en vue de venir s’approvisionner.» Néanmoins, l’indisponibilité en nombre suffisant de main-d’œuvre qualifiée, et de main-d’œuvre tout court, n’a jamais été résolue.

Déjà, relève-t-on, en période de rendement moyen, tout n’est pas récolté. Chiali Chemseddine, oléifacteur, réitère autour de lui chaque année la nécessité du passage à la mécanisation. Qui doit la favoriser ? l’Etat? «Non pas lui. Il a mis en place les instruments juridiques pour qu’on s’organise et qu’on se prenne en charge», estime Haddada. Créer des coopératives de production qui achèteraient le matériel? «Non, les coopératives, ce n’est pas un bon souvenir de mémoire d’agriculteur. Il y a les groupements d’intérêt commun (GIC) qui mettent à contribution l’amont et l’aval de la filière dans un partenariat entre oléiculteurs et oléifacteurs. Sauf que les esprits ne sont pas encore mûrs». Faut-il alors attendre qu’une catastrophe survienne pour qu’il y ait prise de conscience ? «C’est hélas bien cela», avoue Chiali.           

Mohamed Kali
 
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