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Béchar : Le court métrage à l’honneur

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le 05.12.17 | 12h00 Réagissez

La Maison de la culture de Béchar a abrité, du 29 novembre au 2 décembre 2017, les journées du film court métrage auxquelles ont participé 24 wilayas pour décrocher les 3 premiers prix de cette compétition cinématographique fixés à 120 000 DA, 80 000 DA et 60 000 DA.

Les films projetés ont une durée de 5 à 40mn. Le jury a sélectionné pour cette 4e édition, le film Human, d’Issam Tachit, qui a obtenu le 1er prix, suivi de Nos souvenirs, de Farid Nouy, et de Déhinis, de Benabdallah Mohamed. Dans une allocution, Larbi Lakhal, réalisateur et président du jury, a souhaité que les prochains courts métrages ne soient plus exclusivement centrés autour de thèmes violents, le désespoir des jeunes en chômage, les stupéfiants, les tentatives de suicide, le mal-vivre, etc. mais plutôt sur des thèmes porteurs d’espoir, sur la créativité et l’optimisme.

Parallèlement à cette manifestation artistique, le hall de la Maison de la culture était pavoisé d’affiches de films algériens réalisés de 1964 à 2014. Le grand public aura remarqué que la période des années 1960-1970 a été la plus faste en matière de production cinématographique de qualité et de consécration internationale. Par contre, des questions posées par plusieurs étudiants dénotent leur ignorance sur les films produits et réalisés en Algérie.

Le mérite de l’initiative de cette exposition de centaines de photos et d’affiches revient à Adda Chentouf, chercheur, critique et en même temps auteur d’un livre sur le cinéma. Intitulé 50 ans de cinéma en Algérie, son ouvrage édité en 2016 décrit la splendeur du passé et le déclin actuel du cinéma algérien. «L’Algérie comptait, en 1975, plus de 400 salles de cinéma, soit le plus grand circuit de distribution de films d’Afrique et du monde arabe.

45 millions de spectateurs pour une population à l’époque estimée à 16 millions d’habitants s’y étaient rendus pour voir 280 films étrangers importés par l’ex-Oncic, générant une recette de 120 millions de dinars. L’Algérie se retrouve finalement aujourd’hui dans une position non enviable, avec moins d’une dizaine de salles seulement éparpillées à travers le territoire national, pour une population de 40 millions d’habitants», précise le chercheur attentif à l’évolution du 7e art.

L’argument largement répandu selon lequel les nouvelles technologies audiovisuelles (télévision, réseaux sociaux, informatique, etc.) ont «tué» le cinéma est battu en brèche par le critique, qui a présenté un tableau de 2012 sur la fréquentation du cinéma européen, où des pays comme l’Allemagne, l’Espagne, la France, l’Italie et le Royaume-Uni, pour ne citer que ces pays pourtant bien dotés de hautes technologies, ont respectivement enregistré 135, 94, 203, 100 et 172 millions de spectateurs.

Les années 1980 vont précipiter la chute du cinéma algérien, avec l’apparition du phénomène de la vidéo, qui a fait durant cette période son entrée fracassante au sein du paysage audiovisuel algérien. Poursuivant son analyse, l’auteur met l’accent aussi sur les antennes paraboliques, qui ont sonné le glas du cinéma. Selon lui, la bonne nouvelle de la dernière décennie est l’arrivée remarquée de plusieurs femmes cinéastes dans l’espace cinématographique, en citant Yamina Bachir Chouikh, Nadia Cherabi Labidi, Djamila Sahraoui, Fatima-Zohra Zamoum, alors que la réalisation était exclusivement réservée aux hommes.

Pour faire sortir le 7e art de sa situation calamiteuse, Adda Chentouf propose une série de mesures, à commencer par la mise en place d’un arsenal juridique pour lutter contre le phénomène du piratage de films étrangers et leur vente sous forme de DVD, qui dissuade les gens d’aller voir des projections en salle. Recourir également à des campagnes publicitaires massives avant le lancement d’un nouveau film en salle. «Un film sans publicité, dit-il, est d’emblée voué à l’échec».

Ces mesures doivent être suivies en parallèle par la création d’instituts et écoles de formation de cinéastes, comédiens et techniciens en relation avec le cinéma et l’audiovisuel. Il suggère aussi la promotion de la culture cinématographique chez les jeunes en vue de susciter des vocations au moyen des ciné-clubs qu’il faudrait réhabiliter au niveau des Maisons de la culture, des Maisons de jeunes, instituts, lycées et CEM.

Encourager la publication de revues spécialisées dans le cinéma, envisager le lancement des chaînes de télévision entièrement consacrées au cinéma et la diffusion de films algériens et étrangers. «Il faut aussi, préconise-t-il, inciter les producteurs et réalisateurs étrangers, notamment occidentaux, à venir tourner leurs films en Algérie, comme cela se fait chez nos voisins tunisiens et marocains. Ce sont les quelques mesures et recommandations jugées essentielles pour faire sortir le cinéma algérien de son marasme».                                                

M. Nadjah
 
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