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Béchar : L’artisanat se meurt peu à peu

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le 11.11.17 | 12h00 Réagissez

 
	Plusieurs artisans rencontrés ce week-end, lors de l’exposition de leurs produits au Salon de la Chambre de l’artisanat et des métiers de Béchar, nous ont fait part des entraves qu’ils continuent à subir dans l’exercice de leur métier.
Plusieurs artisans rencontrés ce week-end, lors de...

L’un des pivots devant accompagner la relance du tourisme dans le sud du pays, à savoir la promotion des produits artisanaux, est plongé dans l’incertitude, malgré les déclarations rassurantes des pouvoirs publics.

Ainsi, plusieurs artisans rencontrés, hier et avant-hier, lors de l’exposition de leurs produits au Salon de la Chambre de l’artisanat et des métiers de Béchar, ont bien voulu se confier en exprimant leur déception et, en même temps, faire part des entraves qu’ils continuent à subir dans l’exercice de leur métier. Pour résumer ces entraves, voici quelques exemples édifiants : H. Zohra, une couturière qui cumule plus de 35 ans de métier, dit-elle, veut enseigner la couture à de jeunes filles, mais est confrontée au manque de local malgré ses multiples demandes aux autorités locales. De guerre lasse, elle s’est finalement résignée. Autre exemple : O. Rachida, 39 ans de métier, veut, elle aussi, donner des cours de tricotage, mais, faute d’espace en son domicile, elle se contente d’exposer quelques articles de tricotage lors des manifestations culturelles, souligne-t-elle. M. Soraya, fabricante de pâtisserie et de gâteaux, travaille chez elle et se trouve dans le même cas que les deux premières.

D’autres femmes, diplômées en divers métiers, ont suggéré la solution de récupérer les locaux commerciaux dits «du Président», qui se trouvent actuellement à l’état d’abandon, et qui pourraient être utilisés et confiés à des artisans. Leur suggestion est toujours en attente d’être examinée. L’autre exemple dévoilant les entraves qui gangrènent le secteur de l’artisanat est celui de L. Mustapha, qui est l’un des artisans le plus inventif rencontré à l’occasion de ce Salon. Il a à son actif la découverte de la poudre de cacao, un substitut, indique-t-il, au cacao naturel, base de l’industrie du chocolat. Le substitut est extrait, explique-t-il, de la pulpe en chair et d’un noyau. «Grosso modo, enchaîne-t-il, une datte (deglet nour) de qualité pesant 10 g comporte 10% de noyau et 90% de pulpe. L’étude a montré que le sucre et l’eau, composition chimique de la datte, sont les principaux constituants de la chair». Le promoteur du projet dispose d’un brevet d’invention, mais, souligne-t-il, n’arrive pas à faire aboutir son projet. «J’ai déposé un dossier auprès de l’Ansej pour pouvoir bénéficier de l’aide et de l’accompagnement, mais j’attends toujours», a fait remarquer notre interlocuteur. Toutefois, il reste sceptique quant à une réponse favorable, à cause de l’arrêt de financement des projets, conséquence de la crise financière du pays. 

M. Nadjah
 
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