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Aïn Témouchent : La waâda des Ouled Zaïr célébrée à Aghlal

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le 24.10.17 | 12h00 Réagissez

Aoubelil a célébré, hier, sa waâda en l’honneur de Sidi Bouterfès. Située à 30 km au sud de Témouchent, en bordure du versant sud des monts du Tessala, elle englobait auparavant Aghlal, sa voisine à 10 km en son nord sur les mêmes monts.

Aghlal l’a fêtée hier comme depuis les années 1940 en l’honneur de la tribu des Ouled Zaïr de la confédération des Béni Amer installée au milieu du 14e siècle dans la région. Hier, cavalcade, baroud, étals de jouets et de friandises pour les enfants. On s’y bousculait, venant de partout. Les pluies des dernières 36 heures ont opportunément tassé le sol et empêché toute levée de poussière sur l’aire de la fantasia.

C’est sur une chaume d’un champ légèrement en pente que 5 âlfa (groupe de cavaliers) se relayaient à qui mieux mieux sous les regards critiques des connaisseurs. Hadj Ahmed, venu de Mécheria, à l’instar de nombreux invités hébergés et nourris au village, interpelle le cheikh (le chef) de la âlfa qu’il a accompagné. Il lui ordonne de ne pas terminer la course jusqu’à la fin de la piste, son cheval terminant son galop en retrait par rapport aux autres alors qu’il doit les mener.

Il nous explique que le comportement du cheval en question n’est pas normal. Il le connaît pour être un «jaraï» (excellent coureur). C’est que les waâdate se suivent depuis septembre et qu’on s’y déplace de jour en jour avec armes (au sens propre) et bagages. Le «burn-out» des chevaux? Hier, il y avait deux autres waâdate à travers le Témouchentois. Elles se sont d’ailleurs multipliées depuis un peu plus d’une décennie. Celle d’Aoubelil n’existait pas auparavant.

Elle est née après qu’Aoubelil est devenue un chef-lieu de commune, son territoire dissocié de celui d’Aghlal. Le même phénomène a été observé à travers la wilaya, les douars et les villages ayant grandi et leur population grossi. On s’affranchit des tutelles et l’on s’affirme comme entité autonome.

Mais ce faisant, le «protocole» s’est quelque peu relâché dans l’organisation des fêtes, les tenants de la tradition n’étant plus là. Ainsi, à Aghlal, certaines «âlfa» n’obéissaient pas à la règle du nombre impair de cavaliers qu’elles doivent comporter, leurs cheikhs devant être situés au milieu de deux ailes égales. Interrogé, Hadj Ahmed tempête : «Et n’avez-vous pas remarqué que certains fument à cheval et que d’autres se désaltèrent dessus! Un cheval, ce n’est pas un objet, ce n’est pas une bagnole. Les mythes et les symboles fichent le camp !»

Les gamins et les citadins, eux, ignorants des us, se régalent même si la waâda d’Aghlal est bien modeste et qu’il n’y a que Cheikh Rabah et sa troupe de troubadours pour l’animer à sa périphérie. Seigneurial dans son port et dans son ample kachaba jaune, il passait autour de la piste sur les bords de laquelle s’agglutinaient les spectateurs. Il s’arrête pour les dédicaces et pour ceux qui veulent se payer une «bartiya nibli» (partie de billes).

Chikh Rabah donne alors le signe à ses deux glaïlia de faire crépiter (comme des billes) leurs tambourins, le ghayat les accompagne du son de sa zorna pour une danse alaoui. Celui qui a payé s’y lance, épaules tressautant et jambes sautillant au rythme syncopé des kalouz (tambourins). C’est en général un gros billet qu’il a remis pour s’offrir un disque-jockey nature en plein air. Les chioukhs sont absents parce qu’ils ont rallié la grande waâda de Bensekrane, sur les monts Sebaâ Chioukhs, à l’ouest, sur le territoire de la wilaya de Tlemcen.
                               

Mohamed Kali
 
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