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Aïn El Arba : L’agriculture souffre d’un manque d’irrigation

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le 29.01.18 | 12h00 Réagissez

Située à l’est de la wilaya, la daïra de Aïn El Arba est synonyme de plaine de la Mléta, qu’elle occupe sur 572 km2, dont 85% sont dédiés à l’agriculture.

Sur les 42 592 habitants de ses 4 communes, une partie de la population active non absorbée par les travaux agricoles a pour débouché Oran, située à équidistance du chef-lieu de wilaya. Aussi, parce qu’excentrée et son regard traditionnellement orienté vers la grande capitale régionale où il est plus facile et plus gratifiant de s’y rendre, sa communauté de destin avec le Témouchentois n’est pas encore fermement patente. Un nécessaire état des lieux a été effectué, la semaine écoulée, par un conseil d’exécutif tenu au chef-lieu de cette daïra.

Ce qui en ressort d’abord, c’est l’insolvabilité des communes, tant leurs budgets sont structurellement déficitaires. Ainsi, sans les aides de l’Etat et de la wilaya, elles ne peuvent même pas couvrir leurs dépenses obligatoires, pour l’essentiel les salaires du personnel et des élus, ainsi que les charges des écoles. De la sorte, leurs ressources s’élèvent, pour Aïn El Arba, à 120 millions de dinars en propre, augmentés de 54% d’aides, Tamzoura de 110 millions, plus 83% d’aides, Oued Sebbah, de 120 millions et 78,5%, Sidi Boumédienne, de 86 millions et 55% d’aides.

Cette situation n’est pas propre à cette daïra, mais à toutes les zones rurales où les sources de fiscalité sont réduites. En second lieu, il apparaît pour ce qui est de l’agriculture, que même peu génératrice de recettes budgétaires pour les communes, les 48735 hectares de SAU avec 65% de terres publiques, dont 40900 de terres arables avec 33202 ha réservés aux grandes cultures, cette daïra contribue à hauteur de 396162 q de céréales, soit 22% de la production de la wilaya, ce qui est énorme, sachant que Témouchent comprend huit daïras.

L’avancée en matière de céréaliculture est telle que la traditionnelle auto-semence a disparu de l’usage depuis quelques années et que les agriculteurs n’utilisent plus que les semences certifiées acquises auprès de l’OAIC. Mais, revers de la médaille, l’irrigation ne profitant qu’à 0,28% des terres, sa production maraîchère est insignifiante.

Deux petits barrages programmés sur Oued Besbess et Oued Ghassoul pourront ramener la surface irriguée à 800 ha, soit 2%, ce qui permettra à cette daïra d’atteindre l’autosuffisance en la matière. En outre, parce que céréalière et productive de fourrage, elle est une zone d’élevage ovin et bovin, ce qui l’a élevée au rang d’important bassin laitier, avec 26,7 millions de litres/an, soit 44% de la production de la wilaya.

A cet égard, l’effort de développement consenti par l’Etat a essentiellement bénéficié à l’agriculture. A titre d’exemple, on relève que la daïra dispose de 350 moissonneuses-batteuses, certains agriculteurs en ont trois. Les wilayas de Tlemcen et de Sidi Bel Abbès ne disposent pas d’un tel parc. Aussi, parce que zone précoce par rapport à l’intérieur du pays, aussitôt la moisson-battage localement expédiée, ce parc essaime à travers les wilayas environnantes jusqu’à Chlef.

La rentabilisation de ces machines est à ce point édifiante que la DSA a consenti des subventions pour le renouvellement de ce parc par 75 nouvelles unités. Le transport, en particulier scolaire, reste une des faiblesses de la région. La RN108, qui traverse la daïra, pourra devenir un axe économiquement structurant.

Son dédoublement est en cours actuellement, mais seulement sur les 22 km reliant Témouchent à Hammam Bou Hadjar, la voisine qui lui fait de l’ombre. Une étude depuis cette dernière, jusqu’à la limite de la wilaya d’Oran, sur 42 km, a été effectuée avec évitement des agglomérations. Il reste la réalisation qui n’est pas encore en vue. Pour ce qui est des conditions de vie, on se plaît à observer que l’AEP est disponible dans la multitude des douars, ce qui n’était pas le cas jusqu’à il y a quelques années.

Quant à l’assainissement, les quelques projets pour tout assainir et qui avaient été gelés, vont être achevés grâce à un récent dégel du financement. Pour ce qui est de la question de l’habitat rural, il connaît une percée, sauf qu’il est freiné par deux écueils : le premier a trait à l’indisponibilité de terrains, les terres étant à forte potentialité agricole, ce qui empêche leur déclassement au profit de l’habitat.

Le second a trait au fait que dans les agglomérations secondaires, les candidats aux aides étatiques ne disposent pas d’actes de propriété. Sur cette question, l’idée a été avancée de n’exiger que des titres d’occupation des lieux, d’une part, et d’autre part, que la DSA fasse une exception en versant quelques espaces sur les terres agricoles, en particulier au regard du cas critique de Sidi Boumédienne, où l’exode de la population est provoquée par le déficit en habitat.

Enfin, en matière de santé, le DSP a annoncé l’injection d’un hôpital de 60 lits, le premier de la daïra, alors que la direction de l’éducation annonce la réalisation de 2 CEM et d’un lycée. L’avenir pour Aïn El Arba ? Après les gains à réaliser dans l’agriculture, les promesses de la zone industrielle de Tamzoura.                                                 
 

Mohamed Kali
 
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