Régions Kabylie Tiziouzou
 

300 enfants de M’sila accueillis à Tizi Ouzou

Un séjour pour les oubliés des vacances

Taille du texte normaleAgrandir la taille du texte

le 20.08.17 | 12h00 Réagissez

 

Et les gamins assis en petits groupes sur le sable n’attendaient que ce signal afin de pouvoir plonger dans l’eau. Les vagues sont fortes à la plage de Zemmouri (Boumerdès) en cette matinée du mercredi 9 août, où le drapeau est d’ailleurs au rouge. Fateh, Kossai et les 148 autres enfants du «Séjour de solidarité» initié par la direction de l’action sociale et de la solidarité (DASS) de Tizi Ouzou auront tout de même droit à une petite baignade.

«Leur séjour touche à sa fin et c’est leur dernière sortie à la plage. Ils vont rentrer chez-eux à la wilaya de M’sila samedi, et ce serait dommage de ne pas les laisser profiter de l’eau», estime un des moniteurs. La vigilance est toutefois renforcée. Une vingtaine de moniteurs descendent en premier dans l’eau munis d’une corde avec laquelle ils délimitent un petit périmètre tout près de la plage, laissant à peine la hauteur de l’eau atteindre leurs hanches.

Cela n’empêche pas les enfants de s’amuser dans l’eau et de sautiller tout en criant de joie. «La plupart des enfants que vous voyez ici sont des orphelins, les autres sont issus de familles démunies. Plusieurs découvrent la mer pour la première fois grâce à ce camp de solidarité qui leur permet d’apprécier les joies des vacances», soutient Kamel le maître nageur. Trois cents enfants,  garçons et filles, tous originaires de la wilaya de M’sila et âgés entre huit et quatorze ans prennent part au séjour cette année.

La DASS de Tizi Ouzou les a répartis sur deux sessions afin de leur assurer une meilleure prise en charge au sein du centre psycho-pédagogique pour enfants handicapés mentaux de Tadmait, à l’est du chef-lieu de wilaya qui les abrite pendant 12 jours. «L’année passée, nous avons reçu au centre de Tadmait des enfants de Ghardaïa. Cette année, toujours dans le cadre du séjour de solidarité, 300 enfants sont venus de la wilaya de M’sila. La première session a eu lieu du 16 au 27 juillet, où nous avons recueilli 150 enfants, et depuis le 1er août nous prenons en charge l’autre groupe», explique Amel Chigara, directrice du séjour. Elle a pris part à cette dernière sortie en mer et observe de loin la baignade animée de jeunes hôtes du centre.

Nous avons tenté d’organiser des sorties vers les plages d’Azeffoun et de Tigzirt, à Tizi Ouzou, mais malheureusement faute de place, nous n’avons jamais pu trouver un bon endroit pour nous installer avec les enfants et toute l’équipe des moniteurs. Les tentes et parasols occupent tout l’espace des plages et ils sont payants. Même chose pour le parking, où les six bus que nous mobilisons à chaque sortie ne sont pas pris en charge. Ici, par contre, nous avons notre endroit habituel où nous pouvons nous installer sans aucun problème. En plus, on nous prête généreusement des parasols pour la journée», ajoute la jeune femme. Elle affirme toutefois que les enfants ont eu la chance de découvrir d’autres sites de la région de Tizi Ouzou. «Nous avons programmé et effectué plusieurs autres sorties pour permettre aux enfants de découvrir la wilaya et son histoire.

Je vous cite les visites au musée du Moudjahid, les promenades dans la ville de Tizi Ouzou, ou encore les randonnées à la forêt de Sidi Ali Bounab ici à Tadmaït», ajoute Mme. Chigara. Il est presque 14h, les petits chérubins ont déjà pris leur goûter sur le sable et s’apprêtent à retourner dans l’eau après un court bain de soleil. Ils en profitent pour remplir leurs bouteilles d’eau salée. «Cette eau, je la ramène avec moi à Magra (commune sise à l’est de M’sila)», se réjouit Youcef. Il faut désormais partir. Garçons et filles tentent toutefois de trouver un prétexte pour remettre les pieds dans l’eau, mais c’est sans compter sur l’autorité du maître nageur. «Avec autant d’enfants, il faut toujours faire preuve d’autorité pour préserver le calme et l’organisation quoiqu’il arrive», dira-t-il. Le programme de la journée n’est pas encore achevé, direction la forêt de Zemmouri, sise à quelques kilomètres de là, pour un déjeuner à l’ombre des arbres. Une autre occasion pour les enfants de profiter de leur temps.

Une occasion aussi pour Haythem et Chihab de présenter à leurs camarades leurs répertoires de blagues. La journée se termine vite, au grand dam des petits M’siliens qui traînent les pieds pour remonter dans les bus. Il faut pourtant rentrer pour préparer la soirée animée annoncée dans le programme de cette journée de mercredi. Le cortège de bus prend l’autoroute en direction de Tadmait. Les enfants s’affaissent, épuisés, sur les sièges. On ne distingue encore dans le bus qui nous ramène vers le centre que la voix du petit Raouf. Il cherche à apprendre des mots en kabyle en plus de «Azul», qu’il a vite assimilé. Rafik se rappelle de la sortie prévue pour le lendemain (jeudi) à la ville de Tizi Ouzou. «J’espère trouver un beau foulard à acheter pour ma maman», avoue-t-il. Fateh, quant à lui, souhaite dès à présent revenir à Tizi Ouzou l’année prochaine.
 

Tassadit Chibani
 
le dessin du jour
LE HIC MAZ

Mes infographies

El Watan Magazine

impact journalism days

 

Indépendance Algérie

 

El Watan Etudiant

Chroniques
Point zéro Repères éco

Vidéo

Débats d'El Watan

Débats d'El Watan
Loading...

Suivre El Watan

FacebookFacebook       TwitterTwitter
Télévision
Télérama       Télé Alger TV Algérie