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Thénia attend son aménagement urbain

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le 05.06.17 | 12h00 Réagissez

 
	Des immeubles poussent sur les collines qui cernent la ville
Des immeubles poussent sur les collines qui cernent la ville

Jadis coquette ville, un carrefour incontournable pour les voyageurs de Bouira et de Tizi Ouzou, aujourd’hui, Thénia perd peu à peu son image de cité agréable.

«De notre si belle ville il ne reste que des souvenirs. Depuis la mise en service de l’autoroute durant les années 1980, elle se replie sur elle-même, à l’abri des regards», soupire un sexagénaire, habitant au lotissement jouxtant la gare ferroviaire. La ville est chargée d’histoire. Elle s’appelait à l’origine Tizi n’Ath Aïcha, ce qui signifie en berbère «col des gens de Aïcha».

Lors de la colonisation française, Patrice de Mac-Mahon, gouverneur de l’Algérie, nomma la ville Ménerville, du patronyme de Charles-Louis Pinson de Minerville. Elle reçut ensuite le nom arabe Thénia à l’indépendance de l’Algérie. Au fil des années, elle subit une transformation de son cachet urbain qui la défigure inexorablement.

Le tremblement de terre de 2003 et ses lendemains ont fait le reste. Cette localité a été durement touchée par le séisme d’il y a 14 ans. Il y a pas moins de 710 chalets qui y ont été implantés après cette catastrophe naturelle et qui ne sont pas encore éradiqués. Certes, beaucoup de promoteurs immobiliers érigent leurs projets sur les collines qui entourent la ville, mais les moyens font défaut chez l’ensemble de la population pour acquérir un logement décent. Ce n’est pas tant le seul regret dans cette région. L’image de Ménerville, ville au  style colonial, semble se tourner doucement mais sûrement vers un décor urbanistique hérissé.

«Le séisme a défiguré le centre-ville. Les chantiers anarchiques et la bêtise humaine ont fait le reste», constate notre interlocuteur. Pour contourner les écueils d’un manque de foncier flagrant et d’une extension exponentielle de sa population, qui nécessite des commodités et des services publics, Thénia se développe quasiment dans tous les sens, notamment du côté sud de la vallée, ou encore au nord où se trouvent les localités de Beni-Arab, Boukhanfar, Ouled-Ali, Ouled-Bouhmed. En traversant le boulevard M’hamed Bougara, principale artère, le visiteur remarque inévitablement le délabrement avancé des bâtisses. En plein centre urbain, se trouvent des terrains vagues, pour la plupart «des propriétés privées en litige entre héritiers», explique-ton.

Au cœur de la ville, l’ancienne place est maintenant en état de chantier pour une remise en état après la fin des travaux du tunnel ferroviaire reliant Alger à Tizi Ouzou.  «Nous avons enduré avec le bruit des engins creusant le tunnel et maintenant nous sommes face à des barricades qui quadrillent toujours notre centre-ville. Les espaces de jeu et de sport sont presque inexistants si on excepte la salle omnisports et le minuscule stade communal. Nous n’avons même pas une ville où on peut se promener», tonne un jeune homme, adossé à un mur.

En effet, des clôtures de tôle rongent le trottoir et la chaussée, rendant le mouvement piéton et automobile difficile. Cette situation doit durer jusqu’à ce que les travaux, à peine entamés, livrent l’espace vert de la nouvelle placette  qui donne sur les sièges de la daïra, de la mairie et de la police urbaine.

«En principe, ce projet sera livré le 5 juillet prochain pour fêter la fête de l’indépendance à l’occasion de l’inauguration de la nouvelle stèle des martyrs en construction à cet endroit», explique M. Bendou, le P/APC. Mais vu le  rythme des travaux actuels, le monument risque de ne pas être livré dans les délais. Thénia oublie Tizi n’Ath Aïcha, tourne le dos à Ménerville et ne trace pas de nouveaux horizons.
L’hôpital de la ville en est un exemple. Cette infrastructure date de 1880. Après le séisme de 2003, il a subi un lifting, mais manque de services spécialisés, comme la cardiologie, l’oncologie, la radiologie et la gynécologie.                                                                    
 

Douars sans eau

Les habitants des villages des hauteurs de Thénia sont tentés de retourner à leurs terres, quittées sous la menace terroriste durant la décennie noire. Mais le manque de commodités les en dissuade. Alors ils reviennent sporadiquement pour replanter, pour récolter, ou pour se ressourcer. Le cas de Beni Arab est édifiant à ce sujet.

Après avoir résisté aux hordes terroristes durant les années 1990, les habitants font face aujourd’hui à un grand problème d’alimentation en eau potable. Un patriote du douar s’est plaint des coupures d’eau depuis des jours, de l’absence de gaz naturel et de l’impraticabilité de la route. D’ailleurs, un sit-in avait eu lieu devant le siège de l’APC il y a quelques jours. Selon le maire, l’eau manque en raison de l’assèchement des puits qui alimentent le douar. «Les quantités d’eau pompées vers ces douars s’avèrent insuffisantes en raison du gaspillage des habitants qui font fi du problème», précise M. Meraihi, directeur de l’unité ADE de Thénia. La solution proposée est de transférer la gestion de l’eau de l’APC vers l’ADE mais au préalable, il est indispensable que les habitants du douar présentent des dossiers pour l’installation de compteurs individuels. Lakhdar H.

Hachemane Lakhdar S.
 
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