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Secteur de l’éducation à Boumerdès

Rapport accablant sur le cycle primaire

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le 12.03.18 | 12h00 Réagissez

Ecoles dégradées, cantines fermées et logements de fonction squattés, l’état des lieux des établissements scolaires est peu reluisant.

Contrairement au volet pédagogique, les pouvoirs publics ne semblent pas accorder beaucoup d’importance aux problèmes liés à l’état des écoles primaires, aux cantines et au transport scolaire. Bien qu’il revête une importance capitale, ce chapitre reste le parent pauvre du secteur éducatif en Algérie. Hier, c’est un rapport accablant qui a été présenté sur la situation des établissements relevant de ce cycle névralgique dans la wilaya de Boumerdès.

Présentées par l’inspecteur général de la wilaya devant les directeurs des écoles et les élus locaux,  certaines carences, illustrées par des photos, auront laissé l’assistance pantoise. Ainsi, sur les 375 écoles primaires que compte la wilaya, 25 fonctionnent avec plus de 40 élèves par classe tandis que 59 autres sont très dégradées et mal équipées, précise l’inspecteur général.

Selon lui, 83 écoles ont des portes et les vitres des fenêtres cassées, ajoutant que 85 autres nécessitent des réparations du réseau électrique ou la rénovation des équipements de bureau, des chaises et des armoires. Pis encore, 57 établissements n’ont pas de clôture, 130 fonctionnent sans directeur, 97 présentent des infiltrations d’eau, 47 ne sont pas alimentés en eau potable alors que 72 autres ont les enseignes de baptisation arrachées. Le gaz de ville est absent dans 197 écoles.

Que dire de la connexion Internet qui serait devenue un luxe dans 189 écoles. Les espaces verts aussi sont quasi inexistants dans ce cycle. La liste des insuffisances ne s’arrête pas là. Le rapport fait état de 132 écoles qui ont des sanitaires insalubres. S’agissant des cantines scolaires, elles se font désirer dans 220 écoles. Celles déjà opérationnelles sont mal équipées.

L’inspecteur général souligne que 45 cantines servent des repas froids. Même les logements de fonction n’échappent pas à la règle. Le rapport révèle que 275 ne sont pas dotées de ce type de biens, soulignant que 36 logements sont occupés par des gens étrangers au secteur, souvent des proches d’anciens directeurs d’école.

Ces problèmes ne sont pas propres à la wilaya de Boumerdès, mais ils seraient plus  pesants dans d’autres régions du pays. Lors des différentes sorties sur le terrain, la ministre de l’Education a toujours insisté sur la nécessité de redonner au cycle primaire «ses lettres de noblesse». «Ce cycle est le plus long dans le cursus d’enseignement et laisse des souvenirs indélébiles chez l’élève.

72% des écoles que compte le pays relèvent de ce cycle, mais est-ce logique que 10% des élèves qui entrent en 1re année ne réussissent pas à passer en 2e année ?», s’est-t-elle interrogée lors d’une visite effectuée en septembre 2015 à Boumerdès. Evoquant l’état et l’entretien des écoles, la ministre avait estimé alors qu’«il est anormal de trouver des écoles verdoyantes et d’autres en état de chantier permanent juste à côté».

«Mon souhait est que l’élève étudie dans des classes agréables, qu’il trouve des enseignants engagés et performants et qu’il puisse bénéficier de repas chauds et de chauffage. J’attends que vous assumiez aussi la formation et l’accompagnement des équipes pédagogiques et d’être plus à  l’écoute et en proximité avec les enseignants et les élèves.

Car ils sont une pièce maîtresse dans le processus d’enseignement et d’apprentissage», a-t-elle enchaîné. Réagissant au contenu du rapport, le wali pense qu’«il ne s’agit là que d’un diagnostic qui nous a permis de cerner les problèmes de ce palier». Selon lui, «des mesures seront prises selon les priorités et les moyens disponibles pour améliorer les conditions d’apprentissage des élèves et permettre aux enseignants de mener à bien leur mission».

S’agissant des causes des carences contenues dans le rapport, il a admis le manque de «coordination entre certains services». «Certes, il y a une différence à tous les niveaux. Nous assumons tout, mais c’est le moment de rectifier le tir et d’agir pour redorer le blason du cycle primaire», a-t-il réagi. Mais les autorités locales vont-elles traduire leurs paroles et les mesures qui seront prises à l’issue de la réunion d’aujourd’hui dans les faits ? On le saura dans les jours ou semaines à venir.  
 

Kebbabi Ramdane
 
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