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Bouira : Le calvaire des SDF

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le 13.01.18 | 12h00 Réagissez

Le nombre de SDF (sans domicile fixe) a sensiblement augmenté ces dernières années à travers les communes de la wilaya de Bouira. Des sans-abri campent dans des stations de transport, à proximité des mosquées et des établissements publics.

Ils viennent de différents horizons. Leur nourriture, ils la cherchent parfois dans les décharges publiques. Les sans-abri vivent dans une situation insoutenable. Hakima, 26 ans, est, malgré son statut de sans-logis, restée connectée avec le monde. Abandonnée par ses frères, la jeune femme, originaire de la ville de Meftah, dans la wilaya de Blida, est livrée depuis des années à la rue. C’est à la gare routière qu’elle passe ses nuits. Son témoignage est glaçant. «Cela fait exactement sept ans que je suis dans cette situation.

Je suis orpheline, j’ai été forcée à quitter mon domicile familial», dit-elle en posant sa main sur son fils de 4 ans qui dormait sur un banc. En cette période marquée parfois par un froid glacial, de nombreux sans-abri tentent de se couvrir à l’aide de protections de fortune. On les trouve souvent devant les entrées des mosquées. La scène est insoutenable. Des démunis n’ont plus même la force de mendier en se recroquevillant dans une position fœtale. A proximité de la mosquée Ben Badis du centre-ville, les SDF sans nombreux.

Le Croissant-Rouge Algérien (CRA) et les services de police organisent en cette période hivernale des sorties en leur proposant des repas chauds. «Parfois, ces personnes en difficulté préfèrent rester dans cette situation plutôt que d’aller au centre pour personnes âgées», dira un bénévole du CRA. Les exemples sont légion.

Plusieurs personnes ont été obligées d’écourter leur séjour au niveau du foyer en question, et ce, pour diverses raisons. Hakima livre son témoignage troublant. «J’ai été déjà au niveau du centre, mais j’ai été contrainte de le quitter après avoir passé quelques nuits», nous a-t-elle indiqué. «Et vous savez pourquoi ? Parce que le directeur n’acceptait pas des femmes non voilées… Je me suis disputé avec lui. Je n’y retournerai jamais. Je suis une sans-abri et j’ai un enfant.

Je n’ai que ce banc que je quitte à l’ouverture de la gare le matin», dit-elle encore en acceptant difficilement le repas offert par la police. Hakima, malgré son statut de SDF, pense à l’avenir de son enfant. «Il a quatre ans. L’année prochaine il sera en préscolaire», dit-elle en fixant son regard sur son fils endormi sur le banc à l’intérieur de la gare routière, qui restera l’unique refuge pour cette jeune femme.

Devant cette situation gênante, un agent du CRA rappelle à la jeune femme qu’à plusieurs reprises, il lui a demandé de l’emmener au centre en question. «On ne peut pas forcer ces SDF à nous accompagner au centre», a affirmé de son côté un officier de police. Plusieurs personnes ont aussi refusé d’accompagner les hommes en bleu au centre en question.

Ces SDF sont-ils maltraités par le personnel ? Attache a été prise avec le directeur du centre. Ce dernier nie ces allégations, affirmant que l’établissement accueille toutes les catégories et sans exception. «Nous avons une brigade spéciale qui sillonne les différents quartiers de la ville en compagnie des services de police, de l’APC et du CRA», a-t-il déclaré. A Bouira, peu d’actions de solidarité sont organisées.
 

Amar Fedjkhi
 
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