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Université de Béjaïa : L’agrément de deux nouvelles filières contesté

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le 25.07.17 | 12h00 Réagissez

 
	Les deux nouvelles filières sont introduites au campus de Targa Ouzemour
Les deux nouvelles filières sont introduites au campus de Targa...

Les enseignants de la faculté des sciences exactes estiment que les deux nouvelles filières sont inadaptées aux besoins du département d’informatique.

Dans une lettre adressée le 17 juillet au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, des enseignants de la faculté des sciences exactes de l’université de Béjaïa contestent l’agrément de nouvelles formations domiciliées au département d’informatique. Celles-ci, à savoir «Système d’information» et «Réseaux et sécurité», ont été introduites, selon eux, sans associer les enseignants et les chefs de département concernés.

Relevant plusieurs «irrégularités» ayant accompagné l’introduction des deux filières, ils demandent au ministre leur «annulation» pure et simple. «Nous tenons à vous informer que les différentes instances de la faculté des sciences exactes (CSD et CSF) n’ont jamais étudié ou validé ces dites offres de formation. En outre, les collègues enseignants et les chefs des départements concernés (MI et informatique) affirment qu’ils n’ont jamais été associés ni de près ni de loin à ce dossier», écrivent les enseignants au ministre.

Cette correspondance est cosignée par le professeur Mohand Ouamar Bibi, responsable du domaine mathématique et informatique (MI) et représentant des enseignants des sciences exactes au CSU, le docteur Mawloud Omar, membre du CSD d’informatique et du CSF, le docteur Djoudi Touazi, responsable de la filière master ASR, le docteur Karima Timeridjine, président du CSD mathématiques et informatique, le professeur Louiza Medjkoune-Bouaalouche, présidente du CSD d’informatique, et le professeur Nacer Bezzi, président du CSF des sciences exactes.

Dans ce document plusieurs carences ne permettant pas la prise en charge de ces deux nouvelles offres sont soulignées. Il s’agit, en premier lieu, de l’insuffisance des moyens humains et matériels. «Le département ne compte actuellement que 62 enseignants permanents, dont 70% sont du domaine informatique, pour un effectif de 1400 étudiants», lit-on dans la lettre.

Tout en signalant que les offres de formation en master et en licence sont actuellement au nombre de 5, les signataires de la correspondance affirment que «plus de 50% de la charge globale du département est assurée par des vacations et des heures supplémentaires. Quant à l’encadrement des projets de fin de cycle, les enseignants se retrouvent chacun avec 5 encadrements en moyenne». En outre, les enseignants estiment que «ces spécialités ne conviennent pas aux besoins du département, qui possède déjà l’option Génie logiciel englobant la formation Système d’information.

La deuxième formation, intitulée Réseaux et sécurité, existe déjà sous l’appellation Administration et sécurité des réseaux». Dans la foulée, les enseignants rappellent au ministre qu’«une formation à recrutement national est une offre chapeautée par le ministère et l’établissement d’accueil, et la réglementation régissant l’habilitation des offres de formation est toujours en vigueur : le dossier doit avoir l’aval de tous les organes scientifiques (CSD, CSF et CSU)».

Il est rappelé enfin que «l’offre de formation doit être soumise au Comité pédagogique national de domaine (CPND) et à la Conférence régionale universitaire du centre (CRUC) pour avis avant d’être validée par la tutelle». Pour les raisons sus-citées, les signataires de la lettre, qui parlent au nom de tous les enseignants de la faculté des sciences exactes, demandent «l’annulation de ces deux nouvelles offres de formation portant le code L5 dans la circulaire ministérielle du 06 juin 2015 relative à la préinscription et l’orientation des titulaires du baccalauréat au titre de l’année 2017/2018».

Sortir des schémas classiques

Interrogé par nos soins, le recteur, Saïdani Boualem, justifie l’agrément des deux nouvelles formations par la nécessité de «donner un nouveau souffle» à la filière informatique à l’université de Béjaïa et de «l’adapter aux besoins socioéconomiques». «Pour ce qui est de l’offre Système informatique, c’est la plus récente dans le domaine dans le monde. Elle est même enseignée à l’Ecole supérieure d’informatique d’Alger.

Quant à l’offre Réseaux et sécurité, il s’agit de mettre à jour l’offre Administration et sécurité des réseaux qui est restée telle quelle depuis les années 1990, car il faut savoir qu’il y a un besoin nouveau qui s’est exprimé et qui est lié à la sécurité des réseaux. Avec ces deux formations, nous voudrions sortir des schémas classiques et donner un nouveau souffle à la filière informatique en l’adaptant aux besoins socioéconomiques et au marché du travail», explique le responsable. Qu’en est-il des reproches et réserves émis par les six enseignants de la faculté des sciences exactes ?

«La faculté des sciences exactes a été informée et a donné son accord, de même que le Conseil scientifique qui a validé toutes offres nouvelles de formation. Le ministre a aussi donné son aval à travers la circulaire ministérielle du 06 juin 2015 relative à la préinscription et l’orientation des titulaires du baccalauréat au titre de l’année 2017/2018», rétorque le recteur.

Le responsable ne manque pas toutefois d’adresser une pique aux enseignants réfractaires avec qui, rappelons-le, il est toujours en désaccord à propos de la délocalisation de la faculté des sciences exactes au nouveau campus d’Amizour. «Ils veulent à tout prix maintenir la filière informatique sous sa forme classique à Béjaïa», assène-t-il.
 

Le campus d’Amizour proposé comme école supérieure d’ingénieurs

Suite à la décision du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, qui a instruit les responsables de l’université de Béjaïa de «surseoir» à l’utilisation du campus d’Amizour jusqu’à nouvel ordre, à cause du conflit qui entoure l’occupation de ce nouvel équipement, la direction de l’université a émis deux propositions pour dénouer la situation, a indiqué à El Watan le recteur Saïdani Boualem.

L’une d’elle, à savoir la délocalisation de la faculté des sciences exactes, n’apporte rien de nouveau et risque de faire perdurer le conflit.

Quant à la deuxième, il s’agit de créer au niveau d’Amizour une école supérieure d’ingénieurs. «Nous avons constaté qu’il n’y a aucune école supérieure d’ingénieurs sur un rayon de 250 km, d’où notre proposition au ministre d’en ouvrir une au campus d’Amizour. Le ministre et toutes les facultés de notre université ont affiché un intérêt à cette proposition.

Le dossier est actuellement à l’ étude au niveau du ministère. Si ça se concrétise, cela soulagerait l’Ecole d’Alger et éviterait aux nouveaux étudiants les déboires du trajet», indique le recteur. M. H.-K.

Mohand Hamed-Khodja
 
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